L´affaire Fiorèse vue d´ailleur...
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Grâce à la ridicule " affaire Fiorèse", tout est prêt pour atteindre des sommets de bêtise dans un remake des folles années de la rivalité Paris-Marseille.
Dans le football, pour faire jaillir la connerie, il n´est pas besoin de creuser très profond. L´idéal, c´est de gratter un peu la terre à l´endroit où l´on a enterré les restes de la dernière guéguerre.
Entre le pathos délirant d´un Halilhodzic qui vomit quand un joueur l´embrouille ( et qui le raconte), et la démagogie crasse d´un Anigo qui s´enorgueillit de s´être opposé à Tapie pour mieux rivaliser avec lui dans ce domaine, les remous du transfert de Fiorèse à Marseille réunissent tous les ingrédients d´un cocktail dont les remugles nauséabonds sont bien connus. Les dirigeants parisiens ont perdu une belle occasion de jouer l´indifférence en laissant Fiorèse se décrédibiliser tout seul, ce à quoi ses déclarations sur l´OM, " club de ses rêves" et sur le PSG " dictature" ou " prison" sans viande au menu ni cellules individuelles , auraient largement suffi. Faute de quoi, ils ont tendu la perche au joueur et à son nouvel entraîneur, qui n´en finit pas de s´enfoncer dans cette insupportable façon qu´il a de jouer de sa prétendue légitimité de Marseillais pur souche. " Je ne connais pas Paris et les gens qui y vivent ( ...) Ma seule philosophie c´est celle des quartiers nord. Je suis allé à l´université de Calendat, mais [Halilhodzic] il connaît pas". Il s´est trouvé des gens, parmi les tendeurs de micros, pour ricaner grassement à ces saillies tordantes, qui suivaient ce qu´on prendra inévitablement pour des menaces voilées: " C´est certainement eux seuls qui porteront le poids de toutes les conséquences de PSG-OM ou d´OM-PSG". On dirait un souhait. Anigo reprochant à quiconque son " manque d´intelligence" ou, en l´occurrence, de " mettre le feu aux poudres", c´est l´hôpital plastiquant la charité. Plus prosaïquement, c´est aussi une façon de maquiller un recrutement sans intérêt en événement passionnel.
La tentation étant peut-être trop grande, tant les acteurs de ce vaudeville semblaient prêts à s´y vautrer avec délectation, et tant ils sont nombreux à y trouver leur intérêt... Le Parisien sonne la charge à sens unique en accusant Fiorèse de " mensonge" et de " manipulation" et en parlant de " machination Déhu-Anigo". Luis Fernandez, impérial de bouffonnerie, complètement surexcité, profite de sa tribune sur RMC pour jubiler ouvertement et faire l´apologie de Fiorèse, " un garçon très bon" et un joueur fabuleux qui va planter comme Drogba. Ça sent le comptoir malpropre et le règlement de comptes, mais qu´importe, tout le monde est content.
Au fond de l´histoire, il n´y a que le transfert banal d´un joueur banal, qui représente assez bien la médiocrité que peuvent atteindre les footballeurs quand ils cherchent à justifier avec des notions dont ils ignorent tout l´opportunisme qui préside à leur gestion de carrière. Il a aussi le cynisme de dirigeants qui copinent dans les cénacles du foot-biz, mais qui laissent leurs employés jouer la comédie de la rivalité ancestrale ( ancêtres de la période paléolithique) au profit du peuple ( qui veut du pain dans la gueule et des jeux de con, c´est bien connu).
Car on perçoit surtout l´envie collective de faire renaître, sous ses aspects les plus hideux, la si lucrative rivalité entre l´OM et le PSG. Le bouquin de Pérès et Riolo avait pourtant bien montré comment elle avait été montée, quasiment de toutes pièces, dans le même but mercantile. Les loufiats de l´histoire aimant resservir toujours les mêmes plats, même frelatés, il ne fallait pas croire que les imbéciles qui truffent le monde du football cherchent à en tirer le moindre enseignement. Ça se paiera peut-être par des blessés sur le terrain, dans les tribunes ou aux abords du stade, mais ça, on s´en fout. Le business de la haine, du régionalisme bas du front et du tacle à la carotide reste un secteur porteur.
c juste je trouve... c nul meme si je comprend