Non vous énervez pas chers amis, j'ai LA solution: un nouvel épisode de tonton Tornado ! (admirez la transition subtile
)
Suite de la partie I ( https://www.jeuxvideo.com/forums/1-6655-8245465-39-0-1-0-0.htm#message_8248469 )
Partie II
Chambre 1901.
Je n'aime pas les couteaux. J'ai jamais aimé les couteaux. C'est fade. Trop léger. Trop simpliste. Mais c'est silencieux; maniable; sûr. Tout l'inverse de moi, quoi. C'est donc ça le vrai problème: mon Desert ne fait pas silencieux. Quand est-ce qu'on pourra enfin tirer des balles de qualité sans faire un bruit ?
J'essuie la lame dans le revers de mon T-Shirt.
Un vieux. Soixante-cinq, soixante-dix. Pas très frais; et encore moins maintenant. Sûrement un directeur d'entreprise qui nuisait à un autre directeur d'entreprise. Moi je suis seulement là pour régler ce genre de petit différent de la manière la plus pacifique qui soit.
Je me trimbale le corps dans la chambre la plus proche.
Il est dix-sept heures dix-huit. Il fait gris et il pleut. Climat caractéristique de ce petit pays surpeuplé.
Chaque goutte d'eau résonne contre les fenêtres et perturbe le silence morne du couloir tapissé. Je sors mon équipement: l'éponge. Mais pas n'importe quelle éponge; avec un côté qui gratte s'il vous plaït. J'éponge donc le sang pas encore coagulé. Et je persiste jusqu'à ce qu'aucune trace du méfait ne soit visible.
Je rentre dans la chambre, laisse le cadavre au pied du lit pour me diriger dans la salle de bain immaculée où m'attend sagement mon coffret datant de la guerre. Hécate II pour du .50 BMG calibre 12,7 mm. Une vitesse initiale d'environ 825 m/s, c'est-à-dire beaucoup plus rapide que celle du son. Mon appareil indique d'ailleurs 340 m/s pour une température extérieur de 15°. Parfait. Le type s'effondra bien avant l'arrivée de la détonation. Tiens, ça me fait penser que j'ai pas de silencieux. Boarf, le type de l'accueil m'avait fièrement signalé que les murs triple épaisseur de l'hôtel étaient anti-bruit.
Je déplie le trépied puis le pose sur le rebord de la fenêtre. Accroupi, seul le canon de mon fusil dépasse du rideau rouge ténébreux de la chambre.
La cible est à plus ou moins 1,975 mètres en face de ma fenêtre dans un autre hôtel où un banquet savoureux a lieu. Je parviens à distinguer petits fours et autres amuses-gueules appétissants. L'homme est en joue. Désormais, il n'y a plus que lui, mon arme, le silence et rien d'autre qui compte.
Lui... Mon arme... Le silence... Rien d'autre... Lui. Mon arme. Le silence. Rien. Le silence, rien, mon arme, lui. Le silence. Rien. Mon arme. Lui. Lui. Lui. Rien. Mon arme, le silence, mon arme, mon arme, rien, lui, le silence. Feu. Blam.
<< toc, toc, toc...>>
Je me rélève brusquement en une énorme bouffée d'oxygène paniquée, dégoulinant de sueur dont j'essuie mon front avec le revers de la manche. La respiration plus qu'halentante, je me dirige conscieusement essouflé devant la porte sur laquelle résonne une nouvelle fois trois coups.
Je prend un cigare, un Havane. J'en ai plus que trois en comptant celui-là, que j'avais ramené de Cuba. Je l'allume tandis que la personne inconnue s'acharne à nouveau sur la pauvre porte. J'ouvre donc celle-ci en arpentant un sourire plus ou moins faux-cul. Une brune, lunettes noires, imper noir, chaussures noires. Sans un mot elle sort une enveloppe de son manteau, puis la place à l'intérieur du mien. D'ordinaire, j'aurais sûrement poser une ou deux question mais aujourd'hui n'était pas un jour ordinaire. Alors que j'allais découvrir le contenu de cette envelloppe, cette femme venimeuse arrache mon cigare d'entre mes dents pour l'écraser fermement avec son pied puis part sans un mot ni un regard.
Là, on va pas être copain tous les deux.
Avant de la poursuivre, je prends soin de refermer la porte et d'ouvrir le colis: une liasse de billet. Je cours alors pour la rattraper et je lui saisis le bras dans la cage d'escalier.
-Leçon numéro un, on se présente, j'vais quand même pas t'apprendre les bonnes manières. Leçon numéro deux, on est un tout petit peu plus jovial et leçon numéro trois; t'as oublié cent dollars.
Elle m'arrache encore une fois l'envelloppe des mains. Décidément cette fille me court sérieusement sur le haricot. Elle recompte les billets. C'est ça. Prend moi pour un abruti aussi...
-Il y a le compte, fait-elle d'un ton catégorique.
-Je sais très bien qu'il y a le compte seulement...
Alors qu'elle allait partir je l'attrape encore par le bras.
-Seulement, tu as écrasé mon cigare...
Je peux presque distinguer ses yeux étonnés et son rire retenu derrière son visage sans sentiments.
-Un cigare vaut beaucoup moins que cela.
-Ah, madame ne fume pas ! Ce cigare vaut beaucoup plus que n'importe quel autre cigare poupée; il a une énorme valeur sentimentale.
-Ah oui ?
-Ah oui !
Elle ajoute donc dans l'envelloppe cent dollars plus une floppée d'autres documents et la replace dans la poche intérieur droite de ma veste. Tandis qu'elle me tapote la poitrine et ajoutant un 'à demain' plus ou moins enthousiaste, je remarque que sa main droite est dépourvue d'un doigt. Le plus petit.
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La suite pour plus tard; en espérant que vous ayez toujours apprécié. Lieu et date inconnus volontairement 