L'atmosphère prenait fin dans ses dernières volutes de brume. Une étrange sensation me parcourai, à cette frontière on se sentais si haut, si loin, et pourtant la porte qui s'ouvrais à nous, menais à un lieu infinimment plus vaste. Le cockpit légerement givré donnait à voir au travers de ses reflets irrisés, un spectacle effrayant.
C'est là bas que j'allais, au milieu de tout ce feu et ce froid à la fois. Des explosions, des corps flottants dans le vide stellaire. A quel point je croyais en ce que j'allais faire? A quel point j'avais été conditionné pour aller de moi même vers ce carnage?
J'abaissai ma visière, plusieurs réticules s'affichèrent, je ressentis une immarcescible soif d'adrénaline.
Un tir perdu de esquinta mon chasseur Porax-38, ce n'étais rien, j'étais invincible, rien ne pouvais m'arriver. Mourir ça n'arrive qu'aux autres n'est-ce pas?
Je rejoignis mon escadron et nous nous mettirent en chasse d'un groupe de vautours.
Je serrais de toute mes forces la commande de tir mais, le P-38 me fit défaut, une fois de plus. En effet les deux canons-lasers, placés de part et d'autre des ailes, avaient un défaut d'angle: les tirs convergeaient trop loin, derrière la cible...
Nous frolâmes une frégate séparatiste, nous étions ridiculement petit par rapport à ce monstre blindé. Et lui même était d'une taille risible comparé à l'esquisse d'Utapau qu'on pouvait apercevoir au loin.
Une pensée, une pensée de trop. Je tournai la tête et aperçu l'espace d'un instant deux yeux rouges dans le noir, un Tri-Chasseur.
Mes oreilles sifflèrent.
Je clignai des yeux, clignais des yeux machinalement à une vitesse affolante. Que c'était-il passer? J'étais dans un état léthargique incontrôlable. Mon cockpit était percé, le froid s'engouffra avec une force effroyable, je ressentis alors toute la mécanique brutalité de la physique sur moi, un lieu sans refuge devant lequel, nous, créatures vivantes, étions dépassées.
Ma visière cristallisa de givre, l'air devint introuvable et mes yeux se voilèrent de gris, puis de noir...