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Le cinéma, un passe temps d illetrés?

Chaos_Clad
Chaos_Clad
Niveau 10
02 octobre 2005 à 22:09:03

Carnavale, avant de te pondre une réponse, j´aimerai que tu m´expliques ce qu´est une doxa élitiste, :rouge:

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
02 octobre 2005 à 22:12:36

Doxa = opinion courrament répandue
Doxa élitiste = opinion courante et étiquetée issue d´un certain haut degré conventionnel et arbitraire d´intellectualité. (définition personnelle mais qui vaut ce qu´elle vaut et qui a vocation à être, à mon sens, assez claire pour être comprise. Dans le cas contraire, le faire remarquer.)

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
03 octobre 2005 à 19:04:48

Carnavale >>> Déjà, il est tout aussi absurde de rejeter les créations dites populaires sous pretexte d´un caractère non-artistique, que de refuser toute opinion émises par ce que tu appeles la doxa élitiste. De fait, si l´on instaure le caractère universel de l´art, on ne peut pas légitimement rejeter les courants qu´on dits élitistes, par exemple un certain goût pour la tragédie classique. Critiquer les vers tristes est malvenu : Il ne faut pas voir les choses de façon manichéenne, en choisissant de classer et de catégoriser les sentiments entre tristesse ou joie. Le type de vers dont tu parles, ce peut être de l´amertume, de la mélancolie, de la nostalgie et ce n´est absolument pas du conformisme de la pensée que de dire qu´ils touchent profondément les lecteurs, en tout cas certains lecteurs. Alors, je précise, car on se méprendrait sur men intentions, que je considère le cinéma comme un art à part entière.
Ce qu´il faut comprendre, c´est qu´au vu de la production cinématographique, on est en droit de se demander si ce n´est pas un art mineur ( encore une fois, ce n´est pas forcément ce que je pense, c´est une simple invitation à l´interrogation ), en ce qu´on y voit bien plus de mauvaises créations que dans les autres arts. Un explication à cela : ce serait tout simplement du fait de la logique capitaliste du profit quis e fait au détriment de l´art, et c´est là qu´intervient justement la question des superproductions.
Pour en revenir à ce avec quoi je ne suis pas d´accord dans ton propos, à savoir le rejet de l´art dit classique, qui passe par les fameux vers dits tristes, je considère que la comédie n´a pas en elle toutes les valeurs et toute la profondeur de ce que tu caractériste par tristesse. Car c´est là tout le problème : la profondeur. L´humour, dans son essence seule, car on peut aisément rire superficiellement, les traits d´esprit ne sont pas forcément humoristique et surtout l´humour ne contient pas obligatoirement de traits d´esproit. L´ambivalence que tu sembles leur accorder n´est alors qu´un leurre ( je précise que l´ambivalence est selon une valeur première et peut être la seule, de la beauté ou de la profondeur d´un sentiment ). je m´expliques, face à une comédie, qui n´est selon moi qu´un divertissement, on rit sans avoir besoin de s´interroger, sans avoir besoin de prendre de la distance avec le support supposé artistique. C´est la toute la superficialité de ( l´écrasante majorité ) des comédies. S´il arrive qu´on sente dans une comédie la profondeur, c´est que le trait d´esprit y est attaché. Or, c´est alors le trait d´esprit qui joue le rôle premier, car seul, il encouragerait également à cette introspection. Tandis que parallèlement à ça, la tristesse des vers entraîne inexorablement un sentiment en soi et ainsi une recherche introspective. L´ambivalence peut être acquise dans le tragi-comique ou la comédie agrémentée de reflexions...
Au final, je m´excuse, mais il est certains sentiments qui sont plus aptes à l´art, plus artistiques en eux que d´autres. Ce sur quoi je suis parfaitement d´accord, c´est que le cinéma est un art.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
03 octobre 2005 à 20:33:54

8solid> J´aurais aimé voir une réfutation de la thèse principale que je défendais mais je n´y vois essentiellement qu´une confirmation.

Loin de moi l´idée de négliger le travail et l´effet que savent susciter les procédés du tragiques que l´on retrouve par exemple dans les vers des grandes tragédies classiques. Mon propos n´était pas là.

D´abord je ne rejette pas ce que j´appelle la doxa élitiste. Je refuse juste, comme pour toute doxa, de l´admettre comme directement établie et vraie. C´est un jugement culturel et conventionnel d´estimer que les "nobles" sentiments inspirés par toutes les oeuvres d´art dramatiques ou tragiques sont plus nobles que les autres, sont plus propices à inviter à l´instropection. C´est un jugement qui t´est propre et partagé par la majorité (influencée indirectement ou directement par cette doxa élitiste que je critique). Mais il y a injustice donc puisqu´on préfèrera un type de sentiments à un autre sous prétexte qu´ils vont chimiquement en nous provoquer des choses que l´on sentira, que l´on jugera plus "profondes". Brillante subjectivité que celle qui est ici exprimée !

Ta réponse ne tient pas compte de mes remarques sur la nécessaire difficulté du travail de l´écriture visant à faire rire. Elle dépend d´un contexte (je le redis, ce qui fait rire untel ici ne fera pas rire un autre là-bas), mais peut aussi être tout aussi universel que le drame (exemple : les films de Chaplin et les comédies de Molière qui continuent de faire rire parce que brillament écrites). Mais il faut s´être essayé à l´écriture du rire pour comprendre qu´il est TRES difficile de faire rire, et qu´il est, sans diminuer pour autant l´importance artistique du drame dans l´art, qu´il est quand même plus "facile", moins risqué, de mettre en place de tragiques situations. Exemple : Je vais raconter l´histoire d´une femme qui a tout voulu dans la vie et qui, après plusieurs espoirs brisés, veut croire en une ultime histoire, une ultime chance de réussite. Malheureusement, c´est encore la déception. Au bord du gouffre (!), elle se jette dans le vide. Tragique ? Mais improvisé à l´instant. Développé avec de beaux vers, peut-être pourrait-on en faire alors un chef d´oeuvre - mais je ne préjuge pas des qualités de cette histoire somme toute médiocre. Autre exemple : Une femme malvoyante presque aveugle travaille dans une usine et tente d´économiser assez d´argent pour payer une opération chirurgicale à son fils qui lui permettra de ne pas connaître le même handicap qu´elle. Trahie par un couple qu´elle croyait ami, elle se retrouve jugée, et doit choisir entre payer sa caution, être libérée, et ne plus avoir rien pour sauver son fils, ou sauver son fils et être pendue, elle, symbole d´innocence. (tragique ? mais profondément pathos, et c´était Dancer in the Dark). Des exemples comme celui-ci je pourrais en tirer plein d´autres. Et bien sûr que je ne remets pas en cause la puissance d´interprétation et de travail de ces oeuvres, comme je ne remets pas en cause le sentiment qu´ils peuvent inspirer en nous. Mais ce travail est tout aussi immense sur les comédies, et c´est parce qu´elles paraissent "légères" qu´elles paraissent moins travaillées, moins dignes. Mais encore une fois "dignes" ou "mauvaises oeuvres", ce sont des opinions, et le drame dans la philosophie sur l´art, c´est que les avis sur une oeuvre et donc sur l´art en général est souvent fondé sur des opinions, sur des avis cumulés à partir de diverses oeuvres vues dans différents domaines.

Tu présupposes par exemple "on constate de nombreuses oeuvres mauvaises" pour le cinéma. Mais là encore, c´est TON jugement personnel et rien, aucun argument rationnel ne permet de le réfuter ou d´empêcher de dire réciproquement : la peinture a donné lieu a beaucoup de grosses croûtes. La musique beaucoup d´insupportables soupes. Mais je ne ferais alors, moi aussi, qu´émettre un avis général sur ces domaines artistiques à partir de mon expérience forcément limitée des oeuvres. Ce n´est pas, en gros, parce que tu as vu "une écrasante majorité" de comédies qui t´ont déplu ou simplement fait rire, en croyant ne pas te faire réfléchir (et je ne place pas celles-ci, les Pédale Douce, Brice de Nice, et autres niaiseries gentilles qui se prétendent comédies, dans le genre des comédies talentueuses) que la comédie est globalement un sous-genre vis-à-vis du drame. Et si tu réaffirmes alors que "non désolé, il y a des sentiments suscités par le drame, par la tragédie, qui ME paraissent plus profonds que ceux suscités par la comédie", alors laisse-moi te guider vers des comédies qui, au moyen du rire, mènent à une réflexion réelle, pour peu qu´on fasse l´effort d´y voir plus loin que le bout de son rire : exemple : Un Jour Sans Fin de Harold Ramis, avec Bill Murray (que j´ai déjà cité), Arsenic et Vieilles Dentelles de Frank Capra, Le Placard et le Dîner de Cons, de Francis Weber... Elles sont nombreuses les comédies de talent, mais il faut avoir la curiosité d´aller y voir de plus près avant de se fixer un jugement définitif et presque dogmatique.

Enfin, pour la critique quant à la "proportion du cinéma à donner lieu à des navets", il faudrait tout de même avoir l´honnêteté de remettre les choses dans leur contexte respectif. D´abord, le peintre, le sculpteur, le chorégraphe, le metteur en scène, l´écrivain, le compositeur eux aussi ont besoin de vivre, de gagner de l´argent. S´ils sont des artistes qui ont une conception de l´art comme, premièrement, élévation du soi, alors d´abord ils font de l´art pour eux. Mais on espère aussi faire de l´art pour vivre (mal, hélas, au nom de ce présupposé culturel qui consiste à dire : l´artiste est un fainéant, qui n´est pas aussi important que le médecin - ce qui est comparer deux fonctions qui ne sont pas comparables -). Donc, à l´extrême, on pourrait dire aussi que les artistes comme Baudelaire, Racine, Mozart, Delacroix, Rodin, Shakespeare, Béjart, sont d´ignooobles capitalistes qui veulent faire du fric en accumulant les entrées de leurs expositions. Après tout, de nombreuses oeuvres artistiques, des chef d´oeuvres sont initialement des COMMANDES donc des pièces artistiques aussi vouées à séduire à rapporter. Ils ne se distinguent pas particulièrement du cinéma en cela. Le réalisateur, le scénariste, et le compositeur de musique de film, et même toute l´équipe du film veut AUSSI d´abord faire de l´art. Si c´est le contraire, si c´est l´argent le premier enjeu, se tourner alors vers le producteur!

Et combien même, un présupposé critique les superproductions, les "films à faire du fric" comme non artistiques et comme ayant seul but celui très bas du pécuniaire. Mais, premièrement, on peut relever ici le bon vieil esprit français qui consiste à dire que : "montrer qu´on a de l´argent ou qu´on veut en faire ou qu´on va en faire, c´est vulgaire et immodeste". Conception typiquement nationale, donc culturelle, qui consiste à cacher soigneusement le fait qu´on son argent sur soi et à critiquer ceux qui semblent vouloir le montrer trop. La preuve le terme "Bourgeois" est profondément péjoratif en France. On veut tout, même quand on appartient à la bonne classe moyenne, montrer qu´on n´a PAS d´argent, ou du moins, qu´on est modeste, etc... Deuxièmement, il y a aussi des artistes, pas des cinéastes, qui ont fait de l´art d´abord pour l´argent. On pensera évidemment à Andy Wharol. Et pourtant, leurs oeuvres sont considérées comme des chef d´oeuvres. Donc le cinéma n´a pas le monopole de "l´avidité pécuniaire". Enfin, last but not least, il apparaît clair, et même évident, que les conditions de diffusion du cinéma étant radicalement différentes des autres arts, que la qualité va en pâtir. Je m´explique : plus on a d´argent pour faire de l´art (c´est nécessaire, au moins pour se procurer les matières premières), plus on peut donner de voix aux candidats à faire de l´art. Ainsi, il y a plus de possibilités pour qu´il y ait de plus nombreux cinéastes que de nombreux peintres (exposés) ou écrivains (publiés). Pourquoi ? Parce que le mode industriel, inclus dans la diffusion du cinéma, le permet. Donc oui, le cinéma peut produire autant de chef d´oeuvres que de films qui peuvent paraître plus médiocres. (mais ceci, je le répète demeure encore une opinion particulière).

Mais il ne faut pas NON PLUS oublier que le cinéma est l´art auquel on a le plus facilement accès ! Donc, celui que la doxa élitiste va considérer comme le plus "populaire" donc, apparemment, pas très digne d´un intérêt réel, "mineur" (?) - ce présupposé est authentique dans les élites de la pensée! Regardez la critique de Georges Duhamel en entier, pour voir -. Comme on va plus souvent au cinéma qu´on va au musée (parce qu´il y a moins de musées que de cinémas) on va pouvoir voir plus de films, donc plus de bons, comme plus de mauvais, alors que lorsqu´on ira au musée, ou à l´opéra, ce qui sera déjà plus rare, plus intime, plus discret, globalement, on se concentrera sur ce qu´on aura retenu comme "de plus beau". Donc oui, on en tirera cet avis : les autres arts fournissent de plus belles choses en général que le cinéma.

Pour le reste, les opinions divergentes sur telle ou telle qualité artistique d´une oeuvre ne sont que très peu discutables sauf si, bien sûr, elles s´appuient sur des arguments raisonnés qui mettent en évidence les causes d´un avis sur tel ou tel aspect de l´oeuvre.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 12:43:29

Carnavale >>> Je n´ai jamais eu l´intention de réfuter ce que tu nommes ta thèse principale, juste d´apporter mon point de vue à propos de l´égalité, car cquoiqu´en en dise c´est exactement ce que tu instaures, entre les sentiments, plus particulièrement de la parité de valeur artistique entre le genre comédie et tragédie, à prendre ici au sens large et non à la restriciten formatée classique.
Tu as raison sur un point, je ne puis m´inspirer que de moi-même et la profondeur que je tend spontanément à accorder à ce que tu catégorise vulgairement, entends par là en grossissant et non un jugement de valeur, dans le "triste". Or, allons plus loin, ce que tu dis toi est également inspiré par ton expérience n´est-ce pas ? je peux alors légitimement poser en postulat que tu ne peux rien affirmer, précisément sur les caractéristiques de la comédie. Au final, on concluera à la manière de Protagoras, que l´homme est la mesure de toute chose et le fameux et tant décrié precepte " à chacun sa vérité ". On tombe alors dans une sorte de scpeticisme radical et borné, qui ne peut conduire qu´à l´aporie, au blocage philosophique et à l´inutilité de tout, notamment le la recherche d´une certaine vérité. D´accord, l´art est subjectif, d´accord il ne faut pas poser son point de vue en vision totalisatrice et universelle, mais il faut avouer qu´on fera toujours plus confiance pour ce qui est du jugement à une personne ayant vu un plethore de films, les ayant profondément étudié et faisant preuve d´une finesse d´analyse incroyable qu´au premier venu, ayant vu quelque films au cours de sa vie et n´ayant eu cure de les analyser. De ce fait, il ne faut pas se réduire à le sacro-sainte subjectivité qui fait office de fourre-tout philosophique.
Pour revenir à la valeur artistique des sentiments, je le répète, l´ambivalence est un atout majeur de ceux-ci, de telle sorte que les sentiments profonds seront valorisé en rapport aux sentiments superficiels ( ceux qui restent à la lisière de l´âme dira-t-on ).
Et je m´excuse, mais le rire, comme simple attribut, non agrémenté de traits d´esprits ( encore une fois la profondeur ne sera donnée que par le trait d´esprit, en dehors des considérations comiques de l´oeuvre ), définit exactement ce qui – et ce n´est pas forcément un défaut il ne faut pas tout voir par rapport à la valeur artistique, il est d´autres qualités, notament celles qu´on accorde aux comédies, qui n´ont rien à envier à celles de la tragédie, et c´est là qu´on peut voir toute la mérpise sur le jugement de ce que tu nommes la doxa élitiste, et qui n´est, si l´on s´en réfère à ton principe de subjectivité, qu´un jugement partagé, une opinion généralisée, comme on en trouve des dizaines et des dizaines de tout temps et en tout lieu – reste superficiel et n´entraîne pas automatiquement une réaction d´introspection profonde de soi, de spritualité réfléchie à l´opposé des sentiments procurés par le "triste". Encore une fois, pour comprendre, il faut d´abord se dire que ce n´est absolument pas un jugement de valeur, la subjectivité n´entrant en compte selon moi que pour eux, c´est un sorte de constat, peut-être erroné mais qui me parait juste ( oui "me", je ne vais pas parler pour d´autres en ce cas ^^ ), n´affirmant pas la supériorité générale de la tragédie sur la comédie. On peut parfaitement, et à juste titre, préferer et accorder plus de valeurs à la comédie, justement de par ses attributs caractérisée précédemment.
Le comédies, je te le précise, puisque tu sembles insinué que je baragouine sans avoir l´idée même de ce qu´est la comédie et que je n´en connais pas, je les apprécie, mais je les apprécie pour ce qu´elles sont et ne les prends par pour autre chose. j´en ai vu tout de même quantité, et beaucoup m´ont plu.
Pour ce qui est de la critique d´un soi-disant esprit français, je tiens à ajouter que dans le cadre de la mondialisation, les esprits nationaux disparaissent et qu´on ne peut plus affirmer légitimement " l´epsirt français est tel... ". Et il n´était surtout pas dans mon idée, c´est complètement contraire à ce que je puis penser, de diminuer l´attrait au gain et la recherche du profit, qui est de toute façon inhérent à cette activité. J´en veux pour preuve ceci : Niccolò Paganini, violoniste virtuose et compositeur classique pré-romantique présurréaliste ( ça c´est mon point de vue mais je en vois pas l´interêt de le developper ici ^^ ) a écrit ses oeuvres dans le but de vivre sa vie et sa tournée dans un but pécunier. Cela m´importe-t-il ? Non, certainement pas. C´est la chose en elle-même, au fon d´elle, et non pas son but premier et indépendant de la valeur intrinsèque qui va m´interesser. Je ne m´eterniserai pas, nous somems d´accord là-dessus, il ne servirait à rien d´extrapôler inutilement.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 16:08:27

Et je n´ai rien à rajouter à cela. Mais concernant juste ta remarque sur ton interprétation de mes considérations sur la relativité des opinions sur l´art, que tu critiques comme argument équivalent à la formule de Protagoras, je te répondrais qu´en effet, pour cette seule notion de l´art, je juge la philosophie inapte à pouvoir exactement trancher sur cette question (ce n´est de toute façon pas son but, puisqu´une discussion peut toujours être relancée). Je pense que la philosophie a du mal à établir une définition universelle de l´essence de l´art justement parce que c´est celle qui en pratique ET en théorie appelle le plus à la subjectivité et à l´expérience particulière, donc non universelle. (Ce qui fait tout l´enjeu de l´opposition art/science).

Enfin, je te rejoins totalement quant à l´avis plus respectable c´est-à-dire digne de respect de ceux qui ont vu et analysé les films. Ce que la plupart des critiques de cinéma, qui jugent un film en une ligne sans argument, n´ont pas réellement pris en compte, ce qui les rend quelque part méprisables dans leur volonté d´être donneur de leçon. En ce qui me concerne, participant d´une section spécialisée en audiovisuel, il n´est pas indifférent que j´aie pris à coeur de vouloir défendre le cinéma dans sa spécificité et comme art, à part entière, comme tu l´as déjà dit et point sur lequel nous ne cessons, bien sûr, toi et moi, d´être d´accord.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 17:59:48

Alors Kant se serait fourvoyé en écrivain la " Distinction du beau et du Sublime " ?
Tiens, puisque tu sembles t´interesser à l´art, lis un peu ce topic ( et accessoirement, donne ton avis ^^ ) https://www.jeuxvideo.com/forums/1-68-31679-1-0-1-0-0.htm

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:07:27
  • écrivant

évidemment...

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:16:33

Les distinctions de Kant sur l´art comme tout autre philosophe lui appartiennent. Nous ne sommes pas obligés, malgré tout le respect qu´on peut lui témoigner au regard de l´homme de pensée extraordinaire qu´est - je ne le connais d´ailleurs que très peu -, de suivre sa pensée.

Quand il dit que le beau demeure un jugement sur un état intérieur, je crois qu´il saisit l´essentiel de l´art comme notion imprégnée d´une subjectivité qui trouve son essence dans sa relativité propre : la relativité du jugement "beau" sur la multiplicité des états intérieurs de toutes les âmes humaines.

J´ai jeté un bref coup d´oeil au topic au question. J´ai déjà participé il y a un longtemps à un monstrueux (au sens d´énorme) débat sur la question : le jeu vidéo peut-il être considéré comme de l´art? Je fournirai le lien sur le topic même.

Mais à la lecture diagonale des réactions, je me demande si tous les participants ont une réelle culture de tous les arts pour pouvoir sérieusement faire poids dans la conversation. Par exemple, quand je vois écrire : "la photographie n´est que la reproduction instantanée du réel (et les retouches ça compte pas)", il y a de quoi avoir peur.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:17:06

l´homme de pensée extraordinaire qu´IL est*

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:22:15

Les retouches ne changent rien au principe de la photographie, au contraire, elles accentue particulièrement le fait que ce soit "une reproduction instantannée du réel".
Au fond, tu as peut-être raison, philosophie et art ne sont pas le couple parfait...

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:26:30

Ce n´est pas mon propos. Les retouches ne sont qu´un apparat artificiel, comme peut le faire le photographe, le sculpteur, tous les artistes en somme.

La photographie a ceci de plus puissant, en particulier, qu´elle est plus un regard, et parfois peut même être mise en scène, préparée, construite, tout comme une toile. La réduire à "reproduction instantanée du réel" prouve donc une profonde méconnaissance du domaine envisagé, audiovisuel plus largement (puisqu´à ce tarif là on pourrait mettre le cinéma dans le même panier). Pour parler et discuter, il faudra dire aux pseudo-connaisseurs qu´il FAUT connaître.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:27:00

Et surtout, Comprendre.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:34:07

Lol, si l´on devait comparer le travail que fait l´artiste sur un film à celui fait sur une photo... Et une photo, ce n´est pas de l´audio-visuel ^^
Le sculpteur ne fait pas de " retouches" sur une chose déjà donnée , le poète ne fait pas de "retouches" sur un texte déjà écrit, le cinéaste ne fait pas de " retouches" sur une réalisation pré-faite.
L´artiste est un créateur. Le poète use du SUPPORT ( mots, langue, règles poétiques etc. ), le sculpteur organise à l´aide de son SUPPORT, le cinéaste organise ( là c´est plus large, il y a les acteurs, les musiques etc. ). Tant de choses qu´on ne retrouve pas en photo.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:38:26

Et je trouve ça particulièrement étonnant de ta part de te référer aux cour sur l´art :ouch: ?!
Tu te contredis, puisque selon toi, il ne faut pas se laisser influencer par les dires de la doxa élitiste. Un professeur d´art, selon ton acception subjectiviste de la chose, ne devrait pas exister.
Faut quand même être cohérent :-p

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:39:01

C´est là que tu te méprends. Je n´aurais au passage pas eu l´affront de considérer la photographie comme audiovisuelle. Mais elle est y est intimement liée et j´ai bien ajouté entre parenthèses que la critique de la photographie amenait insidieusement à la critique du cinéma, donc nous restons dans l´audiovisuel.

Enfin, tu me parles encore de RETOUCHES, mais la photographie a cette richesse supplémentaire qu´elle est un double support! Lis "La Chambre Claire" de Roland Barthes, essai sur la photographie. La réflexion y est très poussée et parfaitement pertinente. Le double support, c´est d´abord le réel (mis en forme, REGARDé au sens fort du terme) et ensuite la matière (le papier photo, l´image elle-même). En ce sens, le travail de l´artiste photographe équivaut à celui du poète et du peintre, que tu as si bien évoqué.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:41:41

Désolé, là, selon ma vision de l´art, la photographie n´en est pas un – malgré le fait que des photographes fassent preuve d´une sensiblité artistique incroyable, seulement la sensibilité artistique ne suffit pas à faire de son métier un art – alors même que je considère le cinéma comme un art à part entière.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:43:25

Attention, ne te méprends pas sur la "doxa élitiste". Nous avons toujours dit que celui qui connaît un domaine artistique, qui le pratique, qui l´analyse, l´étudie, s´en nourrit quotidiennement est bien placé, mieux que les néophytes peut-être, pour apporter une critique argumentée et raisonnée d´une oeuvre qui appartient au domaine dans lequel il est spécialisé.

J´appelle doxa élitiste cette opinion courrament répandue par des INTELLECTUELS ayant VAGUEMENT touché aux différents domaines artistiques, n´ayant retenu QUE les grosses références prises pour modèles théoriques dans leurs cours et ne reprenant QUE ces modèles. Ces étiquettes ont la fâcheuse habitude d´être répandues, médiatisées, et prises par la doxa commune comme celles dont les critères de beauté, les canons en somme, sont les seuls qui vaillent le coup d´être instruments de jugement par rapport aux oeuvres actuelles.

En plus, tu déplaces deux débats, l´un qui portait du jugement de la doxa élitiste sur le cinéma et l´autre, qui est celui actuel, sur l´art de la photographie. Soyons cohérents de concert, et tout ira pour le mieux.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:46:34

Mais si tu connaissais l´enjeu technique du cinéma tu saurais que matériellement c´est le chef opérateur qui construit le film. La photo d´un film magnifique dont l´esthétique globale t´aura touchée, tu appelleras ça du non-art dans de l´art ? Ce serait incohérent.

Dans le cinéma, la photo est pensée selon les désirs d´un réalisateur. Eh bien dans la photo, nous sommes dans le même cadre. Le cinéma tire son esthétique de la photo. Et la photo, n´ayant pas de portée utilitaire, ayant vocation à susciter le beau dans l´âme de l´observateur est éminemment un art. Tout comme la poésie, la sculpture, le théâtre, la danse, la musique, le cinéma, il est une REprésentation factice d´une chose et c´est en cela qu´il est semblable aux autres.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
04 octobre 2005 à 18:47:17

( les allusions à des débats antérieurs sont supportables, c´est un procédé naturel de la conversation )

Sinon, tu dois accepter que de nos jours, ceux de la doxa élitiste n´ont pas qu´un vague connaissance des domaines artistiques et de l´art.
Or, beaucoup persiste dans l´élitisme, comme le rpouve les opinions de certains sur le cinéma...

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