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Déterminisme, transhumanisme, art, mal-ê

lighthohenheim
lighthohenheim
Niveau 10
21 juillet 2011 à 00:14:52

Déterminisme, transhumanisme, art, mal-être

Bonjour à tous.
Je viens poster ce message parce que je suis en ce moment, disons, dans le brouillard. Depuis un an environ, je suis assailli par des doutes et des désillusions, des réflexions existentielles sans réponse, ou aux réponses cruelles, et je ne sais plus du tout où j’en suis, qui je suis, rien du tout. Alors vous me direz peut-être que nous sommes sur un forum de philo, que nous ne sommes pas là pour nous attarder sur ma psychologie personnelle, mais les questions qui me traversent concernent grandement la philosophie et il ne me paraissait pas superflu de venir parler de ça sur un forum de philo. Disons que j’ai besoin d’une vraie réflexion, et que des avis extérieurs ne peuvent que m’aider…
Euh, si vous vous demandez pourquoi ce forum en particulier, je n’en ai aucune idée.
Voilà, je vais vous parler très vite de moi en guise d’intro : au lycée j’étais quelqu’un de plutôt introverti, je m’entendais bien avec mon entourage mais je me sentais mal à l’aise, comme étranger au monde qui m’entourait, et pas du tout sûr de moi. (Si vous avez lu l’Etranger de Camus, ou si vous connaissez l’écrivain Haruki Murakami, je m’identifiais pas mal aux personnages…) Vu que j’étais aussi incapable de faire des choix, prendre des décisions, je suis parti sans trop savoir ce que je voulais en prépa de biologie après la terminale, cette année.
J’ai commencé à « aller mieux » et prendre confiance en moi pendant les vacances précédant cette année-là . Je découvrais qui j’étais en quelque sorte. J’avais plutôt une vision existentialiste de la vie, de…l’existence, convaincu que j’étais libre, en faisant une raison de vivre, et j’ai accepté qui j’étais et ait pris confiance en l’art : musique, cinéma, littérature… J’étais porté par la recherche du bonheur, grâce à l’art justement, mais plus largement l’imagination, la création… Avec un certain goût pour l’emphase poétique, style le Cercle des Poètes Disparus, si vous avez vu le film ou lu le bouquin.
Mais au début de l’année mon prof de biologie a sorti une phrase du type : « mais vous savez la vie ça ne veut rien dire, vous prenez un caillou et vous lui donnez une énergie, vous pourrez dire qu’il est vivant ». Alors évidemment c’était exagéré, pour souligner quelque chose (je ne me rappelle plus quoi), mais ça a été un genre de déclic pour moi, et je me suis dit qu’effectivement, rien ne séparait vraiment le vivant du non vivant, que la vie était apparue à partir de l’inerte, et donc que nous n’étions en fait que des machines complexes. Et nos sentiments sont aussi de la matière, des échanges biochimiques à l’intérieur de notre cerveau. Et que si l’esprit était en fait matière, et bien, il était possible d’imaginer qu’en connaissant très bien notre cerveau, il était possible pour l’homme de trouver le bonheur tout simplement, grâce à la science et à des bidouillages chimiques ou électroniques (des drogues superdéveloppées, quoi). Alors évidemment c’est sûrement très compliqué, mais c’est théoriquement possible, et c’est le fait que ce soit possible qui me gênait. Ou même pas : c’était surtout l’idée que je me suis faite qu’au fond, l’art, l’imagination étaient vains.
Alors bien sûr j’ai essayé de lutter contre cette idée, de vivre comme avant, de me dire que tant pis, l’art apporte quand même du bonheur, en appelle aux sentiments, mais ça n’a pas marché, petit à petit, tous ce que j’aimais devenait de plus en plus fade pour moi, car tout perdait son sens. Je m’étais petit à petit créé une perception, une conception de la vie qui s’écroulait, non à cause d’expériences sociales par exemple, mais juste à cause de réflexions, alors que justement, j’aimais beaucoup réfléchir. Les démons qui me hantaient étaient, d’abord le matérialisme : tout n’est que matière… Et ça laisse supposer qu’en connaissant bien les règles de la matière, on peut tout faire avec la science, et nos (mes) certitudes les plus ancrées, tous nos (mes) stéréotypes tombent à l’eau : la vie ne se solde pas forcément par la mort, on atteindra peut-être l’immortalité, la vie peut être créée, fabriquée artificiellement, nos cerveaux sont comme des ordinateurs et seront peut-être, sans doute un jour « dépassés » par des ordinateurs, il n’y a pas forcément besoin de travail pour acquérir quelque chose, enfin ça peut parcourir tous les domaines… Et du coup, pour moi les choses ont perdu leur sens, mes repères se sont écroulés.
L’autre « démon », c’était le déterminisme : si je suis comme ça actuellement, c’est parce que j’étais comme ça avant, et les choix que j’ai fait pour devenir celui que je suis aujourd’hui sont déterminés par ce que j’étais encore avant : l’expérience que j’avais acquise, etc. La liberté ne serait donc qu’illusion… Super, encore un truc qui tombe à la flotte.

Alors que j’élucubrais ainsi, j’ai entendu parler du bouquin « le Meilleur des Mondes », de Aldous Huxley. Que j’ai acheté mais pas lu, en ayant en quelque sorte peur… Je sais que ça parle d’un monde futur ou les citoyens sont fabriqués, formatés, programmés pour exercer une fonction dans la société et pour l’aimer, et drogués en permanence (le fameux soma). Et ils sont heureux. Cette société a été inventée par Huxley comme une contre-utopie… Mais ce qui me faisait, me fait toujours très peur, c’est que rationnellement, je ne trouve pas ce monde horrible, je ne le considère pas comme un enfer. Je le trouve glaçant, terrifiant, mais en même temps, les gens sont heureux. On pourra dire que c’est un « faux » bonheur… Mais ça ne veut rien dire, ils ont l’impression d’être heureux, donc ils sont heureux, et il n’y a pas raison pour qu’une définition du « vrai » bonheur soit plus valable qu’une autre.
Et puis j’ai entendu parler du mouvement transhumaniste. Un mouvement très optimiste qui prévoit que dans peu de temps, nous serons immortels, nous pourrons modifier nos corps à volonté grâce à la génétique, voire modifier l’espèce humaine intrinsèquement… Bon encore ça je m’en foutais un peu, mais c’est surtout : nous pourrons contrôler nos émotions, nos humeurs, nos sentiments ; contrôler directement tout ce qui se passe dans notre cerveau.
J’ai trouvé ça, instinctivement, un peu horrible, mais le problème c’est que je n’avais pas d’argument pour trouver ça horrible, au contraire, ma raison me dit que ça apportera beaucoup de progrès à l’humanité, que ça lui permettra d’abord de résoudre de nombreux problèmes, et ensuite de trouver le bonheur…
Et pour certains penseurs, ça peut être pour dans quelques décennies.
Mais quelle place pour l’art dans tout ça ? Quelle place pour ce qui actuellement nous permet de trouver le bonheur ? Est-ce que l’art disparaîtra, « vaincu » par la science ? Je n’ai jamais cru à une opposition art-science, mais j’ai l’impression que la science prend de plus en plus d’importance dans nos existences. Et j’ai un peu l’impression que ce qui est « spirituel » est vain, mais en même temps j’en ai terriblement besoin, enfin, disons que j’ai besoin de trouver que c’est important, d’avoir foi en quelque chose, quoi. En fait je traverse une sorte de crise de foi…
Mon problème en fait, c’est que je ne crois plus vraiment en l’art, en l’humanité, en ces choses en lesquelles j’avais foi. Je me considérais comme humaniste… Et ce n’est pas vraiment une crise de l’absurde : je ne me sens pas perdu dans un monde sans sens, je me sens justement déterminé… Je ne crois pas en un destin, une fatalité, mais je n’arrive plus à croire en la liberté à cause du déterminisme. Notre société évolue lentement vers le monde promis par les transhumanistes, un monde de progrès certes, mais cette perspective me rend pourtant dépressif, car à part la science plus rien n’a de sens.
Est-ce que des réflexions comme celles-ci vous sont déjà arrivées ? Etes-vous passé au-delà ? Vous en êtes vous « sortis » ? Votre expérience m’intéresse, parce que là, bah je suis perdu 

(j’ai vraiment l’impression de ne pas réussir à exprimer ce que je veux dire… mais si vous avez traversé une phase similaire, j’espère que vous en témoignerez  )

Xaraxass
Xaraxass
Niveau 8
21 juillet 2011 à 09:15:03

tu traverses la petite déprime existentielle courante à cet âge. on s'y demande le sens de la vie, de la morale et de ce genre de choses sur un fond d'émotions existentielles un peu déprimantes. ca te passera tout seul en 1-2ans que tu trouves les réponses ou non à ces questions

lighthohenheim
lighthohenheim
Niveau 10
21 juillet 2011 à 12:11:41

Je veux bien te croire, mais ça fait quand même un an que ça dure et ça va pas beaucoup mieux ^^'

aimdeaire
aimdeaire
Niveau 6
21 juillet 2011 à 12:21:18

En fait, j'ai l'impression que ce qui te fait peur, c'est la perte de la croyance en Dieu, ou du moins de forces incompréhensibles par l'Homme et qui agissent sur celui-ci.
Qu'au fond , l'âme n'existe pas et que tout ce que nous attribuions à celle-ci ( les sentiments, le bonheur etc .. ) ne sont que des réactions chimiques dans le cerveau.
Mais tout ça c'est affaire de croyance, on ne peut pas prouver que l'âme n'existe pas, libre à toi d'y croire , certaines découvertes te donnent cette impression mais ça ne veut rien dire.

Et tu as l'air de croire que la science pourra tout expliquer, pourra tout faire. Moi je n'y crois pas du tout, et je me rappelle souvent cette phrase d'albert camus ( dont tu as apprécié un de ses livres apparemment ) : " Cette science qui semblait pouvoir tout découvrir, tout expliquer, finit dans la théorie " Effectivement maintenant on se rends compte que la science évolue de plus en plus difficilement, on est obligés de se spécialiser dans des domaines précis pour continuer à comprendre nos découvertes et continuer d'en faire. Et on ne fait plus qu'émettre des théories, qu'on espere pouvoir prouver un jour ( dans 1 million d'années on ne sera pas beaucoup plus avancés ). Alors bien sûr on commence à mieux appréhender et comprendre le monde qui nous entoure , mais viendra un jour où l'Homme comprendre qu'il n'est pas Dieu et qu'il ne peut pas tout découvrir, il se rendra compte de se condition.
Finalement tu es comme ces gens exaltés par la raison suite à des découvertes récentes ( toutes les découvertes en biologie comme le clonage , l'étude du cerveau ), qui croient qu'on arrivera à maitriser le monde.
D'ailleurs petite citation pour finir pour souligner cette absurdité : " Si notre cerveau était moins compliqué, on ne le comprendrais pas mieux pour autant "
Tu n'as pas de raison de t'inquiéter crois moi :ok:

Xaraxass
Xaraxass
Niveau 8
21 juillet 2011 à 12:57:53

ben ca dure quelques années après tu ca disparaît et tu rentres dans le moule comme tout le monde

iitaktikii
iitaktikii
Niveau 8
21 juillet 2011 à 14:07:33

hahah j'étais comme toi avant...moi sa ma pris 2 ans avant que sa passe.je dirais que c'est grace a mes recherche,j'ai lu beaucoup et j'ai beaucoup muri.Pour ce qui est des sentiments,Meme si ce n'était qu'une reaction chimique ou je ne sais quoi,ils sont réel et ils sont la donc peu importe ce qu'ils sont d'ailleur qui sais peut etre que ces sentiments sont beaucoup plus complexe que l'on ne le croit...t'inquiete sa te passeras,surtout fais gaffe a certain concept philosophique qui pourraient te descendre vers le bas.si tu une fois un doute concernant la morale et tous sa que sa n'existe pas que la compassion c'est pour les faible etc...Tu n'as qu'as m'écrire un message privé et je t'aiderais a trouver tes réponse.t'inquiete sa te passera dans 2 ans.c'est juste une petite crise d'adolescence.allez bon courage!

iitaktikii
iitaktikii
Niveau 8
21 juillet 2011 à 14:08:20

desoler pour les faute d'orthographe mais j'ai vraiment pas le temps a m'appliquer...

cocoMOUCHE
cocoMOUCHE
Niveau 10
22 juillet 2011 à 00:36:43

"tu traverses la petite déprime existentielle courante à cet âge. on s'y demande le sens de la vie, de la morale et de ce genre de choses sur un fond d'émotions existentielles un peu déprimantes. ca te passera tout seul en 1-2ans que tu trouves les réponses ou non à ces questions"

En fait au bout de deux ans c'est généralement un abandon ; la petite lueur tarit, l'étincelle ne prend pas, ou le petit feu s'éteint, et la personne perd -souvent définitivement- tout intérêt. Elle devient fade et abdiquante.

C'est à ce moment là, la plupart du temps, que l'individu "choisit" s'il aura ou non une personnalité forte.
La plupart, ayant le vertige, restent quelques temps pétrifiés et fascinés devant l'abîme ; puis s'en détournent, et font très attention à ne plus remettre les pieds dans cette région. Et c'est tant mieux pour la société, elle ne peut subsister autrement.
Seuls des évènements très forts peuvent faire revenir ces personnes devant l'abîme, une fois parties. Souvent la mort ; soit celle d'un proche, soit la sienne vue de près.
Certains font des aller-et-retour.
Parmi les quelques qui plongent dans l'abîme, la plupart si perdront ou s'y noieront ; la peur, le mysticisme religieux, la partialité de l'expérience et/ou de la connaissance et bien d'autres travers font qu'ils auraient mieux fait de rester à la surface. Ceux-ci peuplent les hôpitaux psychiatriques, les sectes, les églises et les mosquées.
Les quelques qui plongeront et sauront rester calmes, posés, forts... y trouveront plus que ce qu'ils étaient partis chercher.

Quelques êtres exceptionnels en ressortiront transformés. Tout est clair. Les mots perdent toute force, ces personnes sont an-historiques, détachées des habitudes, us et coutumes qui étaient les leurs. Le sens même de concepts tels que bonheur, beauté ou moral est transformé, estompé voire effacé. Tout est différent et à partir d'ici plus rien de ce que vit cette personne ne saurait être écrite ou dite dans un quelconque langage ou système signalétique. Ce serait vouloir montrer du bleu à un aveugle. Ce ne serait jamais que des « une sorte de », « un peu comme si » sujets à d'inévitables interprétations qui ne pourraient être qu'erronnées ; jamais un aveugle ne se fera une idée du bleu un tant soit peu convenable s'il n'en fait pas l'expérience.

Face à l'abîme, il faut faire un choix.

cocoMOUCHE
cocoMOUCHE
Niveau 10
22 juillet 2011 à 01:05:04

"Effectivement maintenant on se rends compte que la science évolue de plus en plus difficilement, on est obligés de se spécialiser dans des domaines précis pour continuer à comprendre nos découvertes et continuer d'en faire."

Au contraire la science n'a jamais progressé aussi vite. C'est parce que la somme de connaissance est de plus en plus énorme qu'on est obligés de se spécialiser. Quant à citer Albert Camus pour parler de science est plus de l'ordre du babillage que du soutien de la thèse.
On peut produire des prothèses directement connectées et dirigées à l'influx nerveux. La vision de l'atôme a été radicalement transformée. Bref la science commence à devenir fun.
Ce qu'il en ressortira, je n'en sais rien.
Mais dire que la science avance plus difficilement qu'à ses débuts est abérant et plus de l'ordre de l'idéalisation du Passé -l'effet "c'était mieux avant"- qu'autre chose.

tomashuk
tomashuk
Niveau 8
22 juillet 2011 à 01:28:11

Tout d'abord, je pense que tu peux oublier ton délire sur la vie éternelle qui serait un jour possible, le contrôle de ses émotions, etc. Ca fait rêver mais il ne fait pas bon rêver éveiller, on est dans une période "tout-science" depuis une 30aine d'année depuis lesquelles la science est la nouvelle religion, qu'on croit capable de tout. N'en espérons rien, si on soigne le sida dans 100 ans ça sera déjà pas mal :rouge:
Pour reprendre la dernière phrase de cocoMOUCHE, je dirais plutôt que dans l'abîme, il faut faire le choix d'allumer une torche et d'explorer ses tréfonds ou s'endormir dans le noir, comme le font la plupart des personnes.
Pour ce qui est du déterminisme je suis d'accord: je ne me dit jamais "et si" j'avais fait ça...", ce n'était pas écrit mais ça n'aurait pas pu être autrement, et peu importe le cas dans lequel on est, mieux vaut l'aimer quelqu'il soit (c'est un travail sur soi difficile mais on peut y arriver).

Après avoir lu pas mal de philo sur ces questions existentielles, pendant 2 mois j'ai laissé tout ça de côté pour vivre "comme tout le monde": beaucoup de sorties, de rencontres, d'événements... mais même en me sentant bien dans cette vie là, je savais de par ce que j'avais lu, même avec beaucoup de recul, que j'étais dans l'erreur; à nouveau aliéné par la société. Et j'ai donc rallumé la lumière.
Aujourd'hui je sais que je ne supporterais pas de vivre comme on le fait maintenant: travailler 6 jours sur 7, soit plus de la moitié de sa vie pour acheter une maison, aller au ciné et au resto de temps en temps...
Certains ont peut-être mal tourné en restant ruminer dans leur coin mais pour ma part je pars vivre ma philosophie de la vie d'ici le mois d'octobre en partant faire le tour du monde, sans argent au départ et en trouvant de petits boulots sur mon chemin. C'est une voie qui fait peur, plus dangereuse que celle d'un facteur mais il y a une phrase de Malraux qui représente ma pensée: "craindrais-je l'amour à cause de la vérole? Je ne dis pas: peu m'importe, je dis: je l'accepte". C'est une aventure obligatoire à toute personne pour se connaître réellement, car je pense que pour se connaître, il ne faut pas s'écouter penser mais se voire agir, ça me paraît bien plus fiable.
Après tu parles de beaucoup de thèmes différents dans ton message, j'ai cru à un moment que l'art aurait pu me museler comme tout le monde mais après 3 ans dans le domaine (cinéma), j'ai remarqué que l'art n'est plus vraiment de l'art, c'est un business...
Mais tu rentreras sûrement dans les sentiers battus, beaucoup pensent comme toi à ton âge et finissent par se faire une raison. D'autre non :-)))

Xaraxass
Xaraxass
Niveau 8
22 juillet 2011 à 11:21:11

désolé cocomouche mais on ne choisit pas sa personnalité, on ne choisit pas si on a une personnalité forte ou non, cela ne relève pas de du choix

aimdeaire
aimdeaire
Niveau 6
22 juillet 2011 à 11:22:00

Cocomouche t'as vraiment trop confiance en la Science :noel:
Ça me fait penser à Descartes qui disait qu'un jour l'Homme saura se soigner tellement bien qu'il en deviendra quasiment immortel .. Alors qu'on a découvert récemment que l'Homme ne peut pas vivre au delà de 130 ans malgré tous les bidouillages possibles.

Et la science se rends compte de ses propres limites et donc de celles de l'Homme. Par exemple, on arrive à voir des éléments de plus en plus petits, mais on n'arrive plus à les comprendre( d'ailleurs pour cette citation de Camus,il parlait justement de l'atome, et je ne crois pas que citer Camus soit de l'ordre du babillage). On parle de physique quantique, qui explique tout ces phénomènes , sauf que ça bouleverse tout ce que l'on a appris jusqu'à aujourd'hui.

Alors il va falloir trouver d'autres théories pour expliquer ça. Donc tu vois bien que la science des Hommes finit dans la théorie, et là c'est même pire, parce qu'avant on émettait des théories possibles et qu'on prouvait après, tandis que là on arrive même plus à trouver une théorie correcte ( et si on y arrive, bonne chance pour la prouver). Ce n'est plus une science de DEMONSTRATION c'est une science de THEORIE. Alors oui là tu es exalté par les progrès qu'on fait, effectivement la science avance relativement vite, mais ça va devenir de plus en plus difficile , on commence déjà à définir les limites, on est obligés de se spécialiser de plus en plus tellement ça devient difficile pour l'Homme.

iitaktikii
iitaktikii
Niveau 8
22 juillet 2011 à 13:00:03

"Quelques êtres exceptionnels en ressortiront transformés. Tout est clair. Les mots perdent toute force, ces personnes sont an-historiques, détachées des habitudes, us et coutumes qui étaient les leurs. Le sens même de concepts tels que bonheur, beauté ou moral est transformé, estompé voire effacé. Tout est différent et à partir d'ici plus rien de ce que vit cette personne ne saurait être écrite ou dite dans un quelconque langage ou système signalétique. Ce serait vouloir montrer du bleu à un aveugle. Ce ne serait jamais que des « une sorte de », « un peu comme si » sujets à d'inévitables interprétations qui ne pourraient être qu'erronnées ; jamais un aveugle ne se fera une idée du bleu un tant soit peu convenable s'il n'en fait pas l'expérience."

Au contraire si tu plonge dans l'abime et que tu as un esprit ferme,le coeur saint et que tu ne te laisse troubler pas rien.La moral,le bonhneur,la beauté seront pour toi tellement évidentes,tu comprendra la vrai nature de la morale,le bohneur etc.Tu comprendra que toute tes convictions que tu as remis en question,le sens des chose,le sens de la moral quand tu était dans l'abime;Une fois transformé elle te paraitront évidente et vrai et tu en ressortira plus fort,avec une extraordinaire motivation,une joie,une assurance que tu n'as jamais eu auparavant!

Catsoldier
Catsoldier
Niveau 8
22 juillet 2011 à 15:53:27

Tout d'abord, réponse à Lighthohenheim.

Je vais répéter un des messages récurrents des derniers postages mais il y a certainement une part de vérité dans cette expression commune. La période que tu traverses est courante à ton âge plein de désillusions et peut durer plusieurs années ou moins selon la résolution de tes problèmes philosophiques et identitaires. Ton identité est en construction et ce qu'elle affirme avec cœur est confronté à la contradiction des expériences et des voix toutes plus logiques les unes que les autres. Tu vas entrer dans un processus d'intégration philosophique et dans la conception de ta vie personnelle, si je puis dire les choses ainsi, et mettre à l'épreuve les idées qui te tiennent à cœur, identifier et savoir ce que tu veux, quels sont tes projets, etc. Pour moi, cette période a duré tout le long de mes études supérieures. Aujourd'hui je me sens mieux, même si tout n'est pas réglé et que de nouvelles questions se posent.

Concernant ta conception de l'art, je la qualifierai de naïve (que je définis comme ce qui s'attache aux premières impressions). Il n'est pas faux que dans notre rapport immédiat à l'art, nous recherchons d'abord une satisfaction quelle que soit son ordre (intelligible, émotionnelle ou sensible). Dans l'art, on se dirige plus vers le monde tel qu'on le forme plutôt que tel qu'il est. En cela, l'art est plus la projection de nos aspirations qu'un regard vrai sur le réel. Mais on ne saurait réduire l'art à une proposition de bonheur. L'art, c'est le travail des formes et des matières. Ce travail pose déjà pas mal de questions et il y a beaucoup à dire sur le sujet.
Toujours sur l'art, que tu confrontes dans un combat contre la science, on peut appelé Hegel qui annonce la mort de l'art dont on peut supposer que notre ère post-moderne aurait atteinte. Selon Hegel, l'art a une histoire qui est celle de la vie de l'Esprit (qu'il faut entendre comme activité de l'intelligible). Une histoire, c'est-à-dire que l'art a un début, une très grande forme sensible avec peu de contenu intelligible ou un contenu peu défini, qui progresse peu à peu vers une fin qui consisterait à la disparition de formes sensibles nouvelles et se manifesterait par un contenu spirituel excédentaire. La mort de l'art ne signifie pas qu'il n'y aurait plus d'œuvres d'art mais que l'art ne produirait plus rien de foncièrement nouveau. L'Esprit entrerait alors dans un âge des formes et de la matière qu'on appellerait tout de bonnement l'esthétique. Un regard froid serait jeté sur les choses faites de main d'hommes, qu'on cataloguerait selon les différents courants de l'histoire achevée de l'art. À l'aube du XXIème siècle, les sociétés humaines, tout du moins occidentales, sont entrées dans une ère postérieures à la Modernité tel qu'on l'entend dans le milieu de l'art (il n'y a plus d'avant-gardes). L'art contemporain produit des formes et n'est pas sans matière, mais cette production se pose toujours en vis-à-vis avec l'héritage historique de l'art, se pose toujours comme une production consciente de ce legs. Quand on fait un exposition, il n'y a plus vraiment d'engouement, les gens se pavanent, un peu las... Il n'y a plus de courants artistiques nouveaux. On recycle ou on fait du mélange.
Pensez-vous que notre époque donne du crédit à la thèse hégélienne ?

Quant à tes propos sur le matérialisme, il faut les mettre en relation avec ce que tu rapportes du spiritualisme. Tu écris à la fin de ton message que tu as besoin que le spirituel ne soit pas dénué d'importance, ne soit pas vain, futile. Il s'agit là de l'expression de ton intériorité que le matérialisme remet en question, et c'est cela qui te peine. Hegel traite de cette intériorité si tu veux approfondir le sujet (je ne suis pas hégelien, juste j'ai lu récemment des choses intéressantes de Hegel que je n'avais pas encore comprises). Tu es conscient de toi et donc tu sais à quel point ce que tu es est différent des objets autour de toi. D'un point du vue extérieur, tu es un corps et ce corps obéit à la nécessité. Mais en même temps, ce corps possède une double existence qui se manifeste par la conscience et cette conscience n'obéit pas aux mêmes lois. Elle propose un autre temps (le temps interne du sujet) et s'émeut selon d'autres modalités. Le monisme matérialiste n'est pas exact. Tout n'est pas matière. De la matière découle du spirituel qui se dissocie des logiques matérielles.
Concernant l'introjection du bonheur par des voies somatiques, la neurobiologie entrevoit sérieusement ce projet. Et il est vrai pour les philosophies orientales qui ont pas mal pensé au bonheur que si je me sens heureux, je suis heureux et rien ne saurait aller contre mes sentiments, pas même la réalité d'un état de bonheur géré au niveau somatique. Néanmoins, on peut se demander de l'effet d'un tel état sur la durée. Le psychisme humain peut-il supporter un état de bonheur perpétuel ou s'en lasse-t-il ? Cela amène à se demander comment fonctionne le bonheur dans le temps. Va-t-il de l'égalisation constante d'un même niveau d'épanouissement ou va-t-il en grandissant, ce qui appellerait à une gestion variable dans le temps ? Peut-être que le bonheur n'a rien de somatique et consiste en un accord de notre besoin avec la réalité...

Enfin pour le déterminisme, tout n'est pas joué. La physique elle-même ne s'accorde par avec l'idée d'un tout déterministe. La physique quantique va à reculons à ce sujet et qu'est-ce qui nous dit que lorsqu'on fait un choix, on ne le fait pas dans une sphère obéissant aux lois de la physique quantique ? Bon, c'est un raisonnement enfantin et pas très sérieux...
Il n'en reste pas moins que tu sais que le déterminisme n'est pas un fatalisme. Déterminer la nécessité entre un effet et une cause ne signifie pas que toute chose a une nécessité. O.K, ça paraît un abus philosophie ce que j'écris là, mais c'est ce à quoi tout bon esprit scientifique doit se tenir. Le déterminisme, étant le principe selon lequel tout effet a nécessairement une cause antérieure, n'est valable que pour un fait établi (participes passés). Les évènements à venir et à faire ne participent que de l'anticipation rationnelle ou de théorisation. Les soumettre à la nécessité, c'est justement ce qui relève du fatalisme, principe selon lequel tout effet doit avoir une cause. En toute franchise envers toi-même, tu sais que tu ne peux pas décider en tant qu'individu absolument déterminé.

Ensuite, le débat sous-jacent à la science.
Une science des théories n'est effectivement plus une science qui vise l'adéquation avec le réel mais devient une systémique qui vise son maintien, quitte à soutenir des théories lacunaires par des théories invérifiables.
Au-delà de cette dénomination, il y a effectivement un problème actuellement dans l'avancée des sciences, un problème épistémologique exposé par Edgar Morin. On est à l'aube d'une progression fulgurante des sciences et des technologies mais il y a un problème méthodologique à résoudre avant de réaliser ce saut paradigmatique. Les différentes branches scientifiques ont progressé dans leurs connaissances de façon disjointe (pensée disjonctive). Chacune étudie son objet en le séparant des autres tant et si bien qu'à l'heure de la synthétisation des connaissances, quand on essaie de penser le tout (pensée globale), des contradictions interdisciplinaires apparaissent. Il ne s'agit pas d'erreurs, ce sont des contradictions rationnelles entre les sciences qui ont poussé une mode de connaissance à leur maximum (la pensée disjonctive). Les hommes ont très bien su séparer jusque-là, il va maintenant falloir relier. Puisqu'on ne peut pas passer immédiatement de la pensée disjonctive à la pensée globale, on doit mettre au point un mode de pensée intermédiaire : la pensée complexe.

]vent]d]est
]vent]d]est
Niveau 10
22 juillet 2011 à 19:06:37

Ne te laisse pas bouffer par ces bêtises trans-humanistes et tous ces concepts bidon sur le déterminisme, l’abîme ou je ne sais quoi. Reviens au plus simple, ça veut dire occupe-toi de ce sur quoi tu as du pouvoir.

Tu es maître de la façon de vivre ta vie même si tu n'es pas un dieu pour tout maîtriser. Ne laisse pas des intello maniaco dépressifs ou des pseudo-penseurs blasés te prendre la tête en te faisant croire l'inverse. :ok:

iitaktikii
iitaktikii
Niveau 8
22 juillet 2011 à 20:51:57

]vent]d]est
+1

iitaktikii
iitaktikii
Niveau 8
22 juillet 2011 à 20:56:17

Pour l'auteur du topic vas voire les topics que j'ai crée sa va t'éclaircir l'esprit!

lighthohenheim
lighthohenheim
Niveau 10
24 juillet 2011 à 03:28:58

Bonjour à tous.
Merci beaucoup pour vos réponses. Même si j'avance peu sur le plan personnel , je suis content que ce sujet suscite un tant soit peu d'intérêt.

Catsoldier
:d) Je suis tout à fait d'accord avec toi, l'art n'est pas juste un genre d'antidépresseur qui apporte du bonheur brut, comme ça. Mais j'avoue que j'ai toujours eu une vision romantique, naïve de l'art, parce que ça me convenait, tous simplement, même si je me suis beaucoup "cherché" ^^. Le problème, c'est que je considérais un peu l'art comme une quête perpétuelle, un moteur en somme, une base sur laquelle de toue façon je pouvais m'appuyer, peu importe les changements en moi et dans le monde. Là, je me dis parfois qu'au fond tout ça est vain... Que l'art est vain, et c'est ça qui me fait peur. Mon problème je dirais, il n'est pas tellement dans ma conception que je me fais de l'art, aussi philosophique soit-elle, c'est plutôt cette impression de vanité, l'idée qu'il n'existera plus en jour, qui fait que je n'y trouve plus les réponses que j'y trouvais, et qui me laisse vraiment démuni.

Quant à l'état du bonheur sur la durée... Je suis d'accord, mais enfin, si la possibilité d'"injecter" le bonheur par voie somatique existait, et surtout celle de l'implanter dans nos gènes (avec contrôle de nos émotions etc. On peut aussi penser à l'hypothèse de l'upload de la conscience humaine dans des ordinateurs.), je pense que les scientifiques se débrouilleraient pour que le 'bonheur' soit le maximal possible.

tomashuk
:d) Ben, honnêtement, autant j'aime (aimais ?) bien la science-fiction, autant je me suis toujours méfié des prédictions scientifiques et autres scénarios catastrophes : catastrophe nucléaire, prise de pouvoir des machines, immortalité, etc.
Mais j'ai changé de façon de voir les choses : le progrès scientifique croît exponentiellement, et je pense que nous tendons assez rapidement vers la modification de l'être humain lui-même, et c'est ce que prévoient de nombreux scientifiques. D'ailleurs, les cœurs artificiels etc. en sont un début, tout comme Internet qui peut être considéré comme une sorte de mémoire universelle. Et même si c'est pour dans très longtemps, même si je ne connaîtrai probablement jamais ça, je ne sais pas vraiment pourquoi, ça me gêne quand même, le fait que finalement ce sera la science qui "gagnera".

Quant à ta décision de partir, moi-même j'y ai beaucoup pensé, mais je ne me suis pas convaincu que ce serait une réelle solution ^^. Je ne suis pas du tout un adepte de la société de consommation, du capitalisme et de tout ce que tu veux, je me sens plutôt étranger à tout ça, comme toi je suppose, mais aujourd'hui mon problème ne concerne pas vraiment tout ça. (Alors évidemment je dis ça, mais je possède quand même un ordinateur, de nombreuses choses matérielles etc. Mais ne changeons pas de débat :o)) )
En tous cas je t'encourage dans ton projet ^^ Je pense complètement que ça peut apporter énormément de choses et j'espère que ça marchera pour toi.
Quand au fait que beaucoup de gens pensent comme moi, je n'en suis pas vraiment convaincu, je n'en ai pas rencontré beaucoup (pas du tout même). J'aurais bien aimé pourtant, ce n'est pas du tout par orgueil que je dis ça, au contraire ça m'aurait certainement aidé. Enfin, tu as peut-être raison, je ne sais pas. ^^

Et cocoMOUCHE, je ne vois pas trop où tu veux en venir avec ton histoire d'abîme ^^'. Contourner l'abîme en tous cas, je n'y arrive pas vraiment. Quant à faire un choix... Je ne crois même plus vraiment en la possibilité du choix, alors...

Disra[For3v3r]
Disra[For3v3r]
Niveau 10
24 juillet 2011 à 22:51:41
Disra[For3v3r]
Disra[For3v3r]
Niveau 10
24 juillet 2011 à 22:57:49

J'avais posé l'explication suivante au problème :

Le matérialisme est une forme de paradigme particulièrement pragmatique, en ce sens elle est plus déprimante (et surtout démotivante) que les formes de paradigme plus mystiques.

Pour comprendre cela il faut comprendre le fonctionnement de l'esprit humain :
Tout homme possède un socle de connaissances (qui sont des expériences sensibles) à partir desquels il construit des relations qui forment des concepts puis des systèmes plus complexes et développés.

Le paradigme est l'ensemble de ces conceptions, c'est une vision Universelle, une vision d'ensemble de l'infiniment grand à l'infiniment petit.
Nous avons tous cette vision d'ensemble mais nous n'avons pas tous les même connaissances, notre vision d'ensemble se crée donc à partir de déductions car nous ne pouvons pas faire l'expérience de l'Univers en tant que tel, seulement déduire sa nature.

Par le processus d'inférence, nous construisons donc un ensemble de conceptions et un paradigme qui repose sur une part plus ou moins grande d'inconnu et d'incertitude.
Par exemple, quand nos ancêtres ont vu de l'eau tomber du ciel, ils se sont confrontés à une incertitude : la provenance de cette eau. Ils ont, pour palier à cette incertitude, fait une abduction : cette eau est d'origine divine.

Au fur et à mesure des expériences et de la construction d'un paradigme plus solide, reposant sur des connaissances plus nombreuses et éprouvées, nous avons découvert que la pluie était un élément du processus cyclique des fluide, la suite directe de l'évaporation de l'eau et de la formation des nuages.

Maintenant qu'est-ce qui fait que quand on a une incertitude (sachant que rien n'est parfaitement certain), et donc un large spectre de probabilité, on choisisse une des interprétations plutôt que l'autre ?
C'est là le phantasme qui joue un rôle tout particulier, tout aussi important que la connaissance. Le phantasme c'est l'inconnu tel que j'aimerais qu'il soit, tout en restant plausible et cohérent dans mon ensemble de connaissance.

Autrement dit : si pour moi les nuages peuvent être aussi bien des formations gazeuses que des migrations de créatures microscopiques ou une plate-forme pour des individus et royaumes merveilleux auxquels je pourrais avoir hypothétiquement accès, je préfèrerais la dernière des hypothèses niveau égal d'incertitude.

C'est ainsi que l'homme a longtemps pensé la terre plate, au centre de l'univers, le firmament l'enrobant et les dieux (créatures mystiques possédant toutes les vertus humaines développées à l'infini, allégorie même du phantasme), parents, vivant à leurs portée, voire parmi eux, leur propre existence revêtant une nature et une importance mystique (avec récompense ou punition à la mort, la vie prenant forme de compétition).

C'était peut-être un paradigme naïf, mais c'était un paradigme qui donnait espoir : un autre-monde merveilleux accessible, mystérieux (surtout) ça donne espoir et du sens à chaque action que l'on fait, à chaque connaissance que l'on accumule.
Cela permet de garder des illusions sur l'étranger, sur l'autre, mais surtout sur soi-même.
Le phantasme est une des principales conditions de la motivation.

On comprend tout de suite pourquoi plus on s'approche d'un paradigme efficace et rôdé (quel qu'il soit), plus le découragement et la démotivation guette.
C'est le taedium vitae de celui qui a trop vu, soit parce qu'il fut trop clairvoyant, soit parce qu'il accumula trop de connaissances, se dégoûtant de la connaissance elle-même.

C'est pour cela que le savoir ou la connaissance n'est pas forcément quelque chose de positif (ou de primordial) à la survie de l'homme, et qu'il ne faut pas mépriser l'illusion et le phantasme car c'est aussi ce qui nous maintient en vie et nous aide à avancer. Personnellement c'est une des raisons pour lesquelles je ne cherche pas à combattre la croyance, religieuse en particulier.

------

Pour ce qui est du domaine de l'art, il n'est pas en concurrence avec la science. L'art est divertissement, divertissement complexe, par la représentation (spectacle, là où le jeu est action; catharsis, là où le jeu est immersion) et qui revêt un caractère mystérieux, nébuleux, nécessaire à son anoblissement.

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