Que se passe t-il en 89 ? Qu'est ce que ce mouvement, qui est souvent dépeint dans l'historiographie nationale comme un glorieux soulèvement du peuple uni pour la liberté, l'égalité et la fraternité ?
Comme pour toute légende nationale, la vérité est autre. Je propose d'examiner ces événements, avec comme objectif de les relier avec ce qui les suit. Eclairer les conditions de Brumaire, que j'ai déjà résumées sur un topic.
L'initiation du mouvement de 89 est le fait de la richesse mobilière, qui détenait de plus en plus de pouvoir économique, mais à qui les leviers de commande politiques étaient interdits.
Ceci n'a évidemment rien à voir la liberté ou l'égalité, ou encore la fraternité. Ce ne sont là que des slogans politiques.
La frange "supérieure" du tiers-état (appelée bourgeoisie. C'est à dire les non-nobles néanmoins propriétaires de moyens de production : la richesse mobilière), qui représentait une part croissante dans la richesse du pays, voyait son rôle politique étroitement limité par l'ordre social de l'ancien régime.
Elle a au cours du XVIIIe siècle résolu de récupérer tous ces leviers de commandes politiques qu'on lui interdisait alors qu'ils auraient dû accompagner les leviers de contrôle économiques que cette classe possédait déjà. C'est dans avec cet objectif en vue que le mouvement de 89 est initié. Pas par le petit peuple, qui aura néanmoins son rôle à jouer en tant qu'instrument.
De 89 à 91-92, les choses se passent à peu près bien. Un compromis semble trouvé entre affairistes et ancienne noblesse pour se partager le pouvoir plus sereinement. Le roi est toujours là et la bourgeoisie jouit d'une plus grande force politique. C'est la première monarchie constitutionnelle de France. On commence à voir le champ lexical du sacré se déplacer vers le business. C'est dorénavant la propriété qui est sacrée.
La célèbre loi le Chapelier interdit toutes coalitions ou regroupements d'ouvriers (on dirait syndicats de nos jours) sous peine de mort.
La grève n'existe pas.
C'est dans ce contexte que la fameuse "fête de la fédération", que nous commérons toujours le 14 Juillet, a lieu. Il s'agit du premier congrès armé de la bourgeoisie française réunie.
En même temps on ne peut critiquer les gouvernements post-révolution de ne pas appliquer le droit de grève et d'autoriser les syndicats, du point de vue d'alors.
Mais sinon je suis plutôt d'accord, sinon que le 14 Juillet peut aussi être célébré comme la commémoration de la première pierre historique à l'édification de la République, qui s'il est un régime imparfait, hypocrite et malsain, est tout de même le meilleur des pires comme le pensait justement ce sacré Churchill ...
"Tu veux dire "nobiliaire" non ?"
Non... Tu sais ce que c'est qu'un bien mobilier ?
"En tous cas tu m'as bien fait rire"
Intéressant. J'attends tes arguments ![]()
Je vais continuer un peu. J'essaye de pas poster un gros pavé d'un coup, sinon il va se faire ignorer. Alors que ce serait sympa de débattre de vos visions des événements que je décris.
Mais l'épisode Robespierre est une catastrophe pour cette classe, qui doit maintenant composer avec une plèbe qui remue et que Robespierre attise.
Thermidor arrange heureusement tout ca : le suffrage universel est aboli au profit du cens, et on revient à une gouvernance plus raisonnable.
Ce qui signifie en l'occurrence une politique socialement plus Voltairienne. Voltaire avait en effet une idée bien précise en matière de gouvernance : "une nation bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne" (correspondance privée avec René-Auguste de Chateaubriand)
Ainsi Boissy d'Anglas peut enfin annoncer le retour à "Un pays gouverné par les propriétaires, et dans l'ordre".
"Bien sûr, c'est juste que tu as mal formulé ta phrase.
Relis-la, et tu verras qu'elle n'est pas intelligible. "
Ben si... La richesse mobilière se caractérise par opposition à la richesse immobilière, alors largement détenue par la noblesse et le clergé.
Par "richesse mobilière" il faut comprendre les propriétaires de la richesse mobilière...
Si ca t'amuse. En fait c'est juste que toi tu n'avais pas compris, plus qu'une mauvaise formulation. Bref
Mais le succès n'est pas complet :
L'épisode Robespierre a laissé des traces : la faction "de gauche", que les jacobins dominent, est toujours présente dans le champ politique, et la faction "de droite" des royalistes a repris du poil de la bête, avec les récents déchirements entre "républicains".
On oscille donc, sous le Directoire, entre gauche et droite :
- Coup d'Etat de Fructidor contre les royalistes
- Coup d'Etat de Floreal contre les Jacobins
A partir de 98, la poussée de la "gauche" se fait plus pressante et plus insupportable à la faction possédante : le directeur La Révellière a décidé en Décembre 1798 qu'il fallait adjoindre aux généraux en campagne un contrôleur financier (les généraux étaient des généraux de rapine. Avec un contrôleur ca va se compliquer. Il faudra le corrompre, ou gagner moins d'argent) pour surveiller leurs agissements.
Au final ca fait bizarre petit bout par petit bout...
Pourquoi tu t'obstines autant avec La Révolution Française et Napoléon ? Surtout que tu vois bien que ça n'intéresse plus grand monde...
"Pourquoi tu t'obstines autant avec La Révolution Française et Napoléon ?"
Euuuuh... Parce que c'est un sujet intéressant ?
"Surtout que tu vois bien que ça n'intéresse plus grand monde..."
Je sais que sur ce forum, ce sont plutôt les sujets du style "quel est le meilleur avion de combat", "quelle est votre époque préférée", ou "quelle est la meilleure bataille de WW2" qui ont la cote, mais je ne désespère pas de pouvoir parler sérieusement d'Histoire de temps en temps.
Si l'Histoire t'intéresse pas, faut pas te sentir concerné par cette dernière phrase ![]()
Ce n'était pas une critique, mais c'est flagrant que les gens se lassent de tes discours sur la Révolution, même si c'est intéressant. La preuve est que plus grand monde ne te répond.
Ben oui : c'est pas évident de voir ses idoles exposées pour ce qu'elles sont. Surtout quand on a aucun argument pour les défendre.
Mais je ne désespère pas d'avoir un débat sérieux ici de temps en temps ![]()
" m.d. " sur les copies ... je déteste cette abréviation professoral ! d'ailleurs il m'a fallut longtemps avant de la déchiffrer parce que c'était mal écrit !!
...
" m. e." ![]()
Perso', je trouve que c'est un sujet intéressant.
Bon, j'ai pas trouvé la foi de lire le topic sur Napoléon, mais quand je trouverais le courage, je le ferrais.
Il faut savoir que Napoléon n'a jamais été que le délégué de la classe qui a initié le mouvement de 89 : celle de la richesse mobilière, qui détenait de plus en plus de pouvoir économique, mais à qui les leviers de commande politiques étaient interdits. Il est en quelque sorte le produit de la révolution. Son aboutissement logique.
Ceci n'a évidemment rien à voir la liberté ou l'égalité.
La frange "supérieure" du tiers-état (bourgeoisie), qui possédait une part croissante dans la richesse du pays, voyait son rôle étroitement limité par l'ordre d'ancien régime. Elle a, au cours du XVIIIe siècle, résolu de récupérer ces leviers de commandes politiques qu'on lui interdisait alors qu'ils auraient dû accompagner les leviers de contrôle économiques, qu'ils possédaient déjà.
C'est ca, 1789.
De 89 à 91-92, les choses se passent à peu près bien. Un compromis semble trouvé entre affairistes et ancienne noblesse pour se partager le pouvoir plus sereinement.
Mais l'épisode Robespierre est une catastrophe pour cette classe, qui doit maintenant composer avec une plèbe qui remue.
Thermidor arrange tout ca : le suffrage universel est aboli au profit du cens, et on revient à une gouvernance plus Voltairienne (socialement Voltairienne j'entends. Voltaire avait une idée précise en matière de gouvernance : "une nation bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne" (correspondance privée)).
Ainsi, Boissy d'Anglas annonce enfin le retour à "Un pays gouverné par les propriétaires, et dans l'ordre".
Mais le succès n'est pas complet :
L'épisode Robespierre a laissé des traces : la faction "de gauche", que les jacobins dominent, est toujours présente dans le champ politique, et la faction "de droite" des royalistes a repris du poil de la bête, avec les récents déchirements entre "républicains".
On oscille donc, sous le Directoire, entre gauche et droite :
- Coup d'Etat de Fructidor contre les royalistes
- Coup d'Etat de Floreal contre les Jacobins
A partir de 98, la poussée de la "gauche" se fait plus insupportable à la faction possédante : le directeur La Révellière a décidé en Décembre 1798 qu'il fallait adjoindre aux généraux un contrôleur financier (les généraux étaient des généraux de rapine. Avec un contrôleur ca va se compliquer. Il faudra le corrompre, ou gagner moins d'argent).
En 99, la situation se complique encore (et déjà à cause de Bonaparte, entre autres choses, soit dit en passant : d'une part le Directoire voulait se servir de l'Italie du Nord comme monnaie d'échange pour que l'Autriche reconnaisse l'occupation de la rive gauche du Rhin, mais Bonaparte a négocié sans ordre du Directoire un traité par lequel il créait 2 républiques (Cispadane et Transpadane) qu'il réunira bientôt en une seule (Transalpine), territoires inféodés à la France, ce qui est inacceptable pour les Européens (surtout l'Autriche. Tout le monde sait qu'elle n'acceptera jamais cela durablement), d'autre part, sa campagne d'Egypte et sa remontée par la Palestine entraine la Russie dans la guerre car elle sent ses intérêts orientaux menacés. La Russie regarde toujours du côté de Constantinople et n'aime pas voir les Français s'en approcher).
La France est menacée par l'Italie et la Suisse, occupées par les Austro-Russes, et par l'Allemagne et la République Batave (autre république inféodée à la France).
Napoléon décide donc de rentrer d'Egypte, laissant son armée en plan et sans prévenir personne, pas même Kleber.
Il part à cause de la situation extérieure française et des ambitions qu'il nourrit en tant que général : il voudrait participer à rétablir la situation et gagner ainsi en prestige et en influence. Mais il part aussi à cause de sa situation personnelle. L'affaire des dettes de Joséphine, qui a acheté la Malmaison à crédit. Et ca aussi, ca l'embête beaucoup (il ira jusqu'à dire "je n'ai plus de quoi vivre". Ce qui laisse croire que cette affaire personnelle n'est pas étrangère à sa désertion d'Egypte).
Bref, comme "la patrie" est à nouveau "en danger", l'esprit Républicain et Robespieriste reprend des forces.
- on abolit le remplacement militaire (un coup des Jacobins de la chambre des 500), ce qui veut dire que les fils de riches vont pour la première fois devoir aller se battre sans pouvoir payer un pauvre pour y aller à leur place ! Vous imaginez le scandale.
- on décide que la classe aisée doit payer un emprunt spécial pour financer cette guerre : la défense nationale exige de l'argent, et on le prend donc : emprunt forcé de 100 millions.
- on décide même d'un impôt progressif en fonction du patrimoine ! Une calamité.
C'est une véritable catastrophe pour tout les milieux de propriétaires français, qui fulminent et méditent sur ce qu'ils vont pouvoir faire pour remédier à cette véritable "anarchie" .
C'est vraiment un tel scandale que selon madame de Staël "les personnes aisées en était réduites à affecter les apparences de la misère" .
Albert Vandal (homme pourtant raisonnable et bien-pensant, qui a écrit son "avènement de Bonaparte tout à fait en adéquation avec l'Histoire de bon aloi) dira quant à lui : "les classes aisées en venaient à attendre l'étranger. Elles l'appelaient même, peut-être" …
De plus, les délégations aux fournisseurs sont suspendues "jusqu'à épuration de leurs comptes" :
-> Je rappelle que les "fournisseurs" sont des gens qui se sont enrichis comme Voltaire : en fournissant l'armée, toujours à grand renfort d'arnaques et de trucages de comptes).
Ils avaient obtenu du Directoire un droit prioritaire sur les rentrées d'impôts : quand on prélevait l'impôts, les fournisseurs devaient être les premiers payés, les premiers à toucher l'argent des impôts.
Comme leurs comptes sont presque toujours des comptes truqués, ils sont furieux.
- On reparle même du "Maximum" (un prix maximum pour certaines denrées. En général le pain), ce qui est proprement inacceptable pour les gens d'affaires.
Décidément, cette année 99 est une catastrophe gauchiste. C'est intenable pour les possédants.
C'est d'ailleurs le moment où l'on commence à voir tout le champ lexical du "sacré" s'associer aux écrits traitant de "la propriété". Celle-ci étant considérée comme en péril, il convient de redresser la barre :
On se met donc à imaginer un parachèvement du mouvement de 89. Il faut modifier le gouvernement de la France. Pourquoi pas mettre un "sabre" à la tête du pays. Un sabre à qui on donnerait le faste et la gloire, et qui en retour mettrait en oeuvre une politique économique comme on la souhaite : celle qu'auront décidé les financiers du coup de force. Le sabre sera leur obligé.
Ce sera Brumaire.
Et Napoléon, dans tout ca ?
Dès qu'il débarque près de Frejus, il apprend que la situation extérieure de la France est rétablie (Brune a remporté de grandes victoires en Hollande (convention d'Alkmaar), et Massena est victorieux en Suisse).
Même si le danger d'ordre extérieur n'existe plus, la classe possédante veut toujours en finir avec ce fameux "danger" qui pèse sur "la propriété", et l'opération sera lancée quoi qu'il arrive.
Pourtant, comme le dira lui-même Napoléon (le 22 Décembre 1816) : "Au dehors, le péril n'existait plus, et à l'intérieur, le directoire avait les moyens de se soutenir. Il n'y avait à craindre aucune dissolution, aucune dislocation du pays." (cahiers de Bertrand)
La situation du Directoire était bonne, donc (d'ailleurs pour l'année 1799, la balance commerciale est excédentaire d'environ 50 millions), mais la situation sociale déplaisait souverainement à une fraction de nantis.
Peut-importe, le gauchisme a lassé les profiteurs de 89. Ils n'ont pas fait la révolution pour ca !
Napoléon n'a donc plus qu'à croquer les marrons, déjà tirés du feu.
Il apprend aussi dans la foulée de son retour que le général Joubert a été tué en Italie du Nord (15 Août 1799). Il est ravi : il sait que sieyès, Talleyrand, et leur bande vont préparer quelque chose, et ca fait toujours un rival important en moins. (il dit "s'il avait survécu, il m'eu beaucoup gêné")
Joubert l'aurait gêné ? Pourquoi ? Et bien Sieyès et ses amis du business ne l'ont pas attendu pour travailler sur un projet de prise de pouvoir.
.Talleyrand aurait été favorable à un appel au Duc d'Orléans (Louis-Philippe), mais Sieyès pense qu'il ne vaut mieux pas. Ca fait vraiment retour à la monarchie old-style.
.Sieyès a songé à un prince Prussien (on avait déjà pensé à lui dès 1792) : Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick (l'homme du manifeste, qui passe pour éclairé). Là, c'est Barras qui n'est pas d'accord : Il faut s'arranger entre soi, entre français. Ne pas faire entrer d'intérêt étranger dans le jeu.
Alors on se décide pour un sabre. Mais lequel ?
.Sieyès avait d'abord misé sur Joubert, mais il est tué, comme on l'a vu.
.On regarde du côté de Augereau et Bernadotte, mais ils sont jugés trop jacobins, et ce n'est pas le moment de faire dans le jacobinisme, alors qu'on dit qu'il y a un danger de gauche (ce sera le prétexte de brumaire). Les financiers du coup d'Etat ne veulent pas risquer le coup et se retrouver avec un gauchiste au pouvoir. Ce serait contre-productif. Alors on laisse tomber.
.On s'approche de Moreau, mais il est trop prudent. Il hésite, il ne donne pas de réponse claire.
Sieyès n'a à la base pas du tout envie de ce Bonaparte. Il le connait, il sait que c'est un petit fauve qui n'en fait qu'à sa tête. Il sait son avidité d'argent, qu'il partage, et sent qu'ils vont s'affronter à ce propos (il le dit à Barras, qui approuve). Bonaparte n'aime pas Sieyès non-plus, pour les mêmes raisons. Ni l'un ni l'autre ne veut faire le premier pas.
Dès son retour, Napoléon fait des déclarations flamboyantes à propos de sa mission d'Egypte, alors qu'il a quasiment déserté (parti sans prévenir personne, sans ordre), et laissé son armée à l'abandon, si bien qu'elle se fera décimer et que Kleber se fera descendre l'année suivante par un révolté.
C'est Talleyrand qui va arranger les choses.
Il affirme à Bonaparte que Sieyès a trouvé de l'argent : il disposerait de 30 millions. (le fameux cartel franco-suisse qui financera brumaire et fera la politique économique de Bonaparte au pouvoir)
Quand on parle de millions à Bonaparte, on a tout de suite toute son attention : il se dit que puisque Sieyès a visiblement les financiers derrière lui, il faut y aller.
Après avoir réglés entre eux quelques problèmes de stratégie, à propos desquels Napoléon se montre plus fin tacticien que Sieyès (notamment à propos de l'utilisation de l'armée, que Napoléon veut minimiser. Il la réserve aux "gens de sans-terre" comme il dit. c'est à dire aux faubourgs, s'ils bougent), l'affaire est décidée.
L'opération ne peut plus échouer : elle a l'argent derrière elle.
-> Roederer : "Je ne doutais pas de son succès car je lui voyais le plus puissant des auxiliaires : l'argent"
-> Albert Vandal (dans son pourtant si bien-pensant "Avènement de Bonaparte" T.1 ) : "les tripoteurs flairaient une affaire énorme"
Voici quelques noms parmi ceux qui ont financé Brumaire. Un excellent investissement. Beaucoup se retrouveront à la banque de France. Tous aurons l'occasion de se d'entretenir une vraie fortune.
-On a donc le soutien financier des Perregaux (financier Suisse)
-Ouvrard se réserve, mais quand il voit qu'on met dans le coup Cambacerès (chef du contentieux à la banque d'Ouvrard : sa banque), il accepte de financer aussi.
-On a Jean-Pierre Collot,
- Martin Michel charles Gaudin est aussi mis dans le coup
- Jean-Barthélémy Le Couteulx (qui dinera avec Bonaparte le soir-même du 18 Brumaire)
- Roederer bien sûr.
- La famille Mallet participe également.
Tous recevront immédiatement leurs récompenses : les délégations sont rendues aux fournisseurs le soir même du 18 Brumaire ! (A la suite d'un diner avec le banquier Le Couteulx. Ca c'est de l'efficacité ! on sent qu'il y avait urgence. Le remplacement militaire est aussi rapidement remis en place. Les riches ne sont plus obligés d'aller se battre.
Certains des principaux financiers du coup de force seront rapidement mis à la tête de la nouvelle "banque de France", qui n'est en fait qu'un banque privée qui s'intitule ainsi, et qui recoit divers avantages fiscaux ainsi que l'exclusivité de l'émission de monnaie : c'était le deal pour l'alliance de Brumaire. Bonaparte respecte son contrat.
D'autres reçoivent des charges de gouvernement sous le nouveaux régimes. Tous sont récompensés et continueront à l'être dans les années suivantes.
-> Tous vont se faire des testicules en metal précieux au cours de la période où leur poulain occupera le haut du pavé.
(Lorsque Bonaparte rompra le charme et perdra les soutiens qui l'ont placé là, après la retraite de Russie, il n'aura plus la moindre chance de se maintenir. (pour se refaire après la retraite, il est obligé d'abolir le remplacement militaire, qu'il avait remis en place, et surtout il brise le monopole de la Banque de France sur l'émission de papier monnaie, ce qui met les banquiers hors d'eux. Enfin, il ponctionne sévèrement les propriétaires en levant de nouveaux impôts obligatoires.
C'est le désenchantement : on ne l'a pas mis aux commandes pour ca, il faut qu'il parte.
Il n'est plus soutenu, et ne pourra plus se maintenir quoi qu'il arrive (comme l'explique Talleyrand lui-même).
Un nouveau pavay owi ![]()
Je lis ![]()
Venant d'un anti-patriote qu'est cette personne, je ne lirais pas ![]()
T'as raison : faut toujours lire uniquement les gens qui pensent comme toi. Y a pas mieux pour l'épanouissement intellectuel
Tu sais, je demande pas grand chose. Un avis un peu argumenté, positif ou négatif, et un débat sérieux.
Mais apparemment si on égratigne les symboles quasi-religieux de certains nationalistes, ils préfèrent se mettre la tête dans le sable plutôt que de ne serait-ce que lire...
Dommage ![]()
Bon, pour te faire plaisir, je vais lire ![]()