Après un très convaincant Find X5 Pro, Oppo continue d’étoffer son milieu de gamme avec le Reno 7. Un smartphone abordable, séduisant et audacieux sur pas mal d’aspects.On vous explique pourquoi dans ce test.
Sommaire
- OPPO RENO 7 : la fiche technique
- Design, il a sa propre personnalité
- Écran, une bonne dalle qui nécessite un léger calibrage
- Des performances modestes, mais suffisantes pour la plupart des usages.
- ColorOS 12, la personnalisation avant tout
- Photo, un anticonformisme jusqu'au boutiste
- Autonomie, il a du coffre, mais a besoin d’un certain temps récupération
Avec sa gamme Reno, Oppo jouait jusqu’à présent au chat et à la souris en France. En effet, le constructeur chinois avait pour habitudes de ne proposer dans l’Hexagone qu’une génération sur deux de sa famille Reno. Puisqu’à la rentrée 2021, les Reno 6 et 6 Pro étaient commercialisés dans nos contrées, nous avons du coup été étonnés qu’Oppo nous présente juste avant l’été un atypique Reno 7.
Atypique, il l’est tout d’abord par son positionnement. Alors que les précédents modèles avoisinaient tous les 500 euros, ce Reno 7 se facture à son lancement à 329 euros. Un prix qui le situe entre la fin de l’entrée et le début du milieu de gamme. Ensuite, il suffit de jeter un œil rapide à la fiche technique du smartphone pour se rendre compte que le Reno 7 n’est pas un clone sans saveur. Oppo a fait ici des choix forts. Soit pour faire baisser le prix, soit par conviction. Design racé, mais absence de 5G, un module « microscope » en lieu et place d’un ultra grand-angle, une recharge à « seulement » 33W alors que le constructeur tente de repousser les limites de la charge rapide sur de nombreux autres modèles… Le Reno 7 est plein de paradoxes. Est-ce que le prix à payer pour sortir du lot et séduire les foules ?
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OPPO RENO 7 : la fiche technique
| OPPO RENO 7 | |
| Taille d'écran | 6,43 pouces |
| Type d'écran | AMOLED |
| Définition d'écran | 2400 x 1080 pixels |
| Taux de rafraichissement | jusqu'à 90 Hz |
| SoC | Snapdragon 680 |
| Mémoire vive | 8 Go |
| Stockage | 128 Go |
| Batterie | 4500 mAh |
| Charge rapide | 33W en filaire |
| Connectivité | 4G / WiFi 6E / BT 5.2 |
| Capteurs photo principal | 64 Mpx + 2 Mpx + 2 px |
| Capteurs photo secondaire | 32 px |
| Étanchéité | Non |
| Dimensions | 159,9 x 73,2 x 7,5 mm |
| Poids | 175 grammes |
| Prix | A partir de 329€ |
Design, il a sa propre personnalité
Clairement, si vous en avez assez de ces smartphones sous la barre des 500 euros qui se ressemblent tous, peu ou prou, alors le Reno 7 risque de vous faire plaisir. Dans son allure, ce smartphone a des faux-airs d’iPhone 13. Avec son format compact, ses bordures aplaties et ses courbes anguleuses, il est vraiment réussi et sa préhension est excellente, d’une comme à deux mains. Il faut dire que ses mensurations ne font ni dans la démesure, ni dans la surcharge pondérale, 159,9 x 73,2 x 7,5 mm, pour seulement 175 grammes.

À l’arrière, Oppo balaye d’une main l’idée d’un dos brillant en proposant un revêtement noir matifié aussi agréable à la rétine qu’au toucher. La sensation soyeuse lors de la prise en main est vraiment agréable et surtout ce choix de matériaux évite que le smartphone ne devienne un repaire de traces de doigts et de poussières. Le bloc photo est rectangulaire est, lui aussi, plaisant à regarder, notamment grâce un anneau LED situé sur le capteur du bas. Appelé « lumière orbitale », cet anneau n’est pas là que pour faire jolie. Lors d'une capture au « microscope », il sert de lumière et il peut également clignoter lorsque le téléphone est en charge ou reçoit des notifications. Tout se paramètre selon vos envies dans les réglages de l’appareil.

À l’avant, le Reno 7 est plus conventionnelle avec un poinçon central pour le capteur avant et un bord inférieur légèrement imposant. Du côté de la connectique, c’est également du classique avec un port USB-C et une prise jack 3,5 mm sur le bord inférieur, un bouton de déverrouillage à droite et les boutons de volumes et un slot pour deux SIM sur la gauche.

En matière d’esthétisme et d’ergonomie, le Reno a le mérite de ne pas faire comme les autres, ce qui est fortement appréciable. D’autant que le smartphone existe aussi dans une version orange avec un dos de fibre de verre imitation cuir. Une version colorée du plus bel effet. Comme quoi, il n’est pas nécessaire d’être aussi extravagant que le Nothing Phone (1) pour sortir du lot.
Écran, une bonne dalle qui nécessite un léger calibrage
Malgré un prix plus contenu que ses prédécesseurs, le Reno 7 ne fait pas de grandes concessions en matière d’affichage. Le smartphone propose une dalle AMOLED de 6,43 pouces (1080 x 2400 pixels) compatible HDR10+ avec un taux de rafraîchissement maximum de 90 Hz. À ce propos, cette fréquence n’est pas adaptative, c’est à vous donc de choisir dans les paramètres entre 90 Hz (par défaut) et 60 Hz en fonction de vos activités et du niveau de votre batterie. Nous n’en lui tenons que peu rigueur, puisqu'à ce prix, beaucoup de smartphones plafonnent encore à 60 Hz.

Par contre, le calibrage de l’écran en sortie d’usine n’est franchement pas folichon. En effet, les deux modes proposés dans les réglages, « Vif » et « Normal », souffrent d’aberrations chromatiques. Le premier sature à l’excès le bleu et le rouge, tandis que le second est bien trop froid, notamment sur le vert. Heureusement, il existe une solution de secours, une jauge de couleurs que nous conseillons de placer environ vers 65-70%. Une fois ce calibrage effectué, l’écran s’apprécie pour toutes les activités du quotidien, d’autant que la luminosité maximale est appréciable. À l’extérieur, hormis quelques reflets, il est possible de consulter son smartphone en plein soleil sans se fatiguer les yeux.
Des performances modestes, mais suffisantes pour la plupart des usages.
Facturé 499 euros l’an dernier, le Reno 6 avait dans ses entrailles une chatoyante puce MediaTek Dimensity 900. Avec un prix de 329 euros, Oppo a dû se montrer moins généreux envers le Reno 6. En effet, ce dernier embarque un Snapdragon 680 couplé à 8 Go de mémoire vive et 128 Go de stockage non extensible. Clairement orienté entrée de gamme, ce SoC 4G est par exemple celui qui équipe le Redmi Note 11, un smartphone facturé 199 euros lors de son lancement. Pour rappel, le Snapdragon 680 est gravé en 6 nm et s’articule autour de six cœurs Kryo 265, quatre à 1,9 GHz et deux à 2,4 GHz.

Bien qu’il soit suffisant pour la plupart des usages de divertissements, cette configuration s’avère trop timide pour un usage gaming intensif. Comme le confirment nos différents benchmarks, le Reno 7 affichent des résultats plutôt poussifs. Certes, il pourra lancer des titres gourmands comme Call of Duty Mobile ou Genshin Impact, cependant il faudra y jouer avec un faible niveau de graphisme. Pour une partie, vraiment de temps en temps, il peut dépanner, mais pas plus.

Par contre, pour des petits jeux 2D ou 3D ou du streaming vidéo sur Netflix, il aura le coffre suffisant pour vous divertir. Attention néanmoins à ne pas laisser trop d’applications en arrière-plan simultanément, la fluidité, notamment en ouvrant l’application photo, risquerait d’en prendre un coup.
ColorOS 12, la personnalisation avant tout
Sans surprise, le Reno 7 embarque la dernière version d’Android 12 accompagnée de la surcouche maison d’Oppo, ColorOS 12. Grâce à ses nombreuses options de personnalisations, cette interface permet à chaque utilisateur de se créer une expérience sur mesure. Gestes tactiles, éclairages des bords, barre latérale intelligente, mode Always On, gestion de la LED lumineuse, mode « Jeux »…

Au démarrage du téléphone, il y a de quoi faire dans les menus. Prenez le temps de vous y attarder un peu, vous ne le regretterez pas. En matière de suivi logicielle, Oppo annonce trois ans de mises à jour majeur et vient juste de confirmer que le Reno 7 sera éligible à ColorsOS 13 dès le mois d’octobre prochain.
Photo, un anticonformisme jusqu'au boutiste
Loin de faire dans la surenchère de capteurs, le Reno 7 soigne ici son originalité en faisant des choix plutôt audacieux. En effet, le bloc photo dorsale propose une configuration plutôt étonnante, à savoir :
- Un module de principal de 64 mégapixels ouvrant à f/1,7.
- Un capteur de profondeur de 2 mégapixels, ouvrant à f/2,4.
- Et une lentille microscope de 2 mégapixels capable de zoomer de x15 à x30.
Vous l’aurez compris, Oppo tire une croix ici sur un capteur ultra grand-angle. Est-ce vraiment une grosse perte ? Oui et non. Oui, si pour vous la polyvalence photographique est essentielle. Non, car sur cette gamme de prix, ce type de capteur est rarement transcendant. En ce qui concerne le capteur principal, rien à redire. De jour, il propose un niveau de détails très satisfaisant et surtout, il arrive à bien gérer les différentes teintes de lumières et de contrastes.



Sur les photos de paysage, il parvient à mettre en avant les éléments au premier plan grâce à une netteté bien maîtrisée. On pourrait cependant lui reprocher parfois une gestion colorimétrique trop uniforme, notamment sur le ciel.


En fin de journée, il opte pour une gestion plus accentuée des contrastes, ce qui n’est pas un mauvais choix puisque cela permet de mieux mettre en valeur certains éléments comme les détails des bâtiments.

Par contre, quand le soleil se couche, le Reno 7 n’est clairement plus aussi à l’aise. Sans être déplorable, le mode « Nuit » peine à nous offrir des clichés vraiment exploitables. L’apparition de bruit numérique est flagrante sur l’ensemble de la photo et la gestion des contrastes n’est franchement pas bonne.



Pour utiliser ce mode au mieux, nous vous conseillons d’être tout même dans un environnement urbain plutôt lumineux, sinon le Reno 7 ne vous sera pas d’une grande utilité.

En ce qui concerne le mot portrait, le capteur de profondeur parvient à proposer un effet bokeh réussi, car discret. En façade, le capteur selfie de 32 mégapixels est, lui aussi, de bonne facture. Le détourage est précis et le lissage des visages contenus.
mode "Portrait"

Et que vaut donc ce fameux capteur microscopique ? Certes, la proposition est étonnante, mais pas nouvelle, Oppo proposait déjà ce type de capteur sur son Find X3 Pro. Dans les faits, le grossissement x30 et la LED lumineuse permettent de capturer avec brio des détails lilliputiens d’éléments. Les photos sont plutôt réussies dans l’ensemble, mais il faut être diablement patient tant la mise au point est erratique.



Comme souvent avec ce type de capteur, l’expérience est amusante au début, puis on se lasse vite d’une telle fonction gadget. Hormis pour les myrmécophiles, et encore, on voit mal comment utiliser au quotidien ce microscope.
Autonomie, il a du coffre, mais a besoin d’un certain temps récupération
Avec un SoC aussi peu gourmand, nous nous attendions à ce que le Reno 7 ne nous déçoivent pas trop en matière d’autonomie. Et nous n’avons pas été déçus. Avec sa batterie de 4500 mAh, il tient sans peine deux jours. Durant ce laps de temps, nous avons même pu l’utiliser sur Netflix une petite heure et jouer à quelques jeux 2D dans les transports en commun. C’est vraiment confortable. Même en le poussant un peu, autrement dit en multipliant par deux notre temps de streaming et de jeux, il a tenu plus d’une journée.
En matière de recharge, Oppo s’est montré plus généreux. Le Reno 7 s’accompagne d’un timide chargeur de 33 W. Ce n’est pas non plus une infamie, surtout quand on sait par exemple que le récent Google Pixel 6a ne bénéficie que d’une charge à 18 W, mais nous restons un peu sur notre faim. Le Reno 7 met en effet une petite heure pour passer de 5 à 90%.
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Conclusion
Points forts
- Design original et réussi
- Un bon écran
- Une excellente autonomie
- Un bon capteur proncipal de jour
- Un prix abordable
Points faibles
- Une partie photo globalement faible la nuit
- L'absence de 5G
- Une recharge moyenne
- Un capteur microscopique rapidement gadget
Note de la rédaction
Original dans son design et son format, atypique par son expérience photo et endurant comme un marathonien. Voici les principaux atouts sur lesquels Oppo mise avec son Reno 7. En sortant des sentiers battus, ce smartphone apporte un peu de légèreté à une offre entrée/milieu de gamme parfois trop monolithique. Si vous assumez ses côtés fantasques, le Reno 7 sera une excellente affaire, notamment avec ColorOS 13 qui pointe le bout de nez. Par contre, si vous souhaitez profiter d’un ultra grand-angle et d'un meilleur capteur de nuit, ainsi que de la 5G, les récents Samsung Galaxy A33 (379 euros) et Xiaomi Redmi Note 11 Pro (369 euros) mériteront certainement plus votre attention.
