L´Argentine est première, oui mais...
18 novembre 2004
par AFP
L´équipe nationale d´Argentine a pris la tête du classement de la compétition préliminaire de la Zone Amérique du Sud pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006 grâce à sa victoire 3:2 contre le Venezuela. Mais ce dernier a chèrement vendu sa peau et a même failli décrocher un résultat historique au Monumental de Buenos Aires.
Les Albicelestes prennent la tête du groupe avec 22 points, rentabilisant ainsi la défaite du Brésil, bloqué à 20 unités après avoir perdu 1:0 à Quito.
Les buts des locaux ont été inscrits par José Rey ( contre son camp, 5´), Juan Román Riquelme ( 45´+3) et Javier Saviola ( 67´).
Ruberth Morán ( 32´) a égalisé pour le Venezuela, avant que Leonel Vielma ( 74´) ne donne des sensations fortes aux 30 000 supporters, parmi lesquels on dénombrait 2 000 visiteurs agitant des drapeaux tricolores.
Le but de Saviola, le ´conejito´ prêté par le FC Barcelone à Monaco, a remonté le moral des supporters argentins, quelque peu ennuyés par la lenteur et la petitesse du jeu. Menant 3:1, les Gauchos ont alors enclenché une passe à dix sous les ´olés´ du public.
Oui mais voilà, Vielma est venu jouer le poil à gratter sur coup franc en fin du match, ses coéquipiers se ruant ensuite en attaque, désireux d´arracher une victoire historique.
Pourtant, la Vinotinto n´aurait pu cauchemarder pire scénario pour sa première mi-temps : un but d´entrée et un autre avant le retour aux vestiaires, voilà de quoi écoeurer une équipe venue jouer la défense à tout crin.
C´est ainsi que dès la cinquième minute, le défenseur Rey a trompé son gardien Rafael Dudamel d´une tête à rendre jaloux n´importe quel attaquant.
La moitié des droits d´auteur de ce but revient tout de même à Riquelme, à qui José Pekerman avait confié les clés du jeu argentin.
Puis dans les ´arrêts de jeu´ du premier acte, le pensionnaire de Villareal a fait preuve de son impressionnante précision en faisant trembler les filets sur coup franc.
Prenant trois mètres d´élan, il a dessiné une parabole parfaite au-dessus du mur vénézuélien, envoyant le cuir au fond des filets d´un Dudamel impuissant.
En transe, le stade a alors entonné l´hymne à la gloire de son idole, ´Riqueeeeelme, Riqueeeelme´.
Il faut dire qu´entre les deux buts argentins, il n´a pas eu l´occasion de se réjouir, assistant à un spectacle lent, tactique et extrêmement fermé qui a vu les Vénézuéliens adopter un schéma conservateur par crainte de recevoir une fessée monumentale.
Au fil de la rencontre, les grenats ont toutefois pris confiance, notamment Juan Arango, qui n´a pas hésité à défier les milieux argentins Esteban ´Cuchu´ Cambiasso et Javier Mascherano.
Arango a même manqué l´égalisation sur une sortie grotesque du gardien argentin Roberto Abbondanzieri.
De son côté, le portier vénézuélien s´est illustré en neutralisant trois frappes à bout portant, dont une signée Luciano Figueroa, qui auraient pu faire la différence.
C´est clair, le Venezuela n´était pas venu pour faire dans la dentelle. Devant sa défense à quatre, il alignait cinq milieux que l´on qualifiera de défensifs, laissant Morán livré à lui-même aux avant-postes.
Pourtant, le seul attaquant vénézuélien est parvenu à s´illustrer en rentabilisant un ballon perdu par Gonzalo Rodríguez et Gabriel Milito. D´une frappe rasante pleine de sang froid, il a trompé Abbondanzieri.
Tout semblait joué lorsque Saviola, bien servi par " Juampi" Sorín, a réglé son compte à Dudamel, mais Richard Paez a alors décidé de procéder à un changement qui allait s´avérer décisif. Entré à la place de Ricardo Paéz, Leonel Vielma a humilié le gardien argentin d´un coup franc tiré à ras du sol.
Tout d´un coup, le sélectionneur s´est enflammé et a fait entrer un nouvel attaquant en la personne de Cristian Casseres. Cette manœuvre a eu le don de donner un peu de vivacité à la rencontre, ce qui n´était pas du luxe par cette froide soirée printanière au Monumental. Les esprits chagrins retiendront que l´Argentine a peiné. Les autres qu´elle est maintenant première...