bon j en ai déja parlé dans le post "avis des fans de STR", mais je pense qu il serait intéressant d ´y consacrer un post unique.
Je conseille a toutes et à tous de lire l´ouvrage de Jacques Pauwels " le mythe de la bonne guerre - les USA et la seconde guerre mondiale", exellent synthèse de la politique américaine des 30´s au début de la deuxième guerre froide.
donnez vos avis ceux qui l´ont lu.
j vous copie le descriptif de la Fnac:
"Mot de l´éditeur
Le rôle de l´armée américaine en Europe et dans le Pacifique pendant la seconde guerre mondiale fut-il réellement une croisade contre la barbarie nazie et le militarisme japonais ? N´est-il pas univoque de qualifier cette guerre, comme on le fait aux USA, d´archétype de la guerre noble et juste ?
L´historien canadien Jacques Pauwels brise ici le mythe. À ses yeux, les Américains étaient loin d´être inintéressés par les ressources économiques et la dimension géostratégique des régions qu´ils allaient libérer.
Au contraire, ils débarquèrent avec une idéologie, des vues politiques, une conception des rapports sociaux à préserver et bien entendu avec l´idée qu´il fallait assurer les intérêt de leurs entreprises et in fine du capitalisme US. La crainte de l´expansion communiste et le désir d´en limiter les effets ne furent pas non plus étrangers à la philosophie interventionniste…
En définitive ce livre brise l´image d´Épinal du libérateur américain venant mourir sur les plages de Normandie dans un but uniquement philanthropique.
Jacques R. Pauwels enseigne l´histoire, entre autres, à l´université de Toronto. Son livre est un best-seller en Allemagne et sur le continent Nord-Américain."
Bonsoir,
J´ai déjà entendu parlé de cet auteur mais sa vue des évènements n´est pas nouvelle, elle est juste approfondie.
Par contre, j´ai lu plusieurs de tes messages. Tu m´as l´air d´être passionné par cette période et ta façon de pensée rejoint la mienne sur quelques points (de mémoire).
La course pour l´europe des americains "contre" les soviets en 1944 en est une.
Tu as l´air de dénoncer l´impérialisme américain, ce que je comprends, mais sans eux on ne serait pas "allemand" mais bien russe et à choisir...
Je m´interresse aux faits de la 2gm et j´ai dévoré deux livres (entre autres) d´ Antony Beevor "stalingrad" et "la chute de Berlin" qui sont vraiment passionant.
Toi, tu t´interroges sur l´intervention americaine sur la 2gm dès 1942 (enfin si j´ai bien compris) mais moi je m´interroge surtout sur les erreurs politiques et militaire de l´allemagne durant (et avant aussi)cette guerre.
Je débatterais dessus bien volontier avec toi même si mes connaissances sur cette période m´ont l´air inférieur aux tiennes.
a bientôt
rod
Rod, tout d´abors mes connaissances portent sur les relations internationales et les politiques.
Je suis étudiant en histoire, j ai fait ma première conférance en octobre.
oui le sujet me passione mais pour comprendre la période il faut avant tout commencer par le contexte des 30, la fin de la première guerre mondiale et la première guerre froide etc.
Pour le bouquin, j lui fait de la pub, car c la seule synthèse d´histoire sur la pèriode en France qui résume aussi bien les faits.
Tu fais bien de compléter "sans eux on ne serait pas "allemand" mais bien russe". pour la suite de la phrase c´est un avis personnel car étant du conditionnel, ce n´est pas de l´histoire. Je ne pense pas "qu´à choisir" les russes auraient été une nouvelle dictature.
La Finlande est-elle devenue une dictature prolétarienne ? pourtant elle était alliée militairement à l´Allemagne dans la guerre contre la Russie et c est cette dernière qui l´a vaincue...
Pas de problème pour débattre, mes posts sont faits pour ça justement !! !! tu as l´air plus spécialisé sur les évènements militaires.
++
ce cote militaire là me passione aussi, le pourquoi de la défaite française est aussi une des causes qui m a mené à lHistoire.
il y a deux raisons à la défaite française:
la première, expliquée dans le bouquin dont je parle est une raison internationale. on a laissé l Allemagne se réarmer car on pensait qu elle règlerait son compte à la Russie soviétique.
L´Allemagne n´aurait jamais pu mener une blitzkrieg sans le matériel américain, que ce soit les moteurs d avions, de chars, de camions, huiles de moteur, essence, technologies diverses etc ...
l´autre raison, interne; était tout simplement le fait que le système républicain pausait trop de problème, il fallait l´éliminer et le seul moyen de faire sauter ce pilier républicain ne pouvait se faire que par une défaite militaire ( d ou l intéret énorme d´étudier les 30´s). donc les élites ont tout simplement préparé une défaite en bonne et du forme.
ce serait très long a t´expliquer, laisse moi ton mail et j te repondrais plus précisément.
Je me permets de me glisser dans votre conversation. J´aimerais faire une petite rectification : concernant l´équipement allemand qui serait supérieur à celui des alliés, je ne suis pas d´accord. Dans le domaine des blindés, l´allemagne avait du retard par rapport à la france et l´angleterre (beaucoup de leurs chars étaient déjà obsolètes en 40, notamment les panzers I). En combat direct contre des chars comme des Renault B1 ou S35, et des mathilda, les chars allemands ne pesaient pas lourds. Cependant, ils avaient compris avant tout le monde comment les utiliser au mieux (pour la france, les chars n´étaient rien d´autre qu´un soutien d´infanterie). Concernant l´aviation, l´allemagne n´était pas particulièrement plus avancée ; là encore, ils savaient mieux l´utiliser (bombardements massifs, parachutages, ...). Enfin, la raison de la non intervention alliée en 39 peut s´expliquer en partie sur le souvenir désastreux de la 1ère GM, où la tactique était l´attaque à tout prix. Beaucoup ont été traumatisés par cela. Ils pensaient donc que l´allemagne pourrait être vaincue avec une stratégie défensive (d´où la ligne maginot).
Pour compléter ce que disait slamer666, l´allemagne n´aurait jamais pu mener sa blitzkrieg sans la russie elle-même : les 2 pays collaboraient pleinement avant 41 (entrainements communs de leurs soldats, commerce et stratégie d´écrasement de la pologne).
Par contre, concernant l´explication de la défaite française par le fait de vouloir se débarasser de la république, je reste très sceptique. Même si une minorité devait le penser, je ne pense pas que le gouvernement se serait lui-même saboté.
Cpt_Igloo ,
tu es le bienvenu, je post pour que justement il y ait une discution , qu´on construise un débat et que chacun y apporte sa pierre.
Pour l´armement je suis entièrement d´accord avec toi. A part dans le Génie, l´armement pur allemand n´était pas supéieur, mais comme tu l´as dit , c´est dans l´utilisation qu´ils en ont fait.
"Pour compléter ce que disait slamer666, l´allemagne n´aurait jamais pu mener sa blitzkrieg sans la russie elle-même : les 2 pays collaboraient pleinement avant 41 "
--> tout à fait , mais surtout dans les années 20, pour des raisons diplomatiques. L´Allemagne comme l´URSS etaient isolées. Les premiers tankistes de la Reichwher étaient d´ailleurs formés en URSS.
"stratégie d´écrasement de la pologne"
--> non je ne suis pas d´accord avec toi.
ça risque d´être long mais bon.
Tout cela est en rapport avec la stratégie d´alliance française vis à vis de l´Europe centrale qui remonte à Louis XIV (peut être même François premier quand il s´allia avec l´empire ottoman).
Cette stratégie consiste à encercler l´ennemi, comme se fut le cas pour 14-18.
Or dans les années 30´s les gouvernements successifs vont saborder la stratégies de défense française ( t as tout aux archives du quai d´Orsay).
La stratégie d´alliance repose sur 2 pays:
La Républiue Tchèque d´un coté et la Russie de l´autre.
Le premier est le seul pays industrialisé moderne d´Europe centrale/est (mis a part l´Allemagne bien sur). Les grandes insdustries, dominées par Skoda (dont le capital est détenu par Shneider, entreprise française), possède de nombreuses usines d´armement (la majortité des munitions allemandes de la campagnes de France proviendront d´ailleurs de la République Tchèque). D´autre part la frontière, montanieuse, qui sépare ce pays de l´Allemagne est imprenable car extrèmement fortifiée. En cas de guerre la République Tchèque peut fournir environ 80 divisions.
Ensuite l´Urss peut fournir 120 divisions. En bref en cas de guerre, avec cette alliance de revers les rapports du quai d´Orsay affirme que l´Allemagne serait vaincue en 3 semaines.
Le seul problème diplomatique est la Pologne qui reffuse tout survol de son territoire par l´armée de l´air Russe.
Voyant que L´Allemagne se réarme, La Russie harcèle les diplomates français depuis le début des 30´s pour reformer l´alliance militaire de 14 car elle sait que la guerre est inévitable.
Pourtant le gouvernement français trouve à chaque fois une excuse pour ne pas signer.
Alors que les le quai d´Orsay expose le rapport dont je t´ai parlé plus haut, la presse affirme aux français en gros que l´armee rouge est une armée " en carton" de pillards, de tueurs etc. et qu´il vaut mieu ne pas contrarier l´alliée polonaise (dont le gouvernment est complètement soudoyé par l´Allemagne,croyant dur comme faire les promesses de Ribentropp de récupérer des régions Tchèques).
Donc dans la lutte qui se profile àl´horison, la France préfère les quelques divisions polonaises complètement obselètes ainsi que le petit corps expéditionnaire anglais au 200 divisions russes et tchèques qui permettraient de "vaincre l´Allemagne en 3 semaines".
On aurait quand même pas été aussi con pour faire ça ?? ?
cette phrase, quand tu étudies les 30´s revient extrèmement souvent c´est pourquoi au final, je pense que non , nos gouvernements n´étaient pas con, c t un choix sciemment décidé.
La République Tchèque extrèmement fidèle à La France (c´est grace à elle qu elle obtint son indépendance), lui appartient complètement. En effet, comme je te l ai dit plus haut, Shneider détient Skoda, et possède de ce fait des éléments dans tous les comités de décision. Or si la France abandonne la République Tchèque à l´ALlemagne ce n´est pas une raison politique mais économique car Skoda faisait de la concurance à Shneider, dans le cadre de léconomie capitaliste, dans l´est. Shneider décide de vendre à l´Allemagne et le gouvenement français ne peut que s´incliner.
Pour l´Allemagne le seul moyen d´accomplir le pangermanisme ( l´expansion vers l´est, et donc le contrôle de l´Europe centrale et de l´est), il lui faut éclater les puissances régionales ; Yougoslavie et Tchécoslovaquie ( ce qu elle réussi encore à faire, il n´ya pas si longtemps, mais par la voie économique cette fois).
Une fois l´Anschluss accomplie et la république Tchèque éliminée, l´URSS comprend que la France ne s´alliera jamais avec elle.
Depuis les 20´s la France et l´Angleterre dirigeaient la première guerre froide et se servaient de la Pologne pour essayer d´éradiquer le régime soviétique. Cette fois les deux puissances comptent sur l´Allemagne. A ce moment là l´Urss ne peut se battre seule contre l´Allemagne et elle doit se préparer à la guerre à venir, c´est pourquoi elle signe le pacte de non agression avec l´Allemagne.
Sa politique ensuite est de faire un glacis de protection terrestre, d´ou l´attaque de la Pologne qui permet de repousser les frontières.
Idem contre la Norvège qui , avec l´aide de l´Allemagne, comme la letonie, lestonie etc, fortifient leurs frontières. En effet leningrad est a portee de canon. C´est pourquoi Moscou lance un ultimatum à la Norvège pour qu´elle lui cède des territoires en Baltique pour se protéger, ultimatum refusé qui mène à la guerre hivernale. Malgré une magnifique branlée, l´armée rouge pénètre en Norvège et malgré tout, lors des accords de paix; ne prend que ce qu elle a demandé avant, elle ne prend pas plus de territoire.
D´ailleurs en 1945 la Norvège est-elle devenue un régime soviétique dictatoriale comme l´URSS?
voila pour la géopilitique à l´est, revenons à la France.
Comme je te l´ai dit les années 30´s sont extrèmement complèxes et tu trouves très souvent des "On aurait quand même pas été aussi con pour faire ça ?? ?". Je vais te donner quelques exemples.
L´organisation de la cagoule qui voulait renverser la République( coup d´état en 34, manif en 36 etc) comprenait dans ses membres Pétain par exemple qui comme par hasard pendant la drôle de guerre se trouvait être le consul de France à Madrid et comme par hasard il débarque en juin ! en gros je pense qu il préparait l´après guerre via franco.
La guerre d´espagne: officiellement , même neutre, la france soutient la République d´espagne néanmoins elle ne donne aucune aide, ferme les frontières et aide à l´asphixie économique de l´Espagne. Elle sait très bien, comme l´ANgleterre, que juste derrière les troupes fascistes, les ingénieurs allemands récupèrent les mines de cuivre et l´envoie directement en Allemagne. La banque de France, censée protéger le trésors de la Rep espagnole le vole et les rares soldats républicains qui a la fin arrivent à passer en France finissent dans des camps de concentration sans barraque sur la plage, en plein hiver apres s etre fait dépouillés par les gendarmes à la frontière.
Dernier exemple, d´ordre militaire cette fois:
lors des grèves de 38, réprimées par Dalladier, les forces de répressions stationnées à 70 km de Paris (le souvenir de la Commune ou l´armée avait rejoind la population parisienne est bien présent) possédaient des divisions d´infanterie et de blindés distinctes, il n´étaient pas mélangés. Ces blindés possédaient d´ailleurs des radions pour communiquer. Alors pourquoi sur le front y a un blinde pour soutenir l´infanterie? Pkoi les blindés communiquaient par drapeau et pas par radio?
On aurait été aussi con ... ?
Y a des miliers d ´exemples comme celui la.
Si tu veux j posterai un lettre conservées aux archives du quai d orsay ou le ministre des affaires étrangères français propose en 38, à Ribentropp de déporter les juifs d´Europe à Madagascar ... ce n´est pas une proposition allemande comme on la connait aujourd hui.
Bref chacun son avis mais l´étude des années 30 est passionnante pour comprendre la WWII.
j´ai essayé de syntétiser mais c pas évident, hésite pas à cirtiquer ou demande ce que t as pas compris.
bonjour,
pour le materiel, j´ai dit quelques fois supérieur.
En effet, il n´y avait pas que des panzer1 qui ont traversés les Ardennes en mai 40.
Notre état major n´avait-il pas dit qu´il était impossible de passer par là ? Ce qui veut dire que les Renault b1 (que j´ai conduis pandant mon armée version b1 bis en 90 au passage hic!) ne pouvaient pas passés à cet endroit.
Mais audelà du matériel, la détermination et l´esprit de revanche ont été les meilleurs alliés de l´Allemagne (sa victoire rapide sur la Pologne aussi).
a+
Bah alors là, je suis épaté! D´habitude, sur ces forums, les discussions sont on ne peut plus limitées! Je dois dire que je vais avoir du mal à alimenter la conversation, vu votre niveau de connaissance, surtout slamer666. Je dois dire que là tu m´apprends des trucs. Merci!
Bon, concernant l´attaque sur la norvège par l´URSS, un truc m´étonne : t´es sûr que c´est pas plutôt de la Finlande que tu voulais parler ? Parce que je crois me rappeler que les conditions du traité étaient devenus bcp plus contraignants pour la finlande après l´attaque. Mais c´est vrai que les russes se sont bien fait rétamés au début (ils avaient clairement sous-estimé les fortications ennemies). Concernant l´espagne, je crois aussi me rappeler que c´est la GB qui a fait pression sur la france pour ne pas intervenir (à cette époque, la GB est encore indécise quant à la politique à adopter pour l´allemagne : inutile de citer les arrangements entre eux pour modifier le traité limitant la flotte allemande). Ensuite, à propos des incohérences lors de la campagne de france en 40, on peut citer le cas des fortifications dont les canons ne pouvaient pas être retournés, les rendant totalement inutiles quand l´ennemi les prenaient à l´arrière, ainsi que l´aviation alliée, équivalente à la luftwaffe, mais dont nombre d´avions n´étaient même pas encore entièrement assemblés, ou le cas des tankistes français, n´ayant reçu que quelques heures d´entrainement, et n´ayant jamais utilisé le canon (avec comme tu le dis, le fait qu´ils n´employaient pas leur radio, mais des fanions). D´un autre côté, l´allemagne n´a pas fait mieux par la suite, dont un des exemples que je préfères : après s´être moqué de nous avec notre ligne maginot, ils font finalement comme nous, mais sur l´atlantique ... Bon, je m´arrête là pour l´instant, ça fait déjà un peu long ...
De toute façon il ne nous est pas permis de nous moquer de l´Allemagne qui nous à écrasés en 3 semaines (+ la Belgique + la Hollande sans déclaration préalable. L´allemagne pensait-elle que c´était des gégions françaises {RIRE]?
Pour le mur de l´alantique, il semble que les allemands (en fait peu d´Allemand mais des ouviers Français)on commencés à le construire après la défaite de Stalingrad. Donc il est fort probable que cela à été constuit "sans reel" conviction mais juste pour faire impressionner car dans certaine l´élite Allemande dès fin 42 la victoire finale devenait plus qu´improbable.
D´ailleurs en mai 1944 c´était encore loin d´être fini. Construire des fortifications entre Dunkerke et Biaritz était réalisable qu´après des années (décénie ?) et non en 2 ans.
Euhhhh Biarirz surement mais aprés les années 40. je voulais dire Brest biensur
ouep slamer s´est emeler les pinceaux,il parlait de la finlande.
sinon rodd77 y´a un truc que je pige pas,j´ai du mal lire
"(que j´ai conduis pandant mon armée version b1 bis en 90 au passage hic!)"
tu veux dire que t´a piloter ca pendant ton service militaire en 1990?! ![]()
l´armée francaise maitrise les voyages dans le temps^^´
mea culpa je parlais bien sur de la Finlande ^^
viva la géo :p
Cpt_Igloo;
"Concernant l´espagne, je crois aussi me rappeler que c´est la GB qui a fait pression sur la france pour ne pas intervenir (à cette époque, la GB est encore indécise quant à la politique à adopter pour l´allemagne "
--> non c´est l´excuse que sortait Blum en France. Je peux t´affirmer que c´était pareil en Angleterre, le gouvernement insinuait aussi de son côté que c t la France qui l´empêchait d´intervenir.
Dans les faits cela n´a rien a voir.
Je vous rappelle qu´a l´époque les deux empires se foutent toujours sur la gueule pour se piquer leurs colonies. Et l´un comme l´autre s´est il plié pour laché ses colonies ?? ?? non bien sur que non. Quand la France faisait tout pour ne pas que l´Allemagne se relève (économiquement) et que l´Angleterre, sous l´égide américaine, était partisante du redressement, la France a t elle laché un pouce ? bien sur que non.
La véritable raison est économique mais elle est trop honteuse pour être révélée, donc les deux pays se renvoient la balle.
Le fait est que le Royaume Unis possède la majorité de capitaux des grandes industries (comme les mines de cuivre dont j ai parlé précédamment), transgressant au passage les lois républicaines espagnoles qui interdisaient qu´1 puissance étrangère soit majoritaire dans un capital nationale. Or les anglais flippent que le régime intervienne à leur encontre et nationalise ces industries, l´angleterre perdant ainsi de grandes sommes d´argent. Pour la France c´est identique ( en de moins grandes proportions certes), la banque de France possède de nombreux capitaux qu´elle préfère voire sous la main de Franco que dans celle d´un régime socialiste, donc quand la banque de france dit non à blum il s´incline comme une merde qu il était. quand on l´écoute il est toujours "déchiré", mais bon, il y a une grande différence entre discours et pratique. Blum est toujours "déchiré de tristesse" dans ses discours. mais en pratique, il est toujours soumis à la Banque de France qui décide tout. Elle possède d´ailleurs le trésors de la République d´Espagne qu elle est censée protéger mais qu elle vole, dans les faits, comme elle a tenté de la faire en 1940 avec l´or Belge ( les ricains sont intervenus et l ont obligée à le rendre à la Belgique en 45 je crois- si quelqu´un à les détails précis qu il complète ^^-).
Les anglais, comme les français sont au courant de tout. quand le cuivre filait directement en Allemagne, pensez vous sérieusement que les gouvernements croyaient aux dires allemands qui affirmaient que ce cuivre servait à faire "des casseroles" ?? ? j crois pas qu´Hitler avait proclamé la fête de la choucroutte tous les jours de l´année!!! mais lol quoi.
A lépoque les gouvernements espèrent que l´Allemagne va régler son compte à la Russie "judéo-bolchévique".
Pour le mur de l´Atlantique, il est construit à partir de 1942. A ce moment là un débarquement en France aurait été aisé, pourtant les ricains décident de débarquer en Afrique prétextant qu ils ne sont pas près. Résultat le débarquement qui a lieu deux ans plus tard leur coute des pertes qui auraient pu être sauvées deux ans au paravant.
Mais bon si les Allemand pouvaient continuer à se saigner tranquillement avec les Russes c´est plus intéressant (idéologiquement: cassage de communiste et économiquement; on continue a fournir du matos au deux belligérants, y a du pognon à se faire
!! ! ).
rod77: tu ne te trompes pas en parlant de Biaritz, le mur de l´Atlantique devait aller des pyrénées à la Norvège, mais comme tu l´as dit l´ouvrage était loin d´être fini, contrairement à certains tracts de propagande assez comiques que j trouve en boossant sur mon suejt aux archives( genre un mur blindé de 15 m de haut avec des canons disposés comme des crénaux, pris d assaut par une barque dans laquelle se trouve Churchill et de gaulle, c bien caucasse lol).
re rod77:
"car dans certaine l´élite Allemande dès fin 42 la victoire finale devenait plus qu´improbable."
--> Erreur !! ! dès l´hiver 1941/1942, l´Etat major prévient Hitler que la Blitzkrieg, seul moyen de faire plier la Russie, est un échec, ce qui signifie que tout est foutu,il faut se préparer à une guerre longue qui ne pourra être qu´un échec, d´où plusieurs changements:
remodelage de l´économie de guerre (donc importation majeure de main d´oeuvre dans toute l´Europe, quelle qu´elle soit), et surtout, la tentative de coup de poker d´Hitler qui tente le quitte ou double en déclarant la guerre aux USA une semaine après l´attaque japonaise.
Il n´était pas du tout obligé de le faire aucun traité d´assistance n´oblige les deux pays à s´assister mutuellement en cas de guerre. l´empereur apprend par les journaux l´attaque de la Pologne au même titre que l´attaque de Pearl Harbor est apprise dans la presse par Hitler. L´objectif est que le japon déclare à son tour la guerre à la Russie ouvrant un deuxième front, que cette dernière n´aurait pu tenir. Heureusement les japonais n´ont pas répondu comme Hitler l´espérait.
J´en profite pour rappeler que les USA ne déclarent la guerre à personne malgré "leur dégout" pour les "gangsters fascistes" qui n´est que purement propagandiste.
un peu long mais bon ^^
Exemple d´archive concernant la première guerre froide dirigée par Paris et Londres. (envoie par Annie Lacroix-Riz)
L’ARMÉE POLONAISE AU DÉBUT DES ANNÉES VINGT : LA PERCEPTION PAR LA FRANCE DE SON ALLIÉE, FRAGILE PIVOT DU CORDON SANITAIRE
Annie Lacroix-Riz, concours et maîtrise, 2004, envoi du 21 novembre
Pour éclairer la conjoncture de 1920, vision très pessimiste du pivot du cordon sanitaire supposé avoir à lui seul vaincu l’Armée rouge du front de l´Ouest, dirigée par Toukhatchevski, parvenue fin juillet sur la Ligne Curzon, et dans les faubourgs de Varsovie à la mi-août 1920
P. 6303. U, Paris, 6 juin 1922, « D’un correspondant. La Pologne et la guerre », F7, vol. 12951, renseignements Jean, 1918-20 et 1922 (Archives nationales), paginé 513-517, Archives nationales
Glose sur « inquiétude » croissante Pologne « préparatifs à la guerre des Soviets », et entourage « mission du général Dupont » compte sur soutien de la France « en cas de conflit russo-polonais, (...) non seulement en la ravitaillant (par Dantzig), mais aussi par l’envoi de contingents de troupes nécessaires puisées dans l’armée coloniale » et avec même « base Dantzig ».
Cf. « mesures » Pologne pour « sa mobilisation (...) :
1° les mobilisables jusqu´à l’âge de 40 ans sont prévenus d’avoir à se rendre au premier (513) appel aux points de concentration;
2° La mobilisation des hommes de 20 à 26 ans est décrétée. Vu l’esprit nettement hostile à la Pologne qui est constaté dans les régions de l’Est Polonais (principalement les régions ethniquement russes et de religion orthodoxe), les mobilisés de ces régions sont dirigés sur la frontière allemande (surtout en Silésie). La mobilisation se fait secrètement autant que c’est possible. Les mobilisés sont transportés par tous les trains allant de l’Est à l’Ouest et en sens inverse. Quatre à cinq wagons par train sont destinés à cet effet.
3° à la frontière de la Russie, toutes les mesures sont prises pour assurer le bon fonctionnement du mécanisme de la mobilisation et des futures manœuvres stratégiques de l’armée polonaise. Les voies ferrées et ouvrages d’art sont l’objet d’une surveillance rigoureuse.
Dans les milieux militaires polonais on craint surtout l’action probable de la cavalerie rouge pendant la première période d’une guerre éventuelle. Cette action désagrégerait le fonctionnement des chemins de fer et pourrait ainsi influer d’une façon désastreuse sur l’exécution des plans de concentration des armées polonaises.
Il faut, malheureusement, constater que les conditions dans lesquelles la Pologne se trouve actuellement sont moins favorables qu’elles ne l’étaient pendant les opérations de 1920. Le moral du pays laisse à désirer.
Les paysans d’une façon générale font preuve d’une indifférence absolue. Ceux des régions russes de l’est annexées par le traité de Riga, après deux années de malentendus et de froissements nationaux et religieux, sont nettement hostiles aux Polonais. Ils sont également travaillés (514) par des agents de propagande des Soviets, et il est à craindre qu’ils ne soient réellement disposés à accueillir l’armée rouge comme une armée nationale russe et, pour eux, libératrice. Il est facile de concevoir le danger que représente, en cas de guerre, un état d´esprit de cette nature.
Le Parti communiste en Pologne n’est pas nombreux. Mais il est fort par son organisation, par les éléments intellectuels qui le composent et par l’aide matérielle puissante que Moscou ne lui ménage pas. Le Gouvernement polonais a commis une formidable erreur en tolérant à Varsovie une nombreuse mission soviétique. Pendant deux années, cette mission fonctionna comme un foyer de propagande de premier ordre, et comme un centre d´organisation bolcheviste pour toute la Pologne. Dans cette propagande, l’armée polonaise ne fut pas négligée. Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’actuellement presque tous les régiments d’infanterie comportent un embryon de formation communiste (“yatcheyka”).
Commandement. En ce qui concerne les officiers de l’armée polonaise, rappelons-nous que, déjà en 1920, ils n’étaient pas à la hauteur de leur tâche. Non seulement leur non-préparation professionnelle était manifeste, mais ils ne jouissaient, en outre, ni de l’affection, ni de la confiance de leurs hommes. Dès les premiers revers subis par l’armée polonaise la masse des soldats ne pouvait être maniée par ses chefs (il y eut, bien entendu, des exceptions) et l’indiscipline générale se fit jour. L’armée, pour ainsi dire, avait cessé d’exister. Si elle ne fut pas écrasée et si la situation, rétablie, aboutit à la retraite de l’armée rouge, ceci fut dû à trois facteurs : 1° et principalement : à l’action rapide et énergique du commandement français; 2° à l’intervention des troupes de secours de Posnanie; 3° au fait qu’au moment le plus critique de l’action au nord de (515) Varsovie une partie de l’armée rouge qui, à cet endroit, était principalement composée d’anciens prisonniers de l’armée Denikine, passa du côté des Polonais.
Actuellement, l’état du commandement polonais est encore inférieur à celui de 1920. On constate chez les officiers, un abaissement manifeste de l’esprit national et du moral professionnel. Grâce à la situation matérielle précaire dans laquelle se trouvent la plupart des officiers de l’infanterie, le nombre de ceux qui quittent l’armée pour se livrer à la spéculation commerciale et de ceux qui s’y livrent sans quitter l’armée, augmente dans des proportions dangereuses. Ce fait rend tout perfectionnement impossible et le Gouvernement de Varsovie avait d´abord essayé de le combattre. Mais, voyant son impuissance, il s’est résigné à fermer les yeux et à laisser faire… Il est caractéristique que, cette année, les écoles qui forment des officiers d’infanterie ont un déficit dépassant 50% du nombre prévu d’élèves. La discipline est au-dessous des exigences les plus modestes. Les refus d’obéissance sont courants. Si des mouvements d’insubordination collective ne prennent pas plus souvent le caractère de révolte, c’est dû uniquement au fait que le commandement préfère céder pour éviter des conflits. Malgré cela, les cas de révolte se font de plus en plus fréquents (tel est le cas de l’école des Cadets de Modline, celui de l’assassinat à Varsovie de l’office chef de poste par les hommes de garde de son poste, etc.).
En ce qui concerne la cavalerie, la situation est meilleure. La discipline y est dans la plupart des régiments, satisfaisante. D´autre part, les officiers appartiennent à des classes sociales supérieures et aisées et ont conservé des traditions de patriotisme et d’esprit de corps. (516)
En cas de guerre avec la Russie des Soviets, le gouvernement polonais a l’intention d’utiliser les éléments russes, anciens soldats se trouvant dans différents camps militaires de la Pologne. Ainsi, il croit désirable d’employer sur le front de l’Ukraine les restes de l’armée de Petlioura, en faisant valoir des mobiles d´ordre national acceptables pour les Russes. En craignant une contre-influence de la part des anciens officiers russes se trouvant en Pologne, le Gouvernement de Varsovie refoule ces derniers du territoire polonais, soit en les accusant de propagande monarchiste, soit pour d’autres raisons. Il y a des raisons de croire que la direction du travail de “polonisation” des anciens soldats russes se trouvant en Pologne est confiée aux frères Balakhovitch [dont les bandes se firent les spécialistes des pogroms en zone conquise à l’Est de la Ligne Curzon, Annie Lacroix-Riz]. D´après des renseignements de bonne source, le mécontentement dans les camps russes de Pologne est général. On y considère que le gouvernement polonais a l’intention d’utiliser les Russes en son pouvoir dans des buts purement polonais, étrangers aux intérêts de la Russie, entre autres de les employer pour couvrir les frontières polonaises du côté de l’Allemagne en cas de guerre de la Pologne avec les Soviets. Il est certain que ce mécontentement représenterait, en cas de guerre, un réel danger ». 517
version USA maintenant, pour finir ^^ bonnes lectures à tous
UN INDUSTRIEL AMÉRICAIN ET LES HEUREUX JUIFS DU BERLIN DE LA NUIT DE CRISTAL
Source : B Amérique 1918-1940, États-Unis, vol. 370, correspondance politique, États-Unis-Allemagne, 15 novembre 1938-28 novembre 1939, 290 feuillets, microfilm P 12057, archives du Ministère des Affaires étrangères
Lettre 2 du Consul de France à Philadelphie à l’ambassadeur à Washington Saint-Quentin, 5 janvier 1939, 92-3
Exposé de Mark Harris et Frank Roderick sur « leur récent voyage en Europe » à réunion 14 décembre 38 de la Foreign Traders Association of Philadelphia, et a vu le compte rendu non public de la réunion et « j’en ai copié la partie » relative à cet exposé.
« Les impressions de M. Roderick qui insiste sur les deux côtés “of the story”, mais se garde bien de signaler le troisième, à savoir la quasi-servitude du peuple enrégimenté qui jouit de la prospérité qu’il admire, représentent assez (92) bien un état d´esprit de plus en plus répandu, sinon encore publiquement manifesté, dans de nombreux milieux d´affaires, pour qui la prospérité matérielle est tout, pour lesquels l’Allemagne est une « “well disciplined nation, in her manifest destiny period like the United States seventy-five years ago when it was acquiring California, New-Mexico, Alaska and the Philippines (Poultney Bigelow)”, avec laquelle il vaudrait beaucoup mieux chercher à faire du commerce par tous les moyens possibles, fût-ce avec l’aide du gouvernement fédéral, que d’entretenir des polémiques pour des questions de grands principes, liberté de race, de religion, de pensée, etc., assez indifférents à beaucoup de businessmen.
Les méthodes allemandes actuelles ne sont pas loin de provoquer la même admiration que les méthodes allemandes d’autrefois. » 93
Texte joint en anglais, traduction par moi, 94-99
Président de séance Ballagh présent Harris, de Henry Disston & Sons, Inc, « qui était en Angleterre et en France au cours de ces jours excitants juste avant la Conférence de Munich », et Roderick « juste de retour d’Europe ».
Compte rendu de Harris sur son voyage été 1938 dans Europe Nord, Finlande, Suède, Norvège, Danemark, Hollande et Belgique, puis en Angleterre vers 18 septembre, où voyage en Écosse, puis Liverpool, Manchester, Sheffield puis Londres. A parlé avec toutes sortes de classes de gens, dont nombreux jeunes, « dont aucun n’avait envie d’y aller », pas comme ceux, comme nous, de 17 aux États-Unis. Angleterre irait à la guerre si nécessaire, mais compte beaucoup sur Neville Chamberlain pour ne pas y aller. A assisté à mobilisation et essais DCA etc. de la fin septembre, 94, et cite un témoignage pour le présenter comme général : “J’ai horreur de tout ça, mais je crois que je serai assez bête pour me sacrifier pour “la chère vieille Angleterre”, si nécessaire”. Et idem en France, où état « le “mardi noir” avant la conférence de Munich », et significatif de son esprit que l’actuel de Daladier retour de Munich avec des « cris de joie spontanés et presque frénétiques (frantic) » et son « soulagement » du « Pacte de Munich ».
Et surprise à son retour aux États-Unis où jugement général que « la guerre n’était que différée et seulement pour peu de temps », croit plutôt au bon sens anglais, et cautionne mots de Neville Chamberlain « “C’est la paix pour notre époque”. Il parlait de l’Europe occidentale. Je crois que c’est la paix pour notre époque en Europe occidentale”, pour « peut-être quatre raisons » :
1° « que les torts – et je crois que beaucoup de gens, ou la majorité des gens, admet qu’il y a des torts – du traité de Versailles ont été en large part corrigés. »
2° « que beaucoup de gens, et au moins les puissances européennes d’Europe occidentale, sont favorables (welcome) à une Allemagne forte, une Allemagne largement étendue entre la Russie et l’Europe occidentale (stretched across between Russia and Western Europe, parce que l’Allemagne retourne la Russie comme un gant (is turning Russia inside out) et que la Russie regarde maintenant vers l’Est et non plus vers l’Ouest. Est-ce que vous, par exemple, vous entendez parler à présent de la menace du bolchevisme depuis que l’Allemagne est devenue une puissance forte? »
3° « la croyance optimiste que l’Allemagne devra finalement commercer [ou négocier, trade] avec les deux grandes nations commerçantes du monde, l’empire britannique et l’hémisphère occidental. Elle devra commercer avec elles si elle veut maintenir la position au soleil qu’elle a actuellement.
La dernière et quatrième raison est la loi (?) dans l’Angleterre. On n’a pas, on n’a jamais facilement bluffé l’Angleterre, et je n’ai jamais entendu dire que l’Angleterre ait passé accord [traded] sans obtenir quelque chose en échange. Cette fois, je crois que l’Angleterre a obtenu la paix pour l’Europe occidentale, et soit dit en passant (incidentally), je crois, pour les États-Unis aussi. »
Puis présentation par Ballagh de « notre génial premier vice-président »
Qui confirme absolument les propos de « Mark » sur Angleterre et France, « observation pratiquement aussi parfaite qu’on pourrait la faire en Angleterre et en France », etc. mais arrivé en Europe après, et le sentiment avait changé, « tout le monde était plus heureux » que lors du séjour de Mark, 95, là-bas. Puis décrit son voyage « 36 jours (...) à travers Europe », et « mon intérêt surtout pour l’Allemagne » où était « trois ou quatre jours avant la mort de von Rath [conseiller d’ambassade tué à Paris par Grynszpan 9 novembre 1938] et je voulais voir comment une certaine catégorie de gens y étaient traités. Je croyais que ces gens n’avaient pas droit à l’existence, ou à l’exercice d’une profession ou ne pouvaient absolument pas vivre en paix, et j’ai été très surpris » et insiste sur fait que témoignage sincère.
Est allé sur le Kurfurstendamm [les Champs-Élysées de Berlin] où il a constaté la « prospérité de ces affaires » et leur gestion « sans aucune peur de persécutions. […] Il est hors de doute qu’ils devaient agir selon certaines règles, mais ils semblaient contents de le faire, et ils ne semblaient pas vouloir partir. Puis je suis allé en Tchécoslovaquie et j’ai été très impressionné par l’Allemagne quand je suis parti (...) par l’industrie, la prospérité, l’apparente efficacité et la propreté de tout ce qui est allemand. Je ne crois pas qu’il y ait un seul homme dans cette salle qui n’aurait pas la même impression. Il est vrai que je n’ai saisi que la surface des choses (I only scraped the surface). (96)
Je suis allé en Tchécoslovaquie et j’ai passé deux jours à Prague, et je tiens à vous dire, messieurs, que l’Angleterre et les États-Unis ont pleuré sur la perte des Sudètes plus que les Tchèques eux-mêmes. Ils étaient en fait très heureux que le pays démobilise, et qu’il n´y ait pas de guerre dans leur pays. Ils étaient tristes à la pensée de toutes les ressources qu’ils avaient perdues, et je suis allé dans tout ce territoire pendant mon séjour et je sais qu’ils ont perdu un magnifique territoire. Ils étaient tristes à la pensée de l’avoir perdu, mais ils disaient que ce n’était pas un prix trop élevé à payer pour la paix. Ces hommes d´affaires avec lesquels j’ai parlé disaient qu’ils croyaient que la Tchécoslovaquie était maintenant en route vers une ère de véritable prospérité (was now headed for a really prosperous time). Ils disaient aussi que leurs amis les avaient lâchés (had gone back on them), leur avaient joué un sale tour, qu’ils les pratiquement convaincus qu’ils se tiendraient derrière eux mais que, le moment venu, ils les ont abandonnés. C’est pourquoi ils se sont résolus maintenant à se tourner vers l’Allemagne et il y a des sentiments très amicaux (a very kind feeling) en Tchécoslovaquie vis à vis de l’Allemagne. »
Puis retour à Berlin un matin, où « mon ancien agent (je n’y fais plus d’affaires) m’a rencontré. Il est norvégien, mais c’est un nazi assez convaincu. » Il lui a parlé de von Rath « mort la nuit dernière, et des vitres cassées « de tous les magasins juifs de Berlin », et Roderick aurait exprimé son choc, alors qu’il s’apprêtait à « rentrer aux États-Unis avec un compte rendu très favorable à l’Allemagne (and tell a beautiful story about Germany )», or impossible accord de « n´importe lequel de ses amis aux États-Unis pour approuver un tel vandalisme ». et décrit les destructions, pas seulement les vitres, mais toutes les installations et devantures des magasins, et les propriétaires s’affairant autour sans un mot. Et le lendemain matin, le magasin de fleurs près de l’hôtel Adlon [grand hôtel, le plus luxueux, de Berlin], Unter den Linden [célèbre avenue de Berlin], dont les vitres avaient été cassées, avait ses vitres à nouveau en place, des fleurs dans les vitrines, et l’activité avait repris selon les bonnes vieilles habitudes (in the same old way). » et glose sur l’affaire en la comparant « à toutes les histoires qu’on entend aux États-Unis sur les persécutions », 97, certes « nous n’aimons pas ce genre de chose mais il faut, Messieurs, que vous ayez les deux côtés de l’histoire avant de prendre une opinion sur ces affaires », or « il y a (souligné dans le texte) deux côtés de l’histoire.
Sur l’Allemagne et son avenir, je crois vraiment – et vous avez dû me l’entendre dire il y a cinq ans, la dernière fois que j’ai parlé de l’Allemagne, alors que, je crois, quelqu´un ici m’accusait d’être un agent nazi – que l’Allemagne est bien dirigée (is headed for the top) et il ne faut pas s’y tromper. Elle a fait un travail extraordinaire. Elle n’a pas de chômeurs. Elle a résolu le problème social (she has solved the labor problem). Nous ne l’avons pas résolu ici, mais elle, elle l’a fait. Les ouvriers n’ont pas le droit de grève en Allemagne, et ils n’appartiennent pas à un syndicat. Ils appartiennent au “Front du travail”. Le Front du travail n’est pas seulement composé de salariés, mais aussi de patrons, et les différends y sont réglés, et les cotisations qu’ils paient soient payées au Front du travail, et les cotisations sont utilisées pour donner aux travailleurs des terrains et centres de loisir, pour leur donner des meilleurs hôpitaux, de meilleures écoles et ils obtiennent vraiment quelque chose en échange des cotisations qu’ils paient.
Ne vous méprenez pas le moins du monde sur moi, que ça nous plaise ou non, que nous le critiquions ou non, ça plaît aux gens en Allemagne. Ils le soutiennent, et si, comme Mark l’a dit il y a quelques minute, nous comptons faire des affaires avec les gens qui sont là-bas, nous devons arrêter de faire des simagrées (we have got to stop making faces); nous devons arrêter d’essayer de diriger leur pays à leur place et nous occuper de diriger le nôtre; et essayer d’être amis avec eux parce qu’il y a beaucoup de bonnes affaires à faire pour nous en Allemagne (there is a lot of good business in Germany for us) et que je crois que nous devrions essayer de renforcer (cement) ces relations plutôt que de les tendre encore. »
Il n´est en revanche « pas impressionné » par l’Angleterre, et donne un compte rendu très hostile des mesures de préparation de la population à la guerre (tranchées à Hyde Park et masques à gaz, « et ça ne serait pas une mauvaise chose pour les gens qui ont fabriqué les masques à gaz que de se rendre compte qu’ils seront périmés (out of date) dans environ six mois. […] En Belgique et en France il n´y avait ni tranchées ni masques à gaz, et les gens y sont beaucoup plus proches des Allemands que l’Angleterre.
L’Italie, à mon avis, n’est plus que la pauvre ombre de l’Allemagne. Ils essaient de faire quelque chose (to do a job), mais ils n’y arrivent pas. Il n´y a aucun pays d’Europe qui puisse le faire comme l’Allemagne, parce que le peuple allemand veut y arriver de ses mains, ils veulent mouiller leur chemise pour arriver à faire quelque chose. Ils veulent le faire sans être payés (without pay), si nécessaire, mais aucun autre pays ne veut en faire autant ».
Puis il vante les mérites de la Finlande, avec qui « il faut faire des affaires, parce que c’est un pays où (98) l’argent est facile. Il est prospère (...) Il y a beaucoup d’affaires à y faire ».
Il se félicite du « succès » de ce voyage « meilleur du point de vue des affaires » que tous ceux entrepris jusqu´alors, et pays « meilleur marché que jamais ». et reglose sur fait qu’il a « parlé avec les gens. » et y ajoute la caution d’« un correspondant étranger » d’un journal norvégien témoin Anschluss et prise des Sudètes, puis, au retour, du représentant de l’Associated Press de Rome. Bref, actuellement, « j’ai une opinion vis à vis de l’Allemagne résolument plus favorable » qu’à mon dernier voyage en Europe. « Je crois que cela couvre tous les faits, messieurs (I think that about covers it all, gentlemen). »
Ballagh sollicite d’éventuelles questions. « Pas de questions. Suspension de cinq minutes). » 99
Pour dostom.
Oui tu ne reves pas mais 2 précisions qd même, à l´armée j´étais chauffeur d´autorités (generaux etc..)dans le 12eme régiment de cuirassier pas loin de Nancy. Donc bien qu´étant baigné les chars chars, vu ma fonction, je n´ai jamais pu renter dedant.
Ce n´est qu´à la fin de mon armée qu´un lieutenat-colonel trés sympa m´a proposé d´être dans l´équipage d´un char (malgres ma taille 1.87m). En reflechissant ce n´était peut-être pas un b1 bis mais un b2. Oui, les chars leclerc c´est pour l´élite, notre régiment manoeuvrait sur des chars de ce type. J´ai eut la peur de ma vie, en effet ce char là ne connaissait pas de limite en pourcentage de côte. En plus j´étais parti en simulation de combat mais à obus reel et malheur à ton ouie si tu oublies les bouchons obligatoires.
Super experience
Pour samer.
L´hiver 41/42 le blitz de l´Allemagne échoue mais cela ne veut pas dire qu´à ce moment là l´Allemagne pert.
Comme tu le dis plus loin Hitler espère qu´un second front sera ouvert en asie de l´est (ce n´était d´ailleurs pas irréalisable mais le Japon avait d´autre soucis).
De plus Albert Speer ministre de l´armement prend vite les choses en mains et dans bien des armes l´Allemagne sera supérieur en nombre par rapport aux Russes.
Il y avait encore des raisons d´y croire en 42.
Moins ensuite
Ouah! Quelle lecture! Il m´a fallu un temps avant d´arriver au bout, mais ça vallait le coup. Merci encore slamer666 ! Juste une petite précision, concernant le débarquement : tu disais "A ce moment là un débarquement en France aurait été aisé, pourtant les ricains décident de débarquer en Afrique prétextant qu ils ne sont pas près". Faut dire aussi que les anglais n´étaient pas trop chauds pour débarquer directement en europe (notamment Churchill, adepte des stratégies périphériques), surtout après août 1942 après le débarquement raté de Dieppe. Et puis en plus, le débarquement américain en afrique n´était pas du luxe, compte tenu de la pression que subissaient les troupes de Montgomery en égypte et qu´ils considéraient que les colonies françaises se rallieraient à eux s´ils débarquaient. En plus, ils ont bien fait, sinon ils se seraient fait ramassés en europe : ils manquaient complètement d´entrainement, et ils ont rapidement pris conscience que leur matériel n´était pas vraiment à la hauteur (leurs petits chars Stuart faisaient pâle mine face à des panzers IV ou des tigres, ils ont compris qu´ils manquaient un peu de Sherman et de M-10, entre autres ...). Ils ont en plus pû bénéficier de l´expérience acquise lors de ce débarquement (et de celui de sicile aussi d´ailleurs).
Bon, sinon, concernant les erreurs de l´allemagne, je pense toujours que la plus grosse, c´était hitler
De même, ils ont bcp trop négligé la guerre sous-marine, ce qui aurait pu tout changé (heureusement pour nous !) .
rod77
"L´hiver 41/42 le blitz de l´Allemagne échoue mais cela ne veut pas dire qu´à ce moment là l´Allemagne pert. "
--> si , enfin il est impossible de battre les Russes militairement. Sans victoire rapide c´était foutu car l´Allemagne n´était pas préparée à une guerre de longue durée. Les Russes ont eu le temps de déplacer leurs industries et leur réservoir humain les tenait à l´abris d´une défaite sur une guerre de durée.
"De plus Albert Speer ministre de l´armement prend vite les choses en mains et dans bien des armes l´Allemagne sera supérieur en nombre par rapport aux Russes."
--> certes mais la supériorité du matériel ne fait pas tout. y a plein d´exemples mais le plus comique est celui de la première campagne italienne de colonisation de l´Ethiopie ou ils se sont fait ramasser. Pour ne pas subir une nouvelle humiliation lors de la 2e campagne Mussolini utilise du gaz moutarde !
Cpt_Igloo
_"Faut dire aussi que les anglais n´étaient pas trop chauds pour débarquer directement en europe (notamment Churchill, adepte des stratégies périphériques"
-->oui mais c´est toujours le cas en 1944. Churchill voulait débarquer en yougoslavie en aout, pas en provence.
-"surtout après août 1942 après le débarquement raté de Dieppe"
Dieppe n´est pas un débarquement raté, c´est un exercie qui confirma qu´il ne fallait surtout pas débarquer là pour la véritable opération, les plages de galets étant un véritable piège pour les assaillants.
_"le débarquement américain en afrique n´était pas du luxe, compte tenu de la pression que subissaient les troupes de Montgomery en égypte et qu´ils considéraient que les colonies françaises se rallieraient à eux s´ils débarquaient"
--> débarquer en France aurait isolé l´Afria Korps de tout ravitaillement et entravé sérieusement la guerre sous marine allemande (sans parler du nombre de troupe qu´il aurait fallu déloger du front de l est).
_"En plus, ils ont bien fait, sinon ils se seraient fait ramassés en europe : ils manquaient complètement d´entrainement, et ils ont rapidement pris conscience que leur matériel n´était pas vraiment à la hauteur (leurs petits chars Stuart faisaient pâle mine face à des panzers IV ou des tigres, ils ont compris qu´ils manquaient un peu de Sherman et de M-10, entre autres ...)"
--> ils manquaient aussi d´entrainement en 44, la majorité des troupes americaines fesaient leur bapteme du feu en normandie. Ensuite, comme je te l´ai dit plus haut, il n´y avait pas de troupe d´élite en France ni de fortifications de la cote, donc la résistance militaire qu´ils auraient rencontré n´eut pas posé problème le temps de prendre pied sérieusement en France.
Là ou Hitler avait réussi son coup de Poker c´est que Vichy, tenant à sa souveraineté, fesait régner l´ordre. La France fut donc le pays le moins occupé militairement d´Europe, ça fesait une énorme économie d´homme et de matériel pour le Reich, qu´il a pu disposer sur le front de l´ouest.
C´est pour ça par exemple que les rafles sont organisées par la police française.
++
POur le débarquement en France , en 42 c´était pas faisable .Pour raison le manque de transport de troupes , ils en avaient juste assez pour un corps expéditionnaire celui d´afrique du nord.