Étant un grand fan du studio Frictional Games ayant créé deux de mes jeux d'horreur préférés, Amnesia : The Dark Descent et SOMA, j'en attendais peut-être un peu trop de leur nouvelle création, d'où mon 14. Cela reste une note assez gentille, mais j'aurai voulu qu'il soit au niveau des deux autres cités au-dessus, ce qui, selon moi, est loin d'être le cas.
Commençons par les éloges, Frictional Games a toujours été maître dans l'art de créer une atmosphère pesante avec un sound design au point qui renforce l'immersion dans l'horreur, et Rebirth ne déroge pas à la règle, le travail sur ces points est impeccable. Idem pour l'histoire qui, comme pour SOMA, est prenante, angoissante avec un personnage principal attachant dont les péripéties impliquent sans problème le joueur. Ici, elle est même émouvante avec un aspect plus intimiste dans la relation entre l'héroïne Tasi et son bébé qui n'est pas encore né.
Évidemment, comme dans tout bon jeu d'horreur qui se respecte, le cadre de l'intrigue doit être à la hauteur ainsi que les monstres. Pour le cadre, c'est innovant pour une production de ce studio, avec d'un côté le désert, des ruines, des cavernes et de l'autre, une dimension futuriste étrange dont on ne sait rien et qui appelle à la découverte de ses secrets.
Cependant, du côté des monstres, ce fut personnellement la douche froide. Bien que leur design et ce qu'ils sont soit justifiés dans l'histoire, j'aie trouvé qu'ils ne faisaient pas très peur, seule exception pour les fantômes de l'autre dimension. Les goules, elles, ont un aspect trop simpliste, loin d'être aussi cauchemardesque que les horreurs de The Dark Descent ou SOMA. De ce fait, passé l'effet de surprise de leur découverte, elles deviennent vite lassantes.
Pour le gameplay, rien d'innovant pour la série mais ça ne m'a pas vraiment dérangé, c'est la formule qui marche pour le studio et ils réussissent toujours malgré ça à créer des énigmes intéressantes bien qu'un peu répétitives. Seulement, il y a pour moi deux bémols pour Rebirth sur ce plan. Le premier, c'est les sources de lumière. À la manière de The Dark Descent, vous avez ici une lanterne que vous pourrez recharger avec de l'huile. Mais, et je n'ai pas compris pourquoi, la lampe se vide à vitesse grand V. Si cela est justifié pour les allumettes, ça ne l'est pas vraiment pour elle et par conséquent, on se retrouve à souvent être à court et marcher dans le noir.
Mais, et c'est le second problème, pas de répit à ce niveau-là non plus, puisque resté dans le noir résulte en une "mort" (on expliquera les guillemets après) car une ombre vous submerge progressivement si vous restez trop longtemps dans l'obscurité. Cette mécanique devient vite frustrante et ne permet absolument pas de vous laisser du temps pour vous cacher des monstres et élaborer une stratégie, il faut se dépêcher à chaque fois. Comme si ça ne suffisait pas, les créatures, en plus de pouvoir vous sentir, sont aidés par le level design qui vous laisse peu d'options tant vous êtes la plupart du temps dans des endroits étroits avec peu d'issues pour contourner le monstre ou pour vous cacher de lui. Résultat, pour une grande partie des rencontres avec les goules, vous allez juste les attirer vers vous, puis tenter de courir pour votre vie vers la sortie.
D'ailleurs, ce n'est même pas la menace de la mort qui vous attend si vous êtes attrapé(e), puisque vous ne pouvez tout simplement pas mourir. Si cela est évidemment expliqué scénaristiquement à la fin, il n'empêche que ceci m'a complètement sorti de quelconque état d'angoisse que je pouvais avoir, car je savais pertinemment que la protagoniste ne pouvait pas décéder. S'il n'y a pas la menace de la mort, à quoi bon avoir peur pour la survie de notre personnage.
Voilà pour mon avis, beaucoup trop long j'en conviens, mais j'avais bon nombre de choses à dire, et je respecte tout de même le travail qui fut fait ici par Frictional Games, notamment sur l'histoire, l'univers, l'héroïne et l'atmosphère qui est pratiquement sans faute. Cela reste un bon jeu qui mérite d'être joué, surtout si on aime les autres productions du studio suédois.