Un épisode très attendu qui délivre un résultat tantôt à la hauteur des espérances tantôt décevant. Explications.
Graphismes : 16/20.
Cet opus franchit le passage vers la 8ème gen en proposant une réalisation pensée pour la One en profondeur. Pourtant et inexplicablement, son visuel ne parvient pas à rivaliser avec celui de l'aîné. S'il en met parfois plein la vue, il laisse apparaître de grosses faiblesses techniques ici et là. Le niveau de détails des voitures en vue extérieure n'a pas bougé depuis le premier et ça se voit (on est sur One quand même!), les réflexions sur la carrosserie sont aliasées et moins détaillées que dans FH1, la distance d'affichage de la végétation est revue à la baisse, le rendu de l'asphalte est inégal, les ombres sommaires sont en plus touchées par un clipping cabrant, la direction artistique n'a aucune saveur, la palette de couleurs est finalement assez fade comparée à celle du 1er qui envoyait des teintes très riches, chaudes, variées et colorées. FH2 est loin d'être aussi chatoyant. Subsistent néanmoins de somptueux jeux de lumière ainsi que des arrière-plans propres et fins.
Gameplay : 17/20
FH2 s'ouvre à l'offroad pour un résultat honnête. On sent malgré tout que le jeu n'est pas totalement conçu pour le hors-piste du fait d'une physique plus taillée pour répondre aux besoins du cruising rapide sur route. La physique des voitures est de qualité, les transferts de masse convaincants et la direction précise même si le tout est légèrement plus arcade qu'FH1. Les sensations de vitesse sont bonnes bien que je déplore le tremblement gerbant trop marqué de la caméra à haute vitesse en vue extérieure, la disparition dommageable du flou de mouvement ainsi que le FOV trop bas (à chier donc) de la vue cockpit (encore un pas en arrière par rapport à FH1!). Les rares bugs de collisions du premier opus sont quasiment annihilés ceci dit.
Durée de Vie : 12/20 (qualité : 4/20, quantité 20/20) - Bande-Son, Atmosphère 14/20 :
FH2 reprend le concept de FH1 à l'enjoliver près : un nobody débarque dans un festival et doit se frayer un chemin vers la victoire. Mais c'est tout. Dès les 1ères courses vous êtes acclamé par une foule (qui ne vous connaît pourtant pas) comme si vous veniez de remporter la finale pour la 4ème fois consécutive. Vos rivaux vont même jusqu'à vous applaudir sur le podium alors que vous leur faites bouffer de la terre et du foin pour finir en tête. Vous ne vainquez pas au mérite, on vous donne votre victoire. Les courses de rue passent à la trappe, le jeu se veut tellement libre dans son approche qu'il en fout en l'air tout son système de progression. Entre les 5 rassemblements pas assez mis en avant et les 700 épreuves de courses identiques dupliquées entre les 6 localités à travers les 168 championnats (se passant en plus sur les mêmes circuits d'une discipline à l'autre), la progression devient rapidement imbuvable. Pour ne rien arranger la sélection de voitures est mainstream (trop de marques surcotées, pas assez d'originalité contrairement au 1er), le festival est en retrait, ne dégage ni puissance, ni âme. La tracklist est moins bonne, les basses sont atténuées, certaines musiques sont censurées (Phœnix - Pyramid). FH2 ne fout pas le feu, il se renie.
Après un 1er volet sidérant de justesse ayant révolutionné la façon d'approcher, d'interagir et de vivre un jeu de bagnoles en OW avec son festival brûlant de vie mêlant car culture et dynamique incendiaire, le 2ème opus avait un lourd héritage à porter. Vu la prestation du 1er épisode, il semblait difficile de douter de Playground. Et pourtant là où Forza Horizon 2 balaye d'un revers de jantes les quelques rares défauts de son illustre aîné, il tend à trop vouloir s'en émanciper à tel point qu'il finit par s'oublier et faire passer sous silence ce qui fait la plus grande force d'un FH : Son âme.
Un très bon jeu de caisses sans grain de folie.