Le PSG a attendu la 80e minute et un but de Pauleta pour s’offrir à l’arraché son premier succès de la saison.
1–0 : Pauleta ( 80e)
VAHID HALILHODZIC les poings serrés en direction des kops, Lorik Cana qui jette son maillot dans la tribune Auteuil, les joueurs enlacés et les bras au ciel dans le rond central… Il y avait quelque chose de pathétique dans la célébration de la première victoire des Parisiens cette saison, hier peu avant 22 heures au Parc des Princes. Un brin décalé pour un candidat au titre, ce ouf de soulagement n’a pourtant rien d’étonnant lorsque l’on sait d’où le PSG revient et ce qu’il serait ce matin sans cette victoire.
En remportant son premier succès de la saison après dix matches officiels, le PSG n’a pas seulement offert du répit à Francis Graille et à Vahid Halilhodzic, il est également remonté à la quinzième place du Championnat et s’est peut-être donné l’once de confiance qui pourrait lui permettre d’envisager autre chose que ces productions à deux sous. « On peut dire que c’est un accouchement dans la douleur mais il fait du bien, constate froidement Pierre-Fanfan. On commençait même à désespérer de cette première victoire mais les inquiétudes sont là, on ne va pas se cacher derrière. Ce soir, c’était un match de relégable. »
Pauleta
libère les siens
La lucidité du capitaine parisien a quelque chose de touchant. Comme nous, il a vu son équipe tétanisée et affligeante dans le jeu, et comme les presque 33 000 spectateurs du Parc, il sait que ce succès doit beaucoup à l’hésitation de la défense centrale alsacienne sur une combinaison Cana-E. Cissé-Pauleta à dix minutes de la fin. Il y eut peut-être quelques assauts et quelques satisfactions personnelles ( Ljuboja et Cana), mais autant le dire tout de suite, collectivement, cette équipe n’évolue pas et laisse peu d’espoirs d’une progression à court terme. Même les rentrées en jeu des anciens bannis, Boskovic, E. Cissé et Ljuboja, censés apporter une touche technique supplémentaire face à un adversaire qu’Halilhodzic présumait prudent, n’ont pas apporté l’effet escompté.
C’est sans doute le cadet des soucis des cadres parisiens, ce matin, mais ce n’est pourtant qu’en progressant dans la fluidité, le mouvement, la prise de risque, l’enthousiasme et les enchaînements que le PSG fera son retard au classement.
Heureusement pour Paris, il y avait pire hier sur la pelouse du Parc : Strasbourg, symbole hier du renoncement à toutes les ambitions, et pour qui le maintien en Ligue 1, à ce rythme-là, sera forcément compliqué. Et dire que sans une ultime claquette de Lionel Letizi dans le temps additionnel sur une volée de Haggui, le Racing aurait empoché un point après n’avoir cadré qu’une frappe de la rencontre... Même si Paris fut très quelconque – trop prudent en première période et trop désordonné en seconde –, il n’aurait pas vraiment mérité le partage des points après s’être procuré dix fois plus d’occasions de but. Citons ce coup franc de Ljuboja sorti par Cassard ( 12e), ce splendide ciseau de Boskovic ( 43e), ces frappes de B. Mendy ( 19e), de Pauleta ( 44e), de Pancrate ( 48e) ou de Ljuboja ( 78e), autant d’opportunités gâchées par maladresse ou par malchance, jusqu’à l’étincelle de Pauleta. Si discret pendant 80 minutes, le Portugais a fait une nouvelle fois la différence lorsqu’on ne l’attendait plus, au moment même où l’on se demandait si son remplacement ne serait finalement pas salutaire à son équipe… Une nouvelle fois, il a répondu à sa manière, soulageant tout un club, entraîneur et président réunis, d’un match nul dont on ignore les conséquences qu’il aurait eues sur l’organigramme du club. Après avoir fait connaissance avec la victoire, les Parisiens vont désormais s’exiler pour trois matches, forcément compliqués pour cette équipe là mais peut-être un peu moins depuis le passage de Strasbourg. À Moscou, à Bastia puis à Nantes, les Parisiens auront trois fois l’occasion de démontrer les bienfaits de cette victoire sur leur mental, voire sur leur jeu dans le meilleur des cas. Trois matches pour répondre à une partie de son public, qui réclama longtemps, hier soir avec raison, « Une équipe à Paris