Un silence s´installa entre nous. Chacun pensait à un moyen de sortir d´ici, hormis Keron, qui avait plus l´air troublé par les informations que je venais de dévoiler. Je pencha la tête en arrière, fatiguée de retourner notre situation dans tous les sens. Comme les murs, le plafond était fait de grosses pierres noires humides et inquiétantes.
Je ne sais pas combien de temps nous étions restés comme ça, mais cela parut interminable. West paraissait sur le point d´extérioriser une nouvelle fois sa colère quand la grille de notre cachot s´ouvrit avec un horrible grincement. Glaidhor entra, dans toute son horreur. Il était accompagné de deux personnes.
La première était une jeune femme. Plus petite que moi, elle portait une robe longue dont la couleur était un mélange de blanc et de vert pâle. Ses cheveux noirs tombaient sur ses épaules et elle tenait dans ses mains un ancien livre, contre son bassin. Ses yeux étaient fermés et j´étais totalement incapable de lire la moindre expression sur son visage, qui semblait presque inhumain tant les traits étaient soignés.
La seconde personne était un homme. Il portait une longue cape noire qui cachait tout son corps. Avec les ombres de sa capuche, son visage restait lui aussi dans l´obscurité. Il porait accroché à sa ceinture une multitude de clefs de toutes formes, de toutes tailles et de toutes les matières. Si je ne connaissais rien de lui à part sa silhouette, je captais clairement sa puissance.
Glaidhor s´avança et prix un air triomphal.
- Vous êtes ainsi donc réveillés, mes amis, lança-t´il avec un rictus déformant son visage. Bien. Très bien. Vous êtes donc ici dans la Citadelle de Metradon, capturés par mes soins et ceux des mes hommes.
Nous voulions tous parler, l´insulter, le défier, mais aucun mot ne sortait de nos bouches. Nous en étions tout bonnement incapable. Nous voulions, mais ça ne se faisait pas, sans que je puisse savoir pourquoi. Glaidhor reprit son discours.
- Bien, pour le moment, restez silencieux, c´est préferable pour votre salut. Je suis là pour vous proposer...enfin, vous ordonner de tracer un nouveau chemin dans vos misérables vies.
Sans qu´on sache comment, sans que l´on le remarque, nos chaînes se défirent nous nous levions tous en même temps. Keron s´avança d´un pas, sans rien dire.
- Hé hé...il est encore trop tôt pour vous de parler, alors reste où tu es mon ami. Je pense que vous avez tous remarqué que la magie est omniprésente dans cette citadelle. Et si elle vous empreigne tellement, c´est que le barrière qui vous protège normalement de la magie a été ôtée de vos corps.
Je fléchis à ces paroles. Je tombais littéralement à genoux et porta mes mains à mon coeur.
- Nos coeurs ! ?
Glaidhor rit. Un rire si maléfique, machiavélique qu´il ébranla tous mes sens et me marqua à jamais.
- Oui...Vos coeurs.
Keron et West ne comprenaient pas encore la situation, l´horreur que nous avions subis...
- Mais comment, soufflais-je. Comment ? Pourquoi?
- C´est très simple, Wizard. Pour que vous nous aidiez. Car c´est bien là le but de ma visite, que vous nous aidiez, moi et mon maître à atteindre notre but. Ainsi, vous avez tous à la place du coeur un calice qui accueille votre sang, et qui se vide s´il m´en prend l´envie, vous tuant instentanément. Les trois personnes que vous voyez ici ne sont que des illusions...
Trois ? Je ne compris pas tout de suite, mais West montra du menton un coin de notre cachot, où un homme attendait. Encore plus grand que Glaidhor, je vis tout de suite sa nature: un dragon. C´était un homme en apparence, oui, mais un dragon à l´intérieur. Une créature qui existe depuis des temps immémoriaux. Keron fixait le sol, ses mains tremblaient et sa colère était presque palpable. Nous étions à la merci de notre ennemi, c´était inenvisageable de lui refuser quoi que ce soit. Glaidhor reprit le cours se son discours.
- Ces trois créatures possèdent chacune un artefact que mon maître a perdu il y a fort longtemps, et qu´il est désireux de retrouver. Vous êtes assez puissants et assez mortels pour assurer votre mission. Vous devez vous rendre dans leur royaume respectif et revenir à la Citadelle avant la fin du délai.
- Quoi ? s´écria West. Pourquoi ferions-nous ça ?
- Car vous mourrez de la plus cruelle des façon si vous refuses, mon ami.
- Qui sont-ils ? demanda Keron.
- Cette jeune fille est Pandora, une personne très...spéciale, qui a trompé mon maître pour s´accaparer un artefact il y a des milliers d´années. " L´homme" en noir est Charon, le Passeur des âmes torturées. Il a exercé le plus odieux des chantages à mon maître qui a dû céder un des artefacts. Et enfin, le troisième est Niddogh, un des plus anciens dragons encore vivants dans notre monde. Il a détruit lui-même une armée et un château pour obtenir un artefact, qui réprime sa folie destructrice.
Nous nous regardions un moment, et Glaidhor recula, laissant les trois illusions se mettre face à nous, côte à côte.
- Vous êtes maintenant libres, mes amis. Choisissez vous-même votre destinée, chacun est libre de " prendre" sa mort comme elle vient.
- Et le délai ? Quand est-ce qu´il expire ? demanda West.
- Vous l´apprendrez par vous-même, vous le ressentirez. A vous de jouer.
Sans rien dire de plus, Glaidhor sortir du cachot, sans fermer la grille, nous laissant prendre notre destin en main. J´étais paniquée, un sentiment d´impuissance me submergea et j´étais à deux doigts de fondre en larmes. Nous n´avions encore rien décidés avec mes compagnons. Nous savions pertinement que nous devions le faire. Mais avant que quiconque prenne la parolen chacun se faisait à l´idée qu´on se se reverrait peut-être jamais, et ça sans doute pendant longtemps...