C'est ce qu'il dit aussi et ça me semble très caricatural.
C'est l'image qu'on a de lui en général mais justement j'ai lu quelques ouvrages sur lui et c'est très différent.
Grosso modo c'est une espèce de philosophe qui a voulu imposer ses vues atypiques en politiques mais qui n'a pas réussi.
Détesté de la plupart des "partis" (le mot est impropre),il était une sorte d'électron libre. il était aussi caractériel, capable d'action très vive comme en 1789 mais aussi capable de vite se braquer et de s'enfermer dans ce qu'il appelait son "silence philosophique".
Un peu comme Condorcet, même allié aux Girondin ce dernier garde quand même ses spécificités.
Après son ultime échec face à Napoléon lors de la rédaction de la constitution de l'an VIII, je pense que Sieyès a accepté le domaine de Crosne et tout ce qui suivit surtout parce qu'il avait échoué dans son véritable but, à savoir imposer ses vues politiques, un peu comme une compensation.
Guillemin pense que Sieyès se voyait comme Grand Electeur, je pense plutôt qu'il voulait installer Bonaparte dans ce rôle pour le neutraliser.
Son système donnait au parlement la possibilité d'annuler complètement le peu de pouvoir dont disposait le Grand Electeur s'il devenait toxique.
Et d'ailleurs dans son rapport sur l'était des armées, bien avant Bonaparte, il mettait en garde contre le pouvoir d'un général qui deviendrait indispensable.
Sur Sieyès : Paul Bastid : Sieyès et sa pensée.
Le livre de Jean Denis Bredin aussi : Sieyès, la clé de la Révolution Française.