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Voilà quelques semaines, est sorti un magazine atypique: le n°1 de "Philosophie", mais vous étiez certainement déjà au courant...
D´où une ptite question^^: pensez-vous que nous pouvons présenter la philosophie sous forme d´un magazine?
Est-ce enfin une occasion de faire connaître la philosophie au plus grand nombre?
Vulgariser la matière de la sorte n´entraîne-t-il pas des effets non désirables?
Enfin j´aimerais partager l´avis de ceux qui ont eu la possibilité de le lire, que ce soit sur les sujets donnés ou sur la présentation.
je trouve la couverture grotesque
Un magasine de philosophie ? ![]()
...Quelque chose me pousse a croire que c´est une mauvaise idée en effet ![]()
C´est une excellente idée. Je l´ai lu en entier et sans être vulgarisateur, ce journal permet d´aborder et de faire comprendre de façon à la fois claire et riche de nombreuses idées philosophiques. Le dossier sur Spinoza est remarquable et la réflexion sur la possibilité d´un autre monde davantage encore.
La philosophie est sans conteste ce dont toute société a le plus besoin. La réserver à une élite et l´interdire par la complexité et les références allusives peu connues au plus grand nombre, c´est scier la branche surlaquelle elle est assise. La philosophie DOIT être accessible à tous mais tous ne sont pas tenus d´êtres philosophes pour philosopher. A l´échelle de l´humanité, la philosophie, comme remède contre la pulsion, la passion, et la violence, l´absence de dialogue, est un devoir. Une obligation, pas une contrainte.
Carnavale, tu m´as donné envie d´en savoir plus mais je me demande s´il est disponible en belgique, contrée abandonnée de tous.
Et je suis d´accord avec toi, ce n´est pas de TF1, d´endémol, du top50 ou du rap "hardcore" dont les gens ont besoin mais de la philosophie (et moi le premier car j´en sais bien peu).
Auror j’aurais bien aimé que tu précises ta pensée ^^
Nano_tic J’espère que tu ne t’es pas arrêté à la couverture
En effet l’idée est louable : enfin un magazine de philosophie ! Il est vrai que le dossier sur Spinoza est fort bien construit et le petit cahier qui vient s’y ajouter très intéressant. Quelques pages présentent succinctement des philosophes mais le dossier principal porte sur l’Utopie et l’idée d’une pensée alter. Ce dossier se veut très complet et aborde de nombreux aspects sur la question de la possibilité d’un autre monde.
Cependant quelques regrets dans ce « journal » philosophique : tout d’abord les débats sont, comment dire, assez légers (on est plus dans le sociologique il me semble).
L’idée de traiter de l’actualité se veut aussi intéressante mais le lien avec la philosophie n’est peut-être pas assez marqué.
Enfin ne pensez-vous pas que ce magazine pourrait conduire certains à ne plus faire l´effort de lire les oeuvres majeures en la matière?
S´ils n´en ont pas le temps, pourquoi se priveraient-ils d´une synthèse qui les informe autant ? Lire les ouvrages en entier, c´est déjà faire la démarche d´une spécialisation qui n´est pas forcément nécessaire pour le simple éveil général de l´esprit philosophique.
Quant à l´aspect sociologique des débats, certes il est présent mais minoritaire. En outre, la philosophie appliquée à l´actualité, c´est davantage une méthode de réflexion propre au raisonnement philosophique (distanciation par rapport à la doxa, analyse rationnelle, etc...) qu´une dissertation touchant l´universel. Le débat sur le féminisme par exemple, ou le dialogue entre Michel Onfray et Nicole Garcia présente de façon assez claire, certes schématique - mais on ne peut pas faire une thèse par article - les enjeux des débats philosophiques actuels.
Et si au contraire la synthèse et la schématisation excite la curiosité de certains à approfondir ces idées, ils se tourneront vers la lecture des oeuvres majeures, mais pour le commun des lecteurs, ce n´est pas une nécessité.
Je n´étais pas au courant, mais je vais vite me le procurer ![]()
Une intérrogation sur l´existence d´un autre monde ? passionnant ca !
Bonjour, il va sortir chaque mois ce magazine ??
A Carnavale je voudrais demander ceci:
Tu dis "A l´échelle de l´humanité, la philosophie, comme remède contre la pulsion, la passion, et la violence, l´absence de dialogue, est un devoir"
Tu portes un jugement qui t´es personnel sur la philospohie. Est ce que tu t´en rends compte? Ce n´est que ton avis. Parce que pour moi, ce n´est pas du tout à ça que m´amène (modestement) mes quelques intérêts philosophiques ... et surtout mes réflexions et expériences de tous les jours.
Je me reconnais beaucoup plus dans un Cioran si crépusculaire, nihiliste que dans les approches classiques ( si on peut dire comme ca) de la philosophie.
Croire que la philosopie est un "remède" à "la pulsion, la passion, et la violence" me semble tellement convenu... La démarche philosophique qui prétend donner une recette pour la paix sur terre franchement ca me donne envie de me marrer plus qu´autre chose.
La philosophie m´intéresse et d´ailleurs, n´ayant aucne idée par rapport à ce que je veux faire de ma vie, j´ai pensé m´inscrire à l´uni en philo (pas exclusivement toutefois) car ca sera toujours intéressant...
Mais c´est précisément ce genre de pratique de la philosphie que je qualifierais pour ma part de très académique (mais ce n´est que moi qui lui donne cet attribut d´académique cela dit) qui me fait avoir des gros doutes sur le fait que j´en vienne à apprécier réellement mes éventuelles études... et je rapprocherais cet aspect qui ne me plait pas du genre de réfléxion comme celle que tu as écrites plus haut Carnavale..
Cette vision me semble trop sclérosée et j´oserais dire dépassée ... mais qui suis je pour dire ça d´une discipline qui par définition se veut si vaste et, de fait, dificile à cerner.
Maintenant Carnavale ce point de vue que tu as exprimé plus haut pourrait s´en doute s´expliquer un peu par le fait que tu ne dois pas te sentir de grandes affinités avec un courant de pensée comme l´existentialisme par exemple, courant qui moi m´intéresse de manière particulière...
bon sang mon post est si gros je m´en rendais pas du tout compe et en plus j´ai l´impression de pas avoir très bien réussi à exprimer ce que je voulais dire
J´ai moi aussi acheté ce magazine, euh, je l´ai pas trouvé si interessant qeu ca, même si quelques articles étaient vraiment très bien.
Pour info, c´est un tirage à chaque trimestre.. ( je crois ).
Je vais quand même acheter le n°2 pour me faire une idée ![]()
Comme je l´ai déjà dit, la philosophie permet une introspection, une vision objective de soi, et des autres, et de ce qui nous lie. La philosophie permet de concilier tous les points a priori divergent en un seul idéal. Je suis donc d´accord avec Carnavale, la philosophie serait le remède idéal aux pulsions, aux passions envahissantes (rappelons Socrate qui, sous l´examen d´un... phénoménologue ? (un mec qui dit que t´es comme ci ou comme ça en fonction de ton visage), a affirmé avoir combattu une colère et une agressivité naturelle grâce à la philosophie).
Les médicaments sont quand même plus efficaces que la philosophie face aux pulsions...
Une petite pilule, et c´est l´agressivité qui s´envole.
Et c´est ainsi que l´industrie pharmaceutique vaincra la psychanalyse et la philosophie, montrant par là la suprématie de la science et de notre monde de la technique sur les idées et le monde de l´idéal !
[J´avoue, ce n´est pas de moi : juste les souvenirs d´une émission sur Freud, où l´avenir de la psychanalyse avait été bien remis en question aux USA (on n´en voyait plus l´utilité)...^^]
Oui mais les médicaments ne sont qu´un moyen de faire faire le travail par un autre. La philosophie, elle, nécessite le contrôle de soi par et pour et soi-même, et non pas avec quelques artifices médicaux ^^
"phénoménologue ? (un mec qui dit que t´es comme ci ou comme ça en fonction de ton visage)"
Je savais pas que Husserl s´amusait à lire dans le visage des gens ! Je pense que tu veux parler d´un phrénologue ^^
Erf oui peut-être je me mélange avec tous ces mots qui se ressemblent :/
Bonjour, il va sortir chaque mois ce magazine
==> Il est bimensuel.
A Carnavale je voudrais demander ceci:
Tu dis "A l´échelle de l´humanité, la philosophie, comme remède contre la pulsion, la passion, et la violence, l´absence de dialogue, est un devoir"
Tu portes un jugement qui t´es personnel sur la philospohie. Est ce que tu t´en rends compte? Ce n´est que ton avis. Parce que pour moi, ce n´est pas du tout à ça que m´amène (modestement) mes quelques intérêts philosophiques ... et surtout mes réflexions et expériences de tous les jours.
==> Il est très évident que c´est un jugement de valeur sur la philosophie, et s´il est personnel, il n´en demeure pas moins argumenté et cohérent. Si tu estimes que tes intérêts pour la philosophie ne sont pas les mêmes que les miens, il n´en demeure pas moins que la philosophie a pour toi un intérêt. La question est donc de trouver ce qui est commun à tous les intérêts, divergents ou non, qu´expriment ceux qui ambitionnent de philosopher.
"Je me reconnais beaucoup plus dans un Cioran si crépusculaire, nihiliste que dans les approches classiques ( si on peut dire comme ca) de la philosophie."
==> Il n´y a pas d´approche classique de la philosophie, les approches sont multiples et la possibilité de leur nombre est libre et infini, pourvu que l´approche soit rationnelle, cohérente, justifiée. Les postulats de base doivent être donnés pour qu´il n´y ait pas de malentendu dans la question.
"Croire que la philosopie est un "remède" à "la pulsion, la passion, et la violence" me semble tellement convenu... La démarche philosophique qui prétend donner une recette pour la paix sur terre franchement ca me donne envie de me marrer plus qu´autre chose."
==> Tu te méprends sur mon intervention. Il faut la resituer dans son contexte. A cette question : "faut-il démocratiser la philosophie ?" je réponds oui. Parce que la philosophie est d´abord, qu´on le veuille ou non, dialogue, dialogue avec soi au moins. Quand je la définis schématiquement comme un "remède", je ne la définis pas comme un remède absolu mais comme un remède en puissance qui au moins participe d´un processus de progrès de la personnalité humaine : être philosophe, c´est se détacher d´une approche trop immédiate du monde qui peut induire trop facilement en erreur, qui peut amener à céder à des préjugés jamais justifiés et pris pour vérités absolues. Que les conceptions de la philosophie diffèrent ou non, cette lutte des préjugés - qui repose certes sur le préjugé philosophique qu´il faut détruire tous les préjugés - est caractéristique de la pratique philosophique. Lutter contre les préjugés tous ensemble peut, en puissance, mener, ou contribuer, à améliorer les rapports que l´individu - et plus globalement la société - entretient avec la totalité qui l´entoure et qui demeure pour lui objet de réflexion et de méditation.
"La philosophie m´intéresse et d´ailleurs, n´ayant aucne idée par rapport à ce que je veux faire de ma vie, j´ai pensé m´inscrire à l´uni en philo (pas exclusivement toutefois) car ca sera toujours intéressant..."
==> "Toujours intéressant", on pourrait dire la même chose de la cuisine, du football, de l´art... Si ta conception diffère, la vigueur de tes motivations, si elles sont ce que tu écris, me laisse perplexe...
"Mais c´est précisément ce genre de pratique de la philosphie que je qualifierais pour ma part de très académique (mais ce n´est que moi qui lui donne cet attribut d´académique cela dit) qui me fait avoir des gros doutes sur le fait que j´en vienne à apprécier réellement mes éventuelles études... et je rapprocherais cet aspect qui ne me plait pas du genre de réfléxion comme celle que tu as écrites plus haut Carnavale..."
==> Tu juges une conception différente de la tienne sans véritablement expliciter celle que tu proposes, à la place (si tant est que tu en proposes une). Car à t´entendre, si la conception d´un autre (c´est-à-dire ici, moi-même) ne "te plaît pas", cela semble sous-entendre que la tienne est plus vraie, plus juste, plus universelle. Pour ma part, je n´attribuais pas à ma conception de tels attributs.
"Cette vision me semble trop sclérosée et j´oserais dire dépassée ... mais qui suis je pour dire ça d´une discipline qui par définition se veut si vaste et, de fait, dificile à cerner."
==> Préjugé classique que tu énonces là : tout domaine, toute discipline peut être considéré comme vaste et difficile à cerner. Disposer et acquérir un savoir exhaustif et absolu est par définition impossible. "Cerner", ce n´est pas délimiter dans l´absolu, c´est se fixer une idée claire et spécifique d´un domaine tout en admettant que cette conception peut être temporaire, ne sera jamais complètement satisfaisante mais qu´elle peut évoluer, soit par la négation soit par l´ajout, au cours du temps. Car la réflexion n´est pas une, elle est mouvement. En ce sens, on ne peut parler de sclérose de la pensée que lorsque celle-ci ne revendique qu´un dogmatisme affirmé, qui juge inutile toute argumentation.
"Maintenant Carnavale ce point de vue que tu as exprimé plus haut pourrait s´en doute s´expliquer un peu par le fait que tu ne dois pas te sentir de grandes affinités avec un courant de pensée comme l´existentialisme par exemple, courant qui moi m´intéresse de manière particulière..."
==> L´existentialisme est certainement la dernière des philosophies à être contre l´idée d´une démocratisation de la philosophie. Au contraire, Sartre, qui est l´une des figures les plus éminentes du courant, que j´apprécie beaucoup au passage, a toujours essayé à travers ses essais, ses romans, ses pièces de théâtre d´illustrer ses idées de manière concrète. N´est-ce pas un exemple caractéristique d´un sentiment de responsabilité chez Sartre, estimant nécessaire la "philosophication" - si je puis me permettre ce néologisme - des mentalités ? La prise de conscience des individus ?
A t´écouter, la philosophie pourrait bien demeurer élitiste, réservéer à un nombre restreint de privilégiés et finalement, mourir avec eux. Mais après, encore une fois, comme tu l´as si bien dit, nous sommes dans une débat de valeur, pas une véritable discussion philosophique.
La dernière fois que j´ai dit qu´il fallait démocratiser la philo, on m´a rit au nez.