Voici le début d´une nouvelle que j´écris pour un concour, j´espère que ca vous plaira!
"Il n´avait jamais dit à personne ce qu´il avait vu ce soir là, devant le moulin. De plus son impénetrable mutisme ne laissait absolument rien transparaître de son si effroyable secret , et son angoissante froideur, presque palpable, nous laissait en proie à de nouveaux tourments. "
"J´habitais une maison voisine de la sienne, située sur la cîme d´une coline escarpée et juste à coté d´un vaste étang à l´eau noire et endormie où fremissaient des milliers de roseaux. Là, se dressait également un vieux ponton en bois qui habritait une sommaire barque obsolescente et verdâtre, entourée de nénuphars et rattachée à la berge par une longue chaîne rouillée."
"Un peu plus loin, un petit chemin dallé menait à un vieux chêne gris et recourbé sur lequel tressaillaient de grandes et lourdes branches rassasiées en jours, ayant atteint leur zénith. Plus haut encore, juste au dessus de la meunerie, se dessinait ce jour-là l´écharpe d´Isis, dans un sombre et ténèbreux ciel gris menacant dangereusement notre frêle et paisible hameau. "
"Et, c´est sur l´une des ailes du moulin, que jaillissant de la voûte celeste, un somptueux corbeau noir vint se poser. L´oiseau, aussitôt se redressa dévoilant chaque fois un peu plus de son magnifique plumage puis, aussi rapidement qu´il était venu, repartit. "
"Au même moment, les "élytres de l´édifice se mirrent à pivoter dans un bourdonnement des plus épouvantable tandis que le volatile s´enfuyait toujours plus loin, et d´un soubresaut, disparu dans l´horizon en delaissant le funeste batiment."
"Il fut un temps où ce dernier était encore grandiose, étincelant, magnifique. Mais les années s´enfuirent et, rongé par la maladie, il ne fut plus que l´ombre de jadis. Alors, des contes furent écrits, des histoires narrés. On finit par préciser qu´il était lieu de "sabbat" et s´en suivirent les prémices d´une considérable exode laissant derrière elle un flot de rumeurs."
"Mais, immuable, le moulin ne flechit pas. Certes, il vieillissait; les pierres s´ecroulaient, le lière l´arpentait; mais, inexpliquablement, il ne tomba pas en ruine. Il restait toujours debout "Emen Etan".
"Finallement, qu´attendions nous? Qu´esperions nous? Rien. Nous pensions qu´il était bon, lorsque nous rentrions au logis, de croupir dans notre solitude, nous abandonnant à delecter les douces effluves de nos habitions. Et, il nous apportait ce que nous avons continuement cherché, ce besoin de se sentir loin de ceux qui nous ont en tout temps abhorré et qui ont au fil du temps craché leurs infâmes venins."
"Car il est toujours plus doux de vieillir isolé, extérieur aux évenements et trouble fait. Et nous nous laissions allé, emporté par un indolent vague-à-l´âme, blotît dans notre fauteil épais, regardant le temps qui, sous la main de Chronos, s´écoulait."
"Recru, j´emboitais le pas. Mes yeux se perdirent sur les lieux, et j´admirais le splendide spectacle qui s´offrait à moi: L´automne deversait constamment de sa magie et au gré des rafales de vents, se mourrait, comme nous, à present içi."