Papin passe à l’attaque pour un poste à l’OM
Depuis leur arrivée à la tête du club, Alain Perrin et Christophe Bouchet battent le rappel des anciennes gloires de l’OM.
Ce procédé, classique dans tous les grands clubs européens, a pris forme à l’été 2002 avec l’arrivée de Jean-Philippe Durand et son incorporation au staff technique. Puis ce fut au tour de Manuel Amoros de rejoindre la cellule de recrutement phocéenne, où figuraient déjà Josip Skoblar et Albert Emon. Mais si Amoros et Durand ont laissé une empreinte indélébile sur la Canebière, ce n’est rien en comparaison de l’aura que dégage Jean-Pierre Papin.
Le canonnier de la grande période olympienne est pressenti depuis plusieurs semaines pour intégrer le staff de l’OM dans un rôle qui reste à déterminer.
Présent en compagnie de Skoblar lors de la présentation du maillot de la saison 2003-04 et du nouveau sponsor principal de l’OM, Papin en a profité pour évoquer sa situation et l’avancement des négociations avec les dirigeants marseillais.
“Pourquoi ne pas inventer un poste de préparateur d’attaquant ? , a-t-il avancé. Qui est mieux placé qu’un buteur pour expliquer comment marquer des buts aux avant-centres de l’équipe ? Les bons gardiens sont devenus des préparateurs reconnus de portiers, non ? La tactique se travaille ensemble mais la finition, c’est quelque chose de particulier qui se travaille durement. Ça permettrait aussi de booster le moral. Lorsque l’on fait trente reprises et qu’on en réussit zéro, on se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut alors insister. Après, on en réussit dix et on se dit que c’est bien. On insiste encore et on en réussit 22. On prend alors confiance et le dimanche, on saisit sa chance. Si on a peur de se faire siffler, on ne tente rien.”
Sur le poste d’avant-centre, celui qui a inscrit plus de 180 buts sous les couleurs bleue et blanche est intarissable : “L’attaquant, c’est comme un gardien de but. Il doit réviser ses gammes. Il doit en faire plus que les autres. Aujourd’hui, on constate qu’on n’a plus le temps de contrôler la balle. Il faut frapper très vite et c’est vrai que lorsque j’ai regardé les matches de l’OM l’an passé, je n’ai jamais vu une frappe au but avant 40 minutes de jeu. Il faut être insouciant, avoir envie de marquer des buts, il faut savoir le faire et donc bosser pour ça.”
L’occasion pour lui de revenir sur la carence première de l’OM la saison passée, son attaque, mais aussi sur Dmitri Sytchev, auquel JPP prédit un grand avenir. “L’an passé, l’important pour l’OM était de marquer des buts. Peu importe qui les inscrivait. C’est bien lorsque c’est un attaquant mais à la limite, aujourd’hui dans le football, l’important c’est de prendre les trois points. Personnellement, j’adore Sytchev. Il me rappelle moi à mes débuts. Pas physiquement car il est plus carré, plus grand, mais dans son opportunisme, son inconscience. Je crois qu’il a tout compris. Si on lui laisse le temps, s’il bosse très fort, il peut faire quelque chose de bien. Je ne pense pas qu’il ait un problème de langue. Le football, c’est universel. Celui qui aime marquer des buts, qu’il parle chinois, français ou russe, il y parvient.”
Devant un discours si passionné, on ne peut s’empêcher de l’interroger sur son avenir, sur le poste qu’il pourrait occuper à l’OM, aux côtés d’Alain Perrin. “Je me verrais bien dans un rôle de préparateur d’attaquants. Mais Alain ( ndlr : Perrin) a sa cellule de recrutement particulière. Il y a d’autres postes qui pourraient être tout aussi valorisants. Il faut rentrer dans le club pour, après, gravir les marches.On verra, tout est possible, mais il ne faut pas brûler les étapes. On discute avec les dirigeants. Je serai toujours là lorsque l’OM aura besoin de moi. Ce club est porté vers l’avenir et l’avenir, c’est aussi ceux qui ont porté le maillot blanc. Nous, les anciens, pouvons aider le club à redevenir ce qu’il était avant.”