Un an après une première incursion en demi-teinte dans l’univers des écouteurs ouverts, Xiaomi remet le couvert avec les OpenWear Stereo Pro, un modèle qui franchit un nouveau palier tant en prix qu’en ambition sonore, porté par un partenariat avec Harman.
Sommaire
- Fiche technique des OpenWear Stereo Pro de Xiaomi
- Design, un petit air de joaillerie
- Confort, aussi jolis qu’agréables à porter
- Ergonomie et connectivité, un saut qualitatif appréciable
- Application, toujours aussi frugale
- Audio, Harman à la rescousse du format ouvert ?
- Kit mains libres, du travail honorable
- Autonomie, encore les rois de leur catégorie
C’est la nouvelle lubie de l’audio nomade. Alors que le marché des intra-auriculaires est plus compétitif que jamais, une tendance émerge depuis deux ans. Celle des écouteurs ouverts. Huawei, Bose, Sony, Honor ou encore Nothing se sont lancés tout à tour afin de venir concurrencer le constructeur historique sur ce secteur, Shokz.
Souhaitant également sa part de nouveau gâteau, la firme asiatique a lancé fin 2024 son premier modèle, les OpenWear Stero. Toujours en anticipant Noël, et en espérant être inscrit sur les listes de cadeaux, le constructeur chinois revient en cette fin d’année avec un modèle plus abouti sur le papier, les OpenWear Pro.
En plus d’un design plus mature, ces nouveaux écouteurs promettent une expérience audio premium grâce à une collaboration avec Harman et surtout ils abandonnent la réduction de bruit active de ses aînés. En contrepartie, Xiaomi met en avant une technologie avancée d’atténuation des fuites sonores.
Cette dernière tout le temps active étant censée régler le problème inhérent des écouteurs ouverts. À savoir, la faible isolation passive. Est-ce que ce pari est réussi ? Voici la réponse dans notre test complet.
Fiche technique des OpenWear Stereo Pro de Xiaomi
| Spécifications | écouteurs de type ouverts |
| Compatibilité | Android, iOS, macOS, Windows |
| Type de mircrophone | Trois microphones boostés à l'IA |
| Type de haut-parleur | woofer dynamique (18 × 13 mm), un tweeter pour les aigus |
| Réduction de bruit active | Non |
| Taille et poids | 9,7 g pour chaque écouteur; Boîtier :62 x 58 x 27 mm pour 45 g |
| Connexion sans-fil | Bluetooth 5.4, multipoints, codec AAC, SBC et LDAC |
| Prix au lancement | 149,99 €, disponible en noir, beige et gris |
Design, un petit air de joaillerie
Dès l’ouverture de leurs boîtiers, qui ressemblent d’ailleurs à un écrin de bijoux, les OpenWear Stereo Pro présentent d’emblée un design beaucoup plus premium. À commencer par les matériaux qui combinent une armature en alliage nickel et titane pour les extrémités et un plastique texturé extrêmement doux sur la tige.
L’allure est une franche réussite et la qualité de fabrication est au rendez-vous, puisque très peu de traces d’assemblage sont visibles. Chaque écouteur pèse seulement 9,7 grammes, soit un petit gramme de plus que le premier modèle. Par contre ils gagnent en compacité, puisqu’ils sont moins larges : 29,5 mm contre 35 mm en 2024.

Autre bon point, le boîtier ne possédant plus une forme oblongue, assez peu confortable en poche, mais arborant désormais un format classique carré avec des bords arrondis. Extrêmement soigné dans sa conception, il abrite un revêtement façon daim sur sa face haute intérieure et son capot extérieur est texturé.

La montée en gamme est indéniable, d’autant que la charnière de ce dernier ne présente aucun jeu et que le boîtier se manipule aisément à une main.
Confort, aussi jolis qu’agréables à porter
Le confort est sans contestation l’un des principaux atouts des OpenWear Stereo Pro. Leur poids est idéalement réparti grâce à une conception en trois points d’appui, complétée par une tige à la fois robuste et suffisamment souple.
Cette structure assure un maintien stable et confortable, sans exercer de pression excessive sur le pavillon auditif, permettant un port prolongé sans fatigue ni douleur. Et ce, même avec des lunettes. La finesse de la tige permet de les glisser aisément entre la monture et l’oreille sans frottement.

La firme chinoise a également optimisé la forme et la taille des oreillettes pour qu’ils épousent mieux la courbure naturelle de l’oreille, avec une inclinaison vers l’extérieur qui évite toute pression sur le tragus. Franchement, hormis certains produits Shokz, ce sont les produits ouverts les plus agréables à garder sur les oreilles que nous ayons testés. Enfin, la certification IP54 est logiquement présente, puisque ces écouteurs ciblent en partie un public de sportifs.
Ergonomie et connectivité, un saut qualitatif appréciable
Pour notre plus grand plaisir, les petites lenteurs et confusions du précédent modèle ont été gommées. Les commandes tactiles, toujours situées sur la surface extérieure, sont désormais plus réactives. Classiques dans leurs gestuelles (successions de tapotements et appui long), ces dernières sont toujours entièrement personnalisables via l’application.

Seul petit revers de la médaille, les surfaces chromées attrapent pas mal les traces de doigts. Il faudra donc veiller à les nettoyer assez régulièrement. Côté connectivité, ils se mettent à la page avec le support du Bluetooth 5.4, et surtout l’ajout du LDAC, en plus des traditionnels codecs SBC et AAC. L’appairage Google Fast Pair sur Android est toujours aussi utile, tandis que Xiaomi a eu la bonne idée d’inclure une détection de port, qui manquait cruellement au précédent modèle.
Application, toujours aussi frugale
Difficile encore cette année de ne pas pointer du doigt la trop grande simplicité de l’application Xiaomi Earbuds. En plus d’une ergonomie perfectible, elle affiche toujours en continu une publicité pour Spotify et ne propose toujours pas d’égaliseur.
Pour combler cette absence, la firme a misé sur de nouveaux presets audio en collaboration avec Harman et sur quelques nouvelles coquetteries comme une fonctionnalité « Son Immersif », un rendu sonore adaptatif selon des activités, et un suivi du mouvement de la tête.



Parmi cette palanquée, peu de choses vraiment viables à l’écoute, hormis les modes spécifiques pour les livres audio ou pour le jeu qui poussent habilement les hauts-médiums. Le suivi du mouvement de tête est plutôt anecdotique, surtout sur un format ouvert, et le son immersif ne fait que pousser les basses, avec une perte notable de précision. Fort heureusement, les presets audio Harman se révèlent plus utiles…
Audio, Harman à la rescousse du format ouvert ?
Sur le papier, Xiaomi fait preuve de bien plus d’ambition sur le pan sonore. Là où son premier modèle se contentait d’un transducteur dynamique unique, cette nouvelle version Pro s’appuie sur une configuration à trois voies intégrant un woofer dynamique de 18 × 13 mm pour les basses, un tweeter pour les aigus, ainsi qu’un transducteur à armature équilibrée dédié aux médiums. Cette approche multi-transducteurs est censée permettre une meilleure séparation des fréquences et un rendu global détaillé, malgré le format ouvert.
De plus, une prestigieuse collaboration avec Harman se concrétise par un tuning audio autour de deux presets d’écoutes à activer dans l’application. Le profil « AudioEFX » mise sur la polyvalence pour s’adapter à tous les types de musiques, tandis que le « Harman Master » renforce les basses.

Une bien belle idée, car sans ces deux modes d’écoute, le rendu est à peine meilleur que sur le précédent modèle. Même en lançant des morceaux de G-Funk ou Drum and Bass, les basses sont plates, les coups de grosse caisse sans résonance et la précision est proche du médiocre. Même pour des écouteurs ouverts, l’écoute manque clairement de vie.
Dit ainsi, il devient obligatoire de jongler entre les deux modes d’écoute d’Harman, afin d’obtenir une écoute plus convenable. Avec le « Harman Master », les graves sonnent enfin avec plus de rondeur, tandis que les médiums, notamment les secondes voix, ne sont plus aux abonnés absents. Un indispensable pour vos playlists rythmées.



Avec le profil « AudioEFX », ce sont les aigus qui sont mieux retranscrits, ainsi que les bas médiums. Dès lors, l’écoute de morceaux rock, folk ou acoustique est plus plaisante grâce à une meilleure séparation des instruments sur le bas-médium. Toutefois, activer ces deux profils ne transige pas totalement l’expérience. Mécaniquement, la distorsion apparaît plus tôt, dès les 60% de volume, et l’écoute sera plus brouillonne sur mixages complexes.
Kit mains libres, du travail honorable
Xiaomi a délaissé la réduction de bruit active, peu utile sur un modèle ouvert, pour intégrer une technologie efficace de réduction des fuites sonores. Cette dernière, constamment active et non désactivable dans l’application, utilise un haut-parleur inversé pour atténuer la diffusion sonore vers l’extérieur.

En pratique, même à volume élevé dans un métro, cette innovation améliore notablement la confidentialité, limitant la gêne pour l’entourage. Une belle initiative qui fait sens dans ce format ouvert.
En parallèle, les OpenWear Stereo Pro intègrent trois microphones par écouteur, optimisés pour le kit mains libres. Ils captent clairement la voix en intérieur sans effet nasillard, offrant une qualité tout à fait acceptable au bureau. En extérieur, cependant, l’absence d’isolation passive oblige à pousser le volume et à éviter les environnements très bruyants pour conserver une bonne intelligibilité.
Autonomie, encore les rois de leur catégorie
Voici un domaine où Xiaomi continue de faire parler son savoir-faire. Alors que les OpenWear Stereo de 2024 revendiquaient déjà la plus haute marche du podium d’endurance des produits ouverts, leurs successeurs se permettent de faire un peu mieux.
Et ce n’est pas tant grâce à une augmentation drastique de l’accumulateur, qui avoisine encore les 700 mAh, mais plutôt à la gestion énergétique qui n’a plus à s’encombrer d’une réduction de bruit active.

Ainsi, avec le profil « Harman Master », les derniers rejetons de Xiaomi ont pu tenir presque 8 heures. Soit une bonne heure de plus que les OpenWear Stereo premier du nom.
Et pour parachever cette réussite, le boîtier est désormais capable de porter cette longévité jusqu’à 45 heures, au lieu de 40 heures. C’est bien simple, ni Shokz, ni Bose, ni Sony, ne font mieux. Et en cas ultime de panne sèche, une fonction charge rapide permet de récupérer deux heures d’écoute en seulement 10 minutes sur une prise.
Conclusion
Points forts
- Un confort toujours aussi excellent
- Un design plus premium des écouteurs et du boitier
- La meilleure autonomie des écouteurs ouverts
- Des commandes tactiles plus réactives
- Des médiums bien retranscrits avec les préset Harman
- Agréables à utliser pour les appels en intérieur
Points faibles
- Très peu d'amélioration dans l'équilibre tonal et la précision sonore
- Des basses absentes sans les présets audio Harman
- Une application à revoir tant sur la forme
- Absence d'égaliseur, malgré les presets audio
Note de la rédaction
Avec un design et un boîtier plus premium, des écouteurs encore plus confortables, une connectivité modernisée avec Bluetooth 5.4 et LDAC, ainsi qu’une autonomie renforcée, ils montent indéniablement en gamme. Cependant, malgré le partenariat avec Harman pour un son censé être premium, l’expérience audio reste en deçà des attentes pour ce segment ouvert. En tout cas globalement moins aboutie que sur les produits ouverts de Sony, Bose ou Nothing. Reste que Xiaomi se montre plus convaincant sur la qualité des appels. Comme pour les intra-auriculaires, il faudra donc faire des choix.
