Dévoilé lors de l'IFA 2025, le Roborock Qrevo Curv 2 Pro débarque avec une fiche technique affolante : 25 000 Pa d'aspiration, un LiDAR qui se rétracte et une station qui lave les serpillères à 100°C. J'ai testé ce nouveau monstre de puissance qui veut, plus que jamais, allier design et efficacité. Est-ce une mission réussie pour le géant chinois ?
Roborock n'en finit plus de saturer le marché. Après un Qrevo Curv premier du nom qui m'avait déjà bien tapé dans l'œil avec son design de station unique en 2024, la marque revient de l'IFA 2025 avec le Qrevo Curv 2 Pro. La promesse ? Garder ce look futuriste tout en explosant les compteurs : 25 000 Pa de puissance, un châssis qui s'adapte à la volée, un LiDAR qui se cache pour se glisser partout... Vendu 1299 € (avec une offre de lancement à 1099 € et de futures promos à n'en pas douter), le Curv 2 Pro se place sur ce nouveau segment du "premium accessible". J'ai passé plusieurs semaines à le laisser retourner mon appartement. Verdict : la concurrence a du souci à se faire.
Sommaire
- Sur le papier, le Qrevo Curv 2 Pro est un monstre
- Le design "Curv" : toujours aussi beau, et encore plus malin
- L'application Roborock : la référence, tout simplement
- Navigation : tout roule
- Bruit : le Roborock Qrevo Curv 2 Pro arrive-t-il à faire rimer puissance et silence ?
- Une autonomie qui tient la distance... en mode éco
- Performances de nettoyage : la puissance brute rencontre l'eau bouillante
- Entretien : la station Dock 3.0 Hygiene+ vous met au chômage technique
- Conclusion : Roborock met (encore) la barre très haut
Sur le papier, le Qrevo Curv 2 Pro est un monstre
Avant de plonger dans le vif du sujet, posons les bases. Le Qrevo Curv 2 Pro, c'est d'abord une fiche technique qui envoie du lourd, très lourd.
| Roborock Qrevo Curv 2 Pro | |
| Puissance d'aspiration annoncée | 25 000 Pa |
| Navigation | LiDAR rétractable (RetractSense) + Reactive AI 2.0 (Caméra RGB + Lumière 3D) |
| Hauteur du robot | 7,98 cm (LiDAR rétracté) |
| Technologie de lavage | Double serpillère rotative (200 RPM) + pression 12N + lavage à l'eau chaude (60°C) |
| Fonctions station | Vidage auto (sac 2,5L), Lavage serpillères (eau 100°C), Séchage (air chaud 55°C), Remplissage réservoir, Séchage du sac à poussière |
| Capacité réservoirs station | 4 L (eau propre), 3,5 L (eau sale) |
| Franchissement de seuils | Jusqu'à 4 cm (Châssis AdaptiLift) |
| Autonomie annoncée | Plus de 3h30 (mode éco) |
| Prix au lancement | 1299 euros |
Quelques chiffres sautent aux yeux. D'abord, les 25 000 Pa, un record pour la marque qui pulvérise les 18 500 Pa du modèle précédent. Pour rappel, les Pa sont des "Pascal", c'est ce qui mesure la puissance d'aspiration. Ensuite, il y a la station Dock 3.0 Hygiene+ qui ne se contente pas de laver les serpillères, elle le fait à l'eau quasi bouillante (100°C) pour dézinguer les graisses et les bactéries. Tout ça, c'est bien beau, mais les précédents modèles faisaient déjà bien le job à ce niveau. La vraie révolution pour moi, c'est la hauteur de l'appareil : 7,98 cm. Ce robot est ultra-plat, non pas en sacrifiant son télémètre laser, mais en le rendant rétractable. C'est la promesse de passer enfin sous TOUS les meubles. Ajoutez à cela un châssis qui se lève pour franchir 4 cm d'obstacles et vous avez, sur le papier, l'un des meilleurs robots aspirateurs de 2025.
Le design "Curv" : toujours aussi beau, et encore plus malin
Une station qui se fond (presque) dans le décor
Le premier Qrevo Curv m'avait séduit par sa station "bulle" qui sortait du lot. Le Curv 2 Pro reprend cette excellente idée. On a toujours cette coque blanche arrondie, très moderne, qui enveloppe presque entièrement le robot quand il rentre au garage. C'est non seulement plus joli qu'un gros bloc noir, mais c'est aussi plus propre : le robot ne prend pas la poussière entre deux cycles.

L'ergonomie est au top. On soulève le capot supérieur et on accède direct aux deux énormes réservoirs (4L d'eau propre, 3,5L de sale) et au sac à poussière (2,5L). C'est simple, c'est propre. Mon avis personnel est que c'est l'une des plus belles stations du marché.
Malheureusement, il a un mais. Cette station est massive. Avec ses 45 cm de côté, elle ne se cachera pas dans un petit studio. Et surtout, à 1300 €, Roborock fait l'impasse sur le réservoir de détergent intégré. Il faut le verser manuellement dans le bac d'eau propre. C'est un peu radin, surtout quand la concurrence commence à le proposer.
Un robot qui passe (vraiment) partout
Le robot, lui, ressemble à son prédécesseur. Un disque blanc brillant, sobre. La magie est ailleurs. Il est incroyablement plat. Avec à peine 7,89 cm de hauteur, il est bien plus fin que la moyenne du secteur.
La prouesse technique ? Le LiDAR est rétractable. Baptisé RetractSense, le système est génial : la tourelle laser se dresse pour cartographier l'espace en 360°, puis se rétracte complètement quand le robot doit se glisser sous un canapé ou un meuble TV. C'est, pour moi, la fin d'une frustration majeure. Fini le robot haut de gamme incapable de passer sous les meubles bas ! C'est un énorme point positif au quotidien.

L'application Roborock : la référence, tout simplement
Comme toujours chez Roborock, l'expérience utilisateur est soignée. On scanne un QR code, on entre le mot de passe Wi-Fi (réseau 2,4 GHz, pas de 5 GHz, dommage) et en trois minutes, le robot est prêt. L'application est un modèle d'ergonomie : claire, réactive, et traduite dans un français parfait.
L'app est d'une richesse folle. On peut évidemment créer des barrières virtuelles, des zones interdites (au lavage ou à l'aspiration), et programmer des routines. Entre autres. Le mode SmartPlan propose de lui-même les réglages optimaux (puissance, humidité) pour chaque pièce, la plupart des gens va probablement opter pour cette option, diablement efficace.
Sur l'app Roborock, on trouve aussi des fonctions plus "gadget", mais bien fichues. La caméra de télésurveillance permet de piloter le robot à distance pour voir ce qu'il se passe chez soi, et même de parler via l'audio bidirectionnel. Il y a aussi une fonction "Trouver mon animal" qui vous envoie une photo s'il le croise. C'est mignon.
Côté assistants, c'est service complet : Google Assistant, Amazon Alexa, et même l'assistant vocal maison "Hello Rocky" qui permet de lancer un nettoyage sans sortir son smartphone. À noter que Rocky a la fâcheuse tendance de s'activer quand on ne lui a rien demandé. Au bout de quelques jours de tests, je l'ai désactivé. La vraie bonne nouvelle pour les fans de domotique, c'est la compatibilité avec le standard Matter. Cela signifie une intégration simplifiée et universelle dans les écosystèmes connectés.



Navigation : tout roule
La première cartographie est bluffante de rapidité. Le robot file à toute allure et dresse une carte 3D précise de votre logement, en découpant (presque) parfaitement les pièces et en s'adaptant tout seul aux différents types de sol. Pour la cartographie globale, le robot utilise son LiDAR rétractable. Pour la navigation fine et l'évitement d'obstacles, il couple une caméra RGB à un projecteur de lumière structurée 3D. C'est la fameuse technologie Reactive AI 2.0.
Le robot est censé reconnaître 62 types d'objets. Bon, je ne sais pas si cette détection est performante car je n'ai pas trouvé la liste complète à tester. Dans les faits, j'ai trouvé la navigation chirurgicale. Le Curv Pro 2 frôle les murs, contourne les pieds de chaise avec précision et optimise ses trajectoires en S pour ne rien oublier.
J'ai évidemment tenté de le piéger. Une chaussette en boule ? Évitée. Un jouet du chat ? Contourné. Le robot identifie l'obstacle et l'affiche sur la carte avec une petite photo. C'est très fiable pour les objets de taille moyenne.
Par contre, il ne fait pas de miracle avec les pires ennemis des robots : les câbles fins. Le petit câble de chargeur de téléphone qui traîne ou la ficelle d'un store se feront avaler à coup sûr. C'est une faiblesse partagée par tous les modèles du marché, mais il faut le savoir : un minimum de rangement s'impose. De même, les petits objects comme les capsules de bière peuvent abîmer la machine, alors faites toujours attention !
L'un des points fort de la conception de Roborock, c'est ce châssis AdaptiLift. Le robot ne se contente pas de lever ses serpillères, il peut soulever l'entièreté de sa carcasse en ajustant ses roues. Résultat : le Curv 2 Pro peut franchir des barres de seuil ou des tapis épais allant jusqu'à 4 cm de hauteur ! C'est colossal. Là où 99% des robots restent bloqués, le Curv 2 Pro grimpe. Je l'ai vu faire sur un seuil de porte un peu haut, c'est impressionnant et ça lui évite de rester coincé bêtement.

Bruit : le Roborock Qrevo Curv 2 Pro arrive-t-il à faire rimer puissance et silence ?
D'après mes mesures, le Qrevo Curv 2 Pro est "relativement discret"... en mode normal. Soyons clairs : quand vous déchaînez les 25 000 Pa, c'est bruyant. Le géant chinois ne peut pas faire de magie et , avec une puissance d'aspiration aussi grande, il est presque impossible qu'un robot aspirateur ne se fasse pas entendre.
En mode éco ou équilibré, on peut tenir une conversation à côté sans problème, mais quand on la pousse, la machine se fait remarquer. Heureusement, ce mode ne s'active que sur les tapis ou les zones très sales.
Le bruit d'un robot, c'est aussi celui de sa station. Et là, il y a deux moments clés.
- 1. Le vidage du bac à poussière : C'est un réacteur d'avion de chasse pendant 10 secondes. J'abuse un peu, entendez simplement que la bête est ultra-bruyante et que c'est le prix à payer pour ne pas vider le robot à la main.
- 2. Le lavage/séchage : Le lavage à 100°C fait un peu de bruit (glouglous, pompes), mais c'est surtout le séchage à air chaud (55°C) qui s'entend. Il s'agit d'un souffle constant, comme un tout petit sèche-cheveux, qui peut durer assez longtemps. On vous rassure, le sèchage des serpillères se fait vite oublier, notez juste qu'iil vaut mieux éviter de le programmer en pleine nuit si la station est dans votre chambre. De toute façon, le Qrevo Curv 2 Pro possède un mode "nuit" qui le rend inaudible entre 22h et 7h du matin.

Une autonomie qui tient la distance... en mode éco
Roborock, comme presque tous ses concurrents, ne communique pas sur les capacités de ses batteries. Tant mieux, ce genre de chiffres ne signifie pas grand chose pris seul. Ce qui compte, c'est l'autonomie réelle, les temps d'usage. Là dessus, le leader asiatique annonce un joli chiffre de plus de 3 heures et 30 minutes.
Est-ce vrai ? J'ai d'abord été sport en lançant la machine avec une puissance d'aspiration faible et un lavage simple du sol de mon petit appartement de 46 m². Il s'en est occupé en moins d'une demie heure avant de retourner à sa base avec plus de 80% de batterie. C'est très bien, mais les calculs ne sont pas bons : même en étant charitable, j'ai tendance à dire que le Curv 2 Pro tient environ 2h30 au mieux.
Si vous activez le SmartPlan, que le robot enchaîne tapis (passage à 25 000 Pa), lavage à l'eau chaude (60°C) et nettoyage en profondeur, l'autonomie va fondre comme neige au soleil. Elle se vide presque de moitié pour la même surface. Pour un nettoyage intensif d'une grande maison, il devra donc probablement retourner à sa base pour faire une petite pause technique au milieu de sa tâche.
Je vous rassure : ce n'est pas vraiment un problème. La fonction "Recharge & Resume" est parfaitement au point. Si le robot tombe à court de jus, il retourne à la station, se recharge juste ce qu'il faut, et repart finir le travail exactement là où il s'était arrêté. L'utilisateur n'a rien à faire. Il faut juste compter quelques minutes de plus pour un nettoyage complet.
Performances de nettoyage : la puissance brute rencontre l'eau bouillante
L'aspirateur : les 25 000 Pa de puissance sont ils utiles dans un robot aspirateur ?
C'est le cœur du réacteur. 25 000 Pa de puissance d'aspiration HyperForce, c'est tout simplement colossal. Concrètement, ça veut dire quoi ? Sur sol dur (carrelage, parquet), tout est avalé en un seul passage : riz, semoule, café moulu... j'ai tout testé, rien ne résiste. Pour ça, les plus connaisseurs me diront qu'il n'y a pas besoin d'autant de puissance, et ils ont raison. C'est sur les tapis et moquettes que la différence se fait sentir. Le robot les détecte, passe en aspiration maximale, et va chercher la poussière et les poils incrustés en profondeur. Là, j'ai senti la différence avec des modèles moins premium.
Roborock a équipé le Curv 2 Pro de deux de ses meilleures technologies. D'abord, la double brosse rotative DuoDivide. Ces deux rouleaux en caoutchouc tournent en sens inverse, ce qui décolle mieux la saleté et, surtout, évite que les cheveux longs et les poils ne s'emmêlent. Après des semaines de test, je confirme : c'est incroyablement efficace. Presque aucun cheveu coincé, l'entretien est minime. Il en reste tout de même aux deux extrêmités de la brosse, mais ce n'est pas grand chose.
Ensuite, il la brosse latérale FlexiArm. Ce n'est pas une simple brossette : il s'agit d'un bras articulé qui s'étend activement pour aller chercher la poussière dans les angles et le long des plinthes. C'est une des rares fois où je vois un robot rond être aussi efficace dans les coins. Attention, pour être familier avec ce FlexiArm, je sais que ce dernier a tendance à se déformer légèrement avec le temps.

Le lavage : chaud devant !
Côté lavage, le Curv 2 Pro ne fait pas semblant. Il utilise deux serpillères rotatives tournant à 200 RPM, avec une pression de 12 Newtons pour bien frotter. Ces serpillères ont droit à de l' eau chauffée à 60°C. La station remplit son réservoir interne d'eau chaude, ce qui aide grandement à dissoudre les taches de graisse (j'ai testé avec de la mayonnaise) bien plus efficacement que l'eau froide. À noter que l'une des deux serpillères peut s'étendre latéralement, un peu comme le FlexiArm, pour venir lécher les plinthes. Fini, le petit centimètre de crasse le long du mur !
Bien entendu, il est possible d'aspirer et laver en même temps. Sauf que, dans ce cas de figure, on a toujours peur des tapis. Sur un tapis fin ou une petite moquette, mes tests se sont avérés fructueux. Le Curv 2 Pro relève automatiquement ses serpillères pour continuer à aspirer sans le mouiller. Pour les poils longs, Roborock a trouvé une autre façon de gérer : le robot peut détacher et déposer ses serpillères à la station, faire son cycle d'aspiration pure, puis retourner les chercher pour laver les sols durs à côté des tapis. C'est assez génial.

Entretien : la station Dock 3.0 Hygiene+ vous met au chômage technique
Ce que fait la station
L'objectif de ce robot, c'est qu'on l'oublie. Et sa station Dock 3.0 Hygiene+ s'en charge.
- Elle vide le bac à poussière du robot dans un grand sac de 2,5L.
- Elle sèche ce même sac à poussière avec un flux d'air pour éviter que l'humidité ne crée de mauvaises odeurs (Source 2).
- Elle remplit le réservoir d'eau du robot.
- Elle lave les serpillères avec de l'eau chauffée à 100°C (Source 2). J'ai testé après une session ketchup : elles ressortent impeccables.
- Elle sèche les serpillères à l'air chaud (55°C) pour éviter moisissures et odeurs.
- Elle s'auto-nettoie en rinçant sa base de lavage amovible.
Ce qu'il VOUS reste à faire
Votre job se résume à trois choses.
- 1. Remplir le bac d'eau propre (4L) quand il est vide.
- 2. Vider le bac d'eau sale (3,5L) quand il est plein (et ça pue vite, on vous conseille de ne pas attendre trop longtemps).
- 3. Changer le sac à poussière (2,5L) toutes les 6 à 8 semaines, selon votre usage.
- 4. Ajouter manuellement du détergent si vous le souhaitez.
Honnêtement, c'est un niveau d'automatisation quasi-total, difficile d'aller plus loin.

Conclusion : Roborock met (encore) la barre très haut
Le Qrevo Curv 2 Pro s'impose comme une référence
Points forts
- Puissance d'aspiration record de 25 000 Pa, redoutable sur tapis
- Design ultra-plat (7,98 cm) grâce au LiDAR rétractable : il passe sous (presque) tous les meubles
- Station ultra-complète (lavage serpillères à 100°C, séchage air chaud, séchage du sac...)
- Excellent nettoyage des bords (FlexiArm) et serpillère latérale extensible
- Lavage du sol à l'eau chaude (60°C) pour dégraisser
- Gestion parfaite des tapis (lève ou détache les serpillères)
- Franchissement d'obstacles record (jusqu'à 4 cm)
- Application complète et compatibilité Matter
Points faibles
- Pas de réservoir de détergent intégré à la station
- Station d'accueil très volumineuse (45x45x45 cm)
- Le bruit en mode aspiration maximale (forcément)
- Comme tous les robots, il avale encore les câbles les plus fins
Note de la rédaction
Roborock signe un quasi sans-faute. Le Qrevo Curv 2 Pro prend le design génial de son aîné et lui greffe une puissance (25 000 Pa) et des technologies de pointe. Le LiDAR rétractable qui le rend ultra-plat est une vraie révolution pour passer sous les meubles. Sa station, qui lave à l'eau bouillante et sèche tout, est un modèle d'autonomie. On lui pardonne sa station massive et l'oubli du réservoir de détergent tant il excelle partout ailleurs : aspiration en profondeur, lavage à l'eau chaude, gestion des coins, franchissement des obstacles... À 1299€, c'est un investissement, mais bon, on le sait, le secteur des robots aspirateurs va très vite et ce produit sera relativement activé à moins de 1000€ pour sûr et, à ce prix là, ça vaut le coup.
