MEMOIRES D’UN TEMPS OUBLIE
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Tome un : La guerre de Compaste
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Chapitre premier : le soir de la République
La République de Doulanor était une brillante nation, qui à travers l’histoire du monde Atlante avait toujours montré de la bienveillance, un pacifisme inflexible et une sincère amitié envers les pays voisins. Doulanor était une vaste et grande île dans la partie orientale de l’Océan Eidinis, tout proche du pôle sud. A l’écart des conflits et des querelles du continent, la république prospérait et ses citoyens menaient une vie agréable.
Doulanor avait acquis une telle notoriété avec le temps, et démontré mainte fois sa confiance, que des institutions renommées et des reliques précieuses avaient été placées sur le territoire dont la neutralité politique n’était plus à mettre en doute. L’Académie des Sciences Occultes, ou de la magie comme les gens avaient l’habitude de l’appeler, s’était implantée au cœur de la grande métropole Grimdulil, capitale de la république de Doulanor. Des artefacts puissants et des livres sacrés arrivaient chaque jour du monde entier pour enrichir davantage l’impressionnante collection de l’Académie, dont le joyau était le sceptre de Molaesius, le plus puissant sorcier de tout le temps, mort depuis déjà fort longtemps.
Néanmoins, une tâche venait noircir ce fabuleux tableau : la trygonastie de Mnémoside. C’était était comme une sorte de famille, mais également une institution noble, et chaque atlantéen y appartenaient à une. Certaines étaient peu connues et trop communes, tandis que d’autres étaient très puissantes et influentes dont la non moins célèbre trygonastie de Mnémoside. Némésis, qui en était le 112ème descendant, était le président de la République de Doulanor. Le problème résidait en le fait qu’il était le 9ème membre de sa famille à accéder à cette fonction.
En effet, depuis des décennies, cette trygonastie avait progressivement transformé la république en une trygonarchie. C’était totalement interdit selon la loi mais comme le régime était démocratique, le peuple élisait qui il voulait et à chaque fois les Mnémosides se débrouillaient pour placer quelqu’un de leur trygonastie.
En temps normal, le conseil supérieur de l’Archontat, la plus haute institution de la planète, aurait saisi l’affaire et de nouvelles élections, plus surveillées et moins familiales, auraient vu le jour. Seulement, une affaire bien plus importante occupé le conseil : la colonisation de Compaste.
Compaste était la seconde planète du système solaire et il se trouvait qu’elle était habitable. Il avait fallu des siècles de recherches pour que les sorciers les plus émérites arrivassent à trouver un moyen pour s’y rendre. Ainsi, des vortex étaient ouverts, tels des tunnels, et les atlantéens pouvaient se rendre librement sur l’une ou l’autre planète. Un autre procédé original consistait à créer une sphère magique pour se mouvoir dans l’espace. En bref, les moyens ne manquaient pas.
Les premiers colons s’étaient installés sur la planète il y avait de cela deux siècles et Compaste tendait à se développer rapidement, trop rapidement, ce qui inquiétait le conseil supérieur de l’Archontat qui avait peur de voir surgir une puissance ennemie. C’est pourquoi l’Archonte, le chef de la planète et l’un des sorciers les plus puissants, faisait tout pour entretenir de bonnes relations entre les deux mondes.
Depuis, il existait une sorte de statut quo entre Atlante et Compaste, un semblant de relation froide sans animosité ni réelle amitié. Cependant, ce fragile équilibre fut brisé un soir d’été dans le palais présidentiel de Doulanor.
Némésis était en compagnie de ses deux fils Lethys et Hudrélos, afin de leur annoncer une nouvelle décisive pour l’avenir du pays. Bien que Lethys fût l’aîné, Némésis avait toujours porté plus d’attention à son second fils. Selon ses dires il ressemblait énormément à sa défunte mère, et c’est pourquoi Némésis avait sans doute dévolu l’amour de sa femme sur Hudrélos. Lethys n’était pas jaloux, ce qui l’énervait le plus c’était que son père ne l’écoutait pas beaucoup et qu’il prenait rarement en considération ses réflexions malgré le bon sens dont le jeune homme faisait preuve.
Némésis était confronté à un problème : il avait dû choisir qui deviendrait président après lui. Il aurait mille fois préféré Hudrélos mais ce dernier avait un handicap majeur : il était incapable d’exercer la magie. Or pour accéder à la présidence, la constitution spécifiait que le candidat devait la pratiquer afin de défendre plus efficacement la nation. Némésis était dans une impasse, il ne pouvait pas modifier la constitution par un amendement supplémentaire car il en avait déjà trop aménagé au cours de son mandat, et de plus, l’Académie des Sciences occultes l’aurait vu d’un très mauvais œil.
Lethys était donc tout désigné et ce soir là Némésis venait de leur annoncer la nouvelle. Un rictus de colère dévisagea Hudrélos, il rêvait depuis toujours d’être président et son père, qu’il avait tant chéri, venait de le trahir. De son côté, Lethys était tout aussi furieux.
- Je refuse, dit-il catégoriquement.
- Tu ne peux pas, rétorqua Némésis en sommant du bras Hudrélos de ne pas réagir.
- Bien sûr que si, et jamais tu ne réussiras à m’y contraindre. Je n’aime pas la politique et je trouve que notre système est devenu archaïque. De plus, je ne veux pas être à la tête d’une trygonarchie.
Hudrélos, qui n’avait jamais réellement apprécié son frère, se leva et empoigna Lethys. Il était plus jeune, mais bien mieux bâti et il ne se gêna pas un seul instant pour frapper son frère qui chut mollement sur le sol. Némésis n’avait même pas tenté de retenir son fils ni de le réprimander.
- Ouvrez les yeux, dit-il en se relevant péniblement. Il va bien falloir que quelqu’un d’autre se fasse élire.
- Tu oublies que la trygonastie de Mnémoside est très restreinte, répondit Némésis en se levant, pour aller marcher le long des colonnades qui décoraient son bureau. Ton cousin Alphos pourrait très bien faire l’affaire mais il n’est pas en âge et les autres … les autres s’occupent de tâches dont ils ne peuvent s’y soustraire.
Lethys marcha alors à côté de son père, laissant Hudrélos vissé sur son siège et noyé dans sa colère. Némésis était un petit homme, vieux et maigre. A côté, Lethys était grand et avait le même faciès que son père. De dos, il était alors presque impossible de les différencier sauf par leur taille. La conversation continua sur un ton plus bas.
- Il y a un autre moyen, dit doucement Némésis en jetant un regard à son second fils. Un moyen qui arrangerait tout le monde et qui permettrait de régler de nombreux problèmes.
Lethys comprit aussitôt ou voulait en venir Némésis. Quel était le moyen d’avoir un gouvernement où l’on serait libre de choisir son successeur et où ces derniers appartiendraient à la même famille ?
- Un empire ! s’exclama Lethys. C’est impossible, jamais les gens ne l’accepteront.
- Tu es naïf. Cela faits quelques générations déjà que la gouvernement est devenue familiale, personne ne verrait la différence entre un empire et une république en dehors de l’appellation.
- Aucune différence ! Les pouvoirs ne seraient plus séparés et se serait la porte ouverte à une dictature.
Némésis sourit calmement et mit sa main sur une épaule de Lethys.
- En ce cas, devient président. Ne préférerais-tu pas une trygonastie rouillée qu’un empire naissant dirigé par ton de frère ?
- Jamais ! hurla Lethys en repoussant son père. Il faut que cela change. J’en informerai l’Archonte s’il le faut.
- Fait le, répondit Némésis sur un ton sarcastique, mais il n’en aura cure. Compaste lui pose bien plus de souci que notre petite querelle. Et de toute façon Doulanor n’est pas une puissante nation : nous n’avons pas d’armée et nous sommes complètement isolés de tous.
- Le monde doit changer, dit Lethys les yeux perdus dans le vide. Il faudrait plus sensibiliser les gens pour qu’ils se rendent compte dans quel monde ils vivent et surtout de quelle manière ils se font manipuler par des dirigeants sinistres comme toi.
Cette dernière remarque ne sembla par être du goût de Némésis qui parut outré. Il était certes prêt à tout pour arriver à ses fins, comme les autres Mnémosides d’ailleurs, mais il s’était toujours efforcé de gouverner au mieux et de faire en sorte de satisfaire le maximum de gens. Il était dur et très susceptible, mais pas fondamentalement mauvais. Ce que venait de lui dire son fils était pour lui comme une insulte. Il fit un geste de la main et Lethys se mit à léviter et à suffoquer.
- Tu refuses une nation, alors moi je refuse un fils.
L’instant d’après, il fut catapulté dans les airs et atterri devant les portes du bureau qui s’ouvrirent d’elles-mêmes. Cependant, Lethys ne voulait pas partir. Il savait qu’en restant présent il pouvait améliorer la situation et éviter le renversement du gouvernement par l’intronisation de son frère, qui se délectait à présent de le voir à terre.
- Père, supplia-t-il. Je dois rester.
- Tu veux du changement, et bien en voilà. En t’en que président de la république de Doulanor, et futur empereur, je te chasse du pays. Tu es interdit à vie d’y remettre les pieds. Soldats !
Aussitôt, la garde présidentielle émergea des méandres du palais pour venir encercler Lethys qui tentait vainement de rejoindre son père. Némésis signa l’ordre d’expulsion et le donna à l’officier qui le rangea soigneusement la poche de son costume.
- Père, si vous ne me laissez pas rester vous le regretterez.
Mais les portes se refermèrent et les gardes étaient déjà loin du bureau, emmenant de force le fils du président.
Vala, comme promis j´ai lu.
Alors alors alors, bah déja c´est très bien écrit, mais ca, je n´en doutait pas
Le début m´as un peu rebuté. Les informations viennent en masses, a tel point qu´on s´y perd un peu dans ce quoi dois être le systeme de Doulandor et ceux qui le dirige^^
Tu devrais p-e espacé tes information, les délivré petit a petit, enfin j´sais pas.
Sinon le mise en place est assez bonne, quoi que somme toute classique, mais ce n´est que le premier chapitre, attendons la suite.
Quelque oublit de mot, et un vilain "attaqué" A la place de "attaquait"
En général, c´est plutot prometeur, mais je dirais qu´il manque un petit quelque chose. Disons un truc qui fais que ce monde serait le tien^^ Tu vois c´ke j´veux dire?
Continue, je lirais la suite ![]()
Les détails que tu donnes à certains moments sont un peu "lourd" et on a l´impression de ne pas avancer. Tu présentes ton monde, donc c´est un peu normal que ce soit ainsi. Cependant la petite querelle pour le trône donne un petit intêret dans la suite. Ca se lit tranquilement, le style pourrait être un peu plus travaillé je pense pour rendre la lecture plus facile, surtout pour le début. L´interet du texte et de l´histoire ne peut pas trop être "bien" jugé étant donné que ce n´est qu´un début. Attendons la suite.
Merci de vos commentaires
Je sais que le début est un peu lourd mais il faut que j´explique un peu sinon on s´y perdrait facilement.
Sinon, se sont des premiers pas dans la domaine de l´Heroic Fantasy donc il se peut que je ne sois pas aussi performant que dans le SF.
Mais n´ayez crainte, le scénario sera une très fouillé comme j´adore les faire. ![]()
Ben voilà, tu sais un petit peu ce que j´en penses
La suite ?
![]()
Je rejoins l´avis de Chocobo pour le début. Peut être pourrais tu diluer les différentes infos dans des dialogues entre les personnages afin de rendre tout cela moins rebutant.
Ouais voila, intégré tes (Nombreuses) info dans les dialogue serais p-e une solution. Ca "allégerait" P-e un rien ton texte ![]()
Vous voulez que je refasse une autre version du premier chapitre ? ![]()
Hum, non ce n´est pas spécialement nécaisaire, mais prend en compte les remarques pour la suite
(Puis vu que c´est le premier chapitre, disons qu´une certaine lourdeur est "acceptable" Selon moi bien sur^^ )
OK j´en prends note, la suite prendra en compte tout ça et j´essaierai de pondre quelquechose de plus intéréssant.
Merci encore d´avoir lu et de vos conseils.
oué j´ai lu, et j´ai pas l´habitude de lire ce genre de truc.
mais c´est vraiment plutôt bien écrit franchement, c´est la première fois que je te lis Ostramus, et ça m´incite à lire d´autres trucs de toi.
ensuite, beh, l´histoire m´a un peu ennuyé, mais c´est dur de juger on est au premier chapitres, ça va se voir ensuite le reste.
bonne chance, moi je te liré
Eh bien Ostramus! Tu t´essaie à un nouveau style! C´est très enrichissant de te voir quitter un temps le carcan de la SF.
Enfin; tu ne l´as pas quitté complètement, puisque cela transpire dans ton texte, mais cela n´a aucune importance.
Je dois te l´avouer, le titre m´avait un peu apeuré, mais après lecture je dois dire que j´ai été agréablement surpris par rapport à mon idée première.
Tout d´abord, ce que je te reproche cependant, c´est de n´avoir pas placé d´action dans ce premier chapitre, juste du dialogue de la mise en place, un peu lourde.
Je pense que tu aurais pu donner les détails du point de vue d´un personnage au cours de ses pérégrinations, cela passerait encore mieux. Ensuite peut-être que tu devrais essayer des flash-backs, car si tes scènes ici sont nécessaires, elles nous empêchent un peu de rentrer dans l´histoire juste dans le premier chapitre.
Le style manque un peu d´énergie, mais te connaissant, tu y remédieras bien vite, puisque cela reste bien écrit, et ton vocabulaire est appréciable.
J´attends la suite pour réellement pouvoir te juger.
Continue!
Certes c´est bien écrit, mais j´ai eu un peu de mal à accrocher... Le début est un peu lourd dans le style "catalogue/mode d´emploi/manuel scolaire (rayez la mention inutile). Heureusement c´est juste "un peu" lourd, et je comprends que ça soit nécessaire pour l´histoire. Et je lirai la suite aussi ![]()
Saternath, ça fait un moment que j´ai envie de te le dire, il y a many yaers ago, j´ai écrit un début de fic´ (lequel s´est empressé d´avorter
) Or, dedans, l´une des villes se nommait Saternat. Où as-tu été cherché ton pseudo ? Je n´ai pas l´impression de l´avoir déjà vu autre part, et donc cela m´effraye
Ash-le- ![]()
Ah oui?
Vraiment très amusant ça!
Comme quoi, les meilleures consonances se retrouvent souvent plusieurs fois!
Mon pseudonyme? Beh c´est compliqué, disons que c´est le fait du hasard, j´ai du partir de saturne au départ.
Pourquoi, toi saternat tu le tirais de où?
J´ai une question, depuis quand un état-"île" peut-il être bienveillant envers ses "voisins", tout en se tenant "à l´écart des conflits et des querelles du continent" ?
Ben mon "saternat", je ne sais pas trop d´où il venait... je pense que je l´ai inventé de toutes pièce, peut-être avec une carcasse extérieure mais je ne m´en souviens plus...
Pour répondre à ta question Xbq, la nation de Doulanor peut être sympa pour les pays qui sont les plus proches en les aidant financièrement par exemple ou en échangant des connaissances tout en étant éloigné des autres pays qui seraient susceptibles de fiare la guerre. L´Australi est un bon exemple.
Je sais pas si je me suis bien expliqué ... mais si c´est le cas tant mieux.
Pour ceux que ça intérésserait voici la carte d´Atlante, avec en rouge la République de Doulanor.
http://img417.imageshack.us/my.php?image=orconaa3lf.jpg
Chapitre deux : l’échappatoire providentielle
Lethys haletait. Il courait à toute vitesse dans les couloirs du palais, tentant de semer les soldats auxquels il avait réussi à échapper grâce à un sortilège de paralysie. Néanmoins, le sort n’agirait pas longtemps, et il ne disposait tout au plus de quelques minutes avant que l’alerte ne fût donnée et les issues bloquées. Il ignorait quelle direction prendre, seule une chose comptait : ne pas être pris. Heureusement pour cela, il connaissait bien les méandres du monstre architectural. Jamais il n’avait vu les salles du palais présidentiel défiler aussi vite qu’au fur et à mesure de sa fuite.
Lethys arriva dans l’agora du monument mais plusieurs hommes étaient déjà postés, il savait que désormais il ne pourrait plus fuir. Il devait trouver un autre moyen de s’esbigner mais ce n’était pas un problème car il connaissait bien les lieux. Le palais était un bâtiment ancien qui avait été érigé à l´époque des guerres seigneuriales, et comme toute forteresse, il existait une sortie de secours.
Une boule de lumière rougeâtre surgit du plafond et fusa vers Lethys. Celui-ci repartit tout en tentant d´esquiver tant bien que mal les éclairs que l´entité volante lançait. Enfin, il arriva là où il voulait : la grande salle d’armes. Une pièce immense richement décorée avec des fresques et des sculptures dorées d´argent. D’imposants blasons et d’illustres armoiries étaient suspendus sur chacun des piliers, destinés à impressionner les visiteurs. Lethys distingua dans la pénombre une fontaine surmontée d’une statue, représentant le tout premier président de Doulanor : Tiopos Marésian.
Derrière, des voix approchaient et le bruit métallique des armures s´intensifiait. Lethys aperçut au bout du long couloir une troupe de gardes qui se précipitaient, suivie d´un essaim de boules volantes. Il ferma aussi vite que possible les lourdes portes de bois, qu’il verrouilla en usant de l’antique serrure.
A présent, il devait faire vite, les soldats ne mettraient pas beaucoup de temps pour venir à bout de l´obstacle. Il entreprit alors de chercher l´entrée du tunnel, sachant qu´elle était proche de la fontaine.
Lethys tremblait, il savait qu´un mécanisme était dissimulé mais il n´arrivait pas à se concentrer. Des coups violents ébranlaient les portes et des bruits stridents indiquaient que les sphères bombardaient maints éclairs. Lethys tournait frénétiquement autour de la fontaine à la recherche d´indices mais rien n´apparaissait. Une explosion survint.
Les murs vibrèrent et les portes commencèrent à brûler. Des morceaux craquaient et tombaient avec fracas, répandant des braises sur le dallage de marbre. Les dégâts étaient tels que Lethys pouvait apercevoir au travers la troupe qui s´efforçait de passer en tentant de pulvériser l’entrée. Il reporta son attention sur la fontaine et une idée lui traversa l´esprit.
Bien qu´il paniquait, il fit léviter l´eau pour éteindre les flammes qui dévoraient le bois massif, dans le but de ralentir ses poursuivants. Le liquide se convulsa et engloutit l’ogre ignescent. C´est alors que Lethys vit.
Au fond du bassin, il y avait un morceau de la mosaïque qui ressortait anormalement, et que les circonvolutions de l´eau avaient permis de cacher. Lethys se jeta dans le bassin il appuya fermement sur l’étrange carreau. A peine Lethys a t-il terminé, qu´une partie du sol se soulève tout d´un bloc, laissant apparaître une vaste trappe. Et c´est alors qu´il aperçoit dans l´ouverture béante l´amorce d´un escalier de pierre. Celui-ci plonge profondément dans une sorte de galerie, dont l´insalubrité contraste violemment avec le luxe de la pièce.
La porte vola en éclats dans un effroyable grondement et des dizaines d´hommes armés firent irruption dans la salle d’armes. Lethys n´hésita pas un seul instant et plongea dans l´étroite ouverture en la refermant derrière lui. Les gardes mettraient du temps avant de trouver à leur tour l´imperfection de la mosaïque.
Lethys dévala les marches de l´escalier qui s´enfonçait inlassablement les abîmes de la terre. Enfin, il déboucha sur un tunnel très sombre. Il avait été directement taillé dans la roche et seules quelques fissures lézardantes brisaient l´uniformité des parois. Une odeur âcre et putride saisit les narines de Lethys qui ne voyait pratiquement rien.
Il réalisa une incantation et une auréole de lumière apparut au-dessus de sa tête pour inonder instantanément le tunnel d´un brillant éclat blanchâtre. Dès lors, on pouvait nettement voir l´eau qui suintait de toutes parts et les moisissures qui tapissaient les lieux.
Lethys connaissait bien les soldats de la garde présidentielle et il se doutait bien qu´ils ne tarderaient pas à percer une entrée. Il marmonna de nouveau des formules en les accompagnant d´une gestuelle complexe mais précise. Dans un silence presque spectrale, l´escalier se disloqua de lui-même et une partie de la galerie s´effondra, condamnant le tunnel par un amoncellement de pierres et de gravas.
Lethys se remit à courir, avec son auréole de lumière qui déchirait l´obscurité sur son passage.
Parfois, la galerie tournait ou montait en certains endroits pour descendre par la suite. Lethys ne voulait pas perdre de temps mais il se blessait souvent dans sa course. Le plus souvent il s’écorchait les pieds et plus d´une fois il se tordit les chevilles à cause du sol chaotique et des rochers qui trônaient à terre. Il se demandait bien ou finirait le tunnel, et même mais s´il existait une issue. Il eut vite la réponse à ses questions car un autre escalier se profilait dans les ténèbres. Là, les marches étaient bien plus accidentées et plus raides. Lethys dut monter presque à quatre pattes pour s´assurer de ne pas tomber en arrière.
Après une courte ascension, il entendit du bruit : un léger souffle. Il éteignit son auréole et il aperçut une faible lueur qui s´échappait entre les jointures d´une grosse dalle de pierre. Lethys se plaqua contre la paroi et poussa avec ses pieds. La dalle céda et sortit soudainement de son emplacement, montrant à Lethys où débouchait la sortie de secours du palais présidentiel et ce qu´il vit l’étonna énormément.
Valus Ephybol était le chef de la garde présidentielle, et c´était à lui qu´incombait la tâche d´avertir le président. Seulement, le caractère de Némésis était bien connu et il fallait toujours l´aborder avec beaucoup de diplomatie.
Il était maintenant tard dans la nuit et certains habitants de Grimdulil furent réveillés par les hurlements en provenance du palais.
- Où est mon fils ?!
Némésis était hors de lui. La colère le submergeait et il n´arrivait pas à se contrôler. Le chef de la garde, un homme solidement bâti à la musculature bien prononcée, avait un physique écrasant. Pourtant, il semblait recroquevillé d´angoisse devant la fureur qui habitait le président.
- Il a emprunté un souterrain du palais, dit Valus calmement, mais nous ne pouvons le poursuivre car il a comblé le tunnel. En somme, nous ignorons où se trouve votre fils.
Némésis s´apprêta à répliquer mais son fils le prit de vitesse.
- On se fiche bien de savoir où se cache cet idiot, s´exclama Hudrélos en jouant avec une dague. Il ne nous causera pas d´ennuis, il est trop bête pour ça.
Némésis ricana intérieurement. Lethys était bien plus intelligent et plus futé que son second fils et ce dernier se permettait de s´en moquer. Durant une fraction de seconde il se demanda s´il était judicieux d´offrir un empire à un attardé mais en fin de compte il n’en avait cure
- Tu le connais bien mal décidément, modéra Némésis en s´asseyant à son bureau.
Il réfléchit un court instant puis reprit :
- Je pourrais lancer des mercenaires à sa recherche dès demain mais ils ne le retrouveraient pas à temps pour que nous puissions organiser un plébiscite sans avoir à se soucier de lui. Il va falloir opérer autrement, pour cela il est nécessaire que je rassemble dans l’heure le Sénat en séance extraordinaire pour leur demander de me donner les pleins pouvoirs. Ensuite je proclamerai l’empire.
Hudrélos fut presque effrayé en voyant la lueur malsaine qui scintillait dans les yeux de son père. Il se ressaisit :
- Le parlement n´acceptera jamais, dit-il, en tout cas pas si tôt.
Némésis se leva pour faire le tour de la pièce. Il fut surpris de la lueur d´intelligence dont faisait preuve à l´instant Hudrélos, et cela le contraria car il avait parfaitement raison. Il ouvrit un tiroir de son bureau et prit un papyrus sur lequel il inscrit un court message. Il tendit le papier à Valus qui s’éclipsa sans tarder.
- Nulle inquiétude, le fonctionnement de la république comporte des failles. Il va nous être aisé de les exploiter, dit Némésis sournoisement. Mais avant toute chose, J´ai convié l´Archimage de l´académie, il nous faut son appui et c’est pourquoi je vais lui proposer une offre qu’il ne pourra refuser.