Bonjour !
Sur le forum écriture sont régulièrement organisés divers concours afin de permettre aux forumeurs de confronter leurs écrits et d'être évalués par une ou plusieurs personnes.
Pour juger les différents textes, ces derniers sont souvent envoyés par mail aux jurés du concours en question. Je crée donc ce topic pour que l'on puisse poster plus facilement tous les textes des concours achevés.
Voilà, le concept est très simple, et j'espère voir ce topic bien garni de vos productions ! ![]()
Bien sur, tous forumeurs a droit de poster un commentaire sur ce topic pour un des textes évalués.
Commençons de suite avec ceux du premier épisode de : "Ecriture will never die"
KLEOR
Titre : Fond de tiroir
Gian avait cinq ans lorsqu'il avait vu pour la première fois des hommes en
armure. Mais ceux-là étaient différents car ils sentaient fort le poisson comme les
marins du port. Deux hommes munis de sac de toile et de bien longues rapières
s'agitaient dans la grande pièce de la maison. L'un d'eux, le petit était
recroquevillé sur la vieille armoire près de la cheminée. Il jetait derrière lui le linge
qu'il tirait de la commode de maman. L'autre, plus costaud, passait rapidement sa
main sous les meubles poussiéreux de la grande salle. Des nuages cachaient la
lune et Gian pour mieux voir s'approcha à pas de loup de l'escalier. Arrivé à la
première marche Gian colla son front froid entre deux barreaux de la rambarde de
bois et attendit. Le plancher craquela et Gian pria pour que les personnes en bas
ne l'ait pas entendu. Le gros d'un geste vif, reposa le meuble qu'il soulevait sur le
cale en bois et présenta son air méchant et sa rapière en direction de l'escalier.
Gian retint sa respiration les deux mains sur la bouche comme papa lui disait de
faire.
Papa avait pris son arc et regardait très concentré d'un seul oeil les deux hommes.
– Papa. J'ai froid. Chuchota Gian d'une voix hésitante.
Gian avait les pieds gelés. Le bonhomme regardait dans leur direction. Mais papa
ne répondait pas.
– Qu'est ce qu'il font ?
– Chut Gian ! Fais ce que je t'ai dis.
Gian remit ses mains sur sa bouche.
– Je l'ai ! Dit le petit d'une voix nasillarde à l'autre sortant une clef de la
commode. Le gros détourna son regard de la cage d'escalier et attrapa
aussitôt la clef lancée par le chasseur puis l'examina comme papa, en
fermant un oeil.
– Oui c'est elle. Dit-il sûr de lui.
Rapide comme un coup de fouet, un sifflement aigüe traversa la pièce. Papa avait
lâché la corde. Une flèche se planta dans la poitrine du gros qui s'affala
bruyamment sur le sol. Le petit tentait de récupérer la clef lorsque papa sorti un
petit couteau de sa botte. Rapide comme un coup de fouet.
J'ai chaud. J’essuie mon front ridé où la sueur a perlé à chaque pli, à chaque
cicatrice ; ces fosses béantes sur un visage émacié, résultats d’une ancienne vie de
guerre et de commerce avec les pires crapules du royaume. Je suis trempé, et je
me sens serré dans ces vêtements poisseux. Je suis sale et je n'ai pas le temps de
m'en préoccuper car il est tôt ou bien il est tard. Je ne sais plus trop. J'attrape la
gourde que me tend l'homme. Mes doigts tremblent. Je l'ouvre, je tousse et j'avale
longuement les premières larmes qui s'en dégagent. La gourde m'échappe. J’en
renverse la moitié sur le lourd parquet de bois mais mon esprit affamé scrute les
dernières gouttes tombées sur le bois. Ma bouche au plus prêt du sol, je souffle,
lape, halète, aspire d'un rauquement le liquide et la poussière jusqu'à la dernière
goutte. Je m’incline auprès du marchand, je balbutie des excuses, honteux. Je lui
rappelle que mes doigts tremblent énormément lorsque j’en ressens encore trop
fortement le besoin. Il ne prend plus la peine de hocher la tête et tend sa main
ouverte devant moi. Je la remplis de quelques pièces que j'avais préparées. Sa
main reste ouverte. Je paye alors aux chasseurs de l'apothicaire le prix fort pour
ce narcotique et je m’en retourne vers le port fluvial de la cité. C’était encore trop
cher pour seulement deux lampées mais je n’ose même plus imaginer ce que je
deviendrais sans magnase.
La nuit est froide sur le quai de Balti. Le givre cristallise les étroites fenêtre des
maisons des armateurs. Ce sont de riches maisons à étage très récentes qui se
sont encastrées sur le petit quai avec l'arrivée de puissants négociants maritimes.
J'arrive devant la lourde porte de bois de l'armateur et frappe deux coups forts.
Un jeune garçon m'ouvre et laisse entrer l'air froid qui souffle deux bougies dans
la petite salle déjà mal éclairée. Un homme au fond grogne.
– Referme cette maudite porte !
Il s'exécute et me laisse avancer dans le grand hall. Le grognard attend dans le
fond de la salle, le coude posé sur une petite table de bois. J'avance la tête haute
vers la table de l'homme encapuchonné. Sans un mot il lève ses yeux et croisent
les miens. Il sourit et me dévoile ses dents blanches. Je tire le banc près du mur et
m'assied lourdement. Il me montre une clef de chambre couverte de sang séché.
Ses yeux luisent d'un bleu cristallin. Il la fait glisser sur la table. C'est bien ce que je cherchais. L'armateur avait raison. J'essuie mon nez d'un revers de manche :
– Combien ?
– 300 Tads.
– C'est cher. Trop cher. Pour ce que c'est.
– Des hommes sont morts pour la trouver.
– Combien ?
– Deux marins pas malins. Un gros et un petit. Je ne veux pas que d'autres
reviennent pensant la trouver chez moi. C'était à ma femme. Ce qu'elle
ouvre ne m'intéresse pas. J'ai déjà tout ce qu'il me faut ici. Mais pour
quelques Tads, elle sera bien à toi.
Je me rend compte de l'odeur qui émane de la pièce. J'ai envie de vomir.
L'armateur et cette pièce empestent le poisson et le sang. Mon regard se tourne
alors vers le sol. Et je retire mon pied de la croute de sang qui s'est formée sur le
parquet.
– Alors deux-cents Tads et je fais circuler la rumeur qu'un marchand l'a
retrouvé sur l'autre rive du fleuve de Balti.
– Conclu. Dit-il en me lançant la clef. Je souris. Ce n'est pas tous les jours que
l'on retrouve la clef d'un antique sanctuaire magique dans les poches d'un
jeune armateur.
GROMNAX
Regard Noir ~
Une lumière pénétra timidement dans l'immense pièce au teint beige. Les immenses rideaux rouges accrochés aux fenêtres tentaient vainement de la freiner, bien que la lueur magistrale parvenait quand même à atteindre le carrelage bleuté de la pièce. A l'opposé des carreaux bordés de blanc se tenait une grande porte, joliment peinte. De petites sphères de bois ressortaient de l'objet, de quelques millimètres à peine. Pourtant, ils avaient une importance capitale. J'étais là, assis sur la table d'ébène. De mon regard noir, je contemplais les tableaux accrochés au mur. Sur ceux-ci aussi ressortaient de petites sphères, attendant telles des soldats les ordres de leurs supérieurs. Les œuvres d'art étaient accrochés au mur par quatre petites vis, qui avaient été consciencieusement limées après la pose de la plaque. Les coins de l'œuvre avaient aussi été longuement limés. Je jetais un œil à la table sur laquelle je me posais. Elle avait été entièrement limée. Chaque coin, chaque angle, avait été transformé en une courbe douce et harmonieuse. Et encore. Une couche légère de mousse me séparait de l'ébène de la table. Et chaque meuble, de l'imposante armoire blanche au lit rouge, avait été préparé ainsi, limé, lissé, sécurisé, vérifié, et était ainsi devenu totalement léthargique. Le sol lui-même, mis à part certains endroit, avant été recouvert d'une épaisse moquette, absolument sans dangers. Mon regard sombre se tourna à nouveau vers le lit : L'être, à l'intérieur, avant bougé. D'un mouvement, ses mains s'étaient jointes et s'étaient rapprochées du coeur de l'inconnue qui dormait à l'intérieur. De longs cheveux noirs, naturellement teintés de bleu, glissaient doucement pour arriver vers l'épaule frileuse de la petite qui, instinctivement, s'enfouit sous la couette. La lumière, décidée à ne pas laisser la jeune enfant dans son lit, attaqua de ses vifs rayons les yeux fermés de la jeune fille. Celle-ci serra simplement les paupières et se retourna. Son oreiller jaune-doré épousait parfaitement les jolies formes de son visage enfantin. Son pouce avait tendrement rejoint ses lèvres rose-bonbon, qui semblaient sourire. D'un coup, son sourire se figea, fondit comme neige au soleil. Ses sourcils ébène se froncèrent, son pouce humide sortit de sa bouche enfantine et se mit en chemin, vers un petit boitier noir. Il pressa un bouton doré avec une certaine nonchalance, avant de retourner vers les lèvres douces de la jeune fille, qui attendit quelques instants avant de se lever. Je sens que je vais m'amuser...
Elle s'agenouilla, et ses mains se mirent à chercher quelque chose. Ils touchèrent deux petits chaussons roses, qu'elle enfila rapidement. Sa peau claire, juvénile, était douce, parfumée, dénuée de la moindre cicatrice. Ses doigts fins se mirent ensuite en quête d'une autre chose... Mon regard noir s'assombrit plus qu'il ne l'était déjà quand je la vit s'approcher de moi... D'un élan, je me jetais de la table, pour tomber au sol. Je manquais de me briser sur le sol, mais mon incroyable dextérité me permit d'atterrir sans me transformer en miettes de... Bref. Un soupir se fît entendre. Le sien. Elle s'agenouilla à nouveau et, prudemment, fit balader ses doigts sur le sol pour me trouver. Me cherchait-elle ainsi parce qu'il faisait noir ? Possible. Mon regard s'élançait vers elle, se teintant encore et toujours du noir si profond qui me caractérisait. J'avoue que j'avais légèrement mal, sur le coup. Non pas que la petite m'attendrissait, loin de là. Je ne pouvais pas la supporter. Vous savez, quand quelqu'un est dépendant de vous, et a besoin de vous vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, vous en avez marre. C'est mon cas. Ras-le-bol de cette gamine. Elle a toujours besoin que je sois dans ses pattes. Non mais sans blagues. Mais là-voilà qui revient. Je ne peux plus bouger, je le sais. Elle va m'attraper, et je vais devoir supporter une journée de plus avec elle...
Trop tard. Me voilà entre ses doigts fins. J'ai envie de soupirer, mais je m'abstiens. J'ai pas envie de me retrouver dans le noir le plus complet, en plus. Ca y est, je suis en place. N'empêche, j'ai une belle vue, d'en haut ! Une belle vue... Ca me donne envie de rire, tiens ! Non... Là, je serais vraiment méchant... Pauvre gamine, d'un côté, elle me fait pitié. Et de l'autre, elle me dégoûte ! Vivement ce soir...
Fulgor oculorum exstincta. ~ La lueur de ses yeux s'est éteinte.
Mais attendez... La porte s'est ouverte. Maudite gamine, tourne-toi ! Je ne peux rien voir, d'ici ! Ah, voilà, c'est parfait ! Je m'en doutais. La soeur de la petite. Dés fois, sa gentillesse envers sa petite soeur m'intrigue. Après tout, la petite n'est qu'un boulet, pour la plus grande, qui est plutôt promise à un grand avenir... Bah...
Elle lui prend la main et la guide. D'un côté, elle a pas tord. Si la chambre de Neo était sécurisée, le reste de la maison était un véritable champ de mines pour elle... Mais bon, moi je m'en moque.
Qui est Neo ? Neothilde Hyllia, 12 ans, habitante de Paris. C'est la jeune fille qui me porte sur son nez. Enfin... On pourrait dire que c'est la jeune fille qui me sert de transport. A vous de voir. Laissez-moi voir... La salle de bain. J'aurais dû m'en douter. La voilà qui me pose sur le bord de l'évier. Brossage de dents. Je voudrais bien pouvoir froncer des sourcils, je le ferais souvent. Comme là, par exemple. Elle a failli me faire tomber. Euh... Je me sens léger, d'un coup... Je bascule... Je bascule... Je tente de crier mais je ne peux pas ! Le blanc de l'évier s'éloigne peu à peu de moi, je tombe...
Et me voilà aveugle. Autant que celle qui me portait. Vaguement, je parvenais à distinguer quelques mots... Cassé... Réparer... Poubelle...
Me voilà, en morceaux, dans un lieu des plus étroit.
Il fait tellement sombre... J'ai peur...
Un comble, pour des lunettes d'aveugle.
WILSON D CROCO
Titre : Le portable du temps
Moi, je m'appelle Théo, j'ai 16 ans et demi donc en seconde, cheveux noir en bataille et des yeux verts... je sais j'ai pas tout les caractéristique du "Beau Gosse". Bref je menais une vie assez banale, jusqu'au jour ou ce SDF arriva et change ma vie à jamais : un téléphone portable... Attendez je vais tous vous racontez depuis le début...
-Le 18 Mars, 7 heures et demi-
Mon réveil sonne, moi en bon flemmard, je l'éteins et je me rendort, le problème c'est que ma mère me connaît : ce réveil, après 1 minute, si je me suis pas levé, il commence à rouler à l'autre bout de la pièce et sonne trois fois plus fort qu'avant, donc on est obligé de se lever pour l'éteindre. Donc je descends, je m'assoie et ma mère me sers du pain-beurre...
-Bien dormi ? me demande t-elle. Tu sais quel jours on est, hein ?
-Quoi ? Qu'est ce qui il y aujourd'hui ?
-Mon dieu, qu'est ce que j'ai fait pour avoir un fils aussi bête... soupira t-elle
-Allez accouche ! Y a quoi ?
-Ton anniversaire, imbécile !
-A ouais, possible... J'suis obligé d'aller en cours ou pas ?
-On est Mercredi, tu as cours que le matin, donc vas-y !
-Bon, ok... répondis-je à contre cœur
Je finis mon petit déj' et je vais au bahut, le lycée Charles De Foucault. En chemin, je rencontre Gabriel, mon meilleur ami, on habite dans le même quartier...
-Salut ! Ça boume ?
-Bof, bof, je sais pas pourquoi je vais au lycée...
-Moi si ! Pour Marine !
-Sûrement...
Je vais pas dis ça, Marine c'est ma petite copine, elle a de long cheveux châtains noué en queue de cheval et un visage d'ange, elle est en seconde comme moi, mais elle a quinze ans. Mais le problème c'est que je ne la verrais pas aujourd'hui, car juste à cet instant précis, un clodo arrive vers nous et dit :
-Salut les gosses, je vous propose ces portable assez spéciale : si on entre un SMS avec et qu'on indique une date et un lieu, vous vous faites transportez à l'époque et à l'endroit choisi ! Ça vous intéresse ? Je le fais à 5€ l'unité donc 10€ entre vous deux...
-Et qu'est ce qui nous prouve que c'est vrai ? demanda Gabriel
-Un de vous deux n'a qu'a essayé...
-Toi ! dis-je
-Non toi ! Et si ça marche je te paye le tien !
-Ok...
Donc je pris un téléphone des mains de SDF et je tape : "26 Mai 2000, Rome" et je sent tout tourner autour de moi, quand ça s'arrête je regarde autour de moi, je vois le Collisé... Je reste bouche bée pendant quelque secondes et je retapes : "18 mars 2010, Brest". Je me retrouve devant Gabriel lui aussi abasourdi...
-10€, c'est ça ? Demanda t-il
-Oui, répondit le SDF
-Tenez monsieur, et une dernière chose... peut-on nous voir nous même ?
-Oui, donc soyez prudent, dit-il en s'éloignant
-...
-...
-Tu penses à la même chose que moi ?
-Je crois oui !
-Ok, allons dans le futur !
-Oui ! Ici, 2000 ans plus tard!
-Ça marche !
Chacun avec son portable, nous tapons la date, et le décor changea, tout les arbres disparurent, quand le monde se stabilisa, on apparut juste devant des gardes en armure qui semblait en diamants, quand ils nous remarquèrent, ils nous attrapèrent nos téléphone et nous balancèrent dans la voiture, celle-ci parti en direction d'un gigantesque palais... Sur la route je vis le paysage et le ciel gris et triste, aucun arbre, personnes dans les rues, le centre-ville avait disparu. Je ne vis aucun points commun avec le monde de 2010, cinq minutes plus tard la voiture s'arrêta et ils nous firent entrer dans ce palais et nous amenèrent devant le "roi". J'ai trouver qu'il avait un air familier...
-Bienvenue, tout les deux ! Vous vous souvenez de moi ?
-Attends... mais t'es le clodo de tout à l'heure !?
-Pas tout à fait je suis son
arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-ar
rière-arrière-arrière-arrière-arrière-et encore une bonne trentaine de arrière-petit fils ! Mais c'est grâce à vous que je suis ici !
-A bon pourquoi ? Demandai-je. On a juste donné 10€...
-Justement avec ces 10€ mon, on va dire mon grand père, mon grand-père a acheté 5 Euromillions ! Et il a gagné 600 000 000 000€ vous vous rendez compte ?!
Je regarde Gabriel en train de compter sur ses doigts combien faisait 600 milliards, mon portable "magique" puis le roi, et je dit en le montrant :
-Tout juste à cause de ça... Dingue...
-Oui, maintenant, j'ai un cadeau pour vous : une montage d'or ! dit-il fièrement
Deux très grands tas d'or tombèrent, sur nous, mais sans nous faire mal...
-Quoi ?! De l'or ?! Mais comment on va amener ça chez nous ?
-Tout ce que vous touchez en partant part avec vous, prenez un sac, dit le roi
-Cool, bah merci monsieur ! Répondit-je
-Plutôt merci à vous ! Allez-y maintenant !
-Au fait c'est quoi votre nom ?
-Henri, Henri XXVIII...
Je dit à Gabriel, de rentrer chez lui et que moi je rentrerais chez moi, il part, je remercie une dernière fois le roi, et je pars moi aussi. Des que je rentre, ma mère me crie :
-TON COLLEGE A APPELLE TU AS ENCORE SECHE LES COURS ?!
-Oui, dit-je gêné. Mais j'ai une surprise pour toi !
-Quoi, encore, n'essaie pas de te racheter !
Je lui montre d'abord le portable, elle me crie dessus encore plus en me disant que c'est pas encore de mon âge, que je sèche les cours pour acheter une babiole qui sera casser en moins de deux...
-Et c'est quoi ce sac ?! Encore une connerie ?!
-Non c'est ça, dit-je en ouvrant le sac. Et c'est grâce au portable !
-Quoi des pièces en chocolats ! C'est plus de ton âge !
-Mais non c'est des vrai !
Ma mère test la une pièce avec ses dents, vois que c'est une vrai et s'évanouit...
Voilà mon histoire, moi Théo, un garçon plus très normal à cause de ce portable...
FIN...
FAKELSSHIT3
Titre : Un Crayon
Il est 23h15, et je peux enfin m'atteler à une tache qui m'est désormais devenue chère : l'écriture. Pourquoi aussi tard ? Je n'ai pas le temps autrement. Mon ordinateur est allumé, et je peux désormais démarrer. J'effectue mon rituel habituel : création d'un nouveau document OpenOffice, SansTitre6, que je classe dans la catégorie "En Cours" de mon dossier "Textes". La catégorie "Terminé" est encore vierge. Je dois le faire. Il faut que j'écrive, j'aime ça. Ah ! Si seulement j'avais le temps pour pouvoir réellement le faire...
J'observe mon clavier, ravagé par la nourriture entre les touches et le temps qui les rend plus dures. A côté, un crayon gris, pas très bien taillé, avec lequel j'avais griffonné quelques esquisses dans le train qui me mène chaque jour à mon appartement désordonné et insalubre. Je dessine mal. J'aimerai bien apprendre, mais je n'ai pas le temps. Je fixe ce crayon, et je me souviens qu'enfant, j'utilisais souvent des crayons de couleurs, de gros stylos, des pinceaux usagés, des Neocolor... J'étais même fier de mes oeuvres. Je ne jetais pas continuellement ce que je considère comme des ratés, des imparfaits. Le dessin et l'écriture, c'est lié en fait. J'abandonne toujours mes écrits, les voyant comme puérils, maladroits, voirhonteux.
J'observe mon bureau. Une pile de films, dont la moitié n'a pas encore été vus, un bol de cornflakes vide qui traînasse depuis quelques jours, des affaires d'école en vrac, quelques mouchoirs usagés, preuve silencieuse d'un désarroi amoureux et sexuel, et enfin, l'un de mes devoirs de français. Un brouillons de 7 pages, écrit tout serré, corrigé une demi-douzaine de fois par moi-même. C'est illisible. Le bordel ! Quelle frustration de devoir encore utiliser un stylo pour étudier, même avec les révolutions technologiques auxquelles nous avons eu droit durant les deux dernières décennies ! C'est tellement plus simple avec un clavier. Plus simple, et plus propre, plus pur, plus parfait.
Silence. Je suis fatigué. Je me perd dans mes pensées et mon regard se perd sur ce crayon robuste mais fin.
Et si la beauté résidait aussi dans la manière de tracer les mots ? D'hésiter, de barrer, et de recommencer, éternellement, à supprimer ces mots, à le reformer, jusqu'à qu'ils deviennent pure réalité aux yeux de l'écrivain aguerri, s'étant acharné toute la nuit sur un travail duquel il pourra enfin tirer un sourire satisfait ? Dans la caligraphie du langage, il y a aussi l'écriture vraie, celle que l'on fait avec la main et pas avec des zéros et des uns, à même titre que l'oralité est cruciale en poésie ou que l'interprétation est fondamentale en musique.
Ce crayon, je devrais peut-être l'utiliser. Malheureusement, je n'ai pas le temps.
Ah, le temps ! Sans lui, mon appartement serait propre et rangé. Ma vie serait pureet ordonnée. Je pourrais enfin écouter attentivement l'oeuvre de Chopin ou de Debussy. Les deux, même, pourquoi pas ?! Visiter le Louvre, aller seul au sommet d'une montagne et pouvoir crier que je suis un homme libre, heureux, faire le tour du monde, en moins de 80 jours. Tourner tous les films expérimentaux que je rêve de faire, établir une oeuvre musicale imposante, réussir à faire le 3e mouvement de la Sonate au Clair de Lune de Beethoven... Je ferais vraiment tout sans cette oppression du temps.
Déjà 23h27. Il faut vraiment que je m'y mette. Je laisse le crayon où il est, sans le toucher. Plus un regard pour lui, et mes mains se posent une nouvelle fois sur mon clavier usagé. Cette nuit, ce sera une nouvelle page blanche. Encore dix minutes passent.
Puis je me rend compte que ce n'est pas le temps qui me manque. Je pourrais prendre ce crayon de malheur et écrire avec. Durant des heures, des années. Non, ce n'est pas le temps, j'ai juste la flemme. Et c'est ainsi que je me rend compte que j'ai flingué ma vie. Que je peux faire ce que je veux, et que je trouve des excuses dérisoires face à mon manque de volonté, de sérénité, de désir. Je suis blasé, cynique, je ne suis plus un enfant.
Je saisis ce crayon, miroir de tout ce qui ne va pas dans cette vie où il ne se passe rien.
Ce soir, ce ne sera pas une page blanche.
POTAGERDEPAPA
Que dire d’elle ? Elle était jolie. Grande, de belles courbes bien dessinées. Son contact était lisse. Une tête ronde, bombée comme il le fallait. Un corps agréable. Depuis des années, elle vivait au même endroit. Et depuis tout ce temps, elle n’avait aucune conscience de ce qui se passait autour d’elle. Elle se moquait éperdument de ce qui l’entourait. D’ailleurs, si on lui avait annoncé ce dont elle allait être responsable, cela ne lui aurait probablement fait ni chaud ni froid. Car elle n’avait pas de sentiments.
Une cuillère n’a pas de sentiments.
John passa une main dans sa barbe de trois jours. Les poils, déjà grisonnants malgré son âge, étaient durs. Un bon coup de rasoir ne leur ferait pas de mal. Il s’observa un bref instant dans la glace. Il n’avait pas pris soin de son apparence depuis le début de ses vacances, il y a maintenant une semaine. Il craignait le résultat de son observation. Grand, mince et plutôt musclé, son corps était d’ordinaire parfaitement entretenu. Il laissait toujours en permanence un léger parfum de menthe dans son sillage, mais aujourd’hui, il sentait plutôt le vieux, la sueur.. Ses cheveux, qui eux aussi commençaient à prendre une teinte grise, voir blanche par endroits, avaient poussé, alors qu’à son habitude, il les coupait court, et les maintenait tels quel. Sa dernière douche remontait à quatre ou cinq jours.
Il soupira. Sa femme revenait d’un voyage en Angleterre – pour affaire – dans deux jours. Il devait mettre ce temps à profit pour ranger la maison, faire le ménage, et ce laver. Il soupira de nouveau. L’étendu du travail qui l’attendait, ainsi que le peu de temps qu’il lui restait le désespérait au plus au point. C’était mission impossible.
Il s’assit dans un fauteuil du salon. Il réfléchissait, en passant paresseusement la main sur l’accoudoir de son siège. Il regardait pensivement le bleu du revêtement, puis se décida finalement. Il monta quatre à quatre les escaliers. Il savait pertinemment qu’il n’aurait jamais le temps de tout ranger. C’était impossible. Durant la semaine libre, il avait organisé fêtes sur fêtes dans sa maison. Les pièces empestaient l’alcool, la fumée de tabac, de drogues. Des traces de vomis tachaient les meubles. Il lui arrivait de retrouver ici et là des vêtements, dont il ne savait même pas à qui ils appartenaient. La piscine dehors, dans le jardin, était pleine de canettes de bières, de mégots. Mais le pire, le pire dans ce désordre était peut-être les meubles. Renversés lorsque la fête battait son plein, cassé, pour certains. La bibliothèque avait été vidée de ses ouvrages. L’un deux flottait d’ailleurs dans la baignoire, qui était toujours pleine – il ne savait pas pourquoi. Les trois tomes du seigneur des anneaux avaient servi à allumer un feu dans la cheminée. Voyant que trois livres ne suffiraient pas, lui et ses amis avaient décidé d’ajouter à cela les sept tomes de Lanfeust de Troy. La saga des Lanfeust des étoiles avait suivie.
John alluma son ordinateur. Pendant que la machine se lançait, il descendit à la cuisine se prendre un yaourt. Il saisit dans le buffet une petite cuillère. LA cuillère. Puis, il remonta devant son ordinateur.
Son plan était simple : on était le 25 novembre, il avait deux jours pour trouver une agence de nettoyage, la faire venir et ranger la maison. Du mieux qu’il pouvait. Il devrait aussi racheter deux trois trucs.
Il s’assit dans le fauteuil, devant son bureau, et double-cliqua sur l’icône d’internet explorer (n’insultez pas John, s’il vous plait). La page s’afficha. Il tapa rapidement la recherche à effectuer. Durant le quart d’heure qui suivit, il navigua, à la recherche d’organisations capable de régler son problème. Il était même capable de faire appel à l’équipe de « C’est du propre » si c’était vraiment nécessaire. Sa femme ne regardait pas l’émission, et ne risquait donc pas de le voir.
Dehors, dans le jardin, un crissement de pneus se retentit. John se leva, intrigué. Il n’attendait personne. C’était probablement un de ses amis, qui venait chercher quelque chose qu’il avait oublié pendant la fête. Il regarda par la fenêtre, son pot de yaourt à la main, et la cuillère dans la bouche.
Une voiture bleue, reconnaissable entre toutes s’était garée. La portière s’ouvrit, et Mélanie en sortit. Mélanie, sa femme. John déglutit violemment de peur. Il courut jusqu’à son pc, et vérifia la date.
27 novembre.
Il s’était trompé de deux jours. C’était aujourd’hui que sa femme revenait. Il déglutit une nouvelle fois, bien plus fort. Il était foutu, sa femme le quitterait forcément après… Hurg ! La cuillère, toujours dans sa bouche, resta bloquée au fond de sa gorge. Elle appuyait violemment contre la paroi interne de son tube respiratoire. Cela le brûla rapidement. L’air ne passait plus.
En bas, sa femme hurla. Elle venait d’entrer dans le couloir, et avait probablement marché sur une canette, ou un vêtement. A moins que ce soit sur une trace de vomi.
« John ! John ! Viens ici tout de suite ! »
Les bruits de ses pas précipités se firent entendre. Elle passa du couloir à la cuisine, puis au salon.
John cherchait son souffle. La cuillère refusait obstinément de sortir. Il toussait, cracher. Le seul effet produit fut qu’il perdit le peu d’air encore présent dans ses poumons. Un voile noir dansait devant ses yeux.
A ce moment, il sourit. C’était parfaitement idiot, mais il le fit tout de même. Il souriait, car il venait de se demander ce qu’il préfèrerait : que sa femme le trouve, le sauve, puis l’engueule et le quitte, ou qu’il meure, sans soucis.
L’instant suivant, il perdit connaissance. Un sourire flottait toujours sur ses lèvres.
LE MAITRE
Il savait.
J'avais dans la main la lettre d'adieu de mon frère. Elle m'avait été remise directement, sans que jamais personne d'autre qu'Eric ne pose ses yeux dessus. Je me trouvais caché dans mon salon, quelques larmes coulant sur mes joues, avant de s'écraser sur la moquette déjà mouillée. Oserais-je la lire ? Qui étais-je pour lire pareil écrit ? Le premier mot était un prénom, le mien. Les policiers avaient retrouvé sept documents avant de les remettre à leurs destinataires. L'adieu le plus long était celui que sa femme devait lire à cet instant précis. Marie. Une si jolie femme, que je lui avais si souvent volé, pendant qu'il travaillait, en totale confiance avec la belle blonde qui le trompait. Après quelques instants de réflexion sur le mal que j'avais commis à cet homme que j'avais si souvent détesté, mais dont l'absence m'apparaissait à présent comme une torture, je pris mon courage à deux mains, en même temps que la lettre, avant de parcourir la première ligne.
Marc, mon très cher frère. Autant éviter les phrases sans originalité, telles que "si tu lis cela, c'est que je suis mort."
Un début comme je m'y attendais. Eric avait horreur de la banalité. Il préférait se retirer d'une discussion que d'écouter des choses déjà dîtes, et était sans cesse à la recherche de nouveauté. C'était d'ailleurs ce que je n'aimais pas chez lui, à l'époque. Pour lui, avoir comme frère un personnage inintéressant, voulant vivre une vie comme tout le monde, c'était le complot parental visant à sa destruction. Il m'avait si peu adressé la parole, si ce n'est pour m'apprendre dès que je ne savais pas. Mon grand frère était si cultivé que je me sentais très souvent diminué à ses côtés.
Mais l'idée y est. Je t'écris en effet pour te dire adieu, étant donné que je suis en ce moment étendu sur le sol, une balle dans la cage thoracique, avec comme message écrit de mon sang : Ceci est un suicide. C'est tellement drôle de s'imaginer, avant d'agir, la méfiance des policiers qui croiront au coup peu stratégique d'un tueur malhabile.
Ainsi avait-il déjà prévu son suicide en rédigeant ceci. Normal, sinon, il ne l'aurait pas écrit. Seulement, comment pouvait-il prendre sa mort à la légère, et qu'est-ce qui l'avait conduit à un tel acte ?
Tu te demandes très certainement pourquoi je me suis suicidé. Ne trouves-tu pas que c'est sacrement vilain de ta part d'oser t'interroger sur les causes de ma mort ?
Que voulait-il dire ? Ah ! Il devait parler de mes nuits en compagnie de Marie. Mais comment l'avait-il su ?
Qu'importe comment je l'ai su. Est-ce là une question qui trouve sa place dans ce contexte ? Je suis mort, rappelle-toi. Alors pourquoi craindre ma réaction ?
C'était vrai. Qu'en avais-je à faire de ce qu'il en pensait. Un mari est incompétent s'il ne sait pas garder sa femme pour lui, non ? Et puis, de toute façon, je le détestais, donc c'était bien fait pour lui. Mais tout de même, comment se faisait-il que ce se soit ébruité ? Marie n'était pas du genre à trahir… quoique, elle le faisait avec son mari. Devais-je alors lui faire confiance ? Oui, après tout, je n'avais jamais eu à subir de conséquence.
Tu pourras observer, si jamais tu retournes la lettre, que j'ai déposé un dessin qu'il t'appartient de déchiffrer.
C'était vrai. Au verso de cette page déjà lourde en accusations se trouvait un dessin à première vue incompréhensible. Un des défauts de mon frère devait être le dessin, je ne l'avais jamais su. Ou alors était-ce fait exprès ? Je pouvais imaginer un homme derrière une porte, ainsi qu'un autre au milieu, assis, et peut-être un troisième couché sur lui. La pièce dans laquelle les deux se trouvaient m'était étrangement familière. Bon, de toute façon, je ne comprenais pas ce dessin.
Bien sur que tu ne comprends pas. Tu n'as jamais été très intelligent.
Merci.
Tu m'as fait mal, Marc. J'ai longtemps pleuré, ce que tu ne fais pas en ce moment-même. Quoique si, étant donné que tu es trop sensible.
Pourquoi continuais-je à lire ? Il ne s'agissait que d'une liste de critiques qu'il m'avait déjà répété toute sa vie. Je n'avais qu'à la jeter et appeler Marie pour la "consoler". Mais non, j'avais envie de savoir la suite. Il y avait quelque chose dans la lettre d'Eric qui m'intriguait.
Que vais-je donc te faire, te demandes-tu ? Je vais t'offrir ce que tu veux dès à présent.
Prendre Marie sur la table de la cuisine, ou contre l'armoire, au choix ?
Dans très peu de temps, la femme que j'aime encore, là où je suis, va sonner.
Je me levais et avançais d'un pas incertain jusqu'à la première fenêtre qui s'offrait à moi. Bien entendu, il n'y avait personne, cette lettre n'était qu'une conner… Ah, si, Marie arrivait au coin de cette longue rue remplie de voisins insupportables. Elle tenait dans la main trois feuilles de papier et semblait pleurer. C'était si mignon, j'allais me régaler.
Retourne t'asseoir. Elle serait surprise que tu lui ouvres alors qu'elle voulait te faire une surprise.
Je m'exécutais avec perplexité. Eric avait vraiment toujours une longueur d'avance sur moi.
Laisse la lettre sur la petite table que tu as volée à Hector…
Jamais il n'était rentré chez moi. Est-ce qu'il m'avait espionné par la fenêtre, ce qui expliquerait qu'il savait pour Marie ? Tandis que cela sonnait, je lisais encore une phrase avant de me lever pour ouvrir.
Cela ne se fait pas de faire attendre une femme, surtout que je te sais très pressé.
Marie pleurait. Je la pris dans mes bras. Sa propre lettre d'adieu d'Eric tomba alors sur le palier. Je fis alors semblant d'être triste aussi, mais d'être fort et de vouloir l'aider à combattre le chagrin. Étrangement, elle avançait d'elle-même en direction de mon fauteuil où elle me fit m'asseoir avant de s'effondrer sur moi. Elle m'embrassa alors, longuement, avant que le plaisir soit remplacé par autre chose. La douleur. Non, bien sur, il ne s'agissait pas de blessure morale par rapport à la mort de mon frère. En réalité, je souffrais d'un coup de couteau en plein thorax, laissant couler mon sang sur la main meurtrière de Marie. Le corps tremblant tout autant que le mien, elle se releva et utilisa ses mains trempées pour écrire sur le mur "Ceci aurait dû être un suicide.".
Les idées se chamboulaient dans ma tête qui se vidait pourtant. Pourquoi ? Ma tête tomba sur le côté, la lettre d'Eric disposée de telle sorte que je puisse lire la dernière phrase.
Ta bêtise t'a tué.
La vie me quitta doucement, tandis que Marie lisait les dernières phrases de sa propre lettre, à voix haute.
Je t'aimais trop pour te tuer, Marie. Marc et toi m'avez fait trop de mal pour que je vous laisse vous en tirer. Valéry est policier et t'a suivi tout le long de ton chemin. Étant donné que tu as suivi à la lettre mes ordres, il t'a laissé la vie sauve, mais tu iras en prison pour ton crime. Je pense que c'est le plus beau cadeau que je puisse te faire.
Ma dernière vision fut un homme qui se préparait à emmener Marie. Je fermais alors les yeux.
Comment aurais-je pu m'imaginer qu'il ne s'agissait en fait pas du tout de mon frère, qui avait cependant été lui-même victime de sa femme, qui assassinait Valéry, tandis que je montais au ciel. Marie avait ainsi profité de nous, cherchant certainement à nous punir de nos fautes, en utilisant Eric comme cerveau. Il était clair qu'elle avait magnifiquement bien imité l'écriture de mon défunt frère. Dix ans de mariage devait avoir été un bon entraînement à ce brillant coup. Pourquoi n'avais-je pas vu les gants de la tueuse, visants à éviter les empreintes ? Pourquoi n'avais-je pas examiné les papiers de mon propre hôpital où Marie était curieusement indiquée comme patiente et qu'elle rejoignait à présent, après avoir emmener le corps du policier en haut de sa maison pour le laisser tomber, le couteau encore dans le corps ?
"- Eric et Marc ont été assassinés par Valéry. Ce dernier s'est suicidé, rongé par le remords, après avoir regagné sa maison. S'il n'avait pas mis fin à ses jours, il est vrai que ça aurait été un très joli coup de sa part, si seulement Marie n'était pas à l'hôpital, sans jamais être sorti, selon les infirmières, disait un policier chargé de l'affaire."
Peu après, le gardien de la paix, nommé Hector, rentrait chez lui, et son premier réflexe fut de calmer son chien, sur le palier, tandis que le facteur arrivait.
TRITCHOU
Le Diamant du Diable et Le Pied de La Royauté
Un diamant, un diamant comme les autres, seul le fait que sa couleur différait selon le possesseur le rendait unique pensait-on et bien, nous nous trompions.
Une lutte sans pareille avait été mise en place par des clans pour le retrouver et le cacher, ce diamant valait une fortune, chaque paysans qui le retrouvait allait le donner au clan le plus proche contre de l'argent, celui ci se le faisait voler, et ainsi de suite...
Quand un jour, le diamant fût dérobé par un clan, celui-ci le perdit en route et une jeune paysanne le retrouva...
Le diamant avait, pour elle, une couleur normale, rayonnant de mille feux...
Elle le et l'emmena chez elle, sa mère lui demanda ce qu'elle cachait sous sa longue jupe rapiécée, elle l'ignora et passa devant-elle sans lui accorder un regard .L'adolescente arriva dans sa chambre, le déposa sur son lit et le regarda sous tous ces angles avant qu'une voix se fasse entendre:
-J'ai trouvé ma maîtresse, que dois je faire?
Elle se retourna, chercha l'auteur de ces paroles avant de fixer le diamant d'un œil enchanté:
-Détruis les clans! Ordonna t-elle
-A vos ordres!
Le diamant partit en une trainée de poussière et revint quelques minutes après, rouge sang et ouverte par de multiples lacérations.
Un morceau du diamant se logea dans la poitrine de la fillette qui s'écroula comme une poupée de chiffon, la fillette retrouva ces esprits quelques minutes plus tard, 2 cœurs battants dans sa poitrine elle se releva sur ces coudes, la jeune fille regarda son ventre, pas de sang: Comment était il rentré?
Le diamant était toujours couleur rouge sang, elle le prit et dit:
-Que se passe t-il?
-Je suis détruit, tu meurt...Que dois-je faire?
-Qu'as tu fait... fît elle les larmes aux yeux en regardant dehors
-J'ai exécuté vos ordres, maîtresse, j'ai tué tous ceux qui appartenaient à un clan, il n'en manque qu'une...
Le fragment du diamant sortit de la poitrine de la fillette et revint se coller au reste de la pierre précieuse, le diamant se pencha sur elle et dévora son cœur en l'aspirant goulument ...
Le diamant virevolta dehors avant de se jeter dans un fossé, un homme qui passait par là le ramassa, le diamant était violet pour lui, sachant que si le diamant ne correspondait pas à la personne, celle ci était détruit, le diamant vibra puis une partie s'enfonça dans sa chair, il continuait de vibrer de plus en plus fort, le corps du malheureux explosa en lambeaux sanguinolents...
Le diamant jura avant d'aller se poser sur la fenêtre du clan voisin...
Un garde le vît et le déroba, il alla le donner à son nouveau chef en évitant de le toucher à mains nues, tout ce que le diamant touchait était réduit en cendres quand celui ci était en rouge...
Le nouveau chef qui domptait la magie et l'activité paranormale, exultait il allait asseoir sa domination sur le monde en tuant tous ces occupants dérangeants...
Le diamant brulait plus fort, vibrait plus fort et aurait tué plus facilement, le lieu regorgeait de magie, il pirouetta jusqu'au sol en faisant bien attention a bruler les mains du garde, mais le plancher n'était pas très solide, un craquement d'enfer retentit, le diamant était au sol...
Il brula, avec son âme d'ancien chef du monde, par télépathie tous ceux qui s'approchaient à plus de 10 mètres de lui.
L'artère principale du Quartier Général de ce clan était bloquée...
Le chef du clan, lui même s'approcha du diamant, ce dernier fonça près du cœur du chef, celui-ci se transforma progressivement en un animal archaïque énorme, une bête poilue, avec d'énormes dents toutes pointues...
Le diamant avait déconnecté le cœur de son pantin avant de le dévorer et de se reconnecter les artères, veines et autres vaisseaux sanguins.
Le diamant se mit à palpiter et à envoyer du sang, en en prélevant bien sûr une partie pour lui même.
Le chef se réveilla « normal », sans poils, ni dents pointues, quelques heures plus tard, le front et le corps en sueur, pantelant il essaya de se lever mais une indescriptible douleur le cloua net par terre.
Il était l'agent du diamant et non l'inverse...
Ces soldats et gardes le prirent par le thorax et le déposèrent sur le lit de sa chambre princière avant de le bichonner avant qu'il ne sombre dans l'inconscience...
Il se réveilla, quelques heures plus tard, il se sentait bizarre, il se regarda le « cœur », il y brillait une lueur blanchâtre mais puissante. Il tenta de localiser avec ses pouvoirs magiques, le diamant, en vain quelque chose lui déchira les tempes de douleur, il se recoucha brusquement, la douleur diminua, puis il perdît subitement conscience...
Le diamant était en phase X ou en phase terminale, il n'avait presque plus d'énergie et elle remontait difficilement et doucement. La seule façon, dans son cas, de reprendre de la puissance rapidement et facilement était de sortir où il avait élu domicile, le seul problème était que si il sortait il serait faible et son pantin mourrait surement et que ceux-ci étaient rares et difficiles à débusquer...
Ou il attendait longtemps en reprenant doucement vie ou il sortait tout de suite et pourrait être tué, cause à sa faiblesse, par ne serait ce que le piètre télékinésiste du coin...
Il décida de sortir du corps, il s'en extirpa difficilement, puis vidé de ces forces se mît dans un état second en disparaissant du pouvoir des télékinésistes et de la vue des personnes normales, donc il était totalement invisible. Il reprit en quelques secondes sa puissance et retourna dans le corps de son ancien hôte en espérant que celui-ci n'est pas décédé entre-temps...
Il rentra le plus vite possible et ordonna au corps de se relever, il y arriva sans problème, son cerveau n'était pas endommagé, il demanda au cerveau du chef de se baisser, cela marcha sans problème, jusqu'au moment où un garde arriva là, le diamant utilisa sa magie pour étrangler ce garde sans le toucher, il tomba comme une poupée de chiffon, toute la forteresse arriva pour voir le chef debout, le diamant les tua tous un par un, deux par deux...
Ensuite, après avoir tué tous les membres, il s'avança doucement, sans ce presser vers la sortie, quand le seul magicien que redoutait le chef du clan arriva, un grand blond filiforme qui allait bien dans l'architecture et la décoration de l'endroit: la construction allait très bien avec l'homme, pas décoré, sans parures, simple quoi!
Quand l'équivalent du Baroque Rococo arriva, le Roi du pays dans un haut d'or et d'argent, d'une sorte de jupette courte toute d'orée...
Le roi transperça le thorax du magicien de son épée avant d'adresser un sourire à l'homme au diamant, le diamant ne comprit pas pourquoi il lui avait sourit alors que d'habitude il l'aurait tué lors d'un duel à l'épée...
L'homme au diamant avança dans le corridor avant qu'il ne voit le Roi derrière le tournant qui le transperça au niveau du cœur donc du diamant qui se brisa en mille morceaux...
Le corps tomba net, le diamant sortit du corps avant d'être de nouveau écrasé, pas par l'épée, mais cette fois par le pied du roi qui ensuite balaya les fragments du diamant par la fenêtre, ils s'éparpillèrent dans le paysage, ils étaient trop petits, ces fragments pour faire le moindre mal.
C'est comme cela que se termina l'histoire du diamant du diable, écrasé par le pied de la royauté.
Bonne idée ce topic ![]()
Je tente un
archéologique pour espérer voir les textes de mes concurrents... ![]()
Second épisode de "Ecriture will never die
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TEXTE DE CREAMDREAM
Pourquoi les hommes sont-ils muets ?
On les voit, ils sont tous bouches-bées
Et pourtant, ils ne peuvent parler.
Pourquoi les gens sont-ils cruels
Avec ces handicapés, essentiels
Essentiels pour que ce monde
Ne finisse pas en bombe,
Pour qu’il soit assez équilibré .
Pour qu’il ne finisse pas dans la cruauté.
Tout ceci, tout ceci
Pour dire que si ce sont
Des sourds, des muets
Ce n’est pas pour rien,
C’est pour que le monde se sente bien.
TEXTE DE TRITCHOU
Le cycle
Il était une fois, dans des temps plus ou moins reculés, un groupe d’amis qui vivaient dans un village de pêcheurs. Leur village était petit, il était niché entre une haute montagne, une épaisse forêt et l’embouchure d’un fleuve à l’eau salée en conséquence. Les habitants du village vivaient bien entendu de la pêche, de l’élevage et de l’agriculture, il n’y avait d’ailleurs aucun problème de nourriture. La vie était douce dans ce petit village et le climat clément, sauf lorsque les éléments se déchaînaient une fois par an, ce jour là, ils étaient obligés de faire un sacrifice, sinon la tempête ne se tarirait jamais…
Un jour, un des plus faibles éléments du groupe tomba gravement malade, une maladie dont nul ne connaissait le remède sauf un ermite qui vivait de l’autre coté de la montagne. Les habitants du village étaient, par contre, persuadés qu’il était un puissant sorcier. Aucun ne s’approche jamais de la caverne où celui-ci se terrait…
Sa maladie empirait chaque jour, alors les habitants du village décidèrent de réunir le conseil du village sur la place principale :
— Mes amis, nous sommes réunis aujourd’hui pour décider du cas de Will, le discussion est ouverte, fit le chef du village
— Et bien, je pense qu’il faut aller demander son aide à l’ermite, lança une personne debout près du chef
— Bien d’accord, Marc tu dois aller le voir ! Fit la femme du chef en parlant à son mari
— Avant de prendre une décision, il faut d’autres propositions. Réclama Marc en blêmissant
— Il n’y en aura pas d’autre ! Tonna une personne dans l’assemblée
— Il Suffit !!!!Hurla une voix, seuls les enfants ne sont jamais tués par l’ermite, il faut en envoyer un !
Une personne sortit de l’ombre d’une maison et vint se planter devant l’estrade :
— Mais quel enfant serait assez courageux pour oser braver le danger ! reprit-il en scrutant des yeux chacun des enfants présents en s’arrêtant sur moi, le fils du chef, qui observait la scène d’un œil hagard.
Je baissai les yeux, l’inconnu reprit :
— Lui ! Quand il prononça ce mot sa cape claqua au vent et je sursautai.
— Tu perds la tête, mon frère, mon fils, Billy, n’à aucun courage. Me fixa mon père d’un œil méprisant
Je déglutis bruyamment et difficilement, la gorge sèche, avant de relever des yeux implorants vers ma mère qui m’observait d’un regard intense.
— Oui, toi mon garçon, viens me voir chez moi demain aux premières lueurs de l’aube, quand il eut finit sa phrase il s’effaça imperceptiblement entre les passants puis disparut dans la foule.
— Qui étais-ce ? Bégayais-je, après une grosse minute d’attente
— C’est mon frère, une sorte de maître d’armes version espion du comté de Tume tout près d’ici.
— Quelle curieuse personne, comment s’appelle t-il ?
— Tim.
— J’avoue que cela fait plusieurs fois que je le vois, il me fait toujours aussi peur, murmura ma mère
— Bien, le conseil est terminé, nous le reprendrons dans quelques jours, lança Marc tout bas.
La foule se dispersa et nous rentrions à la maison.
En entrant dans la maison, je me précipitais vers les escaliers pour entrer dans ma chambre, ma mère en me voyant monter les escaliers à toute vitesse me toisa d’un air suspicieux avant de se diriger silencieusement vers la cuisine pour préparer le déjeuner. Mon père qui précédait de peu ma mère dans le couloir ne me vit pas monter les escaliers, ni m’entendit d’ailleurs ! Il réclama alors un repas chaud à ma mère qui s’attela immédiatement à la tâche.
En entrant dans ma chambre, je me retournais vers la porte, tournais la clé dans la serrure et la fourrait dans la poche de ma veste en peaux. Des larmes me vinrent aux yeux, je savais que mon oncle n’aurait aucune pitié pour moi et Je devais aller chercher le remède pour mon ami sinon il mourrait… Alors, je me mis à pleurer en pensant à la tâche qui m’était incombée.
En m’entendant gémir, ma mère monta les escaliers et toqua à la porte de ma chambre en disant :
—Quelque chose ne va pas, mon fils ? Ouvre cette porte, s’il te plaît.
Sachant que Maman ne me voulait aucun mal et voulait juste me réconforter, je m’essuyais les yeux puis déverrouilla la porte de ma chambre :
—Pourquoi pleures-tu ?
A ces mots je tombai dans ces bras en pleurant et gémissant, je réussis à articuler :
— Je ne pourrais jamais le sauver…
— Le village tout entier croit en toi, tu peut y arriver, de toute façon, il n’y a rien à perdre et tout à gagner !
— Et d’abord, pourquoi moi ? Hoquetai-je
— Il t’a choisi, c’est tout, bien maintenant fais moi plaisir et viens manger, le repas est prêt.
Pour lui faire plaisir, je descendis manger, elle me servit une généreuse portion de soupe de légume bien épaisse en un sourire, j’y touchais du bout des lèvres puis demandais la permission de sortir de table. Mon père me l’accorda et je sortis en direction de la plage où notre groupe se réunissait souvent. En chemin, ayant l’impression d’être observé, je fixais les ombres des maisons, j’avais constamment des mouvements de recul en voyant quelque chose bougeait, même un chat !
Alors que j’apercevais la plage à une dizaine de mètres, je me mis à courir, quelqu’un me suivait, et il savait que j’allais à la plage, alors au premier carrefour de ruelles, je pris à droite, croyant avoir distancé mon poursuivant, je repris une cadence normale.
Mauvais choix, un objet atterrit sur mon épaule, un morceau de papyrus, sachant lire, je le dépliais soigneusement puis me mit à lire :
« Quel sens de l’observation si tu as su que j’étais là ! Notre rencontre de demain tiens toujours. »
Tim de Tume.
Alors je n’avais pas rêvé, il me suivait depuis ma sortie de la maison et m’avais mis à l’épreuve, j’étais sorti voir mes amis mais ils étaient sur la plage et le soleil se couchait, je n’avais pas vu le temps passer. Je décidais alors de rentrer à la maison car la nuit me faisais peur et que je n’avais pas le droit de rester dehors à la nuit tombée…
En me voyant rentrer au moment même où le soleil diffusait ces derniers rayons, Maman me sourit, elle avait l’air contente de me voir rentrer à la maison :
— Comment cela s’est-il passé ?
Je haussais les épaules, la mine sombre, elle n’avait pas à savoir et à assumer mes problèmes en plus des siens. Je fis un tour dans la cuisine, découpa un morceau de pain, me dirigea vers le jambon et en coupa un petit bout, ensuite je remontais dans ma chambre.
J’ouvris la porte, refermais derrière moi, allumais une bougie avec mon briquet, puis rompis le pain en deux parties, j’insérai le jambon, le refermai en sandwich et me mis à manger, c’étais vraiment très bon, le pain frais avec le jambon de pays !
Ayant fini mon repas de fortune, je soufflait la bougie puis me mis au lit…
Je me réveillais au beau milieu de la nuit, trop angoissé de rater mon rendez-vous pour dormir, je décidais alors d’aller camper devant la cabane de Tim, comme ça, je ne pourrais pas manquer mon rendez-vous ! J’ouvris la porte en silence, descendis les escaliers le plus silencieusement, attentif au moindre grincement du plancher, au moindre mouvement, au moindre bruit, au moindre rat cherchant sa pitance.
J’arrivais finalement en bas après moult efforts, j’ouvrais la porte avec lenteur, pas question de tout faire rater maintenant à cause d’une porte par-dessus le marché!
Dés que j’eus fini de batailler avec la porte, je m’enfuis en courant en direction de la cabane de Tim, en arrivant je vus tout de suite qu’il m’attendait et me dit :
— Tu as 5 minutes d’avance sur le moment où je pensais que tu allais arriver ! Bref, suis moi.
Il partit à grandes enjambées vers le seuil de sa maison, je suivais avec difficulté le rythme imposé, il ouvrit la porte me fis signe d’entrer.
Contrairement à ce que je m’imaginais de la maison, elle était chaleureuse : Un bon feu se consumait dans l’âtre, de belles photos ornaient le mur et quelques peintures à même le sol.
Deux fauteuils étaient dirigés vers l’âtre, d’ailleurs il me dit d’aller m’y asseoir en me jaugeant du regard, j’avais aperçu son sourire caché donc je m’assis dans le fauteuil qu’il ne pointait pas, un grand sourire satisfait éclaira son visage buriné, je n’avais l’air de ne pas le décevoir outre mesure.
Il s’assit alors sur le fauteuil à coté de moi et engagea la conversation :
— Comme tu le sais, Will est malade et sa maladie ne peut être guérie que part l’er…
— L’ermite, le coupais je sèchement, et je n’ai absolument aucune chance contre lui…
— Tu ne dois pas l’affronter, juste lui demander de guérir ton ami et il ne sera visible qu’à la pleine lune demain, le seul jour où il ne fait pas de rituel.
— Il fait des rituels tous les jours, tu bluffes ?
— Non, je ne bluffe pas ! Répondit-il, indigné
— OK, Ok.
— Bref, maintenant dors.
— Là, maintenant ?
— Oui, bien sûr, s’exclama t-il, en arquant les sourcils.
Je n’insistai pas plus de peur de l’irriter, quand il commença à se diriger vers sa chambre, je fermais les yeux et m’endormit presque aussitôt…
Après une bonne fin de nuit et un petit déjeuner léger, Tim prit deux longs bâtons et m’entraîna sur la terrasse à me défendre [… le texte initial est plus long mais pas essentiel à l’histoire…]Vers la fin, je dus me réfugier dans la maison pour éviter une pluie de coups, alors quand je vis le ciel pâlir, j’ouvrai la porte et lui disait :
— La nuit tombe, il faut se dépêcher !
— La montée de la colline va être longue et il ne faudra pas s’arrêter !! M’avertit-il.
J’acquiesçais et nous partions.
Tim avait pris la tête et marchait d’un pas énergique et décidé alors que je me fatiguais, perdait du terrain et nous étions seulement à ce que je pensais être la moitié du chemin !
Dés que j’aperçus une grotte la voix de Tim me dit :
— A toi de jouer Billy ! La survie de Will et tout le village compte sur toi !
Dés qu’il fut parti, une bourrasque de vent froide et impressionnante déferla sur moi, me donnant la chair de poule, si bien que je dus resserrer mon manteau sur mes épaules. A ce moment là, je rentrais dans la caverne : elle n’était pas sombre comme les autres cavernes mais illuminée par un feu de joie qui réchauffait agréablement la pièce.
Un homme vêtu de loques se chauffait les mains devant l’âtre, dés que je rentrais dans la pièce, il se tourna vers moi, je vis alors son visage marqué par le temps, la personne me dit sans aucun tact :
— Je te croyais plus vieux !
— Qu…Qu…Quoi ? Vous me connaissez ? Fis je effrayé
— Bien sûr et depuis toujours, tu es le seul à qui je puisse parler depuis longtemps
— Pour quelle raison ?
— Car pour toutes les autres personnes, je suis muet !
— Et pourquoi vous pouvez me parler à moi ?
— Car je vieillis et tu es la seule personne capable de me succéder, tu est le seul à être suffisamment fort et endurant
— En quoi cela m’aiderais t-il ?
— Tu pourras alors soigner ton ami car tu auras toutes mes connaissances, en contrepartie tu auras un handicap…
— Lequel ?
— Tu le sauras lors de ton initiation, le jour de la Grande Tempête.
— Demain… marmonnais-je
— Non, c’est dans quelques minutes, acceptes-tu ?
— Je n’ai pas vraiment le choix… Fis je en haussant les épaules
— Fort bien, si tu veut bien me suivre.
Il s’engagea dans un couloir perpendiculaire à la pièce, il était invisible depuis l’endroit où s’était déroulé leur conversation. Nous arrivâmes une dizaine de secondes plus tard dans une pièce garnie d’un autel pyramidal partiellement éclairé par la lune, qui serait dans quelques minutes tout au plus à son zénith, il était aussi garni de runes.
— Viens de l’autre coté du monticule et sert moi bien fort les mains ! Me somma-t-il en se plaçant lui-même dos à la lune qui éclairerait d’une seconde à l’autre tout l’autel.
Je m’exécutai en silence et lui prit les mains, il se mit alors à psalmodier de façon incompréhensible et extrêmement rapide pendant plusieurs minutes, mes mains commencèrent à me picoter et à me brûler, une seconde après, la lune illuminait l’autel…
L’ermite arrêta son chant et me fixa d’un œil absent mais vitreux : une douleur aigue me déchira l’arrière du crâne et la tempe ce qui me fit hurler de douleur, tel des aiguilles s’enfonçant dans mon corps. Alors je pris une bouffée d’air mais ce fut le noir…
Quand j’ouvris l’œil, les nuages et la pluie masquaient le ciel :
— Tu est réveillé, à ce qu’on dirais, observa l’ermite en se penchant sur moi, de son haleine nauséabonde
— Et j’ai un affreux mal de crâne, affirmais-je
— Profite que tu peux encore parler car je suis une des trois seules personnes auxquelles tu pourras parler
— Et ces trois sont ?
— Ton maître c'est-à-dire moi, celui pour quoi tu est venu me chercher : Will et ton futur apprenti, récita-t-il
— Et aux autres alors ? Hoquetais-je, larmes aux yeux
— A leurs yeux tu sera muet, affirma-t-il insensible, maintenant va soigner Will avant qu’ils ne l’exécute !
— Et comment, pleurais-je découragé.
— Récite devant lui le sort du chapitre 18 du livre A
— Du livre « Sorts brisants malédictions » ? Raisonnais-je
— Exactement, tu vois, tu possèdes toutes les connaissances des autres ermites muets.
— Mais je suis muet… Ruminais-je
— Parfaitement, maintenant tu vas le sauver ? S’impatienta-t-il
Je m’inclinais devant lui, puis partis en courant en direction du village.
Dans le vallon, je perdis accidentellement pied sur un rocher mouillé par la pluie puis roulai jusqu’au village.
Arrivé en bas, certes amoché et couvert d’ecchymoses, j’avançais dans le village à la recherche de la maison de Will que je trouvais sans problème, en me voyant passer, le villageois me lançaient des « salut » étonnés.
J’ouvrais la porte à la volée et à force de signes, leur fit comprendre qu’ils devaient sortir de la pièce, dés que nous fûmes seuls, j’appelais à ma mémoire le livre et récitais à haute voix pendant de longues minutes le chapitre 18, au bout de quelques minutes, le teint terreux de Will reprit des couleurs et la pluie cessa, à la fin de mon récital Will se leva pour la première fois depuis longtemps. A ce moment là, l’ermite arriva et me dit :
— Jusqu’à la fin de ces jours, ce jeune homme sera muet, de telle façon qu’il ne pourra pas dire que c’est toi qui l’a sauvé. Si un jour, enfant il a, cet enfant sera muet et l’enfant de cet enfant aussi, cela jusqu’à la fin des temps. Maintenant il nous faut nous exiler pour que jamais plus personne ne te voie, Billy, prend ma main nous retournons à la caverne.
Je prit sa main sans hésiter mais j’étais ravagé par ce que cet homme allait vivre toute sa vie, sur ces sombres pensées un maelström de couleur l’emport a, la seconde d’après ils étaient dans la grotte. Pendant plusieurs mois, l’ermite perfectionna Billy pour qu’il puisse accueillir convenablement son futur apprenti, la nuit juste après la fin de son apprentissage, l’ermite mourut et Billy attendit inlassablement l’arrivée de son futur apprenti qui subirait les mêmes peines que lui.
La tare se transmet, une personne meurt, on la remplace, ainsi va la vie. En ce jour, Billy brisa la malédiction sur son ancien village, le 24 Décembre d’un âge oublié. Cet homme béni à qui on aurait accordé la vie éternelle vivrait toujours de nos jours.
TEXTE DE CEHEL
Pourquoi court-on sur l'haricot?
Hé bien c'est que l'abricot est trop glissant et puis les
cocos, c'est quand même bien plus marrant.
On en a des verts, des rouges, des blancs, des qui font
péter! Non, franchement, c'est beaucoup amusant.
On pourrait se contenter de marcher dessus, mais il y a
tellement de variétés qu'il vaut mieux cavaler pour toutes
les explorer!
Le problème dans cette histoire, c'est que l'on ne peut
décider soi-même de faire son petit footing, en fait toutes
les folies sont permises ici. Courir est désormais une
pratique réfléchie, et le haricot s'autorise l'élision.
En fait, on doit courir sur l'haricot pour fuir toutes ces
ignominies, mais moi, c'est tout ce tintouin qui commence à
me courir.
Et il n'y a pas de haricot ni d'haricot!
TEXTE DE THONMAUVE
Ulysse, du sable et des rêves
« Papa, tu me racontes une histoire ?
Bien sûr ma chérie : laquelle veux-tu que je te raconte ?
Celle du marchand de sable : elle est rigolote. »
Nick vint s’asseoir sur le bord du lit et posa une main sur celle de sa fille ; un sourire attendrit aux lèvres, il commença à raconter…
« Il y a bien longtemps, quand les hommes vivaient encore dans de petits villages, sans électricité, sans voitures et sans avions, les relations entre les peuples étaient beaucoup moins tendues qu’aujourd’hui. La vie était simple mais dure, néanmoins les gens vivaient heureux avec le peu de choses qu’ils possédaient ; et comme tout le monde possédait peu de choses, personne ne voyait l’utilité de voler son voisin. L’esprit de communauté était fort et les habitants toujours soudés.
« À l’époque, des caravanes marchandes faisaient la route entre les différents villages : elles transportaient toutes le nécessaire utile à la vie d’alors. Des tissus pour les vêtements, des ustensiles de cuisine ou de travail, et même des graines que les différentes régions agricoles s’échangeaient. L’arrivée d’une caravane était toujours un évènement marquant qui tranchait souvent avec la routine à laquelle les gens étaient soumis à longueur d’année. C’était l’occasion de prendre une ou deux journées de repos pour aller faire des achats en famille ou entre amis. On délaissait les travaux des champs et on allait farfouiller dans les bric-à-brac des roulottes, en espérant dénicher quelque rare trésor oublié là par un marchand inattentif.
« Et de fait, quelques fois, une caravane apportait avec elle certains produits plus exotiques qu’à l’habitude : et même s’ils ne faisaient pas l’objet de fouilles consciencieuses, ils n’en étaient pas moins prisés par tous, qu’il s’agisse de tabac, rare en ce temps là, ou de friandises pour les enfants. On trouvait également des reliques mystérieuses mais au prix trop souvent inabordable pour de simples artisans : il y avait des pipes à rêves, des lampes à ombres ou bien même des brindilles de flouboustier, un arbre aujourd’hui disparu, qui, lorsqu’on les mangeait, permettaient de communiquer avec les morts. Mais en général, seuls les commerçants et les caravaniers avaient l’argent nécessaire pour se procurer les articles les plus rares.
« Cependant, il existait une telle rareté qu’un homme mit à la disposition de tous. Il s’appelait Ulysse, et il était marchand. Un jour, il arriva avec sa caravane dans un petit village qui se trouvait alors non loin de notre maison actuelle. Il transportait avec lui une poudre d’obscurité, récupérée avec soin des endroits les plus sombres sur terre : quiconque inhalait de cette poudre ou en déposait simplement sur sa peau se voyait soudain perclus de fatigue et…
Ça veut dire quoi, ‘perclus’ ? »
Nick fit les gros yeux à l’impertinente qui avait perturbé le cours du récit. La petite fille ramena la couverture jusque sur son nez, l’air penaude, mais Nick n’était pas dupe. Il sourit gentiment et dit : « Ça veut dire être extrêmement fatigué, particulièrement après avoir passé la journée à travailler.
–Comme toi quand tu rentres du travail, t’es perclus !
–Oui ; maintenant laisse moi finir et ne m’interromps plus.
–J’aurais pas besoin de t’interrompre si t’utilisais pas des mots trop flancs ! »
Nick se creusa la tête un moment à essayer de deviner ce que sa fille voulait dire. Quand il comprit, son sourire s’élargit : « On dit ‘ronflants’, ma puce. Et c’est d’accord, plus de mots ronflants.
« Je disais donc que quiconque entrait physiquement en contact avec la poudre d’obscurité tombait instantanément dans un sommeil profond. Et là n’était pas le seul intérêt de la poudre, car elle permettait également à l’esprit de voyager en dehors du corps ! Ainsi, le corps pouvait se reposer pour, au réveil, être de nouveau prêt pour le dur labeur journalier pendant que l’esprit voyageait à sa guise, aussi loin qu’on le voulait et aussi longtemps que le sommeil durait : et si le dormeur se réveillait brusquement, corps et esprit ne faisaient instantanément plus qu’un !
« Bien sûr, la majorité vit la chose d’un mauvais œil, d’autant plus qu’Ulysse proposait sa poudre gratuitement : hors, rien n’était gratuit à l’époque, et les gens se méfiaient des paroles d’un étranger. Ulysse était un visionnaire, il croyait que sa poudre d’obscurité pouvait aider beaucoup de personnes et il ne laissa pas les sceptiques dénigrer son produit. Pour assurer la population de sa bonne foi et que sa poudre était sans danger, il proposa de l’essayer devant tous : il s’endormirait et l’on devrait le réveiller au bout de quelques minutes, ainsi tous pourraient constater la véracité de ses dires.
–On avait dit pas de mots ronflants ! protesta la fillette.
–Tu veux connaître la fin de l’histoire ?
–Oui !
–Alors reste tranquille et laisse moi raconter.
« La population du village accepta la proposition d’Ulysse car, tout méfiants qu’ils étaient, leur curiosité l’emportait sur la crainte. On allongea donc le marchand sur une table au milieu de la place du village et on lui fit respirer un peu de poudre : il sombra aussitôt dans un sommeil des plus profonds. Au bout de plusieurs minutes, comme convenu, les villageois le réveillèrent, et quand ils constatèrent que le marchand allait bien et qu’il ne souffrait d’aucune séquelle de son sommeil forcé, un peu de leur inquiétude disparut.
« Par la suite, Ulysse demanda à un petit nombre de volontaires de tester l’efficacité de sa poudre : les résultats furent plus concluant. Une fois que la nouvelle se fut propagée à travers le village que les effets de la poudre d’Ulysse étaient bien ceux qu’il prétendait être, les gens firent main basse sur la mixture. Ulysse distribua sa poudre selon le nombre de personnes par famille et bientôt, les villageois se croisaient la nuit et discutaient dans leur sommeil aussi facilement que durant la journée.
« L’originalité du produit ne tarda pas à attirer de plus en plus de monde, si bien que des villages voisins commencèrent à affluer les voyageurs. Ulysse donnait toujours de sa poudre à qui en réclamait et il ne demandait jamais d’argent ou de paiement quelconque à aucun de ses clients.
« Malheureusement, le cœur de la plupart des hommes n’est pas obligatoirement empreint de la gentillesse et de l’honnêteté dont Ulysse fit preuve : ils furent plusieurs à convoiter la trouvaille du marchand, voyant dans la poudre une façon aisée de faire des bénéfices en dupant son prochain. Un homme en particulier chercha à tout prix à mettre la main sur la poudre d’obscurité. Lui-même était un ancien marchand qui s’était vu dépossédé de tous ses biens après avoir profité de la crédulité d’un village entier. Les produits qu’il leur avait vendu étaient défectueux pour la plupart, et beaucoup furent victimes d’accidents plus ou moins graves : le larron fut reconnut coupable et sa caravane saisie. Depuis, il vivait dans la plus abjecte pauvreté et dans son esprit torturé, il cherchait coûte que coûte à récupérer son statut d’antan.
« L’arrivée d’Ulysse et de sa poudre d’obscurité constituèrent pour lui l’occasion dont il avait tant rêvé. Il comprit très vite que les gens seraient prêts à payer pour obtenir de la poudre s’il parvenait à prouver qu’Ulysse était un escroc et que sa poudre était moins efficace que celle que lui avait à proposer. Le roublard concocta donc un plan infaillible qui lui permettrait à la fois de restaurer son titre et d’engranger beaucoup d’argent tout en discréditant Ulysse par-dessus le marché.
« Un matin, il descendit à la plage et y préleva de très grande quantité de sable fin, qu’il stocka par la suite dans de grands tonneaux. Étant donné qu’il avait perdu toutes les roulottes de sa caravane, il dut rouler les tonneaux jusqu’à la grotte qui lui servait alors d’abri. Puis, un large sac de toile pendu à son côté, il s’aventura dans les eaux peu profondes en quête de seiches, de pieuvres et de calmars : chaque fois qu’il en voyait une, il capturait la pauvre créature et la jetait dans son sac.
« De retour dans sa grotte, il entreprit de vider les créatures de leur sépia : en mélangeant au sable quelques gouttes de cette encre aussi noire qu’une nuit sans lune, puis en filtrant le mélange plusieurs fois, il finit par obtenir une poudre aussi fine et aussi sombre que la poudre d’obscurité d’Ulysse. Alors il enferma l’objet de sa tromperie dans de petits flacons et, la nuit tombée, il se rendit au village. Il gagna la roulotte d’Ulysse et, en silence pour ne pas réveiller le marchand qui dormait à côté, il intervertit les flacons de poudre d’obscurité avec les siens. Puis il retourna dans sa grotte avec les flacons de vraie poudre, et il attendit.
« Le jour suivant, Ulysse distribua sans le savoir de la poudre inefficace. Le surlendemain, sans surprise, ses clients vinrent l’accuser de menteur et de mystificateur ; le pauvre Ulysse, complètement dépassé, eut bien du mal à contenir ses clients enragés ainsi qu’à déterminer l’origine du problème. Ce n’est que quand un vagabond à l’allure douteuse vint installer une petite échoppe en face de sa roulotte que le marchand commença à suspecter que quelque chose ne tournait pas rond : l’homme proposait à tous de la vraie poudre d’obscurité et, en un tournemain, tout le monde se retrouva à acheter en moindres quantités ce qui leur était jusque là offert.
« Le charlatan fit des affaires en or ce premier jour. Désormais convaincu que plus rien ne pouvait enrayer son succès, il traita publiquement Ulysse d’avoir dupé ses clients avec de la poudre inefficace à laquelle il n’avait fait qu’ajouter des drogues légitimant la séparation de l’esprit avec le corps durant le sommeil. Les premiers clients d’Ulysse furent très vite convertis par les plus récents, ceux sur qui la soi-disant poudre n’avait pas fonctionnée, et très vite, tout le village se retourna contre lui.
« Ulysse, sachant dès lors qu’il avait été manipulé et par qui, vit là sa chance de retourner les plans du conspirateur contre lui-même. Il demanda aux villageois de lui accorder une seule journée et une seule nuit pour établir une bonne fois sa droiture d’esprit et le bien fondé de son entreprise. Par respect pour son honnêteté jusque là, les villageois lui accordèrent cette faveur et ainsi tous rentrèrent chez eux dans l’attente du lendemain.
« Le véritable charlatan, pour sa part, craignait justement qu’Ulysse ne découvre la supercherie : néanmoins, se croyant à l’abri de tout dans sa grotte, il ne se préoccupa pas plus que cela du marchand.
« Bien mal lui en prit, puisque s’il avait prêté plus attention aux agissements d’Ulysse, il l’aurait surpris, cette nuit même, penché sur les flacons qu’il lui avait subtilisé, à murmurer tout en caressant chaque fiole ; car Ulysse, loin d’être un simple marchand, était également magicien !
« Vois-tu, le pouvoir de la poudre d’obscurité résidait ainsi non pas dans sa nature même, mais dans les enchantements qu’Ulysse lui apposait : cela échappa au voleur et celui-ci se retrouva avec rien de plus qu’une poudre sombre, légère comme l’air et à la texture vaporeuse ; une poudre à peine plus fine que le sable qu’il avait teint en noir et laissé à Ulysse dans son sommeil. Et à présent, Ulysse ne faisait qu’équilibrer la balance.
« Le lendemain, il exposa à tous le secret de sa poudre et accusa à son tour le charlatan. Fatigués de ces conflits entre les marchands, les villageois confrontèrent les deux hommes : lorsque sa poudre se révéla inefficace, l’escroc fut chassé du village. De lui, personne n’a retenu le nom.
« Quant à Ulysse, il fut porté en triomphe par tous les villageois. À compter de ce jour, la poudre d’obscurité n’avait plus de réel intérêt, et Ulysse la remplaça par ce qui aurait dû causer sa perte : du sable, le plus fin et le plus clair qui soit. Il se protégeait ainsi de toute autre tentative de discrimination. Comprends bien que la poudre d’obscurité n’avait aucun effet sur les hommes, mais sa simple rareté en faisait la proie idéale pour les esprits mal intentionnés. En la remplaçant par du sable, Ulysse ôtait tout le mystère qui se cachait derrière la poudre : il ne restait que du sable, que seul le marchand était en mesure d’enchanter.
« Fort de ses expériences, Ulysse se remit alors en route, voyagea à travers le monde : quand sa route croisait un village, il s’arrêtait immanquablement et il distribuait de son sable magique. Il avait tout de même apporté une légère modification aux effets procurés, car il estimait que le sommeil était une expérience mieux partagée si corps et esprit ne faisait qu’un : ainsi, quiconque entrait en contact avec le sable d’Ulysse était assuré de ne faire que des beaux rêves.
« Ulysse décida alors qu’il ne connaîtrait de repos qu’après avoir partagé son bonheur avec tout le monde : il se fit sable grâce à sa magie et devint immortel. Aujourd’hui encore, le marchand de sable parcours la Terre, mais il a troqué sa vieille roulotte pour un nuage, plus rapide et bien plus confortable ; et chaque nuit, il rend visite aux enfants du monde entier pour déposer un peu de son sable sur leurs paupières.
–J’aime beaucoup cette histoire !
–Moi aussi, ma puce : maintenant il faut dormir.
–Attends ! Donne-moi mon nounours, s’il te plaît. »
Nick se leva et alla chercher la peluche sur l’étagère. Au même moment, sa femme poussa la porte de la chambre : « Nicolas, tu viens te coucher ? dit-elle.
–J’arrive ma chérie.
–Bonne nuit, Maman !
–Bonne nuit, ma puce. » Elle vint embrasser sa fille, puis Nick, et elle sortit. Nick s’approcha du lit et tendit le nounours que la fillette s’empressa d’attraper et de serrer contre elle. C’était une petite peluche marron, avec deux grosses billes noires en guise d’yeux. Nick se pencha et embrassa sa fille sur le front. Il alla éteindre la lumière et s’apprêtait à sortir de la chambre quand elle lança, d’une voix ensommeillée : « Fais de beaux rêves, Papa. »
Nick lui sourit et répondit : « Fais de beaux rêves, Pimprenelle. »
J'ai honte
enfin bon, c'était sympa à faire ![]()
Bon, je poste tous mes commentaires les uns à la suite des autres, allez chercher celui qui vous concerne
CREAMDREAM
Au niveau de la forme : je sais pas si c'est intentionnel ou pas mais au début du texte l'auteur a commencé avec des octosyllabes, puis il a l'air de s'être rapidement découragé. Je n'accroche d'habitude pas tellement à la poésie en général, et encore moins à la poésie amateure. Ici, on n'a aucune recherche de sonorités ou de rythme, l'auteur s'est forcé à faire rentrer des mots dont le sens convenait à peu près pour faire des rimes. Ça montre, d'après moi, une certaine immaturité littéraire et stylistique, alors que de la poésie en prose ou sans rimes aurait peut-être mieux convenu pour ce sujet.
Et le point qui fâche (vraiment), le fond. Je vais pas y aller par quatre chemins : c'est cliché, c'est cucu, c'est mièvre et rose bonbon insupportable. Alors je sais qu'on a pas le droit aux commentaires trop durs et sans explications, mais là je vois vraiment pas quoi ajouter. C'est digne d'un gamin de CE2 pour qui tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil.
Un bilan très négatif donc, ce texte ne m'a vraiment pas plus.
GRONMAX
Un peu la flemme de faire un commentaire construit pour celui là, je commence à saturer.
Je dirai juste que j'ai bien aimé, autant pour la forme que pour le fond. Même si à certains moments il en fait un peu trop (trop de points de suspension, trop de phrases courtes et percutantes) et qu'il ne connaît visiblement pas le sens de "hocher la tête", sur le fond c'est le texte le plus original qu'on ait eu pour cette édition. Ça ne m'étonne pas trop de Gronmax, vu que si je ne m'abuse c'était déjà lui qui avait pondu un joli texte du point de vue de lunettes d'aveugle la dernière fois.
Donc moi j'ai vraiment beaucoup aimé.
P.S : Désolé Gronmax, tu sais que j'aime beaucoup ce que tu écris mais je t'ai lu en dernier donc les commentaires commençaient à me peser un peu. J'espère que tu m'en veux pas
THONMAUVE
Je précise avant de vous livrer mon commentaire que juste avant de lire le texte, j'avais regardé une énième fois Mon Voisin Totoro, donc j'avais encore en tête la petite bouille de l'héroïne, qui colle parfaitement avec la petite fille du texte de Thonmauve
Au niveau de la forme ça ira assez vite, le style est assez passe-partout mais bien maîtrisé, donc pas grand-chose à redire. Une bonne orthographe malgré quelques petites fautes par ci par là, et certaines tournures maladroites. Mais dans l'ensemble c'est vraiment très bon, bien que pas très original. Mais ça convient bien à ce type de textes.
La forme de l'histoire pour s'endormir le soir est parfaitement adaptée ici, même si c'est pas d'une originalité folle. En plus, il a fait l'effort de rendre le tout un peu vivant (avec par exemple les interruptions de la petite) et de masquer le fait que le tout n'est en fait qu'un prétexte au conte.
Au niveau du fond, moi j'ai bien aimé l'histoire d'Ulysse et de son sable. Le ton du narrateur est parfaitement choisi, et ça m'a littéralement ramené des années en arrière, quand j'étais à la place de Pimprenelle (charmant prénom d'ailleurs
). Bon bien sûr, certaines ficelles sont un peu grosses (Ulysse rencontre des difficultés et hop là on apprend qu'il est magicien, le tour est joué), mais c'est toujours comme ça dans les histoires pour enfants. On reste également dans les classiques du genre avec les personnages archétypes (le gentil et généreux Ulysse, le méchant et vénal marchand) et la fin moralisante.
Donc c'est pas d'une très grande originalité, mais j'ai envie de dire tant mieux, ça ne fait qu'ajouter à l'impression de véracité qui se dégage du texte, on s'y croirait.
Le sujet est respecté, et en plus dans la forme qu'on attendait (le conte), donc de ce côté là pas de soucis.
En résumé, un texte qui a un vrai cachet et qui m'a bien plu !
MANDOULIS
Au niveau de la forme, l'auteur a choisi le même format que Thonmauve mais avec beaucoup moins de réussite cependant. On ressent vraiment que le soin apporté n'est pas le même entre les 2 textes.
Il y a également chez Mandoulis plus de fautes d'orthographe et des tournures assez moches ("un jour que" : argh !).
Au niveau du fond c'est déjà plus intéressant et on a quelques bonnes trouvailles, mais le style empêche de bien les apprécier. Quelques références marrantes, du genre le Petit Chaperon Rouge ou Star Wars, c'est toujours appréciable quand c'est bien amené. L'auteur a également fait un effort notable pour éviter de tomber dans les poncifs du conte médiéval, je pense à l'inversion des rôles traditionnels : c'est la demoiselle qui va accomplir une quête pour obtenir la main du damoiseau qui joue ici le rôle de la potiche. Cette inversion permet aussi d'arriver à la fin classique (ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants) mais d'une manière détournée.
En bref, des bonnes idées mais le texte pèche sur le plan formel, ce qui l'empêche de se hisser au niveau de celui de Thonmauve.
KARZAPSTRUCPSEUDOPASFACILEARETENIR
Bon je vais pas pondre un pavé comme celui de Say, y en a qui ont une vie en dehors de ce forum ici
(just kidding mein Schatz)
Donc je suis assez d'accord avec Say pour ce qui est de l'impression générale, même si je n'irais pas jusqu'à tirer un bilan négatif de ce texte. Je dirais juste qu'il ne m'a pas spécialement marqué : aussitôt lu, aussitôt oublié.
Pour la forme, comme Say, je n'adhère pas spécialement à ce genre de texte qui, voulant rendre compte fidèlement de certaines situations, adoptent un registre courant voire vulgaire. On peut tout à fait faire ressentir le discours décousu et l'incongruité des paroles d'un poivrot sans pour autant parler de bite ou de baiser la terre à longueur de paragraphe. Mais bon je pense qu'il ne fallait pas s'attendre à autre chose, c'est sensiblement le même ton que les autres textes qu'il a publié sur le forum.
Pour le fond maintenant, tout comme Say (décidément), je m'attendais peut-être à un plus de fantaisie, de créativité. Même si l'idée de s'occuper d'un haricot comme d'une femme et donc de l'arroser de whisky et de lui faire l'amour régulièrement, outre le fait de révéler une conception particulière des relations amoureuses pour l'auteur (
), est originale, j'aurais attendu peut-être quelque chose qui serait allé encore un peu plus loin dans le décalage, dans l'invraisemblable. C'est le premier texte du concours que je lis donc je ne peux pas encore comparer aux autre, mais il me semble que celui-ci part légèrement défavorisé.
Par contre, j'ai bien aimé les noms de villages, ça m'a fait sourire sur le coup
P.S : en me relisant, je m'aperçois que j'ai écrit en gros la même chose que Say, mais en plus court
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Voilà voilà ! Désolé pour Tritchou et Cehel, je n'ai pas eu le temps de corriger vos textes.
Si le ton vous semble un peu dur quelques fois c'est que ces commentaires ne sont au départ pas écrits pour être montrés, j'aurais fait l'effort de dire les choses moins durement si je m'étais rappelé qu'on vous les montrerait. Bien sûr s'il y a des points sur lesquels vous n'êtes pas d'accords ou que vous voulez m'expliquer qqc que je n'aurais pas compris, ce topic est là pour ça ! ![]()
Pas de mal Hic!
Mais j'ai été noté par qui alors?
C'est quoi le principe de ce concours ?
C'était pour le concours qui est épinglé, en fait les jurés choisissent un thème. En l’occurrence il y en avait 3, notamment pourquoi peut on courir sur un haricot. Ensuite les gens ont deux semaines pour fournir un texte. Et le principe du concours réside dans le fait que les jurés ont 3 ans pour donner leur résultat
En fait ça ressemble fort au concours sans fin, sauf que les jurés sont désignés à l'avance.
Et qu'en plus, vous avez le droit d'avoir votre résultat le jour de vos cinquante-deux ans
! J'adôre ce concept ^^ !