M6 veut elle zapper les Girondins?
Malaise. En juin 1999, Bordeaux, tout nouveau champion de france, tombait entre les mains de m6 pour la somme de 18,5M€. Cinq ans plus tard, le deficit d´image de la chaine aupres des supporters et celui, financier, du club vont-ils inciter l´actionnaire majoritaire à vendre ses parts?
La différence entre els saisons reussies et celles ratées est que des concerts de louanges concluent generalement les premieres, tandis que des concerts de protestations ponctuent ordinairement les secondes. Malheureusement pour els girondins de bordeaux, ce ne sont pas des notes de gaietes, mais un chant de critiques qui a resonné dans leur stade, le 21 mai dernier,, à l´occasion de la reception de Monaco ( 1-3). Ce jour-là, leur championnat s´est eteint au moment meme où les supporters ont allumé une nouvelle fois leur colere : les irreductibles du virage sud et les partisans du virage nord ont affichés des banderoles tres hostiles envers les dirigeants, tandis qu´une partie des fans ont boycotté les vingts premieres minutes de la rencontre, avant de penetrer dans l´enceinte sous les hourras du public. Cette atmosphere assez surrealiste a temoigné une fois de plus du divorce existant entre le club du sud-ouest et nombre de ses sympathisants, lesquels stigmatisent une lente erosions de ses ambitions. La douzieme place en L1, fade denouement du dernier exercice, est d´ailleurs venue apporter de l´eau au moulin de leur revendications.
Ce modeste classement, le pire connu depuis la seizieme position acquise au crepuscule de la saison 95-96, n´a, au fond, rien de renversant : à trop deshabiller son effectif au fil des saisons, bordeaux devait bien finir par attraper un coup de froid qui s´est repercuté sur le thermometre de ses resultats, aujourd´hui en baisse. Mais comment aurait pu se terminer autrement une politique qui a consisté la saison passée à vendre les meilleurs éléments et à recruter des joueur qui ne possède pas un standing identique? Le cas Deivid, notamment, est edifiant : si on le regarde avec des yeux d´observateur, c´est un cuisant echec, mais si on l´examine avec des yeux de president, il s´agit seulement d´un aléas. " c´est le lot du recrutement. Qui plus est, je ne suis pas persuadé qu´il ne demontre pas un jour ses qualités" a ainsi declaré JLT dans les pages du quotidien sud ouest., fin mai. La semaine passée, en revanche, il a makheureusement fermé le robinet mediatique, puisqu´il a refusé, à l´image de m6, de s´exprimer pour france football sur les sujets relatifs à son club.
a la recherche d´un nouveau sponsor
Comme l´entraineur, michel pavon, est parti en vacances en accordant en meme temps un peu de repos à son portable, et comme le directeur sportif, charles camporro, est resté fidèle à ses habitudes en refusant de s´exprimer, Bordeaux, qui a presque erigé la non-communication en politique de communicatoin, est ainsi demeuré fidèle à ses principês. Pourtant, il aurait ete interessant de savoir quelle reflexions inspirait aux dirigeants la decision de la DNCG : en raison des garanties insuffisantes apportées par M6, elle a prolongé la " mise en delibéré" du cas bordelais. Il aurait été aussi passionant de les titiller sur la question de leur sponsor maillot : après le depart de siemens, dont le contrat vient de s´achever, les girondisn cherchent un nouveau partenaire depuis des mois. Mais ils ont beau avoir sollicité de multiples entreprises, notamment les Labo Fabre, leur pêche au parrain reste pour l´instant infructueuse.
Cette troublante quête s´inscrit dans un contexte financier compliqué, car le deficit du club se chiffre autour de 6,5M€ tandis qu´Elie Baup, limogé au cours du championnat, reclame par le biais de son avocat 2,5M€ d´indemnités de licenciement. Ces curieuses difficultés pecuniaires viennent en écho des rumeurs de desengagement de m6, qui agitent la coulisse de façon recurrente à bordeaux, où est colporté le nom de l´ancien president jean didier lange comme hypothetique repreneur. Proprietaire du club depuis juin 1999, la chaine ne dement meme plus, ces derniers temps, les articles de presse annonçant qu´elle souhaite vendre ses parts. On peut d´ailleurs se demander si el controle des girondins s´inscrit toujours dans la strategie du groupe audiovisuel, qui a investi dans le ballon rond en pensant que les droits televsuels pourraient bientot appartenir aux clubs. Aujourd´hui, ces derniers n´en detiennent que la copropriete avec la Ligue, laquelle se charge de leur commercialisation. M6 n´a donc pas pu utiliser bordeaux comme un cheval de Troie lui permettant d´investir la scene du football français, ce qui pourrait l´inciter à changer de stratégie. En meme temps, à quelques mois du prochain appel d´offres de la ligue, fixé en octobre, serait-il judicieux de mettre le club sur le marché alors que M6 est candidate pour diffuser telefoot et la coupe de france.
Sur ces questions liées aux retransmissions se superposent des probemes d´images, car M6 a mis les pieds dans un monde qu´elle ne connaissait pas bien et elle se rend compte que le football en redore pas vraiment sa reputation sur les berges de la garonne. A bordeaux, les supporters sont en effet tres remontes contre la chain, car ils ne comprennent pas le fossé qui existe entre la puissance de l´actionnaire et la politique sportive. En fait, l´ere de M6 à bordeaux se decompose en deux periode : la premiere coincideavec la presence de Jean Drucker, president jusqu´à l´an 2000. Avec ce grand amateur de football, la gestion sportive prenait le aps sur les interets financiers, ce qui s´etait, entre autres, traduit par la volonté de faire revenir christophe Dugarry au cours de l´hiver 99-2000. En revanche, au cours des années suivantes, la logique economique s´est peu à peu imposée et l´impression que les copropietaires des girondins souhaitent recuperer le maximum dargent avant de partir domine auourd´hui.
L´illustration de ce retournement de tendance s´incarne dans les transferts de l´ete dernier. A l´epoque, l´entrainer elie Baup souhaitait absolument conserver l´ossature qui venait d´accomplir une magnifique seconde partie de saison : son quatuor offesinf formé de savio, feindouno, darcheville et pauleta, ainsi que ses milieux de terrain eduardo costa et smertine. Or, sur ces six joueurs, trois ont quittés la gironde, et il serait mensonger d´ecrire que leurs remplaçonts les ont fait oublier. Il est facile, evidemment, de stigmatiser les erreurs de recrutement, mais le fait est qu´elles commencent à couter cher et qu´elles limitent les capacités d´investissement : deivid, miranda, pochettino, christian, torres mestre, colucci ou osmanovski sont autant d´exemples recents de gachis sportifs et financier. Sans parler du cas Vukomanovic, un milieu de terrain yougoslave acheté en 1998 et qui a ensuite ete prete a l´etoile rouge de belgrade, au fc cologne, au dynamo moscou, à vladikavkaz et, enfin, une nouvelle fois au dynamo moscou ! Voilà un bien joli tour d´europe payé en partie par les girondins, qui ont continué à assurer tout ou partie de son salaire...
Mettre en cause de Vukomanovic ou d´autres, c´est entrer sur le territoire devolu à charles camporro, amateur de filieres portugaies et bresiliennes. Meme s´il a notamment reussi un magnifique coup avec Pauleta, son bilan est tres decrié à Bordeaux, comme l´illustre à nouveau le cas de Deivid, acheté 4,5M€ et payé 80 000 €/mois pour des performances faméliques.
une batterie de casseroles
Ces casseroles, charles camporro et JLT s´acharnent pourtant à les accrocher au dos d´elie baup, en affirmant qu´il n´a jamais dit non à la venue d´un joueur et en soulignant que leur ancien entraineur vouliat fortement camel meriem et christian, classés dans la categorie des echecs. le merite du nouveau patron des verts est pourtant d´avoir composé pendant des années avec des hommes qu´il n´avait pas forcément reclamés. D´ailleurs, michel pavon son successeur, a annoncé qu´il n´etait pas du genre à se laisser imposer des joueurs et il a mis sa volonté en pratique en faisant revenir au club son ancien coequipier lilian Laslandes.
Il se dessine ainsi une lutte d´unfluence au sein des girondins, puisque le champion de france 1999 collabore sur le recrutement avec son agent, eric castagnino. Ce dernier vient de faire venir à bordeaux un des ses joueurs, renaud cohade, un milieu de terrain de dix neuf ans en provenance de nimes, alores que le club possede dejà trois espois ( Maîa, lavie et mavuba, internationaux dans leur categories d´age) à ce poste! Cette arrivée, qui fait suite à celle d´un autre joueur de national, julien faubert ( Cannes), est tres eloignée des standings girondins en matiere de transferts. Mais pour savoir quels nouveaux joueurs vont arriver ou quels types de recrues sont recherchés, il faudra patienter, meme si on sait que michel pavon a réclamé des footballeurs accoutumés à la ligue 1, à l´image de Jeunechamp ou d´un Monterrubio. " nous n´avons aucune communication à faire, a declaré à ce sujet JLT dans sud ouest. si nous avons des informations à donner concernant des garçons qui rejoindraient notre effectif, nous le ferons lors de la presentation officelle." A bordeaux, le silence est d´or. Sa seule richesse?