Parmi les premiers jeux indépendants à succès popularisés par la ludothèque assez monstrueuse du Xbox Live Arcade, Castle Crashers est un beat'em all à l'ancienne au design cartoon très coloré et à l'univers totalement déjanté. L'intro du jeu annonce d'emblée la couleur avec une musique absolument épique, laissant parfois place à des musiques bien plus calmes dans le jeu, notamment quand on arrive face à un magasin, où dans la première scène où le château se fait attaquer et les quatre princesses enlever. Jouable jusqu'à quatre simultanément, le jeu dispose de quatre chevaliers aux pouvoirs magiques différents : le vert lance du poison, le jaune des flammes, le rouge des éclairs et le bleu des piques de glace qui gèlent les ennemis ; d'autres personnages se débloquent en terminant le jeu avec des persos précis. L'utilisation de la magie est limitée par une jauge qui se recharge assez rapidement une fois qu'on a cessé de l'utiliser.
Le jeu s'étale sur plusieurs zones en défilement horizontal avec profondeur avec des hordes d'ennemis à décimer. Chaque joueur dispose de combos avec des attaques simples et des plus puissantes, d'un saut, d'un bouclier et d'un équipement secondaire composé d'un arc, de potions qui rechargent la barre de vie (cinq maximum), puis plus tard d'une pelle, d'un olifant et de sandwiches (neuf maximum) permettant de ultra costaud pendant dix secondes pour castagner les ennemis et démolir certaines portes. Chaque coup porté donne des points d'expérience et les niveaux augmentent assez vite, les personnages dépassant facilement le niveau 20 du haut des quatre cinq heures de jeu. Après chaque niveau, chacun choisi quelle compétence il augmente parmi la force, la défense, la magie et l'agilité. A chaque palier magique, la portée et la puissance de la magie s'améliorent, permettant plus tard de lancer une attaque magique à distance puis depuis un saut.
Les combos s'enchaînent parfaitement et le plaisir de jeu est immédiat grâce à des bruitages de qualité et à une animation très détaillée avec beaucoup d'humour dans les expressions faciales. Une map permet de revenir en arrière pour acheter des objets dans la boutique, changer d'arme chez le forgeron parmi celles trouvées durant le jeu et parfois choisir son chemin parmi les quelques bifurcations proposées. La difficulté est très bien dosée et il n'est pas rare de recevoir un game over, même à plusieurs, sachant que les points d'expérience et l'argent sont conservés. On traverse toutes sortes d'environnements sous une bande originale très marquante et les moments forts et originaux sont nombreux, entre les combats sur la diligence poursuivie par un monstre géant, l'attaque du chat au dents saignantes en pleine rivière, le massacre des ninjas sur le bateau, la fuite de la soucoupe volante avec les petits insectes tirés du précédent jeu Alien Hominid des mêmes développeurs, sans oublier certains boss retors comme l'épi de maïs géant qui laisse tomber des pop-corns quand on le touche, Méduse et ses serpents pétrifiants, l'espèce de sorcière des neiges sur sol glissant, l'enchaînement des boss finaux et les différentes formes du grand méchant.
A chaque fois que l'on délivre une des princesses à l'issue d'un boss, le jeu fait une petite référence à Double Dragon en nous obligeant à nous entre-tuer afin qu'il en reste un seul pour embrasser la princesse. La fin part d'ailleurs dans un délire similaire une fois le méchant battu et la fête commencée au château, les joueurs s'affrontent et la dernière princesse s'avère être une espèce de clown ayant aspiré de la drogue étant donné les couleurs flashy, les pingouins et les petits cœurs roses qui se mettent à l'entourer. Un des tout meilleurs jeux d'action de la scène indépendante !!