Ligue 1 - Marseille: Alain Perrin, un entraîneur intraitable
14 jan ( AFP) - Alain Perrin, remplacé mercredi par José Anigo comme entraîneur de l´Olympique de Marseille ( L1 de football), s´est forgé au fil de sa carrière une réputation de technicien intraitable, dur, exigeant, parfois dans l´excès, froid en public mais redouté pour ses coups de gueule dans les vestiaires.
Ancien professeur de gymnastique, Alain Perrin, 47 ans, qui n´a jamais été joueur de haut niveau, est un entraîneur à part.
D´autres se font remarquer par leur exubérance, leur côté sulfureux, leurs gesticulations. Lui détone par son ultra-rigidité, sa constante sobriété apparente. Rares sont ceux qui l´ont déjà vu rire en salle de presse. " Ce n´est pas un marrant, ça c´est sûr. Mais c´est comme ça qu´il voit les choses, il bosse, sans plus", estime un proche de l´OM.
Toujours tiré à quatre épingles lors des matches, celui que certains surnomment " Monsieur de Fursac", en référence à ses costumes, s´épanche rarement. A Madrid, avant le choc contre le Real en Ligue des Champions, le 16 septembre dernier, il avait dit ne ressentir " aucune émotion particulière".
Rien ne prédisposait cet ancien éducateur, fils de militaire, formé à Nancy sous la baguette d´Arsene Wenger ( actuel manageur d´Arsenal/ENG), à diriger une équipe de l´élite. Un niveau qu´il atteint tout de même à la force du poignet en hissant Troyes de la Nationale 2 ( 4e div.) à l´ancienne D1 et à la Coupe de l´UEFA, en l´espace de six ans.
Avec un curriculum vitae privé de la mention footballeur de haut niveau, il arrive néanmoins aux commandes de l´Olympique de Marseille en mai 2002, dans les valises du président Christophe Bouchet.
" Timidité"
A Troyes, la méthode Perrin avait, il est vrai, fait des merveilles. L´exigence du " Guy Roux de l´Aube" avait trouvé un écho qu´il a peut-être eu du mal à installer durablement au Vélodrome. " Il doit forcément y avoir chez lui une sorte de frustration de n´avoir jamais été +pro+", expliquait un connaisseur du football marseillais, s´exprimant sous couvert de l´anonymat.
Au risque de paraître méprisant, Perrin entretient également un rapport glacial avec la presse. Peu disert après les rencontres, tant en cas de victoire que de défaite, Perrin n´hésite pas non plus à sécher sans préavis les séances médiatiques d´après-matches.
" Il a une façon de s´exprimer, une éducation peut-être, une timidité qui fait qu´il ne dit rien", avait avancé Christophe Bouchet pour expliquer le mutisme de son entraîneur, en pleine tourmente avant la trêve.
Mais son comportement, au plus fort de la tempête comme lors des moments d´euphorie, a eu le mérite d´être cohérent. Alain Perrin veut passer pour un homme à la peau dure.
" C´est simple, il veut débarrasser les rapports humains avec ses joueurs de tout affect, mais il se plante. Il n´a pas compris que, surtout avec une équipe de ce niveau, cela marchait aussi à l´affect", estime un habitué des arcanes du football marseillais où la chaleur des rapports a souvent pris le pas sur la rigueur.