Bon, le titre n´est pas bien énigmatique, on comprend de suite le thème du topic ^^.
On peut se rendre compte, en examinant les courants et les pensées philosophiques, que c´est un thème récurrent et plus encore, un des thèmes principaux de la philosophie. En effet, que ce soit explicitement, par une recherche conceptuelle traitant de la volonté humaine et de l´existence d´une volonté extérieure, ou implicitement, à travers d´autres analyses qui rejoignent ce concept, celui-ci a été vu, revu et interprété de multiples façons, lesquelles peuvent être mises en corrélation, pour finalement en tirer des conclusions (souvent) quasi-similaires.
Tout d´abord, il faut savoir que la volonté est liée à d´autres grands thèmes philosophique : la liberté, la conscience, par exemple. Mais ce n´est pas ce qui nous intéresse ici.
Une des analyses du concept de volonté est celle de Spinoza, par l´intermédiaire de ce qu´il nomme conatus. Il faut voir déjà que Spinoza lié étroitement conatus et conscience. Mais considérant que l´individu est un ( l´être ), il ne dissocie pas le conatus de la conscience de l´individu ( il faut voir, au sein de toutes les interprétations que la volonté n´est pas prise à son sens commun ; ce n´est pas l´inclination à l´action qui en est la définition, elle peut parfois être inconsciente ou non-mesurée, c´est le cas ici dans l´exemple de Spinoza ). Selon lui, le conatus est ce qui nous pousse à agir ( encore une fois, il n´est pas à différencier de l´être, son unicité étant un postulat spinozien ), à chercher à connaître notamment, et à chercher la joie. Mais c´est également ce qui nous pousse à nous réaliser ( notion qui reviendra par la suite ). Spinoza indique que la source du conatus de l´homme est divine ( la nature pour lui, panthéiste ), mais passons, ce n´est pas ce qui importe. Le conatus peut être altéré par des causes extérieures, à l´instar de la volonté au sens commun, et determine les sentiments de l´Homme ( la joie de se réaliser, la tristesse des perspectives ) et ceux-ci sont modifiés par le conatus, il suffit alors de volonté ( héhé ^^ ).
Il nous vient ensuite nombre d´autres interprétations ou analyses, notamment celle de Schopenhauer . Il faut rappeler que son livre principal s´appelle " le monde comme volonté et comme représentation ", c´est dire s´il fait de ce thème un thème central de sa philosophie. C´est pourquoi je ne pourrais résumer avec exactitude l´intégralité de sa vision du concept de volonté. Comprenons de prime abord que ce n´est encore une fois pas la volonté au sens courant que Schopenhauer analyse . La volonté n´est pas seulement l´expression du champ d´actions des vivants, c´est un concept universel qui est l´expression de chaque mouvement, chaque changement de notre monde. Selon lui, au-delà de la phénoménologie ( principe des " choses en soi " qui témoigne d´une vision kantienne ) se trouve la réalité de la confrontation de la volonté parmi ses particuliers ( individus ), ce qui explique les illusions de liberté ainsi que les différents sentiments de souffrance ou d´ennui ( sentiments directeurs selon Schopenhauer ). L´être se manifeste au travers de la volonté, la subissant ainsi en dépit de son intellect, assouvissant ou non les désirs, ce qui engendre alors ces sentiments ( souffrance de l´insatisfaction, ennui post-satisfaction ). Ainsi, l´individualité se trouve réduite au profit de l´existence d´une volonté égale pour tous. C´est là précisément l´expression du fameux pessimisme Schopenhauerien. L´analyse s´élargit chez Schopenhauer à l´art, à l´égoïsme, à la nécessité et à la morale, mais nul besoin de traiter de toutes ces composantes de sa philosophie de la Volonté, on voit suffisamment l´importance de ce thème pour ce philosophe.
Parmi les autres philosophes ayant traité le sujet en profondeur, on trouve l´illustre Emmanuel Kant. Ce qui nous vient de suite à l´esprit, c´est le principe de la volonté bonne. Kant considère qu´il n´y a de morale que cette volonté bonne ; ce n´est pas une inclination, c´est une volonté qui veut le bien indépendamment des qualités morales ou de la morale apriorique. Le vouloir doit être bon. Toute la morale kantienne découle de son analyse de la volonté, en particulier les impératifs catégoriques ( "Agis toujours de telle sorte que tu puisses aussi vouloir que la maxime de ton action devienne une loi universelle" etc... ). L´impératif est alors une contrainte à la volonté qui elle caractérise la possibilité de viser des fins.
Nietzsche, quant à lui, nomme un de ses principes fondamentaux la " Volonté de puissance ", principe qui lui-même est lié à ceux de l´Eternel retour et du Surhomme. Il est profondément inspiré par Schopenhauer, dont il gardera l´idée de la volonté qui fait vivre ( vouloir-vivre ), mais il affirmera qu´il faut assouvir ses désirs sans la nier. L´homme fort est selon Nietzsche celui dont la volonté affirme sa puissance. Nietzsche voit alors dans ce concept un moyen de s´affirmer en Surhomme, d´atteindre la vraie " moralité ".
Plus récemment, ce furent les existentialistes qui accordèrent à la volonté une majorité philosophique. L´être s´affirme par ses actes, mais il guide sa volonté, celle-ci ne lui étant pas "extérieure", comme le suggèrent d´autres interprétations. Mais l´analyse, chez Sartre par exemple, est plus implicité, le concept de volonté passant alors par celui de désir et de conscience.
Il me semble que Descartes voyait dans le concept de Volonté une révélation du divin dans l´humain, mais je ne saurais expliquer cette idée, étant peu au fait du cartésianisme.
Nous pouvons alors constater que certaines analyses et interprétations se recoupent. Spinoza lie le conatus aux sentiments humains tout comme Schopenhauer, les sentiments ainsi expliqués étant semblables. D´autre part, Nietzsche a été fortement influencé par Schopenhauer ( il a aussi affirmé en lisant Spinoza qu´il avait un prédécesseur ) dont il a gardé la base de l´analyse de la volonté. On pourrait de même lier Kant et Descartes par leur représentation du divin à tavers la volonté ( la volonté bonne en tout points sans contrainte chez Kant et la part du divin en l´Homme chez Descartes ).
Nous sommes en conséquence confrontés à un thème majeur de la philosophie, et ce de tout temps. La vision du monde passe par l´analyse de la Volonté. Quelle en est votre interprétation, votre analyse ? A quoi rattacher cette plaque tournante des concepts, qui permet d´expliquer nombre d´autres analyses ( morale, liberté, conscience, individualisme, sentiments... ) ?
( Vous m´excuserez de l´approfondissement décroissant de mes paragraphes, les premiers sur Spinoza ou Schopenhauer étant plus long que ceux qui suivent, la raison en est que la fin des vacances est un moment qui n´encourage pas l´effort ^^ )
merci solid pr ce joli topic, j´espere qu´il sera encore la qd je rentrerai de vacances.. la je peux pas rester ![]()
mais d´un coté, je suis d´accord avec nietzsche la dessus, dc mon pt de vue sera representé lol
Lol de rien ^^ au pire, tu le upperas ;) Bonne fin de vacances !
Attention juse à certaines choses
- Le triomphe de la volonté (A.Hitler)
- Le culte de la personnalité (Staline)
==> Il faut se méfier des idéologies toutes faites, il faut même, qqfois, en avoir peur comme de la peste.
Appréciant énormément la philosophie existentialiste sur laquelle je me peche en ce moment, je fus légèrement choqué par le terme simpliste qui est péjoratif par nature, la volonté sur laquelle se base toute la philosophie existentialiste est une concept plus simple certe, mais simpliste je ne crois pas.
Bon il me faudra un peu de recul pour pouvoir répondre différrement àc ette question avec autre chose que le point de vue, existentialiste que tu as évoqué et légèrement décrit.
J´aimerais quand même juste dire que la volonté est beaucoups moins restreinte chez les existentialistes, qui ne limite pas les désirs à quelques besoin primaires, ou quelques besoin supérieur comme la volonté de puissance.
Non les désirs chez eux sont infinis, personne ne désirant exactement la même chose, du fait de sa vie personnelle, sa culture, etc...
Les désirs sont des choix, là encore expression d´une volonté, qui ne sont pas déterminés par autre chose.
Et là où tu dis que la majorité philosophique des existentialistes est donnée à la volonté, je dirais plus à la liberté.
Car justement la volonté comme je viens de le dire, est encore une fois basé sur la liberté indéfectible de chacun.
Personnellement je vois la volonté comme le moteur de l´action.
(Etre) --> Volonté --> choix --> réflexion --> action
Sa noblesse provient du fait qu´elle ait la primauté sur toute une série de comportements humains tout en s´alliant aux concepts de conscience et de liberté. Alors que le désir, également à la même position dans la chaîne, s´allie à l´instinct et à l´inconscience. On peut dire que le désir est une part de la volonté mais je dirais légèrement négative. L´autre part serait la volonté bonne, un terme que j´ai vu plus haut mais je ne sais pas du tout si ma vision est kantienne.
A partir de là, la meilleure part de la volonté guide l´homme vers son épanouissement, voire son dépassement.
Je dirais enfin que je considère la volonté comme intérieure à l´individu. C´est peut-être même une expression de l´âme.
Je m´interroge sur le lien entre volonté et sentiments. Est-ce que je suis le seul?
Zech >>> effectivement, l´existentialisme instaure la primauté de la liberté, c´est pour cette raison que j´ai précisé que l´analyse du concept de volonté était plus implicite. Les désirs pour les existentialistes reflètent la recherche de la liberté et explique les sentiments et les états ( angoisse, peur qui sont également analysés chez Kierkegaard ).
Everlasting >>> Pour ton schème, la reflexion annihile en quelque sorte l´influence de la volonté. Par l´intellect, l´expression de la volonté priomordiale et primaire se trouve modérée. Selon toi, la volonté n´est pas une sorte de régisseur universel comme pouvaient le suggérer certains des philosophes cités, elle est intérieure et strictement contrôlable, d´autant plus que tu la lie à la conscience.
Et tu n´es certainement pas le seul à t´interroger sur le lien entre volonté et sentiments, puisque Spinoza Schopenhauer ou Sartre l´ont déjà fait...
Je remonte ce topic pour la rentrée lol ( aucun rapport mais c´est pas grave ).
Je me suis quand même cassé le *** à tout écrire, la vie est injuste !
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.csdm.qc.ca/stejarc/dictionnaire/imagesdicolm/medaille.jpg&imgrefurl=http://www.csdm.qc.ca/stejarc/dictionnaire/dico.htm&h=215&w=170&sz=13&tbnid=SY9UfkEUrOgJ:&tbnh=101&tbnw=79&hl=fr&start=1&prev=/images%3Fq%3Dm%25C3%25A9daille%26svnum%3D10%26hl%3Dfr%26lr%3D
je ne pense pas quela volonté puisse etre modérée par quoi que ce soit, pr moi elle n´est pas controlable, ms elle controle tout
(Dans mon schèma, la flèche --> signifiait "permet")
dire que la volonté est contrôlable est à la foi juste et faux: en même temps c´est elle qui contrôle mais c´est aussi Notre volonté. Je serais prêt à fusionner l´ego et la volonté.
Je m´imagine mal une volonté qui ne nous appartiendrait pas.
Sinon, oui je crois que la raison peut modérer l´influence de la volonté dans l´action finale. Un exemple trivial: je vais maintenant lire mon livre d´allemand et faire mon devoir. Car en faisant le pour et le contre, je pense que c´est mieux que je le fasse... mais je doute que ce soit ma volonté profonde.
ben tu vois pr moi il s´agit bien de ta volonté profonde, puisque tu finis par le faire.. tu choisis au final ce qui te semble le plus "important, interessant etc" pr toi a un mmt precis
et je rajoute que pr moi la raison fait aussi partie de la volonté
Everlasting
Posté le 06 septembre 2005 à 16:04:32
(Dans mon schèma, la flèche --> signifiait "permet")
dire que la volonté est contrôlable est à la foi juste et faux: en même temps c´est elle qui contrôle mais c´est aussi Notre volonté. Je serais prêt à fusionner l´ego et la volonté.
Je m´imagine mal une volonté qui ne nous appartiendrait pas
Evidemment, c´est difficile, elle est pour la plupart d´entre nous uniquement individuelle. mais dans la conception de certains philosophes, elle ne l´est pas.
l
olli
Posté le 06 septembre 2005 à 17:03:24
ben tu vois pr moi il s´agit bien de ta volonté profonde, puisque tu finis par le faire..
On peut se demander s´il n´y a pas d´autres éléments qui interagissent avec la volonté pure pour arriver à la décision finale. L´inconscient par exemple ( au sens freudien bien sûr ). Ou le determinisme tiens.
bien evidement, ms l´inconscient fait partie de la volonté pr moi..
pr le determinisme, c´est la rencontre de plusieurs volontés, qui produit soit un choc, soit une nouvelle volonté
enfin je me comprends... lol
Selon moi, l´inconscient va a l´encontre d´une certaine volonté extérieure et contrôlée par la raison.
Mais elle pourrait faire partie de la volonté profonde et être ainsi la seule représentation de la volonté brute et pure. Un sorte de double volonté alors, liée à la conscience et à l´inconscient.
Cette nouvelle volonté serait alors une volonté collective... j´avoue avoir du mal à croire en ce type de chose. Même si dernièrement, j´ai été convaincu de l´existence d´une psychologie collective en lisant Totem et Tabou de Sigmund FREUD.
Selon moi, l´inconscient va a l´encontre d´une certaine volonté extérieure et contrôlée par la raison.
moi, soi et sur moi un peu...
selon moi les trois st liés, justement par la volonté
mais qu´est-ce que la volonté au bout du compte??
Pour Descartes, quatrième méditation, la volonté est cause libre, la faculté la plus grande possible chez l´homme, et qui est ce par quoi je sais que je suis à l´image et à la ressemblance de Dieu.
Les considérations spinozistes, nietzchiennes, et kantiennes, se sont basées sur ce premier postulat, de nombreuses fois remis en cause.
pseuo_circé >>> Tu veux dire moi , ça, et sur-moi ? Ou alors j´ai mal compris ?
Carnavale >>> En fait, je n´ai lu que les deux premières méditations métaphysiques. Mais je vois mal comment Spinoza aurait pu se baser sur cette vision intérieure de la Volonté comme manifestation de la ressemblance avec Dieu chez l´Homme, puisqu´il en est arrivé à une théorie conceptuelle de la Volonté comme force extérieure organisatrice. La vision du divin des deux hommes diffèrent complètement, c´est pourquoi on ne peut pas dire que l´idée est la même lorsque Spinoza affirme que le conatus a pour source le divin.
Quant à Nietzsche, il faudrait que tu m´expliques en quoi tu vois son interprétation comme résultant du postulat cartésien...
Quand je dis "se sont basés", ça ne signifie pas "ont développé leurs idées à partir de celle-là tout en l´admettant comme indéniable". Non, bien au contraire, j´ai bien ajouté "de nombreuses fois remises en cause". Spinoza dans sa conception de la volonté comme force organisatrice extérieure, ainsi que Nietzche dans sa conception de la volonté comme volonté de puissance, prennent position contre la définition de Descartes, la critiquent et apportent leur raisonnement pour spécialiser leur propre définition. Voilà comment il fallait interpréter le verbe "se baser sur".