
Voici un autre récit qui, je l´espere, ne sera pas lu que par K[i]LoUz3.
Normandie 1944
Je sais que je ne suis pas tout seul. Tous les autres hommes du peloton m´entourent mais je ne les vois pas, perdu dans une mer de feuilles verte sur laquelle tranche le bleu du ciel.
Soudain, une ombre s´avance vers moi et une forme de couleur gris vert passe tout près de ma tête.
Ce sont les Anglais, lancés sur les traces de nos chars. Nous nous efforçons de rester immobiles ( ils sont réputés en effet pour tirer sur tout ce qui bouge) écoutant le ronronnement du moteur, celui d´un véhicule d´exploration M, se rapprocher. Notre tension monte d´un cran en le voyant s´arrêter à quelques mètres de nous puis retombe lorsqu´il redémarre après une brève inspection des lieux.
Une heure s´est écoulée, ponctuée par le vrombrissement des insectes et des avions. Mais un nouveau son, différent d´un bruit de moteur ordinaire, accompagné du grincement caractéristique des chenilles, envahit nos oreilles. Aucun doute, ce sont bien des Shermann yankees, au nombre de trois, qui traversent notre vision, cachés en partie par la végétation et traversent un petit canal, situé à environ cent mètres. Derrière viennent des fantassins.
C´est le moment. Nous ôtons la sécurité de nos Panzerfaust. Nous réglons la hausse sur 50 mètres et nous attendons. Les chars avancent toujours et s´ils nous découvrent, nous sommes morts.
J´entends une détonation partir du Pak 40 placé à ma droite. Le coup, fatal, atteint le char grâce au télémètre qui permet de un calcul précis de la distance de tir. Le projectile traverse le glacis avant et détruit l´habitacle avant de s´encastrer dans le moteur, faisant jaillir des flammes immenses.
Tous les Panzerfaust font alorsfeu. Le char en flammes continue sa course sur quelques mètres puis explose tandis que trois autres engins sont à leur tour touchés. Les soldats descendent se mettre à couvert sous les crépitements continud des MG-42 qui déchirent les tympans. Nous tirons avec toutes les armes dont nous disposons mais nous devons nous replier et aller nous abriter derrière les haies situées à une centaine de mètres en arrière. Notre canon est encore attaché au semi-chenillé dissimulé sous des branches et nous courons le rejoindre, en nous cachant derrière les arbres et les buissons, d´un vert éclatant, que nous rencontrons sur notre route.
Les Typhoon font leur apparition, dix minutes plus tard, arrosant de bombes et de roquettes notre ancienne position, comme nous nous y attendions. Les tirs très vite se font moins précis, un peu à l´aveuglette et un projectile venu d´on ne sait où atteint le semi-chenillé, le faisant exploser, ainsi que toutes ses munitions. Nous nous protégeons comme nous pouvons, en creusant la terre, sous un déluge de feu, de fumé et dans un vacarme assourdissant.
Une fois sortis de cet enfer, nous constatons que notre unité a bien souffert. Je suis blessé à la main et à la tête. On me fait un pansement de fortune et nous nous mettons en route vers le poste de secours et de ravitaillement. Nous ne sommes plus que six, mais nous continuons à marcher, commotionnés, un peu hazards sans nous rendre compte de la distance parcourue auparavant. Au détour d´un mur de pierre, nous tombons sur un blindé qui, fort heureusement s´avère être un Puma de reconnaissance. Reprenant nos esprits, nous demandons alors à l´équipage des nouvelles du restant de notre unité, ainsi que le chemin de l´infirmerie puis nous repartons, après leur avoir donné la position des Américains que nous venions d´affronter.
Heinrich Sturmgeist
2e PanzerDivision
Voilà!! Bon courage pour cette bonne lecture.
