Chapitre 1 : Réveil
-Réveille toi ! Réveille toi !
La voix parvint, lentement et faiblement, à se frayer un passage à travers les méandres de son sommeil. C’était une voix de fille ; de jeune fille. Une voix d’enfant, paniquée. Il sentait les trémolos qui faisaient vibrer sa voix, la rendant suppliante et terrorisée. Alors il fit un effort inimaginable pour se réveiller, et, lentement, comme un plongeur remonte à la surface de l’océan, il revint du monde des rêves au vrai monde, qu’il savait pourtant ne pas être le sien.
Il était allongé par terre ; le plafond au dessus de lui était fait de morceaux de bois entassés à la va-vite, et laissait passer des moutons de lumière qui dessinaient sur sa peau des tâches claires. Il tourna la tête, et vit la fille. Elle était agenouillée à sa gauche, le visage baigné de larmes. Ses cheveux blonds crasseux étaient collés par la sueur sur ses tempes, et ses vêtements blancs étaient recouverts de poussière. Il se redressa sur un coude, et aussitôt elle recula, l’air effrayé. Il la regarda un long moment sans rien dire, essayant d’adopter une expression qui la mettrait en confiance, malgré l’étonnement et la panique qui s’emparaient de son esprit. Leurs yeux s’affrontèrent pendant plusieurs minutes, ou peut-être seulement une, ceux de la fille, verts, effrayés et farouches, ceux du garçon, marrons, étonnés et calmes. Au bout d’un moment, elle demanda, d’une voix douce et aussi effrayée qu’elle-même l’était :
-Comment tu t’appelles ?
Il ouvrit la bouche, mais ne dit rien. Son nom ? Il l’avait su, forcément, tout le monde connaissait son nom. Mais il ne le savait plus. Une vague de frayeur irraisonnée s’abattit sur les rivages de son esprit, en même temps qu’un mot : amnésie. Il était amnésique.
Non. Son nom, il le connaissait. Il le voyait, là, dans sa tête. N’y avait-il pas deux syllabes ? La première lettre n’était elle pas un M ? Oui, c’était ça. Son nom était…
-Matthieu, dit il.
Il entendit avec étonnement sa propre voix. Il répéta son prénom pour l’entendre encore, faisant glisser les T sur sa langue, prolongeant le son du M. Matthieu.
-Et toi ? demanda-t-il à son tour.
-Elodie. Moi aussi, j’ai mis du temps à m’en souvenir. Mais plus que toi.
Matthieu se leva, lentement pour ne pas effrayer la fillette. Il était plus grand qu’elle de plusieurs centimètres, portait un jean bleu foncé, une chemise blanche à manches courtes, et des tennis. Un large bracelet en cuir ceignait son poignet droit. Ses cheveux bruns lui tombaient élégamment sur les épaules.
Voyant que la fillette semblait moins effrayée, il s’en approcha et s’agenouilla à côté d’elle.
-Dis moi, Elodie, où sommes nous ? lui demanda-t-il d’une voix douce, en regardant autour de lui.
Ils se trouvaient dans une vaste cabane en bois, dont les murs étaient aussi vétustes que le plafond. Dans un coin, une porte se dressait de travers dans le mur Juste en face, une autre porte, probablement celle d’entrée. La fillette tourna vers lui un regard étrangement vide, et répondit, d’une voix aussi vide :
-Nulle part…
Il resta un moment auprès d’elle, cherchant que lui demander d’autre, essayant aussi de comprendre ce qu’il faisait dans une cabane qui ne lui disait rien, avec une enfant inconnue. Il se leva finalement, et s’approcha de la porte d’entrée. Il posa sa main sur la poignée, et la fit tourner. La porte s’ouvrit silencieusement, inondant l’intérieur de lumière, le forçant à se cacher le visage de son bras. Il plissa les yeux, et, au bout de quelques secondes, habitué à la clarté, baissa son bras.
Devant lui s’étendait une immense et aride étendue de sable. A perte de vue, il n’y avait rien que du sable. Il sortit de la cabane et avança de quelques pas dans ce désert. Le sable était fin, et ses pieds s’y enfonçaient, laissant l’empreinte de ses chaussures. Il fit le tour de la cabane en courant, gagné par une profonde terreur. Partout où portait son regard, il n’y avait rien que du sable.
-Tu es là depuis combien de temps ?
-Je sais pas… plusieurs jours. Je me suis réveillée ce matin et tu étais là… J’ai cru que tu pourrais me ramener à la maison.
Il réfléchit tout en observant Elodie. Ses lèvres n’étaient pas desséchées, malgré la chaleur étouffante qui régnait hors de la cabane. Il devait donc y avoir de l’eau. Matthieu s’étonna d’être capable d’une telle capacité d’observation en un moment si surréaliste, en même temps qu’une partie de lui s’en félicitait.
-Tu as trouvé à boire et à manger ?
-Ouais… Il y a un puit dans la salle derrière, et des trucs à manger dans des boites et des bocaux. T’as quel âge ?
-18, répondit-il aussitôt. Au moins, ça il le savait. Et toi ?
-11 ans.
-Quelle est la dernière chose dont tu te souviens ? Je veux dire, avant cet endroit.
Elle fit une moue hésitante, avant de parler lentement :
-Je suis pas trop sûre… Je vois que des images. Je crois que j’étais à un anniversaire.
-Le tien ?
-Peut-être… J’ai peur… je crois que j’oublie tout de… d’avant.
Matthieu n’osa pas lui avouer s’être fait la même réflexion. Des qu’il se concentrait pour essayer de se souvenir de quelque chose, il ne parvenait qu’a voir de brefs flashs.
Il retourna s’asseoir auprès d’Elodie, et fut rassuré qu’elle n’ait aucun mouvement de recul, car il doutait qu’elle apprécierait ce qu’il allait lui annoncer. Il ne voulait pas l’y obliger, mais il savait qu’ils le devaient.
-Ecoute, Elodie, je sais pas où on est, mais je pense qu’on va devoir sortir. Si tu n’as vu personne ici, il est probable que personne ne viendra jamais. Et je doute que les réserves de nourriture durent bien longtemps… surtout à deux.
C’est avec surprise et satisfaction qu’il l’entendit déclarer :
- Je sais… j’y avais pensé, mais j’avais trop peur pour sortir toute seule. Mais toi, tu vas m’aider, pas vrai ? Tu me laisseras pas, hein ?
Ses yeux débordaient tellement d’espoir et de confiance qu’il en fut troublé.
-Je te le promets, répondit il en passant un bras hésitant autour de ses épaules. Je ne te laisserai pas. Elle posa sa tête contre sa poitrine et s’endormit.
-Bon, je vais aller derrière et voir ce que je trouve d’utile. En attendant, fouille dans cette commode, dit-il en indiquant du doigt une vieille antiquité à tiroirs, et sors tout ce qui pourrait servir.
Elle acquiesça et se obéit aussitôt, tandis qu’il franchissait l’autre porte de la cabane. Elle donnait sur un réduit assez vaste, aux murs recouverts d’étagères, sur lesquelles trônaient des objets aussi divers que des bocaux en verre, des boites en acier, des feuilles de papier ou encore des maquettes d’avion. Son regard fut attiré par une besace qui pendait d’un clou rouillé. Il la prit, l’ouvrit, et commença à la remplir. Il sortit la nourriture des boites et bocaux ; il y avait essentiellement de la viande séchée enveloppée dans du papier gras, des biscuits secs, des fruits secs, du pain sec… Bref, rien de périssable dans l’immédiat, ce qui était tant mieux. Il trouva également un briquet, une lampe torche, 3 gourdes en acier, et diverses autres choses qu’il fourra dans son sac. Il vit le puis dans un coin de la salle, et s’y abreuva. L’eau était froide, et semblait potable.
En relevant la tête, il vit le coin brun d’une boite en bois dépasser d’une des étagères situées le plus en hauteur. Il se dressa sur la pointe des pieds pour l’attraper, et l’ouvrit. Elle contenait, soigneusement rangée dans un logement taillé à sa taille et sa forme, un revolver, semblable à ceux qu’on voyait dans les westerns, se dit-il. Il chercha le mécanisme qui ouvrait le magasin ; il le fit tourner en le frappant de sa paume, puis referma l’arme d’un coup sec du poignet, comme il avait vu faire John Wayne, ou peut être Gary Cooper. L’arme était chargée. Chacun des 6 logements du barillet était rempli par une petite ogive de plomb. La boite contenait encore 11 balles. Il les rangea toutes dans sa poche, et coinça l’arme dans sa ceinture, dans son dos.
Alors qu’il s’apprêtait à retourner dans la pièce principale, quelque chose lui vint à l’esprit. Il fit volte face, et examina méticuleusement chacun des objets présents dans la pièce. Puis il enleva son pantalon, et regarda l’étiquette. Il fit de même avec sa chemise. Rien. Rien d’écrit, nulle part aucun mot, qui aurait pu lui donner une indication sur l’endroit où il était. Il n’y avait rien d’écrit nulle part.
Elodie avait étalé ses trouvailles sur le sol. Elle avait trouvé un sac identique à celui de Matthieu. La commode contenait essentiellement des vêtements. Elle en avait sorti 6 bandanas, des chemises, des T-shirts de différentes tailles… Outre les vêtements étaient posé sur le sol un long couteau rangé dans un fourreau de cuir, et une poupée de chiffon. Matthieu n’eut pas le cœur de dire à Elodie qu’elle prendrait trop de place, et, devant le regard hésitant de la fillette, semblable à celui qu’elle aurait eut devant la vitrine d’un magasin la veille de Noël, il se contenta de sourire.
Il l’aida à remplir son sac, en prenant toutefois garde que celui d’Elodie soit plus léger que le sien. Il prit le couteau, et vérifia son tranchant sur une des lames du parquet. Il parvint à la couper à force d’allers et retours de la lame d’acier. Il l’examina à la lueur déclinante du soleil couchant ; c’était une simple lame d’acier terne, sans aucun motif, abîmées par plusieurs rayures. Il la rangea dans le fourreau et glissa celui-ci à sa ceinture, coté droit.
Puis ils partagèrent quelques provisions, parlant peu. Ils se couchèrent aussitôt après avoir mangé, chacun dans un coin. Tous deux eurent autant de difficultés à trouver le sommeil.
Non?
c´est pas mal du tout, en tout cas moi j´aime bien, le debut est simpatique, mais je ne peux t´aider plus sans la suite du texte.
C´est pas mal du tout! J´aimerais voir la suite du texte ^^
Personne d´autre? ![]()
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de l´avoir upé, car j´ai pu le voir !!
Pour ma part je le trouve pas mal du tout, même si je ne l´ai pas finit (surement pour demain)
![]()
Ben mets la suite. Ca n´a pas l´air mal, je ne sais trop où tu vas nous mener, donc je lirai le prochain chapitre, et peut-être les autres si ça m´acroche.
Mais là, avec juste ça, difficile de se faire une réelle idée...
Pas évident de commenter, parce que tu oscilles, au début surtout, entre clichés stéréotypés (pléonasme visant à renforcer l´expression) et bonnes trouvailles ; la manière dont tu amènes l´amnésie, ainsi que le réveil, sont du mille fois vus, et c´est presque agaçant de lire ces passages ; toutefois, tu amènes d´autres éléments plus subtilement, et finalement on se retrouve quand même pris dans l´histoire, de part le fait qu´on a, finalement, aucun indice, et qu´on aimerait bien en avoir quelques uns.
Donc ben... la suite, effectivement.
moi j´aime bien, mais ça me fais un peu penser à "Dune" de Frank Herbert...
Ca me fait penser à tout sauf à Dune^^. Dune, c´est des combats, une société, des méchants, des gentils...un objectif...
Là, c´est des gens paumés en plein milieu de nulle part, et qu´est-ce qui illustre mieux le nulle part que le désert?
J´avoue qu´il m´en faut également mille fois plus pour me faire penser à Dune ^^" Là c´est une introduction avec deux personnages, peu de psychologie au fond, et, forcément, peu d´intrigue encore. Rien que l´intro a l´air de signifier que ça n´aura pas les mêmes visées que Dune (Le premier chapitre de Dune, lui, montre assez clairement dans quoi on s´embarque !) .
"Il ignorait alors que la seule autre cabane semblable qu’ils trouveraient manquerait d’être leur tombeau. "
Mais non, faut pas révéler un truc comme ça! En tout cas, moi j´aime pas quand ya ca dans un texte. Sinon, ca semble intéressant, je lirai le prochain chapitre, qui, je l´espère, mettra moins de temps à arriver^^.
Pour ma part, je trouve dommage que tu ne fasses aucun commentaire par rapport aux notres. Je lirai demain sans doute le chapitre deux pour donner mon avis, mais je trouve ça agréable quand l´écrivain dit à ceux qui ont commenté ce qu´il pense de ces commentaires.
Désolé j´étais parti juste apres avoir posté...
Sinon je trouve ça bien de voir des commentaires développés, et j´essaye en général d´en tenir compte pour les chapitres a venir, vu qu´ils sont pas encore écrits... Et tant que ca plait a quelques personnes, je continue ![]()
J´ai déja dit ce que j´en pensais ailleurs,mais jevais le redire:ce n´est pas mal du tout!
continue...
Oui, en effet c´est plutôt chouette, comme récit ![]()
Bon, je note tout de même que, s´ils sont dans un désert terrestre, ils sont plutôt surhumains pour marcher toute une journée, et pour dormir tranquillement la nuit alors qu´il y fait diablement froid et qu´ils n´y seraient pas vraiment seuls, loin de là.
A part ça, ben ça donne envie de lire la suite, alors même qu´il y a vraiment peu d´action et de suspense.
La suuiiiiite !! Vite grunt ^^
J´avais laissé ça en supposition ^^
Eh bien sinon, ça avance bien
Ca me plaît toujours, et j´attends toujours de voir la suite.
Deux ptites remarques ; tu dis à un moment que les traces de la fillette sont dans celle de l´homme, et après tu dis qu´elle marche devant ;
Et sinon, l´autre homme qui met son foulard et se barre en courant... mwaha, quand on imagine cette scène, elle paraît un peu ridicule ^^"
Bref sinon ben... vouala, c´est chouette ^^
Ouaip c´est cool. Il s´passe pas grand-chose mais on est accroché à l´histoire quand même, c´est bien écrit, ya pas des masses de fautes (doit forcément yen avoir qqs unes, hein, mais rien de bien méchant^^). J´ai hâte de savoir qui est ce type étrange(s´il existe^^)et ce qu´il va arriver à nos deux malheureux aventuriers (bien malgré eux d´ailleurs^^). bref : la suite!