On tient là un jeu manifestement écologique puisqu'il recycle à outrance ses boss et ses niveaux sans le moindre changement ni la moindre honte: forêt, camp romain et autre bateau pirate sont répétés 6 à 7 fois comme si de rien n'était. Dans l'acte 4 le stage des falaises revient 3 à 4 fois de suite, et quand le décor change, le level design reste identique, vous pensiez que ça ne se verrait pas? Pas difficile de proposer 50 niveaux dans ces conditions. Les dévs ont donc fait le choix catastrophique d'étirer au maximum l'aventure en longueur, le jeu est bien plus long qu'un beat'em up lambda (entre 5 et 6h). Personnellement j'ai dû le finir en plusieurs sessions d'une heure, au delà c'est à mourir d'ennui, et ce même à 2 joueurs, c'est répétitif à un degré spectaculaire.
Les levels sont reliés entre eux via des écrans statiques non-doublés et bien mal fichus d'ailleurs (trop souvent l’expression du perso ne correspond pas à ce qu'il dit). L'aventure est divisée en 6 actes inspirés de certains des meilleurs albums de la BD tout en prenant d'immenses raccourcis scénaristiques... sauf le dernier acte, dont la trame est si ridicule qu'elle laisse à penser qu'il a été rajouté juste pour rallonger la sauce, enfin peu importe de toute façon peu de joueurs auront envie d'aller jusque là.
Dans le même ordre d'idées, le visuel du jeu est lui aussi directement tiré de la BD et c'est une vraie réussite, sans nul doute le (seul?) point fort de ce soft: les décors sont agréables, les persos très bien dessinés mais leur animation un peu faiblarde. Les musiques collent bien à l'univers, le doublage français est réussi, on appréciera les commentaires de nos 2 gaulois pendant la castagne. Les bruitages sont corrects mais sans plus, il aurait été judicieux d'accentuer le côté cartoonesque ou de les rendre plus percutant. De même les cris des ennemis une fois mis KO sont absurdes, donnant l'impression qu'ils trépassent dans d'affreuses souffrances.
Malgré une difficulté relativement basse les romains peuvent vite nous grignoter notre barre de vie à coups de pilum dans le séant si on ne fait pas gaffe, du coup on repère vite les attaques permettant de stun ou le dash qui défonce tout sur son passage. L'écran peut être surchargé d'ennemis, engendrant un bordel monstre à l'écran, dans ces moments inutile de finasser. Globalement la maniabilité est bonne, on arrive à faire ce qu'on veut, sauf pour l'uppercut qui refuse très souvent de sortir, pas compris pourquoi. La garde est un poil trop longue à se déclencher, la rendant de facto inutile.
Le jeu accuse de sérieux écueils, quand un perso meurt faut se retaper tout le niveau, c'est insupportable lorsqu'on joue à deux: apparemment les dévs n'ont jamais entendu parler des concepts de checkpoints ou de vies supplémentaires. Autre détail qui accentue la répétitivité du bousin, les adversaires encaissent globalement trop, les joutes peuvent être interminables. En fait, il n'y a que lorsqu'on tombe sur un level plus court que les autres que ce jeu arrive à nous surprendre agréablement, c'est dire. Quelques stages-bonus à signaler, tellement anecdotiques que c'en est ridicule.
Le gameplay est assez pauvre, même pour un beat'em up, engendrant une redondance de l'action dont on ne sort jamais. Il aurait fallu plus de romains différents, c'est une évidence. De même un bon specimen du genre sait varier les atmosphères et les situations, or ce titre ne le fait jamais. Il mise tout sur sa direction artistique, et manque totalement d'audace dans le fond, de trouvailles qui lui donneraient de la personnalité, comment peut-on travailler dans le jeu vidéo et ne pas avoir d'idées, c'est pourtant pas dur, faites des efforts bordel. Exemple, Idéfix suit sans arrêt Obélix mais ne fait rien, n'aurait-il pas été amusant de le voir mordre les fesses d'un romain de temps en temps? Pour le retour d'Astérix dans l'univers vidéo-ludique, c'est une belle occasion manquée. Mieux vaut rester sur Streets of Rage 4.