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Mémoires d'un temps oublié

KaiM
KaiM
Niveau 11
07 mars 2006 à 18:44:30

7 jours se sont maintenant écoulés depuis le 28 février, et ce topic reste mort...

Donc petit :up:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
07 mars 2006 à 18:49:49

Tu fais bien de le rmeonter, je l´avais complètement oublier, faut dire que j´ai un boulot monstre ces temps-ci ...

KaiM
KaiM
Niveau 11
07 mars 2006 à 20:20:53

A ce propos, je crois ne te l´avoir jamais demandé : quelles études suis-tu ?

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
25 mars 2006 à 16:54:34

:up:

Et si je commentais ?

Bon, je reprends à mon compte le commentaire de KaiM. J´aime bien, mais tu pourrais quand même améliorer beaucoup, notamment avec un peu plus de descriptions.

Une suite est-elle envisageable ? Parce que là, l´histoire vient à peine de commencer...

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
14 avril 2006 à 18:32:07

4. Devant le fait accompli

De toutes les choses qu’il détestait, le fait de le réveiller était au sommet de la liste. Et ceci était justement en train de ce produire. Itraïr était secoué, ballotté en tout sens par son assistant et disciple : Lunoque. Celui-ci remuait le corps vieux et mou de son maître en lui criant presque dessus.
- Maître ! Levez-vous. Debout !
Itraïr poussa un grognement roque et repoussa Lunoque d’un geste ferme, presque violent. Avant même qu’il ne puisse vociférer sur le jeune homme, ce dernier lui tendit un rouleau de parchemin. En temps normal Itraïr aurait jeté ledit rouleau dans l’âtre de la cheminée mais le sceau de la République qui scellait le message l’en dissuada.
Sans rien dire, il se leva rapidement, vêtit d‘une robe de velours et entreprit d’examiner le parchemin. Itraïr se demandait bien pourquoi le président lui envoyait un message, à lui, l’Archimage de l’Académie des sciences occultes. Il était rare que le gouvernement se mêlât des affaires des magiciens. Le fait qu’on porte un parchemin à l’archimage, et ce au beau milieu de la nuit, avait tout d’intriguant.
D’un geste vif, Itraïr brisa le sceau. L’écriture était légère et déliée, mais on voyait que l’auteur avait écrit rapidement. Sans se soucier de la présence de Lunoque, il lit à haute voix le message.
« Moi, Némésis de Mnémoside, président de la République de Doulanor, somme l’Archimage Itraïr de se rendre immédiatement au palais présidentiel pour audience. J’ai une proposition non négligeable à proposer à propos de la réglementation de l’usage de la magie. »
Pas de formules de politesses, pas de phrases évasives, ni de jargon tordu de politicien. Itraïr en déduit vite que c’était Némésis lui-même qui avait rédigé le message et non un de ses scribes comme le protocole le voulait. Itraïr relut de nouveaux les quelques lignes et se s’assit sur son lit, perplexe. Bien qu’il n’y avait pas lieu d’hésiter, Itraïr n’avait pas confiance, c’était très inhabituel.
- Dois-je contacter la garde pour vous escorter au palais, s’enquit Lunoque d’une voix mielleuse, ou vous vous y rendrez seul ?
Itraïr posa le parchemin sur une table de chevet et se releva pour marcher dans sa chambre. Il regarda les nombreux bibelots qui trônaient et les tapisseries brodées d’or, espérant inconsciemment de trouver une réponse dans ces objets décoratifs. Lunoque crut que son maître n’avait pas entendu en raison de son grand âge et reposa sa question.
- J’ai parfaitement entendu Lunoque, répondit-il songeur. Seulement cela ne m’inspire rien de bon. Ca cache quelque chose.
- Il n’y a pas lieu de s’inquiéter maître, rétorqua le jeune assistant. Le président sollicite simplement un entretien. De plus, il semblerait qu’il soit questions des réglementations, nous ne pouvons que bénéficier de cet étrange rendez-vous.
Itraïr détailla alors son disciple. Il n’était pas grand, et avait une silhouette discrète en plus d’une tête ronde. Malgré la banalité de son physique, le jeune homme possédait une grande intelligence et un discernement hors du commun. L’archimage ne cessait de s’émerveillait de ses qualités de persuasions, le confortant dans son choix de l’avoir choisi comme assistant voilà plusieurs années.
Il sourit et se contenta de dire :
- Pas plus d’une dizaine de gardes, il ne faudrait pas attirer l’attention.

Durant les minutes qui suivirent, Itraïr s’habilla d’une toge bleu et d’une écharpe blanche : les nuits étaient fraîches en Doulanor, et il commençait à se faire très vieux, d’ailleurs il empoigna sa canne pour avoir un appuie en marchant.
Juste avant de quitter la pièce, il remarqua sur un coin de son bureau une petite pierre qui scintillait faiblement. Cela signifiait que les sortilèges de la chambre forte de l’Académie avait été activé et donc que quelqu’un avait tenté de pénétrer dans la salle. Itraïr ne s’en soucia guère et sortit de sa chambre avec le sourire aux lèvres. Il riait intérieurement rien qu’à l’idée de voler ce que contenait cette chambre, mais surtout il repensa aux puissants sorts qui le protégeaient. Des sorts si sûrs et si extraordinaires que depuis des décennies, il n’y avait plus de gardes dans la chambre forte, et personne ne tentait de poursuivre les malfaiteurs car on savait les lieux impénétrables.
Itraïr descendit silencieusement les escaliers de ses appartements pour déboucher sur un long couloir au bout duquel se trouvait la grande agora de l’Académie. Une salle gigantesque, avec de larges colonnes qui supportaient une voûte colossale. Un oculus percé au sommet du dôme illuminait l’endroit d’une faible lumière bleuté. Des escaliers carrés montaient dans les méandres de l’édifice en plus des nombreux couloirs qui semblaient se perdre au loin. La décoration de marbre vert était insolente, l’architecture écrasante.
Malgré la majesté des mieux, Itraïr ne jeta pas un regard aux magnifiques sculptures qui ornaient les arcades ni aux vastes mosaïques qui coloraient les sols. Cela faisait des décennies qu’il déambulait en ces lieux, et depuis, la beauté n’avait plus d’emprise sur son esprit.
Il traversa l’endroit d’un pas preste pour rejoindre Lunoque. Il patientait avec une troupe de mages de combat. Contrairement à Itraïr qui baillait et avait les yeux marqués, les mages ne laissait rien paraître, aucun signe d’une quelconque fatigue. Sans un mot, tous franchirent les portes de l’Académie et empruntèrent une large avenue en direction du palais présidentiel.
La route qui y menait était presque directe en raison de la relative proximité des édifices et Itraïr sen réjouit au vu du froid qui le tenaillait. Il s’attendait à marcher dans une ville complètement déserte mais au leu de ça, des hoplites, et en grand nombre, patrouillaient. Ils semblaient à recherche de quelqu’un en particulier car ils ne faisaient pas attention aux autres rares passants. Lunoque voulut se renseigner auprès d’un soldat mais aucun ne daigner lui répondre.
Itraïr entendit alors le tocsin du palais présidentiel qui grondait dans la nuit et ses doutes augmentèrent. Le message, les patrouilles et le vacarme n’avaient sans doute rien de fortuit. Il ne dit rien, pensant que son disciple avait dû faire le même constat.

Après quelques minutes de marches tranquilles, ils arrivèrent au palais présidentiel. Le bâtiment était très différent de l’Académie et des autres constructions environnantes. C’était un édifice ancien, Ancienne place forte de la ville haute, le palais avait conservait ses remparts et ses murs massifs, qui par la suite avaient été percés de nombreuses fenêtres. Le palais s’avérait être en fait l’ancienne forteresse de la ville haute et son architecture brute et imposante contrastait fortement avec le raffinement de l’Académie ou des villas à proximité. Il émanait des lieux un impression de puissante mais aussi de respect face à cette énorme construction qui symbolisait à lui seule la nation de Doulanor.

Le chêne et le lézard, l’emblème de la république, étaient parfaitement bien incrustés dans le bronze massif des portes de l’enceinte. L’archimage n’eut pas le temps d’apprécier la finesse du travail que les portes s’ouvrirent pour laisser place à un soldat de la garde présidentielle. Ils passèrent le corps de garde après avoir justifié leur venue et Itraïr pénétra dans le palais accompagné de Lunoque. Les mages de l’escorte restèrent à l’extérieur car seuls les gardes du palais étaient autorisés en ces lieux.
Une femme mena les deux hommes directement au bureau de Némésis sans les faire patienter dans les antichambres comme le protocole l’exigeait. La situation devait être très singulière pour de tels manquements à la règle pensa Itraïr. Après quelques escaliers de marbres et des couloirs sans fin, ils arrivèrent dans le bureau du président. Ils pénétrèrent dans une pièce richement décorée au centre de la quelle Némésis se tenait droit et majestueux, son fils Hudrélos pelant négligemment une pomme non loin dans un canapé.
Némésis s’inclina et remercia l’archimage d’avoir répondu à son invitation. En se relevant, il eut la surprise de ne voir personne. Itraïr s’était jeté près de la cheminée t tentait de réchauffer son corps glacé.
- Me faire venir, par ce froid ! dit-il en frissonnant, mais vous voulez ma mort ma parole !
- Grand maître Archimage de …
- Trêves de palabres, trancha Itraïr se frottant les mains au dessus des flammes dansantes. Je ne suis pas dupe et j’ai horreur de l’hypocrisie alors allez droit au but.
Némésis s’empourpra et voulut rétorquer à cet affront mais s’abstint. Finalement, il était plutôt satisfait que le vieil homme qui grelottait devant lui fût enclin à parler franchement. Il s’assura qu’aucune oreille indiscrète ne pouvait les entendre puis reprit calmement.
- Puis-je avoir confiance en votre disciple ?
- Autant que vous pouvez avoir confiance en votre fils.
Némésis fronça un instant les sourcils, la réponse n’était autre qu’un énorme sous entendu. Il se rapprocha d’Itraïr comme pour rendre l’entretien plus secret.
- J’ai une ambition Itraïr, dit-il solennellement, celui de mener Doulanor sur les chemins de la grandeur.
- Vous n’avez pas besoins de magiciens pour proclamer l’empire !
Némésis eut l’impression qu’on venait de l’assommer. Hudrélos lui-même se figea de surprise et Lunoque souriait sournoisement. Le président ne savait pas quelle attitude adopter et c’est Itraïr qui brisa le silence.
- Allons, reprit-il en plaçant ses mains près des flammes. Depuis le temps que les Mnémosides sont au pouvoir, je me disais bien que ce n’était plus qu’une question de temps. D’ailleurs, beaucoup de monde le pense. La transition se fera sans grande difficulté.
Némésis était stupéfait. Stupéfait de la perspicacité de l’archimage et des informations qu’il disposait. La conversation ne se déroulait pas comme il l’avait prévu mais il se ressaisit rapidement.
- La politique est un milieu très délicat et …
- Ne prenez pas de gants avec moi, coupa de nouveau Itraïr. Crachez le morceau.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
14 avril 2006 à 18:33:32

Némésis qui avait plus l’habitude de couper la parole, était déconcerté que son jeu de retourne contre lui.
- Je suppose que vous avez opté pour l’empire, poursuivit Itraïr, la monarchie étant trop archaïque avec son régime féodal. Seulement, je ne vois pas pourquoi vous avez besoin de mois …
Némésis jubilait intérieurement, tout se déroulait comme il l’espérait. Il désigna un fauteuil du bras dans lequel l’archimage s’assit en fixant toujours le président. Némésis s’installa fauteuil de son bureau.
- Instaurer un empire n’est pas chose facile.
- Cela devrait l’être pourtant, un grand nombre de membres de votre trygonastie détiennent des postes clés dans le gouvernement.
- Certes, mais la phase la plus importante aura lieu au sénat, répondit Némésis en se penchant vers Itraïr comme pour appuyer davantage ses propos. Il va falloir qu’il me donne les pleins pouvoirs, sans quoi, je n’arriverai à rien. Néanmoins, je n’ai pas la majorité et un nombre significatif de sièges sont détenus par des républicains, il faudrait donc les « convaincre ».
Itraïr se sentait mal à l’aise. La magie était normalement séparée de l’état depuis fort longtemps et voilà que Némésis lui demandait d’y fourrait son nez. Cela n’augurait rien de bon.
- Bien sûr, une dissolution serait trop longue et l’issue improbable. J’en déduis que vous voulez que je leur force la main.
- Exactement, acquiesça le président.
- Adressez vous à un nécromancien ou un alchème pour les malédictions, lança Itraïr brusquement. Vous paierez moins chères et se sera fait plus proprement. En outre, je ne cautionnerais jamais ma participation à un renversement de gouvernement.
Némésis sourit. Il s’attendait à cette réponse. La conversation reprenait son cours prévu. Il rapprocha son fauteuil de celui de l’archimage puis reprit.
- Les lois réglementant l’usage de la magie vous plaisent-elles ? s’enquit-il d’un ton désinvolte, presque moqueur.
- La magie est très réglementée, plus en Doulanor que dans n’importe quel autre pays en raison des nombreux artefacts que recèle notre nation, rétorqua Itraïr sur un ton qui laissait transparaître une grande lassitude. Depuis toujours, les magiciens et les politiciens sont en désaccords. Ces lois ne réglementent pas, elles interdisent. Nous utilisons pour nos recherches des sorts beaucoup trop faibles et nous obtenons des résultats non tangibles. Ces lois sont des plaies. Il faudrait en supprimer un grand nombre.
Némésis, voyant que la conversation allait à son avantage, continua :
- Ce n’est pas si facile vous savez d’abroger les lois : il y a le parlement, le sénat et tout ces vieux ministres qui sont réfractaires au changement …
- Continuez.
- Un gouvernement plus radical pourrait envisager de déréglementer la magie.
Itraïr se détacha soudainement du feu et regarda Némésis droit dans les yeux, un rictus indéfinissable déchirant son visage.
- Autrement dit, si je vous aide à instaurer l’empire, vous abrogerez les lois.
- Précisément.
- Le monde ne fonctionne pas comme ça, futur ex président Némésis ! dit Itraïr en haussant le ton. Tout ne se résume pas des échanges de bon procédé. De plus, comme votre démarche sera tout à fait officieuse, notre accord ne pourra être que verbal et je n’aurais de ce fait aucune garantie tangible. C’est très attrayant Némésis, très, mais qui me dis que juste après votre couronnement vous tiendrais votre parole ?
Némésis se redressa dans son fauteuil et réfléchit un instant : le vieux magicien n’avait pas complètement tort. Il fallait manœuvrer délicatement, sans quoi tout son projet tomberait à l’eau.
- Si je puis me permettre, intervint Lunoque, nous gagnerons au change dans les deux cas car en cas de proclamation de l’empire, il n’y aurait plus aucune institution pour nous surveiller et par conséquent les lois, même si elles existeraient encore, n’auraient aucun effet.
- Et puis songez que si vous refusez notre accord, rétorqua Némésis, l’envie pourrait très bien me prendre de proclamer des lois encore plus strictes à votre encontre, empire ou pas. Les magiciens deviendraient des fonctionnaires de l’état et l’ensemble de vos pouvoirs profiterait à la république. L’académie serait souillée et vous seriez dépossédé de vos biens et pour finir votre poste fantoche à l’académie.
Itraïr n’appréciait guère ma tournure que prenait la situation. De son coté, Lunoque semblait être entrer dans le jeu politique qu’avait établi Némésis.
- Vous désirez que les sénateurs soient maudits ? demanda-t-il d’une voix tout aussi sournoise que le président. Ou bien voulez vous que nous supprimions vos opposants afin de déstabiliser le gouvernement et vous permettre d’accéder à votre fonction suprême. De la torture peut être ?
Itraïr était horrifié par les propos de son disciple au contraire de Némésis ni de Hudrélos qui se gaussait à l’autre bout de la pièce.
- Je pense qu’une simple démonstration de force suffira, fit Némésis en arborant un sourire radieux.
- Mais enfin Lunoque, s’exclama Itraïr, en aucun cas vous ne décidez pour moi. Je ….
- Pourrions nous avoir un entretien en privé maître ? répondit celui-ci.
L’archimage grogna comme à son réveil et suivit son disciple qui sortait de la pièce. Il prit soin de verrouiller la porte et d’accomplir un sort de confidentialité afin qu’eux seuls pussent s’entendre.
- Qu’est-ce qui vous prend Lunoque, hurla le vieil homme. Vous êtes tombé sur la tête ou quoi ?
- Maître, je suis navré mais vous semblez ne pas avoir saisir toute l’ampleur de la situation. Némésis sera empereur avec ou sans notre aide. Il a fait appel à nous afin que cela aille plus vite mais aussi pour savoir s’il pourrait disposer d’alliés dans son futur régime.
- Autrement dit nous n’avons pas le choix … Je déteste que l’on me mette devant le fait accompli !
- Il y a autre chose maître, enchérit Lunoque. Essayez de réfléchir à long terme : nous pourrions beaucoup profiter de ce régime si nous arrivons à tirer notre épingle du jeu.
- Qu’entendez-vous par là ? demanda Itraïr perplexe.
- Je veux dire que vous pourriez très bien finir ministre de la magie ou membre du haut conseil ménarchique peut être. C’est une opportunité à ne pas manquer en fait. Némésis et son empire va nous servir de tremplin.
Itraïr se renfrogna. Son disciple avait toujours raison, il ne commettait jamais d’erreur. Son raisonnement n’avait pas de faille et en fin de compte il fallait être lucide. Soit il aidait Némésis et il aurait les mains libres à l’académie, soit il refusait et il finirait sans doute enfermé dans un cachot dans un avenir plus que proche. Il brisa le sort de confidentialité pour faire irruption dans le bureau du président.
- Soit ! conclut-il.
- Fort bien, fit Némésis en se levant de son fauteuil pour rejoindre l’archimage. Suivez moi je vous prie, nous avons quelques ministres à consulter avant tout.
Tandis que les deux hommes disparaissent au détour d’un couloir, Lunoque rentra dans le bureau de Némésis et fit face à Hudrélos qui tentait de sculpter maladroitement une nymphe dans un morceau de bois.
Hudrélos s’arrêta et leva la tête pour regarder le jeune disciple qui paraissait l’examiner minutieusement.
- C’est pourquoi ? dit-il d’un ton narquois.
- C’est pour le pouvoir, répondit Lunoque.
Ce dernier referma les portes du bureau. La conversation qui allait suivre devait absolument rester secrète.

Le_Z
Le_Z
Niveau 5
14 avril 2006 à 19:30:23

J´ai lu le premier chapitre...

Premièrement, les appellations sont ridicules (Doulanor, Grimdulil, Molaesius) et surtout mon petit préféré - la trygonastie de Mnémoside - trop marrant je t´assure... c´était bien une blague n´est-ce pas :hum: C´est là qu´on reconnaît les vrais écrivains d´héroic-fantasy. Alors que les bons auteurs prennent des noms aux consonances exotiques et intéressantes, toi tu prends des noms... comment dire... laid, voire hideux. Mais si ce n´était que ça.

Deuxièmement, tu as un manque flagrant d´imagination, tu copies l´Australie, tu copies Star Wars et tu sors des phrases du type : "Tu refuses une nation, alors moi je refuse un fils" :hum: c´est toujours pas une blague ?
Tu fais un melting-pot de tout (histoire déjà vue mille fois) car tu n´as aucun style toi-même.

Troisièmement, ton histoire est vide. Vide de contenu ? Non. Vide de messages ? Oui. A part peut-être, "les empires, c´est pas bien" :honte:

Quatrièmement, tu fais une faute flagrante, insupportable... Au lieu de disséquer les informations peu à peu dans des chapitres différents et dans des situations différentes, tu donnes tout au début pour bien faire chier ton lecteur déjà fort éprouvé. Lamentable... Une histoire tellement, tellement peu originale...

Ah et au fait, tu t´y crois hein mon gars avec ton titre d´une (trilogie je suppose), ton titre de roman et ton titre de chapitre... Finis d´abord celui-là et ce sera bien...

Conclusion:
Une histoire raté, inintéressante et sans aucune imagination.

Bonne continuation mon gars :ok:
(il est évident que je ne lirai pas la suite)

Le_Z
Le_Z
Niveau 5
14 avril 2006 à 20:54:29

« Les noms que j’ai pris sont absolument véridiques, tous. Ils ont des origines diverses que j’ai pioché dans les mythologies antiques de différentes cultures ainsi que dans la langue du grec ancien. En me critiquant, tu critiques alors des mythes millénaires. Seul le terme « trygonastie » est de ma conception. »

Cela confirme ton manque d’imagination.

« J’ai délibérément copié notre monde car il y a une raison extrêmement précise. Un, il y a un rapport dans l’histoire avec notre monde. Deux : plus tard dans la fiction je vais décrire une guerre et l’avancée de troupes, c’est pourquoi j’ai opté pour une carte qui ressemble à la Terre pour faciliter la description et permettre aux lecteurs de mieux s’imaginer le monde.
Je rappelle au passage que les cartes de JRR Tolkien par exemple s’inspire de celles du mythe et du monde divin des asgards.
De plus, le style d’écriture et l’imagination sont deux choses totalement différentes. »

Je te donne raison sauf sur un point. Je sais fort bien que l’imagination et le style sont deux choses fort différente. D’ailleurs tu n’as pas commenté cette phrase-là : « Tu refuses une nation, alors moi je refuse un fils », elle est de toi, je le rappelle…

« Tu as mal compris le message. Ce n’est pas l’empire qui est mauvais mais les méthodes pour l’instaurer et les personnes qui le gouverne. Concernant la ressemblance avec Star Wars, je la renie. L’histoire est similaire au départ mais l’accession au trône et les intrigues politiques vont être tout autre. Si tu avais pris la peine de lire tous les messages tu y aurais vu que je mettais déjà expliquer sur le sujet. Le récit ne compte que deux chapitres. Il est évident que l’histoire ne peut s’amorcer si rapidement. Je te l’accorde, le premier chapitre est un peu indigeste mais à ta place je me montrerais humble sachant que tu as fait strictement la même chose dans ta fiction.
Tu dis que le lecteur est déjà fort éprouvé avant même de lire le premier chapitre … il faudra que tu m’expliques
comment.»

« Quant à l’imagination, il faut attendre les autres chapitres pour mieux juger. »

Alors là, je n’ai jamais vu autant d’hypocrisie. Tu veux que je lise tous tes messages alors que tu n’as lu que deux chapitres de mon histoire avant de me juger, alors que l’histoire n’avait pas encore commencé. Et je n’ai pas fait la même chose que toi. J’ai disséqué mes informations à travers des situations différentes alors que toi tu nous donnes un pavé rédactionnel indigeste.

« En somme, nous avons là un commentaire qui n’a aucune valeur. Pourquoi ? Parce que ce n’est qu’une vengeance puérile d’un forumeur mécontent du commentaire que j’ai fait. Mon commentaire était, certes subjectif, mais vide de raillerie.
En aucune façon je ne me moque des forumeurs que je commente car il y a la base un travail.
Seulement, quant on propose son texte à une masse de lecteurs, il faut s’attendre à avoir des critiques mauvaises ou bonnes. Dans ces cas là, il faut apprendre à surseoir son ego et de prendre sur soi-même. »

Il est évident que si tu ne m’avais pas critiqué, je n’aurais jamais regardé ton truc…
J’ai évidemment lu ton texte pour voir si celui qui me critiquait était exempt de défauts, si c’était le cas, je te l’aurais dit…
Ce n’est pas le cas, alors je te donnes mes critiques quasiment toutes exactes. Il n’y a pas de mauvaises fois dans mes critiques, il y en a dans ceux qui t’apprécient dans ce forum et qui te critiques.
« Bref, ce n´est pas une fiction d´une bon niveau et je doute que cela ne donne quelques choses d´appréciable par la suite. Au passage, je ne lirais pas la suite. »
Ce sont tes mots, ta conclusion (merci au passage). J’accepte les critiques constructives mais je n’accepte pas les jugements qui n’ont pour seul but que de ridiculiser la fiction. C’est pour ça que je fais la même chose avec toi. C’est de bonne guerre. En plus, alors que je voulais juste me justifier auprès de tes critiques, tu es revenu à la charge. C’est ce que j’appelle de l’acharnement pour une fiction qui venait de débuter (mort-né) à cause des critiques d’un ancien forumeur qui à un avis qui je suppose est respecté sur ce forum. Le minimum est de laisser une chance aux nouveaux arrivants et non pas de s’acharner avec de telles critiques (il y a une façon de dire les choses).

KaiM
KaiM
Niveau 11
15 avril 2006 à 10:19:17

Je vais vous laisser vous étriper, mais avant j´aimerais réagir sur un truc.

"Troisièmement, ton histoire est vide. Vide de contenu ? Non. Vide de messages ? Oui."

Hum...
Depuis quand un texte doit-il impérativement contenir un message ?? ? Comment peut-on se permettre d´affirmer qu´un écrit est nul si il ne fait pas passer de morale ?? ? Personnellement, je trouve ça absurde. Quand je lis une histoire, à fortiori une histoire de SF ou de fantastique, je n´

KaiM
KaiM
Niveau 11
15 avril 2006 à 10:26:06

[TAB à la con] ...aime pas que l´auteur me fasse la morale. S´il a des opinions, elle passeront très bien à travers son récit. S´il n´en a pas, son texte reste du pur divertissement. Point final. Quel crime y a-t-il pour un lecteur à vouloir lire pour se distraire, pour observer le parcours de personnages qu´il apprécie, sans chercher à réfléchir sur de profonds thèemes philosophiques ? Pourquoi faudrait-il à tout prix qu´un texte donne matière à réflexion. Le mot "divertissement" est-il une obscénité ?

C´est vrai, la fic d´Ostramus n´exprime pour l´instant que très peu de messages. Et alors ? L´important pour moi est de suivre les aventures du héros et de découvrir les fils de l´intrigue, c´est tout. Et ça me suffit. Autant que je me souvienne, je ne fais passer aucune morale dans le Cycle d´Alexandre. Pourtant, j´ai des lecteurs. Alors ? C´est bien la preuve que l´absence de messages ne nuit pas forcément au plaisir qu´on éprouve à lire.

Ce n´était qu´une petite critique balancée pour énerver Ostramus, certes. Mais moi, elle me met hors de moi.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
09 mai 2006 à 17:03:05

Chapitre cinquième : au hasard de la nuit

La ville basse de Glimdulil était bien différente de la ville haute. Dans cette partie, les habitations et les commerces détonnaient avec le raffinement de l´autre. Glimdulil représentait la société de la République : les riches en haut et les démunis en bas.
Bien évidement, il s´agissait là d´une vision simplifiée mais une chose était certaine, la muraille constituait tout autant une barrière physique que sociale en séparant distinctement les deux parties. Généralement, les gens aspiraient à habiter, à entrer dans la ville haute mais cette nuit, Lethys et ses deux compagnons souhaitaient s´en éloigner au plus vite.
Ils avaient réussi à échapper aux soldats de la garde présidentielle mais même si les faubourgs et les nombreuses ruelles étroites offraient de bonnes cachettes, la menace subsistait. Il ne faisait aucun doute qu´ils devaient quitter le pays et Darion conseillait d´aller au port d´Ectir, à quelques kilomètres de la capitale.
– Nous devrions passer la nuit dans une auberge, proposa Erudril alors que le groupe empruntait un chemin boueux.
– Certainement pas, répondit Darion. Le chef de la garde a réussi trouver Lethys chez moi. J´ignore comment mais il se peut très bien qu´il puisse à nouveau nous débusquer.
– Comment ferons-nous pour trouver un bateau ? s´enquit Lethys. En temps normal il faut une bonne semaine pour négocier.
– Pas si l´on sait où chercher.
Darion termina sa phrase en esquissant un sourire presque plaisantin. Sans rien rajouter, les trois hommes continuèrent leur chemin. Darion ouvrait le pas et Erudril fermait la marche en veillant sur l´arrière.
Le vieil homme semblait connaître comme sa poche la ville. Il trouvait sans difficulté un raccourci, un passage dissimulé, un détour avantageux au coeur des méandres architecturaux. Jamais ils n´étaient tombés dans une impasse si sur un garde d´ailleurs, et Lethys soupçonnait son ami d´user d´un sortilège bien spécifique pour cela.
A ce propos, après leur passage de la muraille, les gardes s´étaient tous précipités dans la ville basse. Seulement, la surface à couvrir était nettement plus vaste et ils ne pouvaient pas faire appel à la milice pour les seconder car le jour était loin de se lever. En somme, leurs recherches croissaient en inefficacité au fil et à mesure que les trois fugitifs s´éloignaient de Glimdulil.

Les habitations n´étaient pas en pierre apparentes, en marbre, ou même en marbrium. A dire vrai, seuls les bâtiments administratifs l´étaient car tous les bourgeois résidaient dans la ville haute à l´exception de quelques riches négociants qui étaient trop accaparés par les affaires pour s´occuper des fastes. Les édifices étaient alors principalement bâtis en bois et en torchis, tous agglutinés les uns au autres pour former une masse presque organique à l´intérieur de laquelle des milliers de personne vivaient et travaillaient. Enfin, nul urbaniste n´avait remanié les plans de la ville basse d´où son actuel réseau de ruelles et de chemins tortueux où la circulation devenait infernale en pleins jours entre chevaux, hommes et autres entités mouvantes.
Néanmoins, cela offrait un avantage non négligeable au groupe qui déambulait sans peine, rencontrant au hasard de la nuit quelques passants nocturnes et d’autres personnages atypiques.

Au bout d´une bonne heure de marche, les chemins pavés disparurent et les bâtiments s´évanouirent : ils étaient à l´extérieur de la ville.
A présent, Darion désiraient gagner le port le plus rapidement possible. Seulement, c´était loin et ils ne disposaient d´aucun moyen de locomotion hormis leurs jambes déjà bien engourdies.
– Il nous faudrait des chevaux, lança Darion en scrutant la nuit, ou même des chariots dans lesquels monter.
Comme si ses paroles avaient fait l´objet d´une incantation cabalistique, un convoi de marchands surgit derrière une ruine. Lethys les reconnut aussitôt avec leurs toges vertes et noires. Ils avaient pour habitude de partir tôt au port afin de faire de bonnes affaires avant tout le monde mais également pour avoir des produits de choix à proposer sur le marché durant la journée dans la capitale.
Sans attendre, Darion alla à leur rencontre. Un des individus avait la mine morose et était puissamment bâtie, sans doute était-il là pour protéger les commerçants contre les voleurs au retour du port, quand les chariots débordaient de marchandises. A la vue du vieil homme, mais surtout des deux jeunes qui l´accompagnaient, il abaissa lentement sa main sur sa hache, de manière à riposter le plus rapidement possible en cas d´agression.
– Bonsoir mon ami ! s´exclama Darion. Pourrions-nous négocier ensemble ?
L´homme n´arrêta pas sa monture et détailla les trois hommes, tentant de déterminer s´il s´agissait d´une ruse.
– Que voulez-vous ? demanda-t-il en posant son regard sur les nombreuses armes que portait Erudril.
– Nous aimerions gagner le port d´Ectir au plus vite mais nous n´avons point de monture. Accepteriez-vous de nous y conduire, car je suppose – il désigna les autres marchands – que c´est là que vous vous rendez.
L´homme examina avec attention Darion comme s´il eut examiné une marchandise, comme pour évaluer sa valeur.
– En échange de quoi ?
Cela montrait qu´il était indubitablement un commerçant, cherchant toujours le profit en toute occasion.
Sans un mot, Darion lui jeta une bourse à l´intérieur de laquelle l’homme y découvrit une poignée de pièces d´argent.
– Je m´appelle Lonar, dit-il en stoppant son chariot comme pour montrer que l´affaire était faite.
Darion sourit et s´installa dans un chariot vide et ses compagnons l´imitèrent. Lanor reprit la route en même temps que la nuit commençait à toucher à sa fin.

A l´est, le soleil n´était toujours pas levé mais une pâle lueur s´échappait de l´horizon, éclairant légèrement le firmament encore ténébreux.
Tandis que le convoi traversait un champ de blé, Lethys brisa le silence.
– Ou irons-nous ? demanda-t-il. Je serais d´avis d´avertir le royaume d´Otrinos afin qu´ils interviennent.
– Doulanor est neutre, rétorqua Darion, se serait du suicide que de vouloir y fourrer son nez. Non ... cela relève d’une compétence plus spécifique.
– Lesquelles ? demanda à son tour Erudril en jonglant avec des poignards.
Darion ne répondit rien et se contenta de jeter un regard ostensible vers Lonar. Visiblement, il ne voulait pas que des oreilles étrangères n´en apprennent trop.
Le convoi pénétra dans une forêt et Erudril jeta un rapide coup d´oeil pour voir si personne ne les suivait. Lethys fit de même mais pour une autre raison. Il ignorait quand est-ce qu´il reviendrait à Glimdulil et il regardait au loin la silhouette du palais présidentiel qui dominait la capitale en se demandant quelle tournure prendrait les événements à présent et s´il reverrait un jour son père. Il s´imprégna alors une dernière fois de l´image de la ville pendant que les arbres venaient obstruer la vue.
Il fallu moins de trois quart d´heure pour arriver à Ectir, grand port de la République de Doulanor.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
09 mai 2006 à 17:03:28

Le convoi arriva par une petite colline qui surplombait la ville. Le soleil se levait doucement et les premiers rayons venaient illuminer faiblement les rues déjà grouillantes de monde.
Les marchands descendirent la colline et pénétrèrent dans Ectir. L´architecture se montrait très hétéroclite de part la diversité des tailles et des formes des bâtiments dont la fonction variait presque pour chaque édifice. Bien qu´à quelques kilomètres de la capitale, la politique semblait n´avoir aucune emprise. Ici, c´était les négociants et les commerçants qui régnaient.
Des jarres trônaient de ci de là dans les rues et une foule d´étalages proposaient des aliments étranges venus de lointains pays. Par endroit, les maisons étaient directement dotées d´une poutre et d´une poulie de manière à monter les victuailles aux greniers pour gagner du temps. Partout, des gens s´affairaient, ne se souciant guère des nouveaux arrivants ni du parfum d´iode et de poisson qui flottait dans l´air.
Lethys serait volontiers resté quelques jours dans Ectir à errer et rencontrer du monde mais la vue d´un garde présidentiel le ramena vite à la réalité.
Darion et Erudril s´en aperçurent également et se jetèrent du chariot après avoir furtivement remercier Lonar.
– Ils sont à cheval, dit Darion en les regardant de loin. C´est pour ça qu´ils ont pu nous devancer.
– Et on ne peut pas s´en débarrasser facilement, ajouta Erudril. Il y a trop de monde et on finirait vite par se faire exécuter.
– Ce n´est pas ce qui me gène le plus, poursuivit Darion, ce soldat barre la route qui mène aux quais. Je suis sûr que ce doit être pareil partout en ville ...
Il s´accorda alors un moment de réflexion puis se dirigea vers une échoppe d´étoffe. Il passa ainsi de boutique à étale s´en rien acquérir. Finalement, il alpagua un groupe de mendiants dans une ruelle nauséabonde.
– Je vous donne me vêtements en échange des votre.
L´homme crasseux regarda Darion avec curiosité et particulièrement sa toge pourpre cousue de fil d´or. Sans se faire prier, il se dévêtit, de même que les autres mendiants.
– Déshabillez-vous, lança-t-il à l´adresse de Lethys et Erudril. On va changer d´apparence pour que les gardes ne nous reconnaissent pas.
Lethys acquiesça et échangea ses vêtements avec un mendiant trop heureux de faire une si bonne affaire. Mais Lethys déchanta vite en sentant l´odeur méphitique qui émanait des guenilles. Les deux autres hommes de bronchèrent pas.
Ils se dirigèrent alors vers les quais, les passants s´écartant de leur chemin. Lethys eut une légère anxiété en marchant tout juste à côté du garde mais celui-ci ne le reconnu même pas. En fait, il donna même un coup de pied dans le dos d’Erudril et se moqua de son apparence grotesque à cause de sa silhouette déformée par les armes dissimulées sous ses vêtements.

Les quais étaient impressionnants. Une succession de navires stationnaient le long d´énormes berges en pierres solidement ancrées. Il y avait essentiellement des galères de la flotte républicaine, des trières marchandes et des embarcations de pêcheurs. D´ailleurs, de nombreux caissons et des palettes remplies de marchandises en tous genres encombraient le passage.
Malgré l´activité bouillonnante qui régnait, Darion entreprit de trouver un bateau. Apparemment, il cherchait un navire spécifique, car une fois de plus, il semblait connaître très bien les lieux. Après un quart d’heure, le vieil homme s’arrête devant un ponton de bois, sans navire. Lethys n’avait pas l’habitude de voir son ami énervé ou désappointé, c’est pourquoi il fut étonné de voir la mine accablée qu’avait Darion.
– Ca ne vas pas ? demanda Lethys, inquiet.
– Je connaissais des gens, répondit Darion en se tordant les mains. Ils auraient dû d’être là … ils ont sans doute appris que …
– Que quoi ? s’enquit à son tour Erudril.
Darion se renfrogna et ne répondit rien à nouveau. Assurément, pensa Lethys, d’autres affaires devaient accaparer son ami et il n’avait pas toute les cartes en main. Il ne chercha pas à en savoir davantage et suivit Darion qui se mit à la recherche d’un bateau susceptible de leur convenir.
Seulement, son apparence miteuse jouait contre eux car il essuya beaucoup d´échecs.
– Besoin d´aide ? demanda un homme assit sur des barriques de vin?
– Oui merci, je …
Lethys se figea net. Valus Ephybol se tenait juste en face des trois hommes.
– Vous êtes prévisibles, dit-il en se rapprochant d´eux. C´a été un jeu d´enfant de vous retrouver.
– Vous n´arriverez pas à nous arrêter, dit Darion sans panique.
Il désigna du regard Erudril dont une de ses mains empoignait le pommeau d´une épée. Valus ne parut pas du tout impressionné car il eut un petit sourire narquois.
– Réfléchissez, lança-t-il calmement. Les gardes sont postés partout en ville, les marchands et les autres militaires ne vous accepteront jamais.
– Nous trouverons un moyen, dit Lethys froidement.
– Non, vous n´aurez rien. C´est pourquoi je réitère ma question : voulez-vous de mon aide ?
Erudril recula un instant, perplexe, puis se tourna vers Darion, attendant comment agir.
– Vous êtes différent, dit celui-ci. Vous êtes surtout plus intelligent que le reste des habitants de Glimdulil.
Lethys fronça les sourcils et détailla le chef de la garde. C´était un homme grand, robuste et ayant un regard vif. Valus était un homme solide tant physique que mentale à en voir sa mine dure.
– Sans moi, vous vous ferez prendre par la garde avant une semaine, poursuivit-il.
– Certes, ajouta Darion. Cependant, nous ignorons vos motivations et n´avons aucune garantie que vous ne mentiez.
– Je suis chef de la garde présidentiel, et depuis des années que je suis à ce poste, j´ai entendu et vu bien des choses qui m´ont dégoûté de la politique.
– A qui le dites vous ... marmonna Lethys en se remémorant les querelles intestines du palais.
– Je ne veux pas d´un empire et si vous fuyez ou combattez Némésis, je désire être à vos côtés.
Le risque était immense puisque Valus pouvait très bien jouer la comédie mais d´un certain côté, il n´avait pas tort. Darion regarda la somme de gardes qui surveillaient les embarcations et les rues, même avec leur déguisement sommaire, ils seraient rapidement démasqués.
Ce fut, non sans une certaine appréhension que le groupe accepta de coopérer avec Valus. Aussitôt l´accord conclut, ce dernier fit demi tour et invita les trois hommes à le suivre.
– Je connais des gens qui pourront nous aider mais ...
– Mais ?
– Disons qu’on avisera sur le moment.
Valus mena alors le groupe de quais de quais pour aller le plus loin possible du port, isolé de l´agitation, mais également de l´ordre.
Les riches négociants étaient rares dans cette partie d´Ectir et dans ces cas là, ils ne se déplaçaient jamais sans être accompagnés par une solide escorte de mercenaires. Des individus louches déambulait, presque tous avaient des capes ou des vêtements amples de manière à dissimuler des armes ou des marchandises illégales. On entendait par moment des cris d´ivrognes, de bagarres ou d´agressions.
Lethys considérait d´un oeil inquiet ces hommes, non pour l´instant présent mais pour le futur. L´empire leur permettrait sûrement d´accroître leurs méfaits et de faire régner leur loi sur le reste de la ville, et probablement plus encore. La situation allait devenir chaotique et il ne donnait par cher payé pour les bourgeois qui se retrouveraient engoncés dans la plus célèbre des prisons sociales : la ville haute.
- Voilà notre bateau, s´écria Valus en montrant du doigt un navire.

A première vue, il était en triste état avec une voilure usée et des fissures par endroit. Mais en s´approchant, Darion, Lethys et Erudril s´aperçurent qu´il s´agissait d´une trière du Comté de l´Archipelier. Ce pays était une traînée d´îles qui coupait l´océan Térranéique mais dont la réputation n´était plus à faire. En effet, les archipeliens détenaient un savoir-faire unique en matière de construction navale et leurs navires étaient, disait-on, insubmersible de part leur robustesse et les lignes excellentes des coques qui offraient une capacité de pénétration dans l’eau sans égal. En dehors des archipeliens, de riches marchands ou d´hommes d´états, bien peu de personnes pouvaient s´en offrir un tant leur prix était prohibitif. Pourtant, l´équipage du bateau ne faisait partie d´aucune des trois catégories.
– Des pirates, murmura Erudril.
Valus ne se formalisa pas de la remarque et alla à la rencontre des individus.
Il devait y avoir une vingtaine de personnes à bord, presque tous arborant de sévères cicatrices et possédant une arme quelconque dissimulée dans un endroit quelconque de leurs habits.
– Bonjour, lança Valus. Je veux voir Siliana.
Un des hommes partit dans la cale pour revenir accompagné d´une femme.
– Une femme ! s´exclama Lethys. Mais c´est ...
– Je pense qu´il n´est pas nécessaire de s´en étonner ni de faire de commentaire à ce sujet en sa présence.
La femme, Siliana donc, n´était pas spécialement grande, mais il émanait d´elle de l´autorité. Sans doute était-ce à cause de sa longue chevelure noire de jais ou à ses yeux perçants qui semblait scruter l´âme des gens qu´elle regardait. En tout cas, elle devait être hautement respecté à bord car tous se dégager de son passage.
Elle se propulsa alors du bateau pour atterrir avec une agilité peu commune sur le quai, plaquant une lame sous la gorge de Valus.
– C´est pourquoi ? ... Chef !
Erudril dégaina instinctivement son épée mais il se ravisa en constatant que plusieurs arcs étaient pointés dans leur direction.
– Moi et mes nouveaux amis, nous voudrions faire un petit voyage en mer, dit Valus très calme.
– Tu crois que je n´ai pas oublié la taxe que tu m´as faite payé le mois dernier avec tes acolytes ? Il a fallu que je pille trois bateaux pour renflouer mes caisses ! Et aujourd’hui, tu oses revenir et me demander de te faire monter sur le Cinéro. Jamais !
Sur cette dernière parole, elle cracha sur le visage de Valus et se dirigea vers la passerelle.
– Vous avez dû lui briser le coeur pour qu´elle réagisse comme ça, ricana Erudril.
– Attendez, s´exclama Darion. On peut trouver un accord. Je suis certain qu´une élégante femme comme vous doit savoir y faire en affaire.
Darion avait un don pour la diplomatie et savait toujours se débrouiller avec les gens. C’était, disait-on, son talent d’orateur qui lui avait permit d’accéder au plus haute sphère de la politique. Siliana se retourna et toisa le vieillard.
– Très bien, dit-elle en souriant, dévoilant une beauté insoupçonnée qui ne laissa pas indifférent Lethys et Erudril. Ou allez-vous et combien vous payez ?
– Je veux aller, moi et mes compagnons, à Hippodamos, dans l´empire d´Aluptare. Et en payement ... mmh ... que diriez-vous d´une villa dans la ville haute de Glimdulil et entièrement meublée.
Siliana parut un instant s´émerveiller d´une telle proposition mais l´intervention de Lethys y coupa cours.
– Vous n´y pensez pas Darion ?! Elle vaut bien plus que la traversée d´un océan.
– Je commençais à m´en lasser, se contenta de répondre l´intéressé en souriant chaleureusement.
Lethys eut un malaise intérieur. Au début de sa fuite, il avait cru que son vieil ami allait juste l´aider mais le fait qu´il se débarrassa si facilement de son immense villa présageait autre chose. Peut être Darion avait-il ses propres raisons de fuir pensa Lethys.
De son côté, Siliana réfléchissait. Bien qu´une villa dans la capitale valait une fortune, qui plus est meublée : c´était un aubaine. Le vieil homme ne semblait pas fou, bien au contraire, et vue la réaction du jeune, ce ne devait pas être une fourberie. Elle se surprit à hésiter et finit pas accepter.
– C´est entendu. Après tout, quelques passagers de plus ne seront pas de trop. Par contre ... pour Hippodamos, ça reste à voir. Disons que nous sommes en mauvais terme avec l´empire depuis que j´ai pillé et envoyé par le fond plusieurs navires de sa majesté.
Erudril éclata de rire et Valus monta à bord du Cinéro. Lethys s´étonna de voir qu´il saluait, et par conséquent, connaissait tout l´équipage. Des liens plus subtils avaient dû les lier par le passé.

Darion signa un acte de cession pour Siliana et monta à son tour, suivit par Lethys qui se demandait bien dans quelle aventure il venait de s´embarquer, et c´était le cas de le dire.

KaiM
KaiM
Niveau 11
12 mai 2006 à 16:48:29

Bon, un peu en retard, mais j´ai lu.

Pourquoi le nom d´Itraïr me semble-t-il familier ?

En dehors de cela, je note une série d´améliorations, notamment au niveau des descriptions. A ce sujet, pourrais-tu me dire à quoi ressemble Lethys ? parce que je n´arrive pas du tout à me le représenter. Je ne suis pas sûr qu´il y ait une description de lui, ou alors il y en a une mais sur laquelle je suis passé trop vite.

L´histoire se complexifie. Je suppose que c´est Lunoque qui s´apprête à manipuler Hudrélos pour prendre tout le monde de vitesse. Le revirement de Valus me paraît un peu rapide, mais bon.

Quelques erreurs et fautes de frappe ou d´orthographe, mais je ne suis pas xbq. "Erudril dont une de ses mains empoignait...", "au plus haute sphère", par exemple.

Je trouve plutôt dommage que cette fic ait si peu de lecteurs, et pour ma part je pense la suivre.

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
22 mai 2006 à 20:13:29

Bien j´ai lu et j´éviterai mes comms géant qui relève les faute et autres trucs. Je dirai que j´en ai vu quelques-unes à certains endroits mais ça a reprit le bon chemin à partir du chapitre 5.

Le tout est pas mal du tout et est intéressant, j´aime assez.

Je ne m´attarderai pas plus longtemps et attendrai la suite !

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 juillet 2006 à 14:16:02

Chapitre sixième : au-delà des coulisses du pouvoir

Orius tira sa mâchoire en avant dans l’espoir de dissiper les bourrelets de graisse de son triple menton, en vain. Il soupira en regardant son profil dans un miroir d’argent et constata avec dépit que son embonpoint avait encore pris du volume. Il tenta de réajuster sa toge avec ses doigts joufflus afin de paraître moins gros, mais le résultat le rendait davantage ridicule. En voyant ses cheveux blancs qui zébraient sa chevelure châtaine et ses traits qui se muaient visiblement en rides, Orius du admettre avec résignation qu’il était vieux.
– Si tu continues comme ça, dit une voix féminine dans son dos, tu seras plus large que haut.
Orius éclata de rire en entendant son épouse et finit de se déguiser. En se retournant, il fit face à une femme dont la chevelure d’un blond éclatant serpentait sur une silhouette très séduisante. Un examen plus approfondi aurait permis de voir que sa peau commençait à se parcheminer et que les rides creusaient également son visage doux et souriant.
– On ne vit qu’une fois, s’exclama Orius en embrassant sa femme sur la joue. Et puis de toute façon je préfère vivre bien même si la vie sera courte plutôt que de me priver et de vivre longtemps comme un vieux débris.
– Je sais, opina Valunia. Mais quand je te vois toi et tes acolytes, j’ai toujours l’impression de voir un troupeau plus qu’une assemblée de vieux sages.
– Je n’y peux rien si la cuisine du Sénat est excellente, répondit Orius. A ce propos je ferais mieux d’y aller sinon je vais être en retard pour le déjeuner.
Sans rien rajouter, il sortit d’un coffre en bois une longue écharpe rouge rayée de blanc. Cet ajout vestimentaire permettait à quiconque de reconnaître la fonction d’Orius à savoir celle de sénateur de la République de Doulanor. En temps normal, cette écharpe auréolait son porteur de prestige mais l’effet était tout autre sur Orius qui ressemblait plus à un vieux sac complètement saucissonné.
Valunia sourit mais s’abstint de commentaire, elle ne voulait pas enfoncer le couteau dans la plaie. Elle s’assit dans un fauteuil du salon et se servit une tasse de thé tandis qu’Orius cherchait ses sandales dans l’atrium de leur villa.
– Je me demande bien pourquoi Némésis t’a convoqué, fit-il en rajoutant un morceau de sucre dans son breuvage. C’est tout de même étrange.
Orius qui s’évertuait à faire main basse sur ses sandales introuvables se rappela alors l’étrange visite qu’ils avaient eut cette nuit.
Un soldat de la garde présidentielle avait tambouriné en pleine nuit à la porte pour leur remettre un parchemin scellé par lequel Némésis ordonnait à tous les sénateurs de se réunir la journée même au Sénat pour une assemblée exceptionnelle. En temps normal, les séances se tenaient le premier jour de la semaine et le Président savait toujours ménager sa patience en cas de problème. Cependant, les récents événements laissaient présager que quelque chose d’anormal se passait à Glimdulil avec les alarmes de la ville, les patrouilles dans les rues et les fouilles des résidences de la ville haute proches du palais présidentiel.
Orius se complut de sa grande demeure proche des fortifications. Il habitait la ville haute comme l’ensemble des notables de la capitale mais il appréciait la bonne ambiance des auberges des faubourgs avec leurs fêtes incessantes et l’alcool qui coulait souvent à flots. C’est pourquoi il était plus pratique pour lui de résider à proximité de manière à pouvoir si rendre facilement, assurant discrétion et promptitude.
– Victoire ! fit Orius en apercevant l’objet de ses désirs dissimulé derrière une colonne de marbre.
Il entreprit de se baisser mais la masse qui pendait à son abdomen combiné à son dos aux vertèbres rongées par l’arthrose l’en dissuada. Sa femme pouffa en voyant son mari se tortiller et user de ruse afin d’attraper ses sandales, chose qu’il réussi au prix d’un effort acrobatique.
Orius se tordit ensuite en deux pour resserrer les liens de ses souliers. Il se releva, la mine écarlate, complètement essoufflé, pour se rendre compte à son plus grande désarroi que sa toge était toute froissée.
– Sac à papier ! jura-t-il en constatant les dégâts dans le miroir. Je cours me changer.
– Tu n’as plus le temps, intervint Valunia qui tentait d’étouffer un fou rire.
Orius consulta l’heure de sa clepsydre et grommela. Il fit une dernière bise à sa femme et sortit de la villa au pas de course.

Dehors, la ville se réveillait doucement au rythme de l’astre diurne. Tandis que l’on pouvait entendre l’effervescence grossière des faubourgs déjà occupés à marchander, la ville haute s’éveillait calmement. Les fonctionnaires étaient les premiers à sortir de chez eux pour s’affairer à leur travail alors que les dirigeants prenaient leur temps pour se parer et se préparer à la lourde et si attrayante tâche qu’était la régence de la République.
Orius emprunta une large avenue pavée bordée par ses palais et ses villas. Les rayons rasants du Soleil se réverbéraient sur les marbres et les statues, submergeant la ville d’une lueur blanche et immaculée, presque aveuglante. La fraîcheur de la nuit ne s’était pas encore entièrement évanouie et certains passants grelottaient.
Orius n’aimait pas la ville haute qui lui paraissait toujours froide, hautaine et complexe. La seule chose qu’il appréciait vraiment était la politique pour laquelle il avait le don inné de créer ou de démêler des intrigues au sein du pouvoir. Si son ambition avait été plus nourrie, il aurait facilement pu prétendre à la présidence mais il se satisfaisait pleinement de sa charge. En fait, le véritable motif pour lequel il ne s’aventurait pas davantage dans les affres du gouvernement était que le chef cuisinier du Sénat était le meilleur de toutes les autres institutions du pays, mais même sous la torture, il eut été peu probable qu’Orius le reconnaisse.
Il bifurqua dans une rue et sa trajectoire fut déviée par le doux parfum flottant de gaufres bien grillées. Alors qu’il cherchait la source de cette émanation providentielle, il se fit alpaguer par un de ses amis et collègue.
– Orius, fit celui-ci, ravi de te rencontrer de si bon matin.
– Piotr ! s’exclama Orius avec un ton faussement condescendant. Qu’elle joie de te voir.
Flûte, pensa-t-il en apercevant au loin l’échoppe, une autre fois peut être. L’individu était un homme grand, les cheveux bruns et ses yeux possédaient la singularité d’être rouge alors qu’il n’était pas albinos. Il avait les épaules étroites et son écharpe de sénateur peinait à rester en place. Piotr serra la main d’Orius en jetant un coup d’œil amusé à sa toge.
– Une sombre affaire de sandale, se contenta de répondre ce dernier.
– Certes oui … enfin bref, j’en déduis que tu as dû recevoir la même visite que moi cette nuit.
Orius acquiesça en reprenant sa marche vers le Sénat. Il ne rajouta rien et s’aperçut qu’à mesure qu’il s’approchait de l’édifice, ils croisaient d’autres personnes arborant la même écharpe facilement identifiable.
– Je ne supporte plus Némésis, dit sombrement Piotr. Lui et sa trygonastie se croient tout permis et voilà qu’il s’autorise de nous déranger alors que nous avons mieux à faire.
Orius sourit en sachant pertinemment que le mieux à faire de son collègue n’était autre que de passer sa journée dans des fumoirs afin de comploter et de ragoter contre les grands de la société et tous les gens qu’il jugeait comme des parasites.
– Je parie que c’est encore une manœuvre pour nous imposer une réforme ou effectuer un remaniement ministériel. Quoiqu’il peut également annoncer une dissolution de l’assemblée, mais je pencherais plus pour un une motion de …
Orius n’écoutait pas les tergiversations de Piotr. Alors que celui-ci se perdait en conjecture, il préparait dans sa tête son menu du jour et sa principale interrogation était de savoir s’il était plus judicieux de manger des fraises avec du sucre ou de la crème.

Le Sénat était – avec le palais présidentiel – un des rares monuments et vestiges des temps de siège. C’était un bâtiment massif, flanqué de plusieurs tours volumineuses et solidement ancrées dans le sol. Malgré cet apparente difformité, le Sénat se nichait au cœur d’un grand parc qui comptait également parmi ses enceintes l’Assemblée nationale, l’Université et une aile de l’Académie des Sciences occultes.
Les artistes les plus talentueux et de brillants architectes avaient aménagé des colonnades tout autour du Sénat afin de rendre les murs plus gracieux mais également pour permettre la lumière de pénétrer dans les immenses salons et nombreuses salles. Les colonnes de marbres soutenaient un toit de granit percé d’une coupole de verre qui surmontait le monument, conférant ainsi un aspect aérien au Sénat et permettant d’illuminer l’hémicycle. Enfin, de longues séries de statues ornaient les immenses arcades et les frontons de pierre. Le Sénat était ainsi une élégante combinaison de fonctionnalité et d’esthétiques qui plaisait et qui inspirait le respect de part sa prestance.
L’intérieur contrastait énormément avec l’extérieur. Le sol se composait d’une mosaïque de dallage, représentant des arabesques complexes mais soignées. De fastueuses tentures pendaient aux balcons du grand hall avec un large double escalier central qui offraient l’accès à l’hémicycle et aux différents salons, communément appelés les coulisses du pouvoir. Des plantes exotiques venaient compléter les fresques murales qui décoraient presque tous les murs. Chaque détail faisait l’objet d’une attention et d’un raffinement particulier avec les poignée de portes en argent, les meubles en bois précieux et lampes serties de diamants.
Le Sénat était un bâtiment à la démesure des esprits qui le peuplaient, un temple au pouvoir, un sanctuaire de la manipulation. Une aberration dispendieuse songea Orius. Il aimait le contenu mais pas le contenant.
Il appréciait parler et disserter sur les problèmes de la République mais il ne supportait pas tout ce luxe étouffant et selon lui beaucoup trop ostentatoire. Après avoir pénétré dans les lieux, il salua d’autres sénateurs avec autant d’hypocrisie que de mensonges dans un discours politique et monta les marches de l’escalier central pour investir un salon.
L’endroit était une pièce longue tapissée de tableaux et encombrée par des bibelots et divers œuvres d’arts qui prenaient silencieusement la poussière. Dans des coins, des fauteuils en velours supportaient des sénateurs ventripotents qui se délectaient de la nourriture étalée sur une grande table au milieu de la salle. Il ne fallut pas trois secondes à Orius pour repérer le buffet et le prendre d’assauts. Sans se soucier de l’étiquette, il se goinfra et se régala des aliments qui étaient à l’image du Sénat ; riches, colorés et énormes. Il empoigna une assiette et entreprit de se composer un assortiment de gâteaux et de pâtisseries.
– Vous ne passerez bientôt plus entre les portes, intervint le cuisinier derrière la table. Heureusement que je vous connais.
Sur ce, l’homme tira de dessous de la table un plat débordant de fruits. Orius échangea un regard malicieux et se servit sans parcimonie. Il mordit à pleine dent dans une pomme et tandis qu’il se goinfrait, il entreprit un examen minutieux les occupants du salon.
Le sénateur de la contrée de Doulaer, Tripodos Esthofal, un homme squelettique qui mangeait une salade avec la sénatrice Darilu Hartons une petite femme au bord de la calvitie. Assis sur un fauteuil, Piotr semblaient s’être plonger dans un grand débat sur l’interdiction de l’Alchimie mais le sénateur Alfos Brenet ne partageait visiblement pas son avis puisqu’il hurlait dans les oreilles du sénateur Neor Dripolh, un homme grassouillet mais qui ne faisait pas le poids face à Orius. Il y avait de ça et là d’autres connaissances – tous portant l’écharpe rougeâtre – et il décida de s’attarder avec la charmante sénatrice Clystrène. Appartenant à la trygonastie Systus, elle portait autant d’attention à son physique qu’aux relations diplomatiques, d’où son incomparable beauté avec ses traits fins et sa chevelure noir de jais.
Elle venait de Vanor, une des plus lointaines régions et Orius s’étonna presque de la voire présente en connaissant la distance qui la séparait de la capitale. Clystrène luttait ardemment contre la trygonocratie qu’exerçaient les Mnémoside et avait lancé une vaste campagne d’éducation à la magie pour les personnes ne pouvant de payer les services de sorciers compétents. Elle aperçut à son tour Orius et prit congé de la conversation passionnante sur les bracelets magiques des sénateurs Tektus et Raxos.

Dylfos
Dylfos
Niveau 5
01 juillet 2006 à 15:51:22

Je vais tout relire depuis le début, parce que ça faisait longtemps...

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 juillet 2006 à 19:39:41

"Elle aperçut à son tour Orius et prit congé de la conversation passionnante sur les bracelets magiques des sénateurs Tektus et Raxos."

Joli clin d´oeil.

Et très bon chapitre, bien que la prise de pouvoir à la fin semble un peu précipitée. J´ai aussi la vague impression que tu t´amuses à caricaturer la politique française, avec les députés absents et autres petits défauts.

:)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 juillet 2006 à 20:14:12

Pour les clin d´oeil, ta fiction est tellement génial que je ne peux m´empêcher de la glorifier (à moins que ça te gène).

Je sais que la prise de pouvori est un précipité mais je ne voulais pas la ralonger non plus car je me disais qie les intrigues politiques à ralonge n´allait peut être pas plaire aux lecteurs.
Au moins, une chose est à retenir, je n´ai pas copier sur Star Wars comme certains me le critiquaient.

Pour la caricature j´avoue que j´ai bien pris du plaisir à pasticher le Sénat français (morne, gras, absent).

Valà valà, merci à vous deux d´avoir lu et commenté et je vais essayer de poster un plus régulièrement (HAHAHA la bonen blague) non sérieusement c´est les vacances te je vais m´y mettre.

:)

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
04 juillet 2006 à 00:34:59

Pas mal, je reprendrai les arguments de KaiM en disant même que c´est un très bon chapitre.
Mais politique française ? il n´y a pas que les députés Français qui ne sont jamais à leur postes.
Sinon le personnages de Orius est très attachant par ses manières rustres. Reste à voir la suite.
Par contre il est vrai que pour la fin, c´est quelque peu rapide.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
06 juillet 2006 à 14:54:03

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