L´inéluctable a fini par arriver. Avant même le match couperet de Coupe de France au Vélodrome contre le PSG, le 24 janvier prochain, Alain Perrin n´est déjà plus l´entraîneur de l´Olympique de Marseille. Christophe Bouchet, le président de l´OM, a annoncé la nouvelle à l´occasion d´une conférence de presse, ne ménageant pas celui avec lequel il formait la saison dernière un couple idéal. José Anigo reprend les rênes de l´équipe qu´il dirigera dès dimanche contre Lens en championnat.
Bouchet a tranché...
Chronique d´une chute annoncée. Alors que l´on pensait le sort d´Alain Perrin conditionné aux résultats du mois de janvier, avec notamment une échéance fixée au 24 janvier et la réception du Paris-SG en Coupe de France, Christophe Bouchet a tranché, annonçant le départ du technicien marseillais et son remplacement immédiat par José Anigo, qui s´occupait jusqu´ici du centre de formation et de l´équipe de CFA.
La manière a été fidèle au style du président-délégué de l´OM, lapidaire, ce dernier se contentant de convoquer une conférence de presse en fin de journée au siège du club phocéen, rue Négresko, avant de lire un bref communiqué dans lequel ici il justifiait le limogeage d´Alain Perrin en des termes choisis: " J´ai décidé aujourd´hui de nommer un nouvel entraîneur. A partir de demain, José Anigo aura la responsabilité de l´équipe première. Albert Emon assurera, avec José, la liaison avec le centre de formation."
" José Anigo, lui, a montré un engagement total"
Le président-délégué passe ensuite à la phase de justifications, n´y allant pas avec le dos de la cuillère: " Ce changement intervient parce qu´à l´évidence le ressort s´était cassé avec l´équipe première. J´ai soutenu Alain Perrin dans une série de revers vraiment impressionnante, comme aucun président de l´OM n´a soutenu son entraîneur face à un tel enchaînement de défaites, notamment au Vélodrome."
La saillie est dure, le reste à l´avenant: " Le passage à l´OM ne doit pas constituer ni un passage, ni un palier dans les stratégies personnelles, mais au contraire un engagement total. C´est la condition sine qua non pour résister à l´immense pression qui pèse à l´OM. Si on n´a pas un engagement total, il est clair qu´on ne peut pas y arriver, c´est aussi la raison du choix de Anigo qui, lui, a montré un engagement total." L´accusation paraît assez grave de la part de Christophe Bouchet qui ne se prive pas au passage de faire preuve d´un zeste de démagogie, vilipendant l´attitude " totalement irresponsable" de la presse, coupable à ses yeux de " récents appels au débordement" à l´adresse des supporters, avant de flatter ces mêmes supporters " qui ont prouvé que l´on pouvait montrer une autre image de l´OM et de Marseille, même dans la tempête."
Pour Christophe Bouchet, " transparence et lucidité" sont deux mots-clé de sa politique, or " il fallait faire preuve de lucidité. La fracture constatée ne s´est pas consolidée pendant la trêve. J´avais demandé un supplément d´âme et des changements techniques. Les deux sont restés au placard. C´est dommage. D´autant plus que je crois qu´Alain Perrin pouvait illustrer une nouvelle génération pour l´OM. Alain a beaucoup apporté à l´OM. Il a d´ailleurs énormément participé au renouveau du club qui était en grand danger: il a participé à la nouvelle image du club, il a participé à la restructuration du secteur sportif, il a conduit le club en Ligue des champions, il a participé à un recrutement sérieux avec des moyens limités."
Des rapports exécrables avec les joueurs
Perrin-Bouchet, fin d´une histoire...
Ce bilan éloquent n´aura donc pas suffi à sauver la tête d´Alain Perrin, sacrifié sur l´autel des résultats et de ses rapports déplorables avec une partie de son effectif. La première fracture eut lieu au lendemain de la défaite marseillaise à Madrid contre le Real en Ligue des champions ( 4-2) avec une mise en cause de sa tactique par certains joueurs qui avaient en outre peu apprécié que le coach rejette la responsabilité de la défaite sur les joueurs. Depuis, la cassure était allée crescendo, avec d´abord l´épisode de l´auto-gestion à la mi-temps de Marseille-Nice ( 2-1), ensuite la mauvaise gestion de l´affaire Barthez-Runje, enfin des résultats en berne avec notamment des revers mal vécus en Championnat face à Lyon et surtout le PSG.
Le sort d´Alain Perrin ne tenait depuis qu´à un fil qu´a donc décidé de couper Christophe Bouchet, pourquoi aujourd´hui et pas avant ? La question mérite d´être posée, celle du sort du désormais ex-coach marseillais est claire: si Christophe Bouchet fait mine de s´interroger sur le " rôle qu´il tiendra dans les mois à venir au sein du club", il est évident qu´après avoir encaissé une telle pluie de phrases assassines, Alain Perrin ne pourra plus cohabiter avec le président-délégué de l´OM. Le couple idéal Bouchet-Perrin, loué la saison dernière au moment où tout allait bien, a vécu...
Reste à savoir comment les supporters de l´OM accueilleront cette nouvelle car même si Alain Perrin n´était plus en odeur de sainteté dans les travées du Vélodrome, la manière employée ne sera peut-être pas du goût de certains, début de réponse dès dimanche avec la réception de Lens qui verra José Anigo revenir sur les bancs de l´OM, deux ans et demi après un premier bref passage.