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Autosatisfaction de la Bonne Action ?

News jeu

Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Carnavale
Carnavale
Niveau 10
15 septembre 2006 à 14:12:49

Hier soir, je revenais d´une soirée entre amis quand, au milieu d´une rue, m´interpelle un couple d´immigrés marocains, chargés comme des boeufs, avec un bébé dans les bras et une poussette remplie d´affaires.

Fatigués, les yeux éclatés par des vermicelles écarlates, auréoles sous les bras. L´homme est en bras de chemises, sac à dos dégoulinant. La femme tient le bébé, une petite fille, et tente de calmer ses pleurs.

Donc, les voilà qu´ils m´interpellent et me demandent si par hasard je connais un hôtel dans la ville où ils pourraient dormir pour un prix raisonnable. Les voyant chargés, j´hésite, à vrai dire, je n´en sais trop rien. Et puis, soudain, ça me revient ! Un hôtel, pas loin! Ils sont chargés, c´est en pente, ils ne vont quand même pas se déranger. Alors, je cours jusqu´à l´hôtel de mes pensées et me renseigne sur le prix de la chambre. 50 euros. Bien, je retourne les voir, essoufflé.

Le chiffre les fait pâlir. Exclamation dans leur langage, découragement dans la gorge. Je les regarde, j´essaye de trouver une solution. C´est le malaise de l´impuissance qui se développe comme une infection cancéreuse au milieu de mon ventre. Je garde le sourire. Allons-y puisque leurs yeux sont presque mouillés. Est-ce de la pitié ? Je ne sais.

Mais poursuivons. Ainsi, nous continuons la montée. Je l´aide à pousser le véhicule prévu pour la petite fille dont j´apprends qu´elle vient à peine de naître. Ils sont en France depuis quatre mois et ils cherchent du travail, ils voulaient que la petite naisse ici, chez nous. Les voici dans ma cité depuis le matin. Ils n´ont que trente euros. Tous les foyers les ont refusé : "Pas assez de place, désolé". Qui les aurait dirigé ailleurs ? Ils parlent à peine français, sans papier, clandestins, ils veulent habiter ici, ils veulent fuir les injustices carrées du travail qu´on ne leur paye pas. Ils voyagent en Europe et la France, malgré tout ce qu´on en dit, est encore le territoire le plus accueillant et le moins fermenté en termes de préjugés d´ordre souvent racistes.

Le chemin se poursuit, la montée est longue, mais nous arrivons finalement chez moi, chambre d´étudiant moyenne. Je les installe sur le lit deux places, me proposant de dormir par terre, dans un duvet. Je leur mets une couette, deux oreillers. Je leur abandonne la salle de bain et deux verres de jus d´orange trois agrumes 100% Carrefour. Sacrifice charitable ? Je ne sais.

Mais poursuivons. Donc nous discutons, la femme, qui reste discrète, change sa fille, couches à changer. La petite crie. Va-t-elle réveiller du monde ? Qui n´a jamais connu de difficultés pour calmer la fatigue ou la faim d´un enfant ? Me sentant soudain inutile, j´ouvre l´ordinateur, pianote quelques phrases sur une page d´un logiciel de traitement de texte, je n´y pense même pas.

Puis je reprends la discussion, j´apprends son histoire, ses problèmes avec la mafia italienne qui voulait l´engager pour des affaires peu recommandables et surtout pas le récompenser. Je lui témoigne la chose suivante : "Non, Driss, je peux t´assurer que de vous, on ne parle jamais en ces termes aux informations. Oui, même l´info est marchande. On n´informe les gens de ce qui les concernera." Mais de qui puis-je parler avec ce démonstratif "ces gens" très méprisant et très vague au fond ? Ne fais-je donc pas partie de ces privilégiés bourgeois que l´on voudrait rendre coupables d´avoir de l´argent et de vivre dans des cocons ? Mais est-ce un tort d´être riche ? Mais est-ce une norme de sauvegarde que d´être modeste ou pauvre ? Je ne sais.

La nuit se passe. Les pleurs de la petite sont résorbés. Je regarde le plafond dans le noir. Il y a quelque chose de poétique à entendre le vent frapper la porte de verre qui scelle ma chambre. C´est le souffle sur les feuilles et les fougères, les roses et les violettes également, dont les pétales s´effilochent, annonciatrices d´un automne impersonnel. Où dormiront-ils en hiver ? Sous quel pont accouchera-t-elle ? Suis-je un sinistre misérabiliste ? Je ne sais.

Le lendemain matin, aujourd´hui donc, nous voilà repartis à l´aurore. J´évite de croiser mes logeurs, ils ne comprendraient peut-être pas. J´avance, ils me disent cent fois mercis. Paternaliste, moi ? Non, fraternel, solidaire, touché, humain. Du moins, j´aime à le penser. Quelques mètres nous séparent encore de la prochaine cabine téléphonique. Driss et sa famille, chargés comme des boeufs, en bras de chemises, les yeux déjà moins écarlates, posent leurs sacs. Un regard honnête et barbu sur le visage, un sourire reconnaissant, une poignée de main qui joint les deux poings sur la mienne. "Merci, merci, tu es un frère..." Je leur souhaite bonne chance, leur laisse mon numéro s´ils ont besoin. A présent, ils doivent appeler le 115 pour se renseigner auprès des organismes. Où dormir ce soir ? Voilà la question que ces gens-là se posent. A quoi sert le droit de vote si l´on ne sait même pas où dormir et avec quoi manger ?

Juste avant de les rencontrer, j´étais en train de me demander si j´avais plu à cette fille que j´aime tant, lors de la soirée. Comme ses cheveux me semblaient lointains face aux visages de ces deux clandestins, protégeant comme une perle rare le bébé qu´ils avaient conçu ici, en terre de France.

A vous raconter en détail dans un registre romanesque cette aventure qui peut laisser indifférent au fond, suis-je en train de rendre moins éclatante cette belle action qu´aurait sans doute chanté Georges Brassens en s´adressant à moi comme si j´étais un auvergnat ? Me voilà bien vain et bourgeois : ah j´ai fait ma B.A. . Autosatisfaction, donc. La générosité désintéressée existe-t-elle ? Le don, la gratuité sont-ils des utopies ? Car pourvu que je dise vrai, je me couvre moralement de gloire en narrant cette histoire dont je suis le héros. Y a-t-il un mal à dévoiler sa générosité ? A en faire un spectacle littéraire ? Ou la véritable bonne action, le véritable héroïsme quotidien n´existent-ils que lorsqu´on les tait et qu´on ne les raconte pas - sous peine d´être jugé vantard et vaniteux - ?

Il me semble que même si le sacrifice, la bonne action, l´acte en apparence désintéressé, passent par une satisfaction personnelle, soit un intérêt qui ne concerne que moi, eh bien peu importe. Car cela passe toujours concrètement par le bien de la personne profitant de cet acte de gentillesse et de bonté. On peut aimer de manière intéressée : pour avoir une bonne image de soi, se donner bonne conscience. Mais si cet amour qui nous satisfait indirectement satisfait l´autre et qu´il nous le rend en retour, tout en en tirant un intérêt moral personnel également, il me semble peu pertinent de vouloir dénoncer une malhonnêteté. Car c´est le fait qui compte, pas l´intention, même cachée ou indirecte.

Qu´en pensez-vous ?

Zech
Zech
Niveau 23
15 septembre 2006 à 17:12:27

J´écris le début de ce message, m´excusant d´avance, de la flemme que je pressens de développer.

Et bien moi je ne suis pas du tout d´accord avec ça et sur plusieurs points.

Je ne pense pas que tout ce que l´on fait soit obligatoirement égoïste, non j´en ai marre aujourd´hui que chacun se semble presque obligé de trouver une raison égoïste quand ils ont voulu faire une bonne action.

En voilà encore la toute dernière religion, celle du dieu égo.
Y a pas longtemps c´était le dieu inconscient, qui se cachait derrière chacun de nos actes, on le voyait nulle part, mais partout on le soupçonnait, on le devinait, ah si j´ai fais ça, qu´il doit bien y avoir une raison cachée, je ne sais où.
Avant c´était si j´existe, doit bien y avoir une raison qui me dépasse, que je ne vois pas.
Et chacun attend l´épiphanie, le lever du voile faite par la grâce, l´analyse, le perpétuel soupçon.

Et là c´est pareil, on a beau souvent être persuadé d´avoir fait quelque chose en dehors de notre intérêt, on a beau ne pas avoir penser sur le moment à l´intérêt qu´on pourrait retirer. Sur le moment on ne pense qu´à ses gens qui ont de la peine, on ne pense même pas forcément au fait que nous avons de la chance. Et pourtant après coup, après ce relâchement de foi, un sursaut de croyance en ce dieu égo, immanent.
IL est là, tout ce qu´on a fait c´est pour nous.
Bien sur, c´est pas possible autrement, on est obligé de penser à nous, on ne peut échapper à Dieu.

Comme elles sont encore présentes toutes ces idoles, comme tant de personnes se masturbent, et se sentent même quelques seconde gêné, que dieu ou une de leur connaissance morte, puisse les regarder d´en haut.
Ne peut on penser sans peur de l´inconnu, de ce qui pourrait être.

Ce pessimisme actuel me dégoûte, au moins avant l´une des preuves de l´existence de dieu, celle appelée physico-théologique, était bien que la même enfin de compte, optimiste.
Tout est tellement beau harmonieux, le cycle de vie est si bien respecté, notre oreille est si complexe, si bien formée, que dieu ne peut qu´être derrière tout ça.

Maintenant, c´est l´homme est tellement laid, tellement méchant, le monde est tellement affreux, que le dieu ego ne peut qu´être à l´oeuvre.

Et bien moi je propose de prendre nos torches, et à la manière des cathos, des juifs etc..., refusant les idoles, je vous propose de nous servir de leurs armes, et de brûler toutes ces idoles.

Je peux vous trouver derrière chacun de vos actes, une possible action de l´inconscient, je peux vous trouver aussi, un intérêt égoïste, ou même la main de dieu qui vous guide, je peux même y voir l´effet de la matrice.
On peut tout voir après coup, tout imaginé, des trucs même tout à fait logique, mais et alors, ce n´est plus que la raison qui est à l´oeuvre.
Et moi je vous dis qu´on a un coeur, capable d´aimer, et sinon autant laisser tout pouvoirs aux ordinateurs.

Maintenant un autre point important, arrêtons cette perpétuelle affliction judéo-chrétienne, ça peut faire plaisir d´aider les autres, il n´y a pas forcément, de l´égoïsme derrière cela.
Qu´il est bond e voir une jeune femme qui sourit, des personnes avec un visage un peu plus rayonnant, de voir des gens qui s´avancent avec une perspective d´avenir.
Oui cela peut procurer à beaucoup de gens du plaisir que de faire ou de voir de bonnes actions.
Mais ça ne change pas le fait que l´on ait pas obligatoirement agit, dans le but anticipé de se plaisir.
Nous ne sommes pas si machiavéliques de là à nous tromper nous même à chaque instant.
Je suis déjà toujours fatigué, si en plus je devais me tromper moi même, je ne sortirais plus de mon lit.

Et je vais aussi être en complet désaccord avec la fin de ce poste, non, pour moi l´acte n´est pas plus important que l´intention.
Mais sinon mes amis réjouissez vous de toutes ces associations caritatives faites pour une bonne image de marque, pourquoi en définitive servir un monde de publicité, de plus en plus hypocrite ou les gens ne jugent les autres que par les actes.
Arrêtons, arrêtons, je vous en supplie de dire que l´important, sont les actes, c´est voir l´autre comme une machine, seul le résultat compte.

Non nous sommes des hommes, avec des blessures, des fêlures, un passé, des aspirations, un ressenti, une compassion, la possibilité d´aimer.
Arrêtons donc cet égocentrisme, voyons l´autre comme il est, non comme quelqu’un qui fait un pas en avant un pas en arrière, mais comme quelqu’un qui doute, qui hésite, qui est torturé de l´intérieur, qui souvent veut faire le bien mais ne sait pas comment le faire, quelqu’un qui a peur de la réaction de l´autre.

Moi, je le proclame haut et fort, si l´enfer est pavé de bonnes intentions, alors je réserve directement mon ticket.
Car moi je préfère cet enfer là, à un paradis, ou les gens ne pensent plus qu´à eux même, ne cherchent pas à ressentir ce que l´autre ressent, s´arrêtent à ce qu´il voit sans réfléchir au pourquoi un tel agit ainsi.
Moi je veux un monde où l´on se demande, si cet homme a vraiment voulu faire ça.

Oui je veux un monde, où pour libérer la place à une vielle dame nous faisons un pas en arrière, en marchant sur le pied de son voisin, et en se tournant vers lui pour s´excuser d´un air gêné.
Je vous le laisse ce monde ou chacun ne gêne personne, ou nous aidons les autres sans fioriture, ou chacun pose ses pieds là où ils doivent être.

Voici ce que j´en pense. :-)))

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
15 septembre 2006 à 17:41:19

Je pense qu´il y a nécessairement une part d´égoïsme dans tout ce que l´on fait (car on ne peut pas penser en dehors de soi : notre pensée ne peut sortir du "je"). Il n´y a donc pas à avoir peur de cet égoïsme, ni à le rejeter, car il nous est inhérent.

Pour déterminer si une action a été bonne ou mauvaise, il faut avant tout examiner l´acte.
L´intention n´est que seconde (mais elle doit être prise en compte).

Par exemple, il ne suffit pas d´avoir envie de tuer pour devenir un criminel : il faut passer à l´acte.
La mort, qu´elle soit donnée intentionnellement ou pas, ne varie pas en terme de résultat. Le caractère intentionnel ou non viendra dans un second temps réduire ou aggraver la "faute".

Inversement, pour les actes ou pensées positives : avoir les meilleures pensées du monde sans jamais agir ne relève pas de la "bonne action" (ex : "je voulais le sauver, mais je n´ai rien fait").
La bonne action se déduit du fait, l´intention pouvant la renforcer ou la diminuer selon son caractère déterminant ou pas (ex : on fait une "bonne action" dans l´unique but de nuire au final à la personne ou d´en retirer une contrepartie : ce n´est pas une bonne action).

Il s´agit d´une balance à effectuer (d´où l´image de la Justice soupesant le poids respectif de chaque chose)...

Dans le cas présent, il ne me semble pas que l´orgueil (bien compréhensible) vienne réduire à néant le caractère positif de l´action (qui n´allait pas de soi) : les deux ne sont pas de même valeur.

Chaos_Clad
Chaos_Clad
Niveau 10
16 septembre 2006 à 11:39:42

Que tu sois fier de toi, c´est tout à fait normal, ç´aurait été pareil pour tout le monde. Mais à y réfléchir je trouve ça dommage que l´on trouve glorieux de faire preuve d´humanité. Parce qu´au fond, n´est couvert de gloire que celui qui fait quelque chose d´exceptionnel...
Et moi je te dis merci pour ce que tu as fait :)

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
16 septembre 2006 à 12:19:14

Perso j´y vois vraiment une question d´honnêteté, demande toi simplement pourquoi tu l´as fait.
Par devoir moral? par empathie? par lubie ou fantaisie? pitié? parce que tu savais que tu ne te laissais pas le choix? par soif d´aventure ou curiosité?
Pour qui, pour quoi? eux? la gloire? rien? la beauté du geste? Dieu? un idéal? toi-même? l´exemple?
Comment? avec enthousiasme? humilité? indifférence? intérêt? conviction? malaise?

je te laisse cocher :p)

très joli post de Zech

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
16 septembre 2006 à 13:37:40

Chaos : Arrête tes merci hypocrites (cf. référence à l´autre topic : tu le remercies personnellement, alors que tu ne le connais ni lui, ni ceux qu´il a accueillis).^^

Plus sérieusement, ce qu´il a fait est bien exceptionnel (dans le sens que ce n´est pas la norme).
Peut-être que sa situation d´étudiant a facilité les choses (quand on n´a rien à voler, personne à protéger chez soi, il est toujours plus facile d´inviter des inconnus), mais cela n´empêche... Il a accepté de prendre sur lui et de gérer une part de problèmes (les problèmes du couple, pour se loger) et de risques (vis-à-vis de l´extérieur (ex : les propriétaires)) qu´il n´était pas obligé d´accepter, tout cela à titre gratuit.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 septembre 2006 à 14:06:22

Juste une question, désolé d´interrompre une discussion de si grands philosophes. :ange:

Peut-on considerez que tout acte est égoîste, je veux dire par là que même le fait d´aider une personne en ne voulant que son bien n´est-il pas égoîste ?

Si nous effectuons ce geste, c´est tout simplement car nous nous sentons heureux à l´idée de voir la personne concerné par notre acte "généreux" se sentir à son tour bien, et même si celà passe souvent par la volonté de voir une autre personne dont on est attaché se sentir bien, l´acte n´est-il pas finalement égoîste ?

Chaos_Clad
Chaos_Clad
Niveau 10
16 septembre 2006 à 14:31:03

Chaos : Arrête tes merci hypocrites (cf. référence à l´autre topic : tu le remercies personnellement, alors que tu ne le connais ni lui, ni ceux qu´il a accueillis).^^

:d) Nia nia nia, je le remercie d´avoir fait preuve de bonté et d´humanité envers des gens qui ne le connaissaient pas et qu´il ne connaissait pas ^^

Je le sais que ce qu´il a fait est exceptionnel. Mais c´est bien cela que je regrette justement. Et il en retire de la gloire PARCE QUE c´est exceptionnel. On ne retirera pas de gloire de ce genre de gestes le jour où il sera devenu naturel pour chacun d´aider son prochain, quitte à se sacrifier. Je ne suis pas sur que beaucoup auraient pris le risque d´inviter chez eux des gens qui traînaient dehors, et des clandestins de surcroît. Donc il a tout à fait raison d´être fier de lui, et je l´y encourage car la fierté amène à recommencer, ceci dit je trouve dommage, justement, qu´il en trouve une fierté, c´est un peu paradoxal, je l´avoue ^^

caca_supersonik
caca_supersonik
Niveau 8
16 septembre 2006 à 15:06:42

Bien ecrit et pensé carnavale et zech :bravo: :bravo:

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
16 septembre 2006 à 15:22:27

Je ne sais pas... Je ne pense pas que cela soit dommage. C´est une décision qui relève de chacun, en fonction de qu´il estime le mieux.
Ne serait-ce que parce qu´il pourrait y en avoir qui pensent qu´accueillir des clandestins, même si ça apparait généreux à première vue, n´est pas souhaitable (cela contribuerait en entretenir un système plus ou moins mafieux et que "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", comme disait Rocard). Ils pourraient trouver d´autres formes de générosité meilleures, comme le don à des ONG, par exemple...
Je parle dans l´hypothétique et mes exemples ne sont peut-être pas pertinents, mais ce sont vraiment des décisions personnelles, souvent dépendant de circonstances précises : s´il faut louer les bonnes actions, un acte ne doit pas non plus aboutir à faire culpabiliser ceux qui n´auront pas fait pareil, car chaque situation est unique.
Bref, je m´abstiendrais de tout jugement consistant à dire "dommage que ça ne soit pas plus fréquent".

Chaos_Clad
Chaos_Clad
Niveau 10
16 septembre 2006 à 18:18:00

En fait, ce que je voulais dire plus précisément, c´était simplement dommage qu´on n´assiste pas plus souvent à des actes d´humanité "au quotidien". Et c´est déplorable de voir tout le mérite et l´admiration que retire quelqu´un qui a osé être humain et sortir de sa petite bulle pour aller aider son voisin qui était tombé.
Le don à des ONG, ça peut être bien. Seulement j´ai l´impression que c´est plutôt pour se donner bonne conscience, on ne fait rien mais on se donne l´impression d´avoir fait quelque chose de bien, on assimile la bonne action humaine à un don d´argent, là tout dépend du point de vue qu´on a vis-à-vis de ça, mais personnellement je trouve ça dégueulasse, même si je suis bien conscient qu´on n´a pas tous la possibilité de partir trois mois en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie ou même au nord de son propre pays.
Et le fait que ceux qui n´ont pas fait pareil culpabilisent, c´est aussi un progrès dans le sens où quelqu´un qui se dira dans une situation analogue : "Pourquoi ne les ai-je pas accueilli et pourquoi les ai-je laissé dans le froid, seuls et fatigués, alors que l´espace dans lequel je me trouve est trop grand ?" , réparera l´erreur commise par mépris ou peur ou qui sait quoi en faisant don de soi et de ce qu´il possède la prochaine fois qu´il rencontrera quelqu´un dans le besoin à qui il aura la possibilité de lui montrer ne serait-ce qu´un soir, une nuit, à quoi ressemblent le bonheur, l´aide et l´amitié.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
16 septembre 2006 à 18:39:07

L´argent que tu donnes aux ONG, il ne vient pas de nulle part : c´est le fruit d´un travail que tu as effectué. Cet argent correspond donc indirectement au don de quelques heures de ton temps (le travail pour gagner cet argent).

Même si ça ne correspond pas à trois mois de salaire, c´est quand même loin d´être anodin (surtout que les gens contribuent déjà à la solidarité par les impôts, qui représentent une bonne partie du salaire).^^

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
16 septembre 2006 à 18:40:46

En tout cas, je ne suis pas d´accord quand tu dis que quand on donne de l´argent, "on ne fait rien" : peut-être pas directement, mais cet argent, comme je l´ai dit, n´a pas été acquis sans effort.

sangotenssj1
sangotenssj1
Niveau 10
16 septembre 2006 à 20:14:22

Haha...L´homme agit-il seulement pour lui-même ? A voir...

Quand on fait un cadeau à quelqu´un, on dit que c´est pour faire plaisir au receveur...Mais on le fait parce que ça nous fait plaisir de lui faire plaisir...

L´autosatisfaction, je crois bien que c´est dans la nature de l´homme, mais comme on nous bourre le crâne toute notre enfance avec l´amour des autres etc...il est très difficile d´admettre cette nature pour nous...C´est vrai que c´est plus simple d´occulter la chose haha

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 12:07:33

Ma question n´était pas tant de savoir si oui ou non on n´agissait jamais que pour soi-même (directement ou indirectement) mais plutôt si, dans le cas où effectivement la gratuité de tout geste positif constituerait une impossibilité, il fallait dénoncer une forme de malhonnêteté ? Car après tout, la personne qui bénéficie du geste positif en tire l´avantage dont elle avait besoin. L´éclat que l´on retire pour soi est une forme de dommage collatéral bénéfique et qui ne concerne que moi.

Runi
Runi
Niveau 10
17 septembre 2006 à 12:41:50

Tu as fais ton devoir d´humain c´est tout, tu as aidé ton prochain et tu savais très bien qu´il n´avaient pas un sou. Tu as eu le plaisir de faire plaisir, un moment donné tu parles d´une sortes de honte, c´est vrai ca me l´a fait aussi, voir des personnes dans la merde qui réfléchissent comment se nourrir et se loger et d´autres qui sont enervés car internet fonctionne plus, ya des jours où on se sent con ^^

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
17 septembre 2006 à 12:44:26

Carnavale je suis pas sûre que le terme de gratuité soit le bon, en plus qu´il porte à confusion.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 12:47:49

Tu as raison, je devrais parler de désintéressement, ce serait plus propre.

Runi> Là n´est pas la question ^^. Si toi tu fais une bonne action, penses-tu que si elle est intéressée, elle est ternie ?

Runi
Runi
Niveau 10
17 septembre 2006 à 12:59:14

Je pense que oui, enfin plus un geste est dans le but d´aboutir a recevoir une chose bénéfique (qu´elle soit matérielle ou psychologique) par l´avenir, plus elle "salira" l´action

Je vois les choses comme ca, plus un geste est speculé, plus la B.A sera ternie..

Une action speculée ne peut pas être plus beau qu´un sentiment pur qu´est une bonne action désinteressée.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 14:50:04

"Ma question n´était pas tant de savoir si oui ou non on n´agissait jamais que pour soi-même (directement ou indirectement) mais plutôt si, dans le cas où effectivement la gratuité de tout geste positif constituerait une impossibilité, il fallait dénoncer une forme de malhonnêteté ?"

:d) Si tu en as conscience, il n´y a pas mensonge, donc pas malhonnêteté.

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