J´ai posé la question, je n´y ai pas répondu ^^. Cette question a-t-telle seulement un sens ? Le contraire d´un philosophe ? Mais qu´est-ce que le contraire ? Entend-t-on par contraire ce qui s´oppose ? Mais que peut-on opposer a un objet sinon sa propre négation, son absence, qui de toute facon, convoque toujours indirectement sa présence. Si le contraire de la présence, c´est l´absence, on notera que parler de l´absence d´un objet, c´est rendre présent cet objet. L´absence, c´est la présence d´une absence.
En outre, il n´y a pas de contraire en soi, le contraire n´existe que dans les termes d´un rapport. Le contraire n´est pas une substance. Par exemple, le froid n´est ce qu´il est que par rapport au chaud, ils s´interdéterminent. Le faible n´est faible que par rapport au fort. Il faut donc étudier un rapport et non un objet séparé. Le vrai existe seulement parce qu´il existe le faux, et le bien seulement parce qu´il existe le mal. Ces rapports de notion sont fluctuants et peuvent différer selon les contextes, ce qui ne les rend aucunement universalisables, c´est-a-dire définitivement définissables.
Si le philosophe a un contraire, ce contraire lui est nécessairement lié, il ne peut exister sans lui. On peut cependant s´étonner : se pose-t-on la question de trouver son contraire au boulanger ? au notaire ? au politicien ? Autant on peut opposer dans le cadre d´un rapport nécessaire la plupart des notions ou des caractéres moraux (lacheté et courage, bonheur et malheur, tristesse et gaieté, folie et raison...), autant on voit mal comment on pourrait trouver un contraire objectif, nécessaire, a une fonction, un métier.
Si le philosophe a un contraire, il n´a rien d´évident. Si le sujet appelle a définir négativement ce qu´est un philosophe (négativement = par ce qu´il n´est pas), n´incite-t-il pas a contourner la définition positive du philosophe ? Ne met-il pas le statut du philosophe en danger ? Car a supposer que l´on définisse un contraire du philosophe, c´est-a-dire si l´on attribue au contraire du philosophe un certain nombre de caracteristiques certaines (exemple : ne pas reflechir, etre dogmatique ou... penser certaines idees jugees stupides ou immorales...) qui créeraient une séparation entre philosophes et non philosophes comme humains et non humains. Si un philosophe doit remplir certaines conditions, correspondre a certains criteres. et que tout le monde n´est pas d´accord sur ces criteres, ou meme que ces criteres se fondent sur des principes erronés, la frontiere entre philosophe et non-philosophe devient fluctuante comme celle entre l´homme (idee de ce que l´homme est) et l´animal (idee de ce que l´homme n´est pas ou n´est plus).
En outre, peut-on et faut-il definir le philosophe ? Se declarer philosophe ou declarer quelqu´un philosophe est-ce faire de lui un homme qui pratique la philosophie ? Celle-ci peut-elle etre clairement delimitee comme une pratique de la pensee, une activité bien spécifique ou est-elle floue, imprécise, un peu trop étendue... ?
Autant de questions problématiques qui ne sont toujours pas résolues. Et c´est essentiellement une question de langage, de pensée, et enfin de culture, donc tres particuliere. (un philosophe en Occident n´est pas un philosophe en Orien, comment trouver un point commun, une essence du philosophe ?)