Ca ne se voit pas forcément, mais le film de zomblards vit une époque formidable. Le remake de Zombie fut une réussite inattendue, Shaun of the Dead et son concept improbable de « comédie romantique avec des zombies » se paye le luxe d’être rien de moins qu’un des meilleurs films de l’année ( ruez vous sur le zone 2 anglais ! ) et, cerise sur le gâteau, George Romero met enfin en chantier Land of the Dead, ultime opus de sa grande œuvre zombiesque. C’est donc dans ce contexte ragaillardissant pour les fans de ces chouettes streums que nous sommes qu’arrive Resident Evil : Apocalypse, suite de l’autre. Adoncques, le cœur rempli d’espoir et la rose à la boutonnière, je déclarais par un bel après-midi d’Octobre à mes collègues de la MadOuaibeTim : « bon les gars, je fais le papier sur RE2, ça va être sympa » . Après tout, le premier film, s’il n’était pas l’adaptation ultime dont rêvait les fans s’avérait être un produit correctement emballé et recelant ça et là quelques belles idées et plans, et doté d’une fin sacrément aguichante quant à la perspective de la suite. Bravant le froid et le sommeil, je me levais donc aux aurores pour aller déguster celle-ci. Y’a des fois je suis vraiment très naïf...
Reconnaissons tout de même aux auteurs de ce machin d’avoir particulièrement bien su choisir leur titre : dans la catégorie « grosse purge innommable », RE2 atteint en effet des tréfonds apocalyptiques ( oui ce jeu de mots est super facile et super gratuit, mais c’est de leur faute aussi, m’ont énervé avec leur film tout pourri). Il n’y a absolument rien à sauver dans cette abomination filmique. Pendant 1h25 pétrifiantes d’ennui, seules l’incompétence et la nullité crasse ont droit de cité à l’écran. Visiblement trop occupé ( et plus intéressé ? ) par la confection de son Alien Vs Predator, Paul Anderson livre un scénario ( rédigé en toute probabilité sur un demi coin de table après une soirée picole) d’une fainéantise dans l’écriture hallucinante ( l’invention du « deus ex machina en guise de perso » mérite une récompense), truffé d’incohérences et de raccourcis scénaristiques improbables ( un par bobine minimum), et d’une frilosité enrageante à force d’évacuer les bonnes idées aussitôt qu’elles sont introduites. Le traitement des personnages est à l’avenant. Que les fans qui se réjouissaient à l’idée de voir Jill Valentine, Carlos Oliveira ou l’équipe des STARS en chair et en os commencent tout de suite à pleurer tellement le sort qui leur est réservé est pathétique. Ils ne sont là que pour servir de faire-valoir à Milla Enormetétonvovich dont le personnage est le seul auquel Anderson accorde de l’attention. Paulo, on veut bien comprendre que si tu donnes pas le beau rôle à madame tu feras pas crac crac mais c’est quand même pas une raison pour traiter les autres par-dessus la jambe, surtout quand il s’agit de personnages aussi emblématiques. Et t’éviteras aussi le personnage follement original du side-kick black peureux qui balance des vannes pour détendre l’atmosphère ( dont une en référence à GTA, t’es vraiment trop un hardcore gamer, Paulo ! ), tu seras gentil. Le film essaie aussi de se mettre le spectateur qui a joué aux jeux dans la poche en multipliant les clins d’oeils aux jeux mais ceux-ci sont tellement appuyés et mal intégrés au récit ( à une ou deux exceptions près) qu’ils produisent l’effet inverse à celui escompté. Sans parler des nombreuses repompes au plan près des cinématiques des jeux dans des séquences mille fois moins réussies que leurs équivalents vidéoludiques, la faute à un montage et à une réalisation abominables.
Déjà rendu bien bancal par son script foireux, le film est en effet définitivement plombé par une réalisation en dessous de tout. Alexander Witt, qui jouit pourtant d’une bonne réputation en tant que réal de seconde équipe, livre un produit à la limite de l’amateurisme, aux scènes d’action, filmées, cadrées et montées n’importe comment, oscillant constamment entre un statisme désespérant et un sur découpage à gerber. Le ratage de ces scènes est d’autant plus rageant que le film est particulièrement généreux en termes d’action mais qu’il est donc impossible de prendre le moins plaisir devant quelque chose d’aussi mal branlé. Et comme de bien entendu, il ne faudra pas compter sur le moindre frisson ou la moindre éclaboussure sanguinolente pour rattraper le tout, ce qui est franchement honteux étant donné ce qu’on a pu voir en la matière cette année. Les zombies, s’ils sont nombreux, sont filmés dans le noir les ¾ du temps, ne font aucun dégât bien dégueulbifs chez les humains ( ou alors hors champ) et finissent même par disparaître purement et simplement du métrage, les autres streums ont droit à une scène chacun et le Nemesis s’inscrit directement au panthéon des monstres les plus Z du cinéma, la faute à un aspect caoutchouteux et une sous-exploitation totale de son potentiel pourtant énorme, la palme du ridicule étant atteinte sans problème lors du combat mano à mano l’opposant à Alice ( Paulo, on sait que t’es dégoûté de pas avoir réalisé Matrix mais faut arrêter de mettre du kung-fu dans RE, c’est n’importe quoi là).
RE : Apocalypse n’a donc aucun mal à s’imposer comme un des plus gros flops de l’année, n’arrivant même pas à être du n’importe quoi rigolo comme pouvait le suggérer la BA. Plus qu’un simple ratage, c’est une véritable insulte aux jeux, à leurs fans et à leurs créateurs, chose que le premier avait su éviter malgré ses défauts. Allez hop, poubelle.
Note : 0/6
http://www.mad-movies.com/fiche.php?id=342&PHPSESSID=a5f472687f66e117eadb091b760ff44a
Et je suis entièrement d´accord avec lui. Ce film est daubesque, il faut honte aux jeux vidéos. Les gars, si vous avez aimer ce film, c´est que vous allez pas souvent au cinéma...