18/20 — Exceptionnel
Quelle claque. Je lui attribue la même note que pour DQIII HD2D, mais le tour de force est encore plus réussi sur ces remakes du I et II.
Commençons par ce qui ne va pas : l'équilibrage de la difficulté du I est un peu aux fraises du fait de n'avoir qu'un seul personnage, et si c'est bien mieux dans le II, on retrouve quelques pics de difficulté assez pénibles (mais heureusement rares).
C'est là le principal défaut : dans la volonté de faire évoluer le I d'un jeu d'aventure avec quelques éléments de JRPG rudimentaires à un "vrai" JRPG plus abouti, on a oublié de rendre ça vraiment plus profond et plus intéressant. Les mécaniques sont intriguantes mais il est difficile de tirer leur plein potentiel. Le crafting est d'une inutilité profonde. Heureusement, le système de sceaux est plus intéressant dans le II.
Pour le reste ? C'est plus splendide encore que le III, les musiques orchestrales de feu Sugiyama restent magnifiques, et ils ont réussi à me faire aimer DQII et ça c'est fort.
Le I, comme je le disais, a beaucoup évolué, les combats sont plus poussés, l'univers aussi, et on a plus d'éléments d'histoire. Pas toujours passionnants ou très intéressants, mais pas mal amenés et ceux qui n'en ont cure peuvent tout à fait passer outre. Certains préféreront les versions originales (NES SNES GBC) et c'est tout à leur honneur.
Le II cependant, bon sang de bonsoir. La progression est plus agréable, les donjons restent labyrinthiques à souhait mais la minimap les rend infiniment moins pénibles, on peut jouer en Draconien sans soin quand on levelup, Médiévande peut faire plus qu'attaquer, Cannock sert à quelque chose, le quatrième personnage s'insère parfaitement dans l'équipe, les antagonistes sont plus présents dans l'histoire... Et les moments de l'original qui étaient déjà agréables ou qui stimulaient l'imagination (la région de Névéria me vient en tête) sont vraiment sublimés.
DQII passe d'un jeu intéressant mais diablement dur et pénible à une vraie expérience très plaisante (malgré quelques pics susmentionnés) avec des éléments scénaristiques bien amenés, quelques petits moments vraiment touchants, et le postgame, mais quel postgame...
Je ne spoilerai point, mais c'était un plaisir extraordinaire que de voir ce qu'ils ont fait de ce DQII, mouton noir de la série plus que réhabilité. Dragon Quest est une saga vieillissante, et le fait que Sugiyama et Toriyama nous aient quittés ne fait que renforcer cette idée. Qui sait jusqu'où Yuji Horii pourra aller. Savoir que même les anciens ou moins bons jeux ont le droit à une version définitive de cette qualité est une perspective plus que réjouissante. Ce remake transpire d'amour pour Dragon Quest et ses fans. Jouez-y, c'est un jeu qu'il est bien pour y jouer.