Troussier : " Il faut un enracinement" 27/12/2004
Philippe Troussier maintient sa ligne de conduite. Il ne croit pas à «l’oiseau rare» et ne voit pas le mercato d’hiver comme une «solution prioritaire» pour améliorer le rendement de l’équipe. Il préfère placer sa confiance dans le groupe actuel, et cherche à ne pas le perturber.
«Je pense que Philippe Troussier est un homme de challenge. C´est le premier entraîneur que j´ai eu qui m´a dit «la base est bonne et je n´ai pas besoin d´autres joueurs». C´est très rare ! », se félicitait Robert Louis-Dreyfus, à la mi-décembre.
L’ancien sélectionneur n’a pas modifié d’un iota sa ligne de conduite, depuis. Il l’a confirmé ce lundi à la Commanderie : «Je crois en la qualité de mon groupe, à une association de joueurs au service d’une stratégie travaillée. Et à l’inverse, je ne crois pas à l’oiseau rare. Il n’y en a que 10 ou 15 dans le Monde. Le reste ce sont des ouvriers spécialisés».
La trêve et les semaines à venir doivent plutôt permettre de développer une «confiance mutuelle entre les joueurs», sa recette d´un collectif plus performant.
Pour Troussier, le mercato hivernal n’est donc pas «une solution prioritaire» pour améliorer le rendement olympien. Le procédé intermédiaire des prêts ( dans les deux sens) n’est toutefois pas à écarter. Notamment pour des joueurs dont le temps de jeu est faible voire inexistant.
Tout en confirmant l’activité de la cellule de recrutement ( «mais sa réflexion concerne aussi la fin de saison avec les fins de contrat, et les départs possibles»), l’entraîneur a ainsi démenti l’existence de contacts concrets avec tel ou tel joueur.
Selon lui, «durant cette fenêtre de transferts, ne sont sur le marché que des joueurs que leurs clubs ne veulent plus ou bien des joueurs extrêmement chers».
Economiques, les arguments du technicien phocéen sont aussi psychologiques. «La situation actuelle est sensible. Il ne servirait à rien de perturber ce groupe», avance-t-il.
«Il faut un enracinement»
La finalité est d’aboutir à une continuité d’une saison sur l’autre. «On ne pourra parler de véritable politique sportive que lorsqu’il n’y aura plus de changement au mercato et que l’OM ne recrutera que deux joueurs en juin. Il faut un enracinement. Quand nous arriverons à cela, ce sera une vraie victoire», affirme-t-il.
Un discours sincère, séduisant, mais certains objecteront que le refrain est connu. Car le club n´a que rarement traduit dans les faits ce voeu pieu. Confronté aux erreurs du passé, Philippe Troussier insiste : «Nous sommes pourtant obligés d’adopter une autre démarche. Si on prend pour référence la politique menée par Bernard Tapie dans les années 80-90 qui a amené tous ces titres, il faut se dire que cela coûterait aujourd’hui six fois plus d’argent. Ce serait impossible».
En fait, s’il devait trouver une utilité à ce mercato d’hiver, ce serait «la prise de position des joueurs vis à vis du projet olympien». En d’autres termes, qui se voit faire un bout de chemin avec le maillot blanc sur le dos ? «Certains qu’on a pu annoncer sur le départ ( il ne dira pas de qui il s’agit, ndlr) m’ont d’ailleurs fait savoir qu’ils souhaitaient rester ici». Bixente Lizarazu ? «Non. Mais il n’y a pas pour moi de problème Liza en interne. Il est à l’heure à l’entraînement, il fait son boulot comme un grand professionnel. Et après, il me revient d’aligner la meilleure équipe possible», répond-il. Présent lundi matin lors de cette reprise, l’ancien international est effectivement parti avec ses coéquipiers à Cap Breton ( Landes) en fin de journée.