Oh c'est un classique.
La Trinité chrétienne est par excellence l'exemple divin de la dialectique.
Nous avons une belle unité, le Père, éternel, omnipotent et omniscient; parfait au sens chrétien, c'est-à-dire infini.
Il n'y a au monde aucune raison pour qu'un tel être devienne autre chose que lui-même; il ne peut devenir plus infini qu'il ne l'est et pourquoi limiter lui-même son être ?
Et pourtant c'est ce qu'il a fait, il s'est limité, et pas qu'un peu, il est devenu l'un des êtres les plus misérables qui soient, un homme, le Fils.
Ça ne lui a pas suffit, il aurait pu choisir d'être roi sur terre, il a choisit d'être pauvre, de souffrir et de mourir.
C'est l'antithèse absolue d'un Dieu infini.
Mais paradoxalement, ce faisant, Dieu dépasse l'unité infinie du Père pour devenir infiniment plus infini dans un mouvement représenté par l'Esprit.
La Trinité est le nom du dépassement de Dieu par lui-même :
Unité initiale-> anéantissement total de l'unité-> réobtention d'une unité plus grande encore.
Il y a également chez Hegel cette idée qu'à chacun des 3 membres de la Trinité correspond une certaine temporalité :
Le Père, ce qui est toujours passé
Le Fils, ce qui est présent
L'Esprit, ce qui est à jamais à venir
On retrouve ce mouvement de dépassement que l'on pourrait nommer le devenir.
(Vous pourriez d'ailleurs utiliser ça comme élément dans le débat Héraclite/Parménide)