Sur la piste en tartan du stade olympique d’Albertville, Roger Propos imprime le rythme.
Tête droite, foulée décidée, le préparateur physique de l’OM donne l’exemple. Quelques instants plus tard, c’est encore lui qui orchestre la séance d’étirements. Attentif au moindre détail, perfectionniste dans l’âme. Depuis son retour à Marseille après cinq années " d’exil", trois saisons passées à Londres auprès de Jean Tigana à Fulham précédées par deux expériences au PSG et avec la sélection marocaine, Propos n’a pas perdu la moindre seconde. Tout juste le temps de se replonger dans " son" Marseille et voilà l’ancien entraîneur d’athlétisme déjà au boulot.
" Le football n’est pas uniquement une question de plaisir, lâche-t-il en préambule. Les joueurs aiment surtout le ballon. Moi, je suis là pour les aider à développer leurs capacités physiques, même si parfois cela se fait de façon autoritaire". Le ton est donné.
" Les footballeurs n’ont pas tous les mêmes besoins"
En Savoie, toute notion de dilettantisme est proscrite. Les Olympiens sont uniquement là pour améliorer leurs performances. " Le but est d’être à 100% pour le premier match de championnat le 2 août. A 100% dans une période donnée, explique Roger Propos. Cela ne veut pas dire que nous ne pourrons pas encore progresser au fil des semaines, des mois". L’entraînement terminé, le garant de la forme olympienne reste encore un long moment dans les vestiaires. Avec Didier Farrugia, son adjoint généralement en charge des jeunes du centre de formation, il peaufine le programme du lendemain. Méthodiquement en répétant chaque exercice. " Dans ce type de mission, il faut tenir compte de toutes sortes de paramètres, explique t-il. Les footballeurs, selon leur poste, n’ont pas tous les mêmes besoins. Il faut donc adapter les méthodes à chacun, trouver les meilleurs compromis et tenir compte de l’état physique des uns et des autres". Pionnier en la matière, Roger Propos connaît sur le bout des doigts les différentes facettes de son métier. Dans les années quatre-vingt-dix, alors que la préparation physique n’en est qu’à ses balbutiements, lui a déjà son idée sur la question. " En 1987, avec Gérard Gili alors au centre de formation de l’OM, nous avons mis en place les bases du système. A l’époque nous étions vraiment des précurseurs".
" Le maître d’œuvre reste et demeure Alain Perrin"
Depuis, l’aspect physique est devenu déterminant pour toute l’Europe du football. " Même s’il existe encore des différences selon les pays, précise Propos. En Angleterre par exemple, les entraînements d’avant saison sont nettement plus " violents". On dénombre d’ailleurs beaucoup plus de blessures". Le discours est aussi précis que les enchaînements effectués sur le stade olympique.
Revenu sur la pelouse, Roger ne manque pas d’idées et d’énergie. On le retrouve en tête du peloton accumulant les tours de pistes. On le voit mimer chaque détail. On l’aperçoit en bon pédagogue, discuter longuement pour mieux faire son message.
Mais au bout du compte, c’est en simple bon soldat qu’il se définit. " Dans cette phase, le maître d’œuvre reste et demeure Alain Perrin. C’est lui qui décide selon ses objectifs. Après, c’est une affaire de concertation avec le coach mais également avec tous les éléments du staff médical".
Sac sur l’épaule, matériel sous le bras, Roger se lève et quitte rapidement l’hôtel des joueurs pour se rendre au stade. La sieste ce sera pour plus tard...