Outlast, ou comment appliquer le principe du "found footage" en jeu vidéo ?
Le pari est risqué, la mode du FF au cinéma a d'ailleurs commencé à montrer des signes de faiblesses a force d'avoir été surexploité pour le meilleur (REC, Cloverfield, Grave Encounter, etc) et pour le pire (Paranormal Activity et ses suites, etc etc). Et là, on se met dans la peau d'un reporter chargé d'enquêter dans un asile psychiatrique des plus lugubres. Clairement, vous prenez le fils bâtard de Grave Encounters et Hostel et vous avez le scénario d'Outlast. Problème, si l'idée d'une caméra au poing dans un jeu est bonne, le jeu tout entier repose exclusivement sur ce point, et se limite à côté à courir à travers les couloirs ici et là, et à faire face aux quelconques ennemis qui se dresseront sur votre route. Oui, Outlast est bien trop linéaire.
J'aurais aimé vous dire "c'est un film que vous pouvez jouer" mais là aussi une fois de plus, le scénario reste un peu faiblard, en dépit d'une intro qui envoyait du lourd. On part très vite dans le "torture porn" et le crade, mais rien de vraiment flippant. On saluera tout de même le bébé d'un jeune studio indépendant qui a su se faire une place dans le paysage vidéoludique, mais qui laisse malheureusement un gout de frustration, entre une difficulté mal dosée par moment, des passages ultra-scriptés voire trop, et un scénario qui s'essoufle très vite.
Graphiquement, c'est correct. Outlast fait parti de ces jeux sans prétentions, et nous rappelle qu'on a pas besoin des dernieres améliorations en matière de graphismes pour avoir un jeu avec une ambiance bien stylisée. Les graphismes sont corrects, largement suffisants. Le gameplay quand à lui tient à peu de détails : on filme, on court, et on ouvre et ferme des portes. Voilà.
Outlast n'est pas le jeu du siècle et aurait gagné à surprendre davantage avec une ambiance plus pesante, et un aspect un peu moins linéaire, au lieu de sombrer trop rapidement dans du gros n'importe quoi glauque et malsain.