Pionnier du HOSAS accessible avec son duo de T.16000M, Thrustmaster s'est depuis fait doubler par des marques plus pointues. Avec le Sol-R 2, la marque revient sur le devant de la scène avec une proposition plus ambitieuse, taillée pour l’espace moderne et pour reprendre le lead sur ce segment. J'ai testé le SOL-R 2 pendant une semaine et je suis prêt à livrer mon verdict.
Depuis quelques années, les simulations spatiales ont bousculé les habitudes des joueurs exigeants. Le bon vieux HOTAS fait toujours le job, mais dans l'univers de Star Citizen ou d'Elite Dangerous, beaucoup lui préfèrent désormais un pilotage à double stick, plus fluide, plus naturel, plus libre.
Thrustmaster avait déjà tenté l'aventure HOSAS avec le duo de T.16000M, une solution économique qui a convaincu de nombreux joueurs... mais pas les plus exigeants, souvent tournés vers des modèles premium comme les VKB Gladiator ou le Constellation. Avec le Sol-R 2, la marque monte clairement en gamme et propose un duo de sticks entièrement repensé, taillé pour l'espace pur jus.

Je l'ai testé pendant une semaine complète, en conditions réelles, sur les deux mastodontes du genre. Et clairement, ce setup m'a fait revoir ma façon de piloter. Alors, simple alternative ou nouveau standard ?
Specifications techniques
| Type de produit | Double joystick ambidextre (HOSAS) |
| Technologie de détection | H.E.A.R.T (capteurs magnétiques 16 bits) |
| Nombre d'axes | Jusqu'à 8 axes par stick (X/Y/Z + mini-stick, molette, encodeur...) |
| Boutons et contrôles | 44 fonctions configurables par stick (gâchettes, hats, mini-stick, interrupteurs...) |
| Ergonomie | Design symétrique, grips interchangeables, base élargie et lestée |
| Compatibilité | PC (Windows 10/11), support natif dans *Star Citizen* |
| Logiciel | Compatible T.A.R.G.E.T et Thrustmaster Control Panel |
| Connexion | USB-A, câble inclus |
| Poids estimé | Environ 1,2 kg par stick (selon configuration) |
| Fixation | Base plane antidérapante + pas de vis pour cockpit |
Deux philosophies de pilotage : et si le HOTAS n'était plus la meilleure option dans l'espace ?
Le HOTAS, pour Hands On Throttle And Stick, s'est imposé comme le standard des simulateurs de vol. L'idée est simple : un manche dans une main pour contrôler les gouvernes de vol, une manette des gaz dans l'autre pour gérer la poussée. C'est une configuration taillée pour les avions, où l'on vole avec portance, où la gravité dicte les trajectoires, et où les virages s'anticipent via des inclinaisons contrôlées. Dans un Microsoft Flight Simulator, un DCS ou même un X-Plane, c'est ce qu'il y a de plus naturel et réaliste.



Mais dans l'espace, les règles changent. Fini les gouvernes, l'effet de sol ou la portance. Ici, chaque impulsion compte, chaque axe de déplacement est indépendant, et surtout, on peut pivoter, translater et freiner dans toutes les directions. Un environnement sans résistance, sans appui, sans gravité. Et c'est là que le HOTAS atteint ses limites. Avec un simple accélérateur dans la main gauche, vous vous retrouvez à jongler entre touches clavier, hats et bidouillages pour espérer maîtriser vos translations ou réaliser une approche fine. Les manœuvres deviennent rigides, fragmentées, et l'immersion en prend un coup.



Avec le temps, certains utilisateurs ont commencé à détourner les mini-sticks, lorsqu'ils étaient présents, que ce soit sur le joystick droit ou sur la manette des gaz, pour gérer ces déplacements latéraux caractéristiques du vol en apesanteur. Mais alors, pourquoi se contenter d'un petit stick secondaire quand on peut lui dédier un périphérique complet ?
C'est de cette logique qu'est née l'approche HOSAS
En optant pour une configuration HOSAS, avec deux sticks pleinement fonctionnels, vous contrôlez tout de manière fluide et intuitive. Translation latérale, freinage, roulis, rotation... chaque main agit de façon indépendante, mais complémentaire. Et une fois qu'on y a goûté, difficile de revenir en arrière.
Avec le HOSAS, redécouvrez une nouvelle façon de piloter

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la majorité des pilotes spatiaux les plus investis, à commencer par des figures comme Terrada, ont adopté cette approche. Dans Star Citizen, en particulier, où le pilotage demande finesse et réactivité dans toutes les situations (FPS mode, vol atmosphérique, dogfight, EVA), le HOSAS offre un vrai avantage. Et jusqu'à maintenant, pour y accéder, il fallait bricoler avec deux T.16000M ou se tourner vers du matos russe à prix stratosphérique. Avec le Sol-R 2, Thrustmaster propose enfin une alternative propre, pensée pour ça, prête à l'emploi. Design et ergonomie : une construction solide pensée pour durer ?
Le design général du Sol-R 2 évoque immédiatement les cockpits futuristes, et plus particulièrement ceux des vaisseaux RSI/Origin dans Star Citizen ou Gutamaya dans Elite Dangerous, avec ses teintes blanc cassé, noir mat et touches cuivrées qui rappellent l'esthétique sobre mais fonctionnelle du jeu. Ce choix visuel tranche avec le style plus militaire des modèles comme le Warthog, et affirme clairement une identité orientée “espace”.
Côté matériaux, Thrustmaster a fait le choix d'un plastique rigide, sans pièce métallique apparente sur le stick. Et si certains pourraient y voir une faiblesse, la première prise en main rassure vite. Aucun grincement, aucune flexion. Tout est dense, bien ajusté, et les différentes pièces s'imbriquent avec une précision qui évoque plus un outil qu'un jouet.



Les boutons, molettes et interrupteurs mécaniques sont parfaitement fixés, avec un retour franc et une résistance bien calibrée. Les huit boutons RGB situés sur la base sont larges et réactifs, mais dans une configuration HOSAS classique, ils restent difficilement accessibles une fois les deux mains sur les sticks. Ils seront surtout utiles en amont du décollage, pour l'armement ou la gestion des systèmes à l'arrêt.
Le moulage du stick est propre, avec un contraste de textures bien pensé. Le blanc est lisse, agréable au toucher, tandis que les zones antidérapantes adoptent une finition plus granuleuse et légèrement caoutchouteuse, assurant un bon maintien en main sans forcer. Le poids de l'ensemble, base comprise, offre une inertie suffisante pour rester stable sur un bureau standard, même sans fixation. Pour ceux qui veulent renforcer encore la stabilité, des extensions latérales sont fournies et viennent se clipser dans les angles de la base, augmentant l'emprise au sol sans nécessiter de cockpit.
Il est possible d’améliorer la stabilité grâce à des pieds extensibles

Le soin apporté à la construction inspire confiance, mais dans un setup HOSAS, ce qui compte vraiment, c'est le ressenti une fois les mains posées sur les sticks. Et sur ce point, le Sol-R 2 a clairement été pensé pour aller plus loin que le simple confort.
Prise en main et personnalisation : un duo confortable et bien pensé ?
C'est souvent un point qu'on sous-estime sur ce type de périphérique, mais le confort et la flexibilité sont essentiels, surtout quand on part sur un setup HOSAS pensé pour les longues sessions. Et sur ce point, le Sol-R 2 ne se contente pas de proposer deux sticks identiques : il mise sur une base robuste, configurable, et surtout bien pensée pour les utilisateurs exigeants.

Chaque stick est parfaitement ambidextre. Que vous soyez droitier, gaucher, ou adepte des setups symétriques, tout est conçu pour que l'expérience reste naturelle. Repose-pouces, repose-paume, bouton pinky, tout est ajustable, et ça se ressent. Dès les premières minutes, la prise en main est équilibrée, sans contrainte mécanique ou tension excessive.
La vraie surprise vient de la modularité. Vous pouvez :
- Verrouiller ou non l'axe Z, selon votre usage. En spatial pur, on le désactive souvent pour éviter les rotations parasites. Mais dans un simulateur plus traditionnel, c'est une fonction qu'on est content de retrouver.
- Adapter la base à votre installation, grâce aux patins caoutchouc et aux extensions clipsables pour plus de stabilité. Pas besoin de cockpit pour avoir un setup stable.
- Monter les sticks sur support rigide via les pas de vis intégrés, ce qui ravira les joueurs en rig full métal.
- Changer les grips pour d'autres modèles Thrustmaster, comme celui du Warthog, mais attention : cela ne permet pas d'activer l'axe Z si le grip n'en est pas équipé. La compatibilité est là, mais les fonctions restent dépendantes du matériel monté.
En jeu, ce qui frappe, c'est la course fluide, la résistance linéaire, et l'absence de cran central. Le feeling est plus proche d'un mouvement libre que d'un retour à zéro rigide, ce qui colle parfaitement au pilotage spatial.
Plusieurs grips sont compatibles avec le Sol-R 2

Et surtout, le poids et la stabilité sont au rendez-vous. Même sans fixation, les sticks tiennent en place. Et après plusieurs heures sur Elite ou Star Citizen, je n'ai ressenti aucune gêne musculaire ni fatigue liée à une mauvaise ergonomie. C'est équilibré, et surtout, c'est cohérent avec l'intention du produit : un outil de pilotage précis, modulaire, et fiable dans la durée.



En jeu : immersion totale dans Star Citizen et Elite Dangerous ?
Mapping recommandé pour Star Citizen

C'est une fois en jeu que le Sol-R 2 prend tout son sens. Dans Star Citizen, la configuration HOSAS permet une maîtrise immédiate des déplacements sur les six axes. Translation, rotation, roulis, freinage... chaque mouvement est fluide, naturel, et surtout précis. On ressent immédiatement les bénéfices d'une course sans cran, d'une résistance linéaire et d'un axe Z verrouillable, qui évite les dérives involontaires. Le fait de pouvoir doser chaque impulsion sans avoir à compenser via clavier ou hat switch change tout. On peut enfin piloter proprement, même à très basse vitesse. Même constat sur Elite Dangerous, où l'approche des stations ou les combats dans des environnements restreints prennent une autre dimension. Le pilotage devient plus organique, moins haché, plus instinctif. On n'anticipe plus les mouvements, on les ajuste en temps réel avec une finesse impossible à obtenir sur une configuration HOTAS classique.
Mapping recommandé pour Elite Dangerous

Côté affectations, les sticks offrent suffisamment de commandes pour gérer armes, systèmes, cibles, boost, boucliers, radar, et bien sûr les fonctions de vol. Les interrupteurs mécaniques sont parfaits pour les alternances de modes ou de canaux (quantum, landing, etc.), et le mini-stick est idéal pour gérer une caméra libre ou les tourelles secondaires. Ce que je retiens après plusieurs longues sessions, c'est surtout la cohérence de l'ensemble. Rien ne force, rien ne fatigue. Le cerveau comprend rapidement quelle main fait quoi, et l'immersion n'est jamais rompue par un retour au clavier. Pour qui passe beaucoup de temps en vol ou dans les phases EVA, c'est clairement un changement de paradigme.
Compatibilité et configuration : plug & play ... vraiment ?
Alors autant commencer sans vous faire de faux espoirs : non. Le Sol-R 2, même s’il est évidemment bien plug & play dans le sens où il est reconnu instantanément par Windows comme n’importe quel périphérique moderne, ne vous offrira pas une expérience HOSAS complète simplement en le branchant.
T.A.R.G.E.T commence à vraiment dater, malgré sa puissance


Thrustmaster va clairement dans le bon sens en proposant des mappings préconfigurés, mais force est de constater que leur application reste loin d’être intuitive, surtout dans Star Citizen. Je m’attendais à quelque chose de plus simple… et ce ne fut pas le cas. J’ai dû faire ce que je déteste le plus : mapper moi-même chaque axe et chaque bouton. Car les profils fournis ne me convenaient pas. Le ressenti d’un setup HOSAS reste très personnel, et même avec deux sticks identiques, la répartition des commandes varie d’un joueur à l’autre. J’ai donc dû procéder à pas mal d’ajustements : désactiver l’axe Z sur l’un des sticks, redéfinir plusieurs boutons, et surtout, me battre avec un système de mapping franchement laborieux dans Star Citizen. Rien d’insurmontable, mais clairement fastidieux.
La gestion via le logiciel natif de Windows fonctionne plutôt bien


À l’inverse dans Elite Dangerous, l’expérience a été bien plus simple et fluide. Le binding proposé par Thrustmaster m’a paru plus cohérent, même si j’ai quand même dû ajuster deux ou trois éléments.
Robustesse, stabilité, usure : ça tient sur la durée ?
Difficile de trancher après seulement une semaine, mais certains signes ne trompent pas. Le Sol-R 2 dégage une vraie impression de solidité dès la prise en main, sans jeu mécanique, sans bruit parasite, et avec une base qui ne bouge pas. Les interrupteurs, les molettes et les gâchettes résistent bien à une utilisation répétée, sans montrer de signe de faiblesse. Et connaissant le sérieux de Thrustmaster via d'autres périphériques que j'utilise comme le Warthog, le Viper TQS ou encore les TPR, je ne suis pas particulièrement inquiet.

Les matériaux, même s'ils restent plastiques, ne souffrent pas d'un aspect bon marché. Le grip ne s'use pas après plusieurs heures de jeu intense, et la texture légèrement caoutchouteuse des zones antidérapantes n'a montré aucun début de lustrage ni d'arrachement.
Le gimbal, lui, repose sur un système simple mais éprouvé, sans friction parasite ni point dur central. Ce type de conception a déjà fait ses preuves sur d'autres modèles de la marque, et rien n'indique ici une faiblesse particulière sur le long terme. Bien sûr, il faudra surveiller l'endurance sur plusieurs mois, mais à ce stade, rien ne laisse penser que le Sol-R 2 va fatiguer rapidement.
Conclusion : faut-il passer au HOSAS avec le Sol-R 2 ?
Points forts
- Construction sérieuse et bien finie malgré l'usage du plastique
- Véritable configuration HOSAS pensée pour le spatial
- Excellente prise en main, précise et fluide
- Design cohérent avec l’univers de Star Citizen (RSI) ou Elite Dangerous (Gutamaya)
- Modularité appréciable et aucun besoin de bricolage
- Base très stable
- Design très réussi et cohérent avec l’univers spatial
- Compatibilité avec les grips du Warthog pour plus de personnalisation
- Mapping natif proposé pour Star Citizen et Elite Dangerous (même si perfectible)
- Ambidextre complet, idéal pour toutes les configurations
- Pas de deadzone notable, très bonne réactivité sur tous les axes
- RGB personnalisable indépendamment
Points faibles
- Pas de réglage de la résistance ou de la fermeté du stick
Note de la rédaction
Avec le Sol-R 2, Thrustmaster signe un retour sur le devant de la scène des HOSAS, après un duo T.16000M un peu faiblard face aux attentes des joueurs pros. Cette fois, la marque propose un produit à la fois accessible, robuste et pensé pour les exigences modernes du vol spatial. Il ne révolutionne pas la formule, mais il coche toutes les cases : prise en main équilibrée, construction vraiment à la hauteur, modularité bien fichue, et surtout une vraie cohérence en jeu, avec un look très Star Citizen.
Est-ce suffisant pour convaincre les puristes déjà équipés en VKB ou Virpil de revenir chez Thrustmaster ? Peut-être pas. Mais pour les joueurs exigeants qui ne sont pas encore équipés, et qui veulent un setup HOSAS fiable, sans bricolage ni compromis, le Sol-R 2 arrive au bon moment, avec une proposition convaincante et surtout prête à l'emploi.
Le Sol-R 2 m'a donné envie de relancer Star Citizen, et je suis pas prêt de lâcher les sticks. Pile-poil, ou presque, pour la sortie de Squadron 42 (croisons les doigts).



