Plan 9 From Outer Sickness
- Prélude -
Elle m’appelait, m’attirait. Cette porte grande ouverte qui laissait passer une lumière crémeuse et suave promettant de répondre à toutes les questions qui hantaient non seulement mon esprit, mais la totalité de la ville. Ce scintillement… Je le voyais déjà s’insérer en moi et injecter des ondes réconfortantes. Je m’imaginais déjà, goûtant un avant-goût de paradis plein d’optimisme et de raison. Ce passage sur lequel j’avais peint tant d’espoir représentait l’issue finale. L’échappatoire de ce monde infernal. Quelle fut ma surprise, alors que l’euphorie emplissait chaque parcelle de mon être, que de heurter quelque chose. Le genre de truc, vous brisant vos espoirs de manière brutale. Réellement, ce n’était pas. Mais je pouvais me le concevoir comme une barrière invisible m’interdisant d’atteindre la lueur blanchâtre. Le dernier obstacle vers l’entendement. Ce mur était doté d’une telle force que mon corps déjà assez malmené se retrouva projeté contre une épaisse cloison faite de ciment et de cette matière gluante et funeste qui avilissait la totalité de ce lieu telle une morbide affection. Le choc rendit mon esprit frivole, et je me mis à me remémorer les événements précédents. Réveillant ainsi les plaies causées à mon âme torturée et tourmentée par des démons innommables que seul cet antre chtonien pouvait receler.
Le lycée n’avait pas changé. Du moins, pour ce que je pouvais m’en rappeler. Comme pour signaler mes incertitudes, un brouillard dense tournoyait autour du bâtiment. Ce lieu n’était en effet qu’un souvenir perdu dans les brumes de mes pensées. Un petit muret de pierres défraîchies sur lesquelles la mousse foisonnait enlaçait cet antre d’étudiants. Les grilles d’entrées étaient solidement verrouillées et l’on pouvait voir derrière ces dernières l’espace désolé qu’était la cour. Là où autrefois on allait prendre l’air entre deux heures de cours, le temps de griller une cigarette et de raconter les nouveautés survenues dans notre vie d’adolescent. Nos tracas si superficiels furent-ils, ainsi que notre éveil à la sexualité, permettaient d’alimenter une conversation amplement suffisante pour nous rassasier en palabres. Les mêmes arbres morts se dressaient de manière contingente, destinés à n’être que des éléments contribuant à l’ambiance morne que dégageait cet endroit.
Désireux d’explorer plus avant mon ancien lycée, j’avais gravi aisément l’enceinte rocailleuse pour vingt après fouler de nouveau cette cour. Ma main glissa naturellement vers le paquet de cigarettes enfoui dans ma poche revolver, comme si cette place me prédisposait à fumer. Je ne me fis pas prier, et la clope nouvellement au bec, je me mis en marche vers les doubles portes d’un vert élimé conduisant au grand hall où les élèves se confondaient dans une masse informe. La fumée s’échappant de mon tube de nicotine se mélangeait au brouillard qui semblait se comprimer à chacun de mes pas comme s’il était avide de m’étrangler.
Evidemment, l’ouverture était, de la même manière que les grilles d’entrée, cadenassées. Part les vitres encrassées je pouvais contempler les ténèbres intérieures, faiblement illuminées par le néon permettant d’indiquer la sortie de secours. Apparemment, tout semblait mort. Après tout, je n’espérais pas que ce lieu soit fréquenté après avoir vu ce que Silent Hill était devenu. Une véritable ville fantôme. Les événements qui se sont déroulés ici, j’avoue les ignorer totalement. J’avais survolé quelques articles concernant une énigmatique secte agissant dans les tréfonds de la ville, mais je me dois d’avouer que cela ne me passionnait pas d’avantage. Ce lieu n’était pour moi qu’une bribe de pensée au fond de ma mémoire, j’avais tourné le page le jour, où diplôme en main, j’avais rejoins de grandes écoles. Loin de cette contrée paumée, loin de son histoire…
Et pourtant, me revoici, traînant mes basques dans les parages tel un revenant de ces temps éteints. Les raisons qui m’y avaient poussé étaient obscures. Les raconter, ce serait faire croire que je suis déséquilibré. Mais la suite de mes mésaventures suit cette même logique. Un naufrage dans un univers incohérent où la logique semble proscrite pour laisser place à une maladive et rampante aliénation.
mmm...
Je ressort assez décu de ce texte
. Il est bon dans l´ensemble, le style est plus que correct, l´histoire semble interessante (tiré du jeu vidéo Silent Hill apparament) , mais cet ecrit n´a pas l´étincelle qui permettait de se plonger totalemnt dans tes autres textes (tu me sauverais la vie en premier lieu). Ce qui fait qu´on à un peu de mal à entrer dans l´ambiance. Ca reste de l´excellent qualité, mais...
Bonne chance dans tes autres écrits ![]()
Pas mal, ça a l´air mon style d´histoire. C´est bien écrit, il manque peut-être juste quelques virgules à quelques endroits. Et t´as oublier "ans", dans "vingt ans après fouler de nouveau cette cour."
Mais ça s´annonce bien, tu compte vraiment reprendre Silent Hill, ou t´en éloigner ?
Aimant beaucoup Silent Hill, même si il n´y´a pas encore d´action, je connais bien cette ambiance de solitude dans un établissement, ce qui ne m´est pas déplaisant.
J´espère que tu ne suivras pas trop la trame des jeux vidéo pour garder de l´originalité et que tu reprendras des élements du 3 qui est mon préféré. ![]()
Ah mince, j´ai gardé le vingt ans sans faire exprès... En fait il est réduit d´une dizaine d´années maintenant. Vingt ans ayant été jugé trop vieux pour le personnage à mon goût. Je compte juste reprendre un élement majeur de Silent Hill 2 pour le moment, mais tout est susceptible de changer
Merci de vos lectures.
Lu.
Approuvé.
Pas dans l´état de faire un commentaire plus constructif.
Merci.
La suite !
Du Ed Wood surle forum ![]()
Je connais pas beaucoup Silent Hill, cependant l´atmosphère pesante de solitude semble bien retranscrite. J´ai bien aimé. Je t´aime toujours ![]()
Yep´, pas mieux : génial.
Contrairement à d´autres, je te préfère ici, dans cette atmosphère sombre que tu retranscris si bien.
La suiteuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh! ![]()
T´as jamais essayé d´écrire à la troisième personne ?
Ben si, regarde ici
:
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-58-8481-1-0-1-0-0.htm
(si je ne m´abuse, c´est le premier texte que j´ai lu de Soul´ d´ailleurs)
Bon allez je vais faire chier avec les détails pourris puisque de toute façon j´ai rien de plus constructif é pondre...
d´abord cette phrase, relevée par Squall46:
"Désireux d’explorer plus avant mon ancien lycée, j’avais gravi aisément l’enceinte rocailleuse pour vingt après fouler de nouveau cette cour." -> certes il manque le "ans" mais je n´en comprends pas plus la signification du "pour vingt ans...", ça me parrait pas trop français mais bon c´est peut-être moi qui me trompe, comme pour le "foulé" que j´aurais mis plutôt que "fouler"...
Question fond c´est pas mal du tout (bon ça je pense que tu le savais déjà) mais je ne sais pourquoi j´ai lu le premier paragraphe sans y entrer... ![]()
Et puis ben sinon c´est tout hein... je vais pas réclamer la suite car je saurai pas quand la lire mais... elle le méritrait pourtant amplement ^^
Az
Tiens, oui, c´est vrai. J´avais pas vu ... Mais c´est une toute petite nouvelle de rien du tout. Alors que Providence, Erzengel et les autres textes sont écrits à la première personne. Pourquoi ?
Parce que chacun son style et qu´écrire à la première personne comporte certains avantages, et qu´on s´y sent parfois/souvent plus à l´aise sur certains sujets. C´t´un choix. En c´moment (sur les derniers mois i mean), j´écris la plupart de mes nouvelles à la première personne car je trouve que ça colle mieux. Ce qui ne m´empêche pas d´écrire ma fic´ à la troisième. Styles différents, thèmes et objectifs différents, donc... ![]()
Il me semble que l´écriture exacte est "fouler" puisque c´est "pour fouler"... Je crois que l´accumulation des adjectifs rend le texte un peu imperméable, cependant.
La première personne est idéale quand l´on ne s´interesse qu´à un seul individu, ses pensées, ses sentiments, sa vision... C´est étrange, l´on ne blâme jamais les personnes écrivant uniquement à la troisième personne ![]()
J´ai lu et j´ai trouvé ça bien !
Je n´ai jamais joué à Silent Hill mais je connais d´autres Survival Horror (Resident Evil 2 et... Resident Evil). Et j´ai bien aimé retrouver cette certaine ambiance de solitude m^me si pour l´instant ce n´est pas très angoissant vu qu´il ne se passe pas grand chose.
Bref, la suite !!
- 1 -
Mon existence, celle précédent les mésaventures qui me sont arrivées dans ce lycée, est digne d’un globe trotter. De New York à Londres, je menais des études importantes dans l’espoir de déboucher dans le milieu très élitiste du droit et de ce qui s’en rapproche. Objectif qui était presque atteint. Accumulant les foyers que je ne fréquentais dès fois qu’un semestre, je trimballais derrière moi mon lot plus ou moins important de cartons. Vêtements, vaisselle, armada de livres croissant au fil de mes pérégrinations, cahiers d’études et autres documents importants pour mon avenir… Tout cela s’entassait et me suivait déménagement après déménagement.
Un jour, je la vis. Débarquant fraîchement dans mon nouveau studio meublé à l’avance, je me suis retrouvé cerné par ces montagnes de bagages qu’il me fallait déballer et ordonner à l’intérieur de ce récent habitat. Et alors que je contemplais avec indolence le travail qu’il me fallait effectuer, mon regard fut attiré vers elle. Une petite serviette en cuir si défraîchie qu’elle semblait être une antiquité. Confondu par cette présence étrangère et rongé par la curiosité, mais aussi poussé par une force immatérielle qui me dépassait, je l’ouvris. Des cours. Ce n’était que des vulgaires prises de notes datant de ma dernière année d’étude. Mon écriture d’antan, si brouillonne et grossière me fit sourire. Ah, ces cours d’histoire où je m’ennuyais au fin fond de la classe. Et les cours de maths où je me retrouvais confronté à un tableau recouvert de biscornus hiéroglyphes. Avec la nonchalance qui m’envahissait à cette époque, je peux effectivement me demander comment j’ai pu arriver dans cette sphère où il faut oeuvrer avec efficacité et rigueur pour réussir.
« Tu l’as tué ! Tu l’as tué ! »
Tel était les mots inscrits sur une de ces pages. A l’épaisseur du trait, je devinais que le responsable de cet acte était un imposant marqueur. La couleur vermeille de ce dernier semblait absorber la lumière pour refléter d’avantage son sinistre message. Qui avait écrit cela ? Qui avait été tué ? Je n’avais aucune trace de ce genre de souvenir. Et comme pour rajouter une couche à ma confusion, une pochette glissa hors de la serviette, dévoilant au grand jour son impeccable surface couleur océan contrastant avec l’ancienneté de la sacoche en cuir. Elle contenait une photo. Et ce même surligneur rouge en avait raturé la quasi-totalité. Tous les visages, excepté le mien, avaient été griffonnés. Les autres appartenaient à ceux de mes trois autres camarades avec qui on avait vaillamment affronté les années lycéennes. Quelle belle époque… Mais que signifiaient les ratures ? Et d’où provenaient-elles ? Comme si ce geste allait m’aider à répondre à mes questions, je retournai la photographie.
« Pourquoi tu ne m’as pas empêché ? Rejoins moi maintenant. »
Cette écriture féminine me semblait familière. Cette encre bleue et ce trait fin étaient d’une banalité sans précédente, mais les boucles harmonieuses qui étayaient et caractérisaient ces notes, me firent ressentir un léger pincement au cœur. Etait-ce vraiment elle ? Mais comment avait-elle pu me retrouver et déposer cette serviette ici ? Car il était évident maintenant que ce n’était pas une de mes possessions.
Cela peut vous paraître stupide, mais ma présence ici est uniquement liée à cette recherche d’explication. Je voulais savoir de quoi en détournaient ces sombres messages, quelles en étaient leurs finalités. Il aurait fallu être totalement insensé pour manquer des heures importantes de cours et céder à ses pulsions pour retourner dans cette ville perdue. C’est pourtant ce que j’ai fait, et loin d’obtenir des réponses claires, mon excursion ne m’a permis que de lever de nouvelles incertitudes, voir même de mettre en doute ma propre existence. Elle, ce n’était qu’une excuse, un prétexte pour m’attirer ici. Ce qui se tramait derrière dépassait l’entendement humain. Et par je ne sais quel hasard, j’en était le funeste dessein.
Bon bah la trame se met en place, j´aime bien !!
La suiteeuuh.
Good. ![]()
- 2 -
Cette calamité obséquieuse allait à mon encontre. Au début, ses contours d’humanoïde me laissèrent penser que j’avais un homme en face de moi. Son pas grossier et las me confortait dans l’idée qu’il s’agissait d’un vieillard ployant sous le poids des années. Mais bien vite, alors que ses foulées languissantes s´intensifiaient, sa silhouette se dévoila peu à peu à la lueur émanant du clair de lune extérieur qui daignait filtrer la crasse accumulée sur ces vitres pour nous baigner d’une lueur blafarde et anémique. Je n’eus qu’une vision fugitive de cette créature avant que mon instinct ne me force à détaler loin de l’horreur indicible dont les chairs suintantes et son odeur nauséeuse se rapprochait d’avantage.
C’est ainsi, prenant mes jambes à mon cou et parcourant le lycée de manière hasardeuse que j’aperçu pour la première fois la lumière innocente s’évacuant de la porte ouverte. Mes sens en furent alertés, et d’un pas hâtif, j’allais à sa rencontre, attiré comme un vulgaire papillon de nuit. Le raclement métallique s’élevant dans les airs comme un sinistre présage me fit comprendre qu’il était encore trop tôt pour découvrir ce que ce feu lactescent et exaltant recelait. Une sourde douleur me traversa telle une onde mortifiante, et ma vision se brouilla pour ne devenir qu’un écran opaque et hermétique.
Le silence fut rompu par une sirène discordante porteuse d’insalubrités et d’un endémique tourment. Mes yeux se rouvrirent sur un univers nouveau qui ne m’était pour autant pas anonyme. Le lycée était toujours là, mais il semblait avoir été absorbé par une maladie pernicieuse. Une matière cancéreuse avait fait son apparition, semblant sécréter un mal prépondérant se traduisant par la prolifération de cette substance noirâtre qui noyait les lieux que j’avais arpenté autrefois. Il m’avait déplacé. Quelque soit ce « Il », je ne pouvais pas le décrire matériellement, mais son psychisme me semblait ambigu. J’avais saisi alors qu’il voulait m’empêcher d’atteindre la lumière blanche, que ces pensées n’étaient pas belliqueuses, mais au contraire tenant plus d’une éventuelle protection. Son arme était si massive qu’il aurait pu me trancher en deux, mais il m’avait conservé en vie et m’avait apparemment traîné jusqu’ici, c´est-à-dire le tout dernier étage du lycée.
Ce niveau, on n’y avait théoriquement pas le droit d’y accéder. Mais, notre fougue adolescente, et notre envie décuplée de faire le plus de conneries possibles, nous ont poussé à franchir cette interdiction. Ainsi, par un escalier de service nous avons atteint ce sixième étage. Là, on pouvait trouver les chambres appartenant au personnel du bâtiment. Malheureusement pour nous, elles étaient verrouillées. Mais, en guise de consolation, une fenêtre donnant sur le toit était présente. Dans ce lycée où l’affliction se répandait, je me rendis comme à l’époque sur cette esplanade surplombant l’univers alentour. Alors qu’autrefois s’étendait au loin une vallée verdoyante, le décor avait été substitué par un voile ténébreux et froid. De ma position, je pouvais apercevoir la cour intérieure avec ses paniers de basket. Ce n’était plus qu’un pandémonium. A travers la brume, l’on pouvait apercevoir les silhouettes indécises de bon nombre de créatures hagardes.
Les souvenirs me reviennent en vagues plus ou moins indécises. Les heures de cours séchées avec ma meilleure amie pour aller fumer un joint là haut, étalé sur les graviers, main dans la main à regarder les nuages. La fille qui y était redescendue avec le pucelage en moins. Le lancer d’œufs du haut de six étages sur les lycéens se trouvant en dessous, tellement petits à nos yeux qu’ils ressemblaient à des insectes. Cette période où l’on croyait pouvoir changer le monde à travers nos paroles. Que cette époque me paraissait lointaine et merveilleuse. Mais aujourd’hui, elle avait laissé place à la noirceur. La nostalgie avait sclérosé le lycée. Maintenant, je ne pouvais plus me permettre de m’octroyer des heures d’oisiveté au profit de bons instants saupoudrés de quelques plaisanteries espiègles.
Mais au milieu des limbes se mouvant dans la cour, une silhouette rayonnante avait son apparition. Son aura était telle qu’elle ne pouvait pas être un de ces maléfices démoniaques qui hantent mon esprit. Elle contrastait étrangement aux ombres mitoyennes, et tout comme la lumière filtrant au travers la porte, elle me séduisait, me désirait. Il me fallait la rejoindre, descendre avec hâte les six étages me séparant d’elle, et pouvoir enfin discerner les premières onces de la vérité que l’on tentait de me faire comprendre.
Euh...ouais c´bien mais j´ai pas tout compris. :/ Tout est sous-entendu j´ai l´impression, à travers beaucoup de termes peut-être pas alambiqués, mais relevant quand même d´un vocabulaire plus soutenu que ta normale^^ (et je dois avouer que je te préfère dans "Tu me sauverais la vie toi?")
Enfin bref, ton récit est une brume très intense que j´aimerais bien pouvoir percer légèrement pour ne serait-ce qu´entrapercevoir la lumière.
Accessoirement, j´attends quand même la suite. ![]()