Et c'est parti pour une série d’assassinats en compagnie de l'agent 47 et de son tatouage de code barre sur son crâne chauve, ce qui, même au milieu d'une foule bondée, fait de lui le mec le plus suspicieux de l'univers... m'enfin bon, faut de tout pour faire un monde. Le jeu a bien du mal à instaurer un semblant d'intrigue pour lier les missions vu qu'en réalité chaque niveau est complétement dissocié du précédent, rappelant inévitablement le format en distribution épisodique du jeu lors de sortie, idée discutable s'il en est et qui n'a pas fait l'unanimité.
La formule est redoutable d’efficacité, infiltration, déguisements et bien entendu petits homicides des familles, de façons diverses et variées. Le but n'est pas de découvrir où est l'objectif puisque le jeu nous assiste toujours là-dessus, mais de trouver comment y parvenir. Très court en ligne droite, mais à la rejouabilité évidente, l'intérêt est bien entendu là: il faut reconnaitre que c'est extrêmement fun de tester et/ou découvrir de nouvelles façons de parvenir à ses fins. Malgré cela, on ne peut pas dire que la durée de vie crève le plafond, c'est un peu facile de donner des défis sans grand intérêt juste pour pousser le joueur à refaire les niveaux encore et encore, ça devient vite redondant.
On commence par un tuto efficace, nous apprenant les bases comme il se doit, puis on passe aux choses sérieuses. Les niveaux (6 en tout) sont dépaysants mais ils ne se valent pas tous, notamment Marrakech, ville-couloir peu intéressante. Toutefois la majorité des maps sont réussies, Paris, Hokkaïdo, Bangkok et surtout Sapienza qui semble la plus aboutie. Ces ères de jeu s'avèrent délicieuses à explorer pour découvrir les opportunités offertes au joueur afin d'atteindre son objectif. Pas spécialement gigantesques, elles compensent par un level design de qualité.
La jouabilité est agréable, ça se prend facilement en main, par contre les menus manquent un peu d'ergonomie. Les décors sont beaux, bien travaillés, mais là encore certains niveaux sont plus immersifs que d'autres. C'est fluide, malgré un nombre de pnj parfois très impressionnant le moteur de jeu ne bronche pas. L'aventure est très facile, il faut dire qu'on est bien assisté, du moins en mode de difficulté normal (curieusement nommé "professionnel").
On a des défauts évidents, telle l'IA aux réactions nanardesques pouvant donner des moments involontairement comiques. Capable de tout (gardes omniscients) et n'importe quoi (pnj teubés), on regrettera l'absence de vraies conséquences lorsqu'on est pris en flagrant délit, mis à part les fusillades. Un certain Splinter Cell Chaos Theory faisait bien mieux à ce sujet (en 2005!) en sanctionnant le joueur avec des gardes de mieux en mieux préparés, rendant les missions de plus en plus dures.
A force d'offrir des possibilités au joueur on se retrouve parfois dans des situations peu crédibles (comme rentrer dans une ambassade déguisé en soldat armé jusqu'aux dents, fusil d'assaut en main, sans que personne ne réagisse). Les combats au CaC sont vraiment nuls, idem pour les gunfights (les ennemis restent stupidement debout et immobiles), les programmeurs n'ont fait aucun effort sur ce point. La luminosité n'est pas prise en compte, pourtant Splinter Cell le faisait y a plus de 15 ans. La carte est pénible à lire, faut dire que mettre des icônes blanches sur une map gris clair n'est clairement pas l'idée du siècle.
La réalisation en elle-même est digne d'un AAA, toutefois l'aventure souffre d'une certaine monotonie, faute de rythme et d'un véritable scénario pour donner corps à l'ensemble. Et puis bien sûr on aurait aimé une IA plus évoluée, et ça c'est une critique valable pour beaucoup de jeux contemporains. Reste un soft indéniablement fun pour qui aime prendre son temps, fouiner, et s'infiltrer.