"Blasphemous" est-il le Metroidvania de l'année ?
"Le graphisme et les animations sont splendides", "les combats sont techniques et dynamiques" peut-on lire sur la majorité des sites dédiés aux Gaming ! En tant qu'amateur intemporel des jeux retros qui font la part belle au pixel-art, je transpirais à grosse gouttes à l'idée de me frotter au petit dernier de The Game Kitchen à qui l'on doit la série excellente de point'n click "The Last Door" (et dont l'éditeur n'est autre que la Team17 célébre sur la scène Amiga avec des perles comme "Alien Breed" ou "Project-X"). Du tout bon à première vue, le tout habillé d'un côté barbare à la "Moonstone: A Hard Days Knight" sur Amiga pour ceux qui connaissent : En gros hémoglobine qui gicle dans tous les sens et morts violentes... Mes instincts sanguinaires se réveillent ! Malheureusement j'ai trouvé ce titre bancal pour les raisons que je vais expliquer...
Primo parlons des graphismes : Je vais en étonner plus d'un, et dieu sait que je suis un fervent défenseur des jeux 2D, mais je n'ai pas vraiment apprécié le game design malgré l'ensemble des éloges faites dans les nombreux tests. En effet on constate que malgré la résolution choisie il est impossible d'obtenir un fullscreen à 100 %, il reste toujours des bandes noires sur les côtés ce qui diminue l'image dans son ensemble.
De même le personnage principal (un pénitent engagé sur la voie obscure du Miracle) aurait mérité une meilleure finition. Il est plutôt bien dessiné mais sa taille minuscule n'arrange rien. Il est important dans un jeu 2D de mettre en valeur "une mascotte" charismatique capable de véritablement rester dans les esprits. Pour ceux de ma génération on se souvient tous de "Castlevania : Symphony of the Night" sorti sur Saturn qui proposait un personnage de premier plan superbement animé et plutôt imposant. La maîtrise du pixel art atteignait des sommets, possédant une esthétique gothique riche et travaillée. Si le pixel art utilise des carrés en aplat de couleurs limitées, il peut néanmoins proposer des shaders et des effets de dégradé de toute beauté quand des programmeurs talentueux sont aux manettes. Dans le cas de "Blasphemous" on nous propose certes des arrières-plan avec de nombreux pixels, mais le tout reste assez fade avec une impression d'uniformité qui ne varie ni en luminosité, ni en richesse de dégradés... C'est plat et peu inspiré comparé à certains titres Megadrive / Saturn / Snes / Famicom qui ne sont pourtant pas de prime jeunesse (1983 pour la Famicom).
Je déplore encore une fois l'absence de réglages rétros qui permettraient une immersion totale : différents Scanlines / filtres CRT, filtres couleurs, effets smooth-pixel-arcade-sharpening, aspect bombé de l'écran cathodique etc... à l'image de "Chasm", "Blazing Chrome", ou encore "Maldita Castilla". On se demande bien pourquoi ce type d'options n'est pas présent ?! C'est plutôt pas mal dans l'ensemble, mais on est quand même loin de la "splendeur" annoncée.
Concernant le gameplay : quelques hitboxes peu claires (et au combien rageantes surtout contre les boss), des checkpoints mal placés obligeant à recommencer certaines missions en totalité, des plateformes pénibles à accrocher, combats peu inspirés à base d'attaque/défense/avant/arrière (soporifique au bout d'un moment), système de potions/fioles cachées vu et revu, de nombreux allers-retours, et au final un scénario qui ne prend aucun risque ! On a l'impression que le titre de The Game Kitchen utilise tout ce qui se faisait de mieux avant dans le genre action/plates-formes (au hasard "Contra Hard Corps", "Barbarian", "Castelvania", "Shinobi" etc...) sans se renouveler ou encore nous étonner par une quelconque originalité. Clairement c'est un jeu à essayer, mais pour moi il ne restera pas gravé dans nos mémoires.
Passer après "Dead Cells" et "Hollow Knight" n'est pas une mince affaire, mais le plus dérangeant c'est certainement de ne pas avoir su créer une identité suffisament forte pour se démarquer. Avec un gameplay plutôt moyen c'est suffisant pour décevoir.