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Voyage

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 octobre 2005 à 06:00:02

Bon, suite a une discution avec Az´ (merci au passage^^) j´ai décidé de créer ce nouveau topic plutôt que d´entasser ma nouvelle fic sur celui d´Insania.

Ce texte n´est pas à proprement parler une suite puisque peu d´évènements d´Insania ont ici conséquence. En fait, il s´agit d´une sorte de vaste description du monde d´Insania.

VOYAGE

CHAPITRE I : Partir… ;

Il y a maintenant de nombreuses années que l´ombre ténébreuse de l´Empire ne se dresse plus sur les terre explorées.
Il y a bien longtemps qu´il s´est écroulé sur lui-même, entraînant dans sa chute la résistance.
Insania, que ce nom désigne la montagne ou la ville, n´est plus. Sous les tonnes de roches et de terre, deux armées se tiennent face à face pour l´éternité. la colline de gravats a verdit, la vie y a repris ses droits un instant usurpés. Si l´endroit n´est pas maudit proprement parler, beaucoup de gens préfèrent prévoir un détour dans leur itinéraire plutôt que d´avoir à contempler ce qui reste de la folie des hommes.
Il est inscrit dans les tables officielles que lorsque la montagne engloutit tous les belligérants, un seul d´entre eux survécu. Il s´agissait d´un ami personnel du général Mont Gallore, un étranger répondant au nom de Leiji. Ayant rejoint les stratèges demeurés dans la plaine, alors que ces derniers partaient annoncer la nouvelle au monde, lui se dirigeât vers une " forêt " ou " on " l´attendait. là, l´histoire officielle perd sa trace. Voici ce qu´il advint.
Il chevaucha droit sans prendre de repos ou presque, droit donc vers la forêt de Sylvra. Arrivé à la lisière, sa monture s´écroula de fatigue, lui même sombrant dans l´inconscience. il fut recueillit par celle des Sylvra à laquelle il avait promis son retour, et intégra leur communauté en la prenant pour épouse.
Le temps a passé. Un enfant est né. Un hybride entre créature sylvestre et humain.
Il a aujourd´hui vingt cinq ans, date importante puisqu´il s´agit de la majorité ici. Leiji, pour sa part, a déjà plus de soixante printemps. Il a retroussé ses longs cheveux devenus blancs en un catogan serré. De jours en jours, ses muscles se font plus raides, ses réflexes plus lents. Les temps, destructeur, fait son œuvre.
Il assiste à la cérémonie de son fils. Il faut savoir que la plupart des mâles sylvra sont d´hideuses créatures, solitaires et extrêmement brutales. C´est pourquoi il n´y a que des prêtresses pour accomplir les cérémonies ancestrales.
Six d´entre elles entourent l´initié, vêtues de larges toges blanches. Une septième lui offre une calebasse d´eau du torrent, un gland et une noix. Il mange cette dernière, plante le gland dans la terre meuble et l´arrose de la moitié de l´eau. Il boit le reste.
Cela fait, les prêtresses entonnent un champ à la limite du joyeux, parsemé d´éclats de voix impétueux. Elle le couvrent de baisers et l´escortent vers son père. La septième, la plus importante, s´incline. Leiji répond à son salut.
Elles se retirent rapidement.
- Et bien mon fils, te voici délivré de ma tutelle.
- Elle ne m´est jamais apparue comme un fardeau, je vous l´assure.
Ils sourient.
- Bien. En fait, je voudrais te parler seul à seul. Pas maintenant. Pour l´instant, il est pour toi l´heure des réjouissances. Profite de ta journée et rejoins moi aux Trois Chênes.
Il opine.
- Cette journée est la tienne. Va et amuse toi.
- Merci, père.
Il rejoint la foule. Sa mère se rapproche de son conjoint.
- Tu lui a parlé ?
- Pas encore, mais je l´ai prévenu. Je lui expliquerai ce soir.
- Es-tu sûr que ce soit le meilleur choix ?
- Oui. Je l´ai bien fait, moi, même si j´y étais forcé. Cela m´a fait découvrir des choses, des choses dont tu n´as pas idée. Et tu sais bien que je ne veux pas que…
Elle l´interrompt.
- Si tel est ton choix, je ne m´y opposerai pas.
Elle l´embrasse tendrement.
La journée se déroule, toute couverte des festivités. La joie est dans les cœurs. Quand enfin la nuit tombe, le fils rejoint le père au lieu dit, où trois majestueux arbres millénaires commencent à jaunir doucement. L´automne est en marche. D´ici un mois tout au plus, il sera là.
- Te voici. Approche.
Leiji fixe la voûte étoilée de plus en plus sombre. Il soupire.
- Je t´ai dit que je voulais te parler. C´est… il s´agit plutôt d´une sorte de requête que je voudrais te confier.
- Parlez, père, je n´ai rien à vous refuser.
- Bien. Il se trouve que je suis atteint d´une maladie, ou plutôt de la combinaison de deux maux, l´âge et la nostalgie. Le mal du pays. Il est trop tard pour que je ne remette un jour les pieds chez moi, et aucune médecine ne peut m´aider. je suis condamné. Je n´en ai plus que pour quelques années.
- Ne dites pas ça, père.
- Il te faut pourtant l´entendre. voici ce que j´attends de toi : je voudrais que tu partes en un long voyage, et que tu visite les principales capitales et cultures des terres connues. Observe et écoute les humains, dans leurs mœurs, dans leur attitudes, et reviens me dire ce qui chez eux vaut la peine d´être connu. J´ai parcouru maintes terres, et rencontré de nombreuses personnes, mais je n´ai en définitive jamais trouvé la réponse à la question que je te transmet.
- Je… je ne sais que dire.
- Je ne te force en aucun cas. Je désire seulement te faire connaître les joies du cheminement. Si tu t´y décides, écoute mon conseil.
Il sourit vaguement, comme submergé de souvenirs heureux mêlés de regrets.
- Reviens toujours là où tu es partit, ne serais ce que pour un temps. Si tu néglige de le faire, l´envie te rongera, comme elle l´a presque déjà achevé chez moi.
Il marque une courte pause pensive.
- Maintenant, le choix t´appartient. fais moi juste savoir ce que tu décide.
- J´y songerai cette nuit.
- Bonsoir mon fils.
Ils se dirigent vers les huttes de repos.

Le lendemain, Leiji est incapable de se lever. Ses jambes sont mortes.
Alors que tout le monde vaque à ses occupations, il doit rester chez lui, avec sa femme qui le veille.
Son fils entre discrètement.
- J’ai réfléchit toute la nuit. Il m’est apparu que ce voyage ne pourrait m’être que bénéfique. J’irai.
Leiji sourit. Il sait que c’est uniquement son état qui motive son enfant.
- Je ne puis que t’approuver. tu ne peux toutefois partir ainsi. Il te faut de quoi te défendre en chemin.
Il fouille sous les couvertures et en sort un long sabre. Son fourreau est noué de bandelettes de tissu dont les couleurs vives se sont éclipsées avec le temps. Il en montre la lame, visiblement entretenue avec le plus grand soin.
- C’est une lame de chez moi. Mon dernier souvenir, en quelque sorte. Elle est inégalable, prends-y grand soin. Je te le donne. Pour ce qui est de ma vieille armure, ou de ce qu’il en reste, elle est suspendue au mur, là-bas. Elle est de bonne facture, et si elle a un peu souffert de ma dernière bataille, elle te servira encore. Elle est a toi.
- Merci.
Il s’incline.
- te voilà donc équipé. Mais il te manque encore une chose cruciale, si tu veux naviguer dans le monde des humains. Tu n’as pas l’habitude de t’en servir, ce n’est pas en usage par ici. Il s’agit de ton nom. Il t’en faut un.
Le silence tombe sur la hutte. La mère sort doucement.
- Père, ce voyage est plus votre que mien. J’ai accepté d’accomplir, d’achever votre rêve. Je désire reprendre l’étendard de votre nom.
- Tu seras donc Leiji, fils de Leiji. Dernier représentant de la lignée des Dayamonoo. Puisses tu la faire revivre…
- Je partirai tôt, mon père. Votre état ne me dit rien qui vaille. Je serai vite de retour.
- Non, prends ton temps. Il te faut profiter de ce que tu vas vivre, pas le gâcher en pensant sans cesse à moi.
Le fils fait signe qu’il comprend.
- Je… j’y vais. Me préparer.
Il prend respectueusement le sabre et décroche l’armure de son support.
- une dernière chose. Méfie-toi des humains et dissimule ta nature. Les connaissant, ils ne t’accepteront pas tous. Vêts-toi d’une longue cape de pèlerin. Reste discret autant que possible. Voilà, je crois t’avoir tout dit. Bonne chance.
- Encore merci.
Il tourne le dos et sort.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 octobre 2005 à 10:59:46

Vuala, c´est fait. Bon, je me met au chapitre trois...

CHAPITRE II : En avant ;

Longue est la route qui se déroule devant lui. Penché au dessus d´une carte, à la lueur d´une bougie, il décide de son itinéraire.
La plus proche bourgade, Worf, est une tranquille petite cité dont la plupart des habitants cultive la terre. Elle dépend de la capitale, plus loin toujours au nord, Enev.
Il se met en route de nuit. Il connaît la forêt environnante comme sa poche, et n´a nul besoin de lumière pour s´y repérer. Il respire profondément l´odeur de l´humus fraîchissant. Quelques feuilles craquent sous ses pas. Pour le reste, un silence profond tient ces bois.
Il se sent joyeux de partir, de découvrir tant de nouvelles terres. Son cœur s´emplit de cette gaieté pour n´en plus départir, bien qu´elle soit teintée de regrets. Mais il a décidé d´aller de l´avant sans se retourner.
Arrivé à la lisière, il s´arrête. une faible lune éclaire le terrain devant lui. Il n´a jamais quitté sa forêt natale. Il choisit cet endroit pour dormir.
Les nuages de l´aube sont roses. Un petit rongeur monte sur le dormeur, intrigué par cette présence inattendue. Leiji se redresse assez brutalement, dérangé par l´animal. ce dernier, plus effrayé encore, disparaît parmi les hautes herbes.
Le voyageur s´étire longuement. Son sommeil n´a pas été troublé, il est prêt pour une pleine journée de marche. Il déjeune en route de fruits secs et sucrés. En fait de route, il n´y a rien ici qui y ressemble de près ou de loin. Il connaît seulement son itinéraire et la direction à suivre.
Le premier soleil, Viaca en sa langue, le réchauffe doucement. Une très légère brise se lève, faisant onduler les herbes en de fugaces arabesques. Son esprit vagabonde au gré de ces dessins. Tout autour de lui lui semble neuf, et pour cause. Mais s´il n´avait encore jamais dépassé les derniers arbres de sa résidence sylvestre, il n´en a pas moins appris de son père le nom et l´image, à travers de nombreux livres, de tout ce qu´il peut voir à présent. La nature le passionne. Il s´amuse à reconnaître les fleurs, les plantes et les animaux qui détalent à son approche, courroucés ou apeurés.
Il se sent libre. Un peu seul. Un peu triste. Un peu perdu, certainement. Mais entièrement libre.
Quelques heures de marche et Pichca, le second astre du jour, vient rejoindre son frère dans l´azur pur et sans nuages. Une belle matinée de fin d´été.
Il chemine presque toute la journée sans s´interrompre, si ce n´est pour se restaurer.
Ses yeux, encore jeunes selon les critères de son peuple, n´en peuvent plus de toutes les merveilles qu´ils rencontrent.
Peu avant le deuxième soir, il se couche au sommet d´une petite butte qui surplombe les alentours, relativement plats.
Mais dans la nuit, alors que son subconscient prend la relève, le ciel déjà obscure se couvre de lourds nuages. Ils s´accumulent petit à petit, masquant les étoiles. Un éclair à l´horizon. Le grondement du tonnerre. Leiji dort toujours.
Puis vient la pluie, de plus en plus pressante, de sorte qu´il ne peut faire autrement que d´ouvrir les yeux.
Dans ses paquetages, il a emmené une vaste toile cirée. Il s´en recouvre, assit en tailleur. Plus question de s´allonger.
L´orage éclate vraiment, incroyable concert illuminé de flashs aveuglants qui semblent fendre la toile céleste encombrée de nuages noirs. Le paysage est vite strié de lignes obliques, parallèles. La pluie.
Il observe ce spectacle grandiose. La nature en fonctionnement.
Tout se calme un peu avant l´aube. le sol est plus qu´humide, et les hautes herbes qui n´ont pas été couchées par le vent mouillent ses vêtements jusqu´aux genoux. Malgré tout, et comme pour se faire pardonner de sa colère nocturne, le ciel envoi prestement Viaca, lequel darde ses chaux rayons. Une brume légère s´élève. Au zénith de ce premier astre, aidé de son compagnon, tout est sec, comme s´il ne s´était rien passé.
Après son repas léger, Leiji s´accorde une sieste reconstituante. La chaleur y est tout juste propice.

MisterRPG
MisterRPG
Niveau 20
04 octobre 2005 à 11:01:12

j´vais m´acheter des clopes et je lis ça :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 octobre 2005 à 11:04:25

Merci

  • fumer tue lentement*
  • pas grave chuis pas pressé* ^^
MisterRPG
MisterRPG
Niveau 20
04 octobre 2005 à 11:27:12
  • fumer tue lentement, mais nuit trés vite à la santé *

Ouaaa, bah faudrais que tu m´expliques l´histoire de Pichca, Viaca et compagnie :-p
( à moins que tu l´ai inventé lol )
Sinon, bah euh... Ya des fautes d´accord ! au pluriel, un verbe ça prends "ent" :-p
bah sinon en fait, j´vois pas trop quoi dire, je trouves ça plaisant à lire, plutôt bien écrit, et l´histoire me plaît :-)
En gros, je peux déjà te dire que je suivrais ton... histoire ? fic ?

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
04 octobre 2005 à 11:28:47

bonne résolution, ash :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 octobre 2005 à 11:31:05

Et bien en fait, les deux noms que tu me cite sont ceux des deux soleils de ce monde.
Pour la conjugaison, je sais, mais j´ai une dent contre elle...
Content que ça te plaise. Le fait qu´il te manque des éléments vient peut être de ce que tu n´as pas lu la première de mes fic dans ce monde là, elle s´appelle Insania (actuellement en bas de page)

MisterRPG
MisterRPG
Niveau 20
04 octobre 2005 à 11:33:00

oki ^^

bah j´essairais de lire quand j´aurais le temps ( je vais me faire à manger ), mais j´aimes beaucoup lire une histoire, quand il s´est passé quelque chose avant et qu´on n´en sais presque rien :-p ( me demandes pas de l´expliquer Y_Y )

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
05 octobre 2005 à 10:52:20

Woua au fait, ça me fait un nouveau lecteur^^

:merci: MisterRPG :oui:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
05 octobre 2005 à 13:40:33

Eh bien, j´ai enfin trouvé le temps de lire. :) Alors, que dire...hum. D´abord, je trouve le style présent surprenant, c´était comme ça aussi à Insania? Enfin je dis ça mais c´est juste que je suis habitué au passé quoi^^. Sinon, les descriptions sont bien faites, le seul truc que j´aie à déplorer en fait, ben c´est qui s´passe rien^^. J´sais bien qu´c´est une explication du monde et donc que ça va pas bouger des masses, mais moi j´ai toujours préféré (et je préfère d´ailleurs toujours actuellement :) ) les textes où y´a un peu d´action. :) Les fautes, j´y ai pas fait gaffe.

Bon, bref, un texte que je trouve moins intéressant qu´Insania pour l´instant, mais tout aussi bien écrit. Et ne t´inquiète pas je lirai la suite, ne croie pas que j´aie pas aimé. :-)

MisterRPG
MisterRPG
Niveau 20
05 octobre 2005 à 18:36:16

bah moi je préfères quand ya pas trop d´action :-p hihihi

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
05 octobre 2005 à 18:41:16

alors à quand la suite???

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
05 octobre 2005 à 20:45:47

Bon, il va y en avoir de l´action par la suite, il me faut juste la taper^^. J´ai trouvé le moyen de transiger entre action et description, mais d´un autre côté je viens d´avoir un début d´idée mais je ne vous en dit pas plus :nah:

Merci pour vos comms^^

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
06 octobre 2005 à 18:19:40

alors????
on s´impatiente!!!! :fou:

MisterRPG
MisterRPG
Niveau 20
06 octobre 2005 à 21:00:56

mais euh ! c´était bien que de la description Y_Y
bon, en même temps c´est toi l´auteur hein ^_^
Met pas la suite trop tard, elle m´interesse ^^

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
07 octobre 2005 à 19:14:04

deathstone t´es en grève où quoi???ça fait une semaine qu´on attends!!!! :ange: :fou:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
07 octobre 2005 à 21:14:02

Bon, désolé mais je crois que je vais faire comme pour Insania dans le temps : je vais bosser 2 ou 3 mois sur le papier avant de vous le taper. Désolé de vous avoir appaté avec ce début, mais n´attendez pas la suite pour tout de suite.

Je vous souhaite bien le bonsoir a tous et à toute :coeur:

MisterRPG
MisterRPG
Niveau 20
08 octobre 2005 à 13:58:22

Y_Y

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 octobre 2005 à 14:29:07

Post totalement inutile mister...Dans la mesure ou la suite n´arrivera pas avant plusieurs mois, peux-tu m´expliquer l´intérêt de ton post? (qui n´est qu´un up)

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
09 octobre 2005 à 07:37:04

Je vous l´avoue, je suis quelqu´un d´assez indécis. Cela signifie que je vous poste le chapitre 3 aujourd´hui. Pour ceux qui veulent de l´action, elle débutera fin du chap suivant/début de celui d´encore après. Alors là, ben vous dégustez les descriptions et vous prenez votre mal en patience :ok: :gni:

Enjoyez donc :

CHAPITRE III : Le conteur de Worf ;

En fin d’après midi, la haute tour d’un temple est en vue. Worf se niche à ses pieds. Bientôt, il atteint la ville elle-même, partiellement entourée de palissades. De nombreuses habitations se sont construites en dehors de ces défenses. C’est la paix. Aucune guerre ne couve. Il n’y a en fait eu aucun conflit majeur depuis la chute de l’empire d’Insania, a peine quelques provocations agressives entre seigneurs voisins.
Ici, les voyageurs étrangers sont les bienvenus s’ils n’apportent pas la discorde.
Suivant les recommandations de son père, Leiji dissimule son corps hybride. Il remercie les Dieux de lui avoir donné face et mains à l’image de celles des humains.
Il déambule dans les rues, admirant les constructions simples. Il fait connaissance avec sa première ville et tente d’en apprivoiser tous les aspects. Toutefois, ils sont si nombreux qu’il s’en trouve toujours un pour le surprendre.
Sur une place, il trouve une large foule réunie en cercle autour d’un conteur publique. Celui-ci égrène ses légendes d’une belle voix grave, un peu râpeuse. Il accompagne ses récits de nombreux gestes. Leiji s’assoit à son tour, fasciné. L’homme enchaîne sur l’un des plus vieux et des plus connus de tous les mythes.
- Il fut un temps, lorsque ce monde était jeune et que les hommes n’y vivaient pas encore, il fut un temps donc où il n’était ni jour ni nuit. Le temps passait en un état étrange, indéfinissable par mes simples mots.
Il regarde rapidement la foule. Tous les visages sont tournés vers lui. Tous en redemandent silencieusement.
- Alors les Dieux, qui sont fort sages, décidèrent qu’il ne pouvait y avoir de vie sans lumière pour l’éclairer. Ils prirent donc le feu, l’une de leur première invention, et le placèrent dans le ciel, assez proche pour qu’il éclaire et réchauffe et assez loin pour qu’il ne brûle pas les habitants de ce monde. Ils se trouvèrent heureux de leur fait.
Il tourne rapidement sur lui-même. Son auditoire est toujours attentif.
- Mais il apparut que la lumière ne pouvait être à longueur de temps. Les animaux devaient trouver de l’ombre pour arriver à prendre du repos. Alors ils firent l’obscurité, et pour qu’elle ne soit pas totale, ils mirent le cristal dans le ciel pour qu’il dispense son éclat laiteux dans la nuit. Ils harmonisèrent le tout en mettant ces deux astres en rotation. Ainsi, le jour ne succédait pas trop vite à la nuit et inversement.
Un petit enfant applaudit, vite arrêté par sa mère. Le conteur marque une pause. Il reprend vite.
- Mais tout ne s’arrête pas là, car vous savez que nous pouvons observer deux soleils et cinq lunes. Or les Dieux ne firent qu’un de chaque. Cependant, il s’avéra qu’ils avaient mal réglé la course de leurs astres, si bien qu’au cours de leur éternel mouvement, ces derniers finirent par se rencontrer. Le choc fut des plus horribles. Le soleil se scinda en deux, la lune en cinq. La poussière et les éclats dégagés firent les étoiles. Les Dieux s’en rendirent compte et régularisèrent la course des soleils, mais les lunes, elles, restèrent indomptables. Depuis, elles apparaissent toutes les nuits en une chorégraphie différente. Et n’est-ce pas aussi bien ainsi ?
Des murmures d’approbation dans le public.
L’histoire est finie. Certains partent, d’autre restent. Beaucoup envoient une pièce au conteur. Il remercie et salue. Leiji écoute toute la nuit, jusqu’à ce que l’homme n’aille se coucher. Les histoires se bousculent dans sa tête. Ses rêves sont peuplés de divinités merveilleuses.
Il dort dans l’écurie, dînant pour une fois d’un repas chaud. Ragoût aux pommes de terre. Couché dans la paille, il s’endort au milieu de l’odeur des chevaux.
L’agitation se fait autour de lui avant que la luminosité au dehors ne soit totale. Le fils du tenancier vient bouchonner un peu les bêtes de clients, les nourrir. Il invite Leiji à venir dans la salle commune, ce que ce dernier accepte.
Le feu meurt dans l’âtre et les gens commencent à affluer, sortant un à un de leur chambre. Il commende quelque chose de consistant, à base de céréales, et va s’asseoir à une table libre. Les clients étant peu nombreux, l’aubergiste reste un peu en lui apportant son plat, et l’interroge sur sa présence.
- Je voyage. J’ai décidé de visiter quelques grandes cités, pour au moins pouvoir dire que je les ai vues.
- Vous avez bien de la chance. Pour ma part, je n’ai jamais pu quitter cette bourgade. Remarquez, je m’y plait et ne me plaint pas de mon sort. Mais n’êtes vous pas un peu jeune pour ainsi courir les routes seul ? Quel âge avez-vous ? Dix huit, dix neuf ans… ?
- J’ai vu mon vingt-cinquième anniversaire il y a trois jours.
Le patron fait une grimace qui peut exprimer l’incrédulité comme la surprise. A la table voisine, un guerrier entièrement engoncé dans sa lourde armure se pose bruyamment sur un tabouret.
- De toutes façon, ce ne sont pas mes affaires, n’est-ce pas ? Soyez juste prudent, loin des villes. Les brigands sont nombreux. Mais voilà que je m’adresse à vous comme si vous étiez encore un gamin. Veuillez m’en excuser.
Leiji sourit, son interlocuteur se détend.
- Ne vous inquiétez pas, j’ai de quoi me défendre.
Le patron acquiesce et s’en retourne à ses occupations.
Leiji avale rapidement son écuelle. Il paye et se dirige vers la porte. Le guerrier en armure l’y attend. Il l’aborde :
- J’ai entendu tout à l’heure que vous voyagiez.
Sa voix est étrangement claire, mais le heaume qu’il porte la déforme peut-être.
- Accepteriez-vous de cheminer avec moi ? Je n’aime pas marcher seul, et mon précédent compagnon, avec lequel je suis arrivé ici m’y a abandonné.
- Je n’y vois pas d’inconvénient, …
- Je me nomme Naylamp.
- Et moi Leiji. Quand comptez-vous partir ?
- Dès que vous le voudrez. J’aimerais quitter cet endroit dans la semaine, mais si vous comptez y rester plus longtemps, j’attendrai.
- Je pensais flâner encore un peu en ville. Nous pourrions prendre la route ce soir, avant le crépuscule. Retrouvons-nous ici.
Ils s’accordent. Naylamp retourne dans l’auberge et Leiji dirige ses pas vers la rue principale. Il commence à comprendre comment fonctionne une ville. Ce n’est malheureusement pas jour de marché.
Au détour d’un embranchement, ses yeux s’accrochent sur un haut gibet surélevé. Un cadavre s’y balance dans la brise. Un soldat monte la garde.
- Pourquoi l’avez-vous tué ?
- C’était un voleur qui a commis son forfait à de nombreuses reprises.
- Tous les voleurs sont-ils traités de la sorte ? Ne les pouvez vous pas mettre en réclusion ?
- Celui-ci a déjà goûté à la prison, mais ça ne l’a pas empêché de recommencer. Si vous voulez savoir, la plupart des gens de son espèce sont juste bannis, chassés, mais lui sert d’exemple pour les suivants. C’est nécessaire.
L’odeur devient insupportable, Leiji s’éloigne rapidement.
Le reste de sa visite est entaché de ce souvenir.

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