Un clavier mécanique sans fil, RGB, avec molette multifonction, le tout à moins de 90 euros ? Sur le papier, le Trust GXT 868 Torix semble cocher toutes les cases. Reste à voir s'il tient ses promesses une fois entre les mains d'un joueur exigeant. Alors, véritable banger ou simple clavier au look pro qui s'effondre à l'usage ? Pour le savoir, on l'a mis à rude épreuve, au quotidien comme en jeu, en écriture comme en navigation. Voici ce qu'on en pense, après l'avoir vraiment poussé dans ses retranchements.
Depuis plusieurs années, Trust Gaming s'est taillé une réputation sur un créneau bien spécifique : celui des périphériques abordables, pensés pour les joueurs, mais sans chercher à concurrencer les cadors du secteur sur le terrain de la haute performance. Casques, souris, manettes… la marque s'adresse à celles et ceux qui veulent un setup gaming sans exploser le budget. Mais dans le domaine des claviers mécaniques sans fil, c'est une autre histoire. Et avec ce GXT 868 Torix, Trust semble vouloir franchir un cap.

Proposé à un tarif largement inférieur à la concurrence, le Torix annonce la couleur : switches mécaniques Huano linéaires, connectivité sans fil 2,4 GHz, rétroéclairage RGB complet, batterie rechargeable avec 100 heures d'autonomie annoncées, touches multimédias, et molette multifonction en métal. Difficile de ne pas lever un sourcil curieux en découvrant cette fiche technique. Ce clavier coche beaucoup de cases, peut-être même un peu trop pour son prix.
Et c'est là que la vraie question se pose. Peut-on vraiment faire confiance à ce genre de produit quand on a l'habitude de modèles bien plus haut de gamme ? Ce genre de clavier promet souvent beaucoup sur le papier, mais qu'en est-il dans les faits ? Est-ce qu'il tient le choc en jeu ? Est-ce qu'il reste confortable sur de longues sessions ? Est-ce que l'autonomie tient la route avec le RGB activé ? Et qu'est-ce qu'on sacrifie, au fond, pour atteindre ce niveau de prix ? Commençons par les spécifications techniques :
Spécifications techniques
| Marque | Trust Gaming |
| Modèle | GXT 868 Torix |
| Type de clavier | Mécanique, format complet |
| Commutateurs | Huano blancs linéaires (50 millions de frappes) |
| Rétroéclairage | RGB personnalisable (16,8 millions de couleurs) |
| Connexion | Sans fil 2,4 GHz (dongle USB-A), câble USB pour recharge |
| Autonomie | Jusqu'à 100 heures (selon l'éclairage utilisé) |
| Touches multimédias | Via les touches F1 à F12 + molette rotative en métal |
| Logiciel | Programmation des touches et de l'éclairage via logiciel Trust |
| Dimensions | 44 x 13,6 x 3,3 cm |
| Poids | 826 g |
| Compatibilité | PC, ordinateur portable (Windows) |
Design et finitions : a-t-on vraiment affaire à un clavier premium ?
Au premier coup d'œil, le Trust GXT 868 Torix fait bonne impression. On est clairement loin des claviers entrée de gamme en plastique brillant qui sonnent creux. Ici, la façade en aluminium brossé donne un vrai cachet à l'ensemble. C'est sobre, élégant, avec un petit côté sérieux qui pourrait presque faire illusion dans un bureau… si la pluie de LED RGB ne venait pas tout de suite rappeler sa nature de pur clavier gaming.



La molette de volume en métal, positionnée en haut à droite, renforce cette sensation de qualité. Elle tourne bien, sans jeu, avec un clic intégré pour couper le son instantanément. C'est un détail, mais un détail qui fait plaisir.
On est sur un format full-size classique, avec pavé numérique complet. Le clavier est plutôt lourd avec ses 826 grammes, ce qui lui assure une bonne stabilité sur le bureau, surtout couplé aux patins antidérapants bien larges. Les pieds arrière permettent une légère inclinaison à deux réglages pour plus de confort. Ça ne bouge pas, même en pleine frénésie sur les touches.
Petit détail qui mérite d'être salué : le dongle USB-A peut être rangé sous le clavier, dans un compartiment aimanté. C'est tout bête, mais c'est super pratique pour éviter de le perdre si on utilise le clavier en filaire, ou lorsqu'on le transporte. Ce genre de petite attention montre que Trust a pensé à un usage réel, pas juste à cocher des cases techniques.
Le dongle USB-A peut être rangé sous le clavier, dans un compartiment aimanté

À l'usage, l'ensemble inspire confiance. Le plastique utilisé pour les touches est correct, même s'il reste un cran en dessous des keycaps double injection qu'on trouve sur des modèles plus haut de gamme. Et puisqu'on parle des touches : petit bémol sur la sérigraphie des chiffres. Les caractères spéciaux (comme @, €, etc.) sont positionnés à côté des chiffres plutôt qu'en dessous, ce qui peut perturber les habitués du “frappe-aveugle”. Ce n'est pas un drame, mais ça mérite d'être signalé.
Les caractères spéciaux sont positionnés à côté des chiffres plutôt qu'en dessous

Enfin, note discrète mais bienvenue : le clavier passe automatiquement en veille après environ deux minutes d'inactivité. Un bon point pour préserver un peu plus la batterie quand on oublie de l'éteindre.
Frappe et sensations : les switches Huano tiennent-ils la distance ?
Quand on parle de clavier mécanique, tout se joue souvent au niveau des switches. Et ici, Trust mise sur des Huano blancs linéaires. Un choix un peu inattendu pour les connaisseurs, puisque Huano est davantage connu pour ses switches de souris que pour ses interrupteurs de clavier. Moins médiatisés que les Cherry MX, Gateron ou Kailh, les switches Huano ont pourtant commencé à se faire une petite place chez certains fabricants orientés budget. Et dans le cas du Torix, ça marche plutôt bien.

Pas de capteurs magnétiques ou d'ajustement logiciel de la hauteur d'activation ici, mais pour un clavier de ce segment, la mécanique fait le job sans détour.
On est sur un comportement typiquement linéaire : pas de clic audible à l'activation, pas de point de résistance. La course est fluide, rapide, et la sensation sous les doigts reste agréable, même sur de longues sessions. La frappe est plus douce que sur des switches tactiles ou clicky, et reste assez silencieuse sans être complètement muette. On est dans une zone de confort, parfaite pour le jeu comme pour la saisie prolongée.

En jeu, les touches répondent au quart de tour, sans latence, sans flottement, et la réactivité est plutôt au rendez-vous. En écriture, la frappe reste souple et légère, sans fatigue au bout de plusieurs heures.
Petit détail appréciable : les touches F1 à F12 ne sont pas juste là pour faire joli. Elles embarquent des fonctions multimédias bien pensées, accessibles via la touche Fn. Lecture, pause, réglage de la luminosité, mute… tout est là, et ça évite de devoir sortir du jeu pour gérer une playlist ou un appel Discord. Simple, efficace.
Sans fil et autonomie : 100 heures annoncées... vraiment ?
Trust annonce une autonomie pouvant aller jusqu'à 100 heures pour ce GXT 868 Torix. Une promesse alléchante, mais forcément à prendre avec des pincettes. Car dans la réalité, comme souvent, tout dépend du mode d'utilisation. En usage RGB poussé, avec luminosité à fond et effets dynamiques activés, on est loin de ce chiffre symbolique.
Lors de mes tests, avec l'éclairage RGB actif en continu et le clavier simplement éteint entre deux longues sessions, j'ai atteint environ 4 jours d'autonomie. Ce qui reste honnête, mais bien loin de la promesse marketing. En revanche, dès qu'on baisse la luminosité ou qu'on passe sur un éclairage blanc fixe, le gain est immédiat. Avec un mode plus sobre, l'autonomie grimpe en flèche et peut effectivement s'approcher des 80 heures, mais difficile de toucher vraiment aux 100 heures annoncées.

Le bon point, c'est que le clavier peut être utilisé en mode filaire pendant la recharge. Il se connecte via un câble USB-A tout ce qu'il y a de plus classique, même si un peu court. Pas de coupure, pas de switch à faire : on branche et on continue à jouer. Seul regret : l'absence d'un indicateur clair de niveau de batterie. On a droit à une LED qui clignote quand la charge est basse, mais c'est tout. C'est un peu spartiate, mais fonctionnel.
Côté connexion sans fil, rien à signaler. La liaison 2,4 GHz s'est montrée parfaitement stable, sans aucun décrochage, même dans une pièce blindée de signaux. En jeu, nous n'avons perçu aucune latence. À ce niveau-là, difficile de faire la différence avec un bon clavier filaire.
Le clavier passe aussi en veille automatiquement au bout de quelques minutes d'inactivité. Il se réveille rapidement à la première pression, mais cette fonction contribue clairement à prolonger l'autonomie dans le temps.
RGB, macros, profils : que vaut le logiciel Trust au quotidien ?
Le Trust GXT 868 Torix propose un rétroéclairage RGB complet, personnalisable via le logiciel fourni. En pressant les bonnes combinaisons de touches, on peut déjà naviguer entre plusieurs effets prédéfinis directement depuis le clavier, mais c'est en installant le soft que l'on débloque tout le potentiel de personnalisation.
Un logiciel simple, mais complet !

Visuellement, le logiciel ne paie pas de mine. Interface datée, textes uniquement en anglais ou en chinois, navigation rigide… on est loin des interfaces modernes à la Razer Synapse ou Logitech G Hub. Et pourtant, il coche les cases importantes.
On y retrouve :
- La création de profils multiples,
- Un éditeur de macros assez lisible,
- Une gestion RGB par touche ou en mode global (avec vitesse et intensité réglables),
- Un contrôle précis de la molette multifonction (volume, lumière, etc.),
- Et même un mode visualiseur musical, un peu gadget, mais fun à tester.



Le tout fonctionne bien, sans bug notable, et les paramètres sont appliqués instantanément. Pour les joueurs qui aiment adapter leur clavier à chaque jeu ou ambiance, c'est clairement un plus. Certes, l'ensemble mériterait une refonte visuelle et une traduction française, mais en termes de fonctionnalités, difficile de faire mieux à ce prix.

Conclusion : faut-il craquer pour le Trust GXT 868 Torix ?
Points forts
- Son excellent rapport qualité/prix
- La suite logicielle simple, mais plutôt efficace
- Le compartiment magnétique pour ranger le dongle USB-A
- La frappe agréable des switches Huano
- La molette multifonction en métal bien intégrée
- Le mode sans fil stable et sans latence
Points faibles
- Autonomie limitée si on garde le RGB à fond
- Logiciel uniquement en anglais ou chinois
- Lisibilité discutable des touches chiffrées
- Câble USB un peu court pour une vraie utilisation filaire prolongée
Note de la rédaction
Un bon clavier, sans ambiguïté. Le Trust GXT 868 Torix en offre beaucoup pour son prix : une construction sérieuse, un vrai confort de frappe, une molette bien pensée, et un RGB complet. Tout n'est pas parfait : l'autonomie fond vite avec le rétroéclairage à fond, le logiciel mériterait un coup de polish, et la lisibilité de certaines touches reste discutable. Mais à moins de 90 euros, difficile de lui en tenir rigueur. Si vous cherchez un clavier mécanique sans fil efficace, bien équipé et sans exploser le budget, le Torix mérite clairement qu'on lui fasse une place sur le bureau.
