E.Y.E.
E.Y.E peut évoquer un âge révolu du jeu vidéo, mais il évoque un âge qui n'est pas encore terminé, E.Y.E évoque aussi, et c'est peu de le dire, une créativité à tout épreuve, une originalité dérangeante et imparfaite en terme de scénario. E.Y.E évoque aussi une ode onirique à laquelle il est difficile de s'attacher, mais aussi paradoxale que cela puisse paraître, impossible de s'en détacher.
Ce jeu de contradiction, incarné par ce titre trop singulier pour être résumé en quelques phrases, est implacable est d'une force terrifiante, n’évoquons pas l'aspect bancal du gameplay, car il n'est au final qu'un milliardième de ce qu'appel le titre chez le joueur.
E.Y.E comme je le dis, est un rêve dont on ressort perturbé, et ce, du début, au milieu, et à la fin, rien n'a vraiment de sens dans ce petit morceau d'illusion, la lutte est infinie, la boucle ne peut être bouclée.
Si l'on y prête attention, E.Y.E respire par tous les pores de son être un amateurisme parfois étonnant, mais par tous ces pores, s'échappe autre chose, masquant et transcendant les défauts, si bien qu'il est difficile de citer une qualité ou un défaut d'un titre si, maléfiquement presque, addictif.
Même si son écriture peut paraître bancale, elle finit par prendre les sens que l'on veut bien lui prêter une fois l'aventure "finie" une première fois. Le scénario, torturé et simple à la fois, fait preuve d'une contradiction qui devient essence même du jeu.
Car je le répète, le jeu n'a de cesse de se contredire, pour communiquer quelque chose, par delà un humour particulier, une noirceur immuable, et une brume perpétuelle couvrant nos sens lorsque l'on s'en approche, E.Y.E évite à tout prix de ressembler à un fps, mais, par contradiction par rapport à ce qu'il est, il ne se rapproche d'aucun jeu, comme s'il était à lui seul, la genèse d'un nouveau genre.
Les mots que j'écris pour décrire E.Y.E, semble dépourvu de sens, mais pourtant, parler d'un jeu qui semble en être dépourvu en tentant de copier sa manière de s'exprimer semble encore être la meilleure façon de le qualifier. E.Y.E est sens, contradiction, et onirisme.
S'il ne donnera pas naissance à un genre, il marque au fer d'une couleur sans teinte, une marque fantomatique mais bien présente l'esprit de celui qui vit E.Y.E, oublions l'espace d'un instant que nous jouons, disons, que nous parcourons un rêve, où nous sommes étrangement libre de beaucoup de chose, et prisonnier par les mêmes, E.Y.E est aussi chaîne que liberté.
E.Y.E le souffle de la créativité artistique moderne, tout droit sorti des entrailles de dix indépendants, que je félicite muet du résultat, donné une note de critère à E.Y.E n'a pas de sens, donné une note de ressenti, en a peut-être plus.