Suite à un problème de mise en forme, je reposte donc, merci à Zech d'effacer le topic précédent.
J'espère ne pas avoir encore une fois le même problème...
Pour la peine, la présentation sera courte.
Le récit peut paraître banal, mais j'essaierai d'innover.
Et je ne veux pas tomber dans le manichéen, surtout pas.
J'attends vos critiques avec impatience, pour pouvoir progresser.
Trêves de blablas inutiles, j'envoie la sauce.
___________________________________________
Le Grimoire d'Eternia.
Prologue .
Les pages d'une existence se tournent les unes après les autres inexorablement.
Jusqu'à ce que le point final n'arrive, qu'on l'appose d'un ultime acte épique.
Cependant, qu'adviendrait-il si l'on pouvait écrire au delà du livre, et que les mots se mélangent avec la réalité.
Que deviendrait un monde s'il est empli de rêves et de fictions, de pulsions voguant dans l'air environnant ?
Bien sûr, il existe un cadre, invisible, infranchissable, nécessaire.
Mais lorsque l'on donne la possibilité à quelqu'un d'écrire sa vie autrement que dans le monde qui lui est offert à la naissance, on peut écrire un roman.
Et on peut alors vivre ce que l'on écrit, et non plus écrire ce que l'on vit.
Si la fable avale la réalité, que croire, comment réagir ?
Mais les pages continueront toujours de se tourner, inéluctablement.
C'est le destin de tout être, bien qu'il ne soit pas figé.
Faire un choix qui en influencera d'autres, mais qui s'inscriront tous dans un contexte aussi immense que flou.
C'est à cela que ressemblerait ce livre.
Si l'on peut le nommer ainsi.
On qualifiera plutôt sa forme physique de livre, mais qu'est-ce vraiment ? Ou bien, qu'est-il ?
Pour le comprendre, il suffit d'y écrire son nom.
Et c'est ainsi que commença l'une des nombreuses histoires du Grimoire...
Ce chapitre, peu descriptif, présente rapidement les personnages et laisse en suspens beaucoup de questions.
C'est normal, et je sais que cela doit manquer de descriptions.
Voulu.
Enjoy donc... Oopa.
__________
Chapitre Premier : Majuscule.
Le téléphone vibra. Trois fois.
D'un lent mouvement une main s'en empara.
Du remous sous la couette, une tête s'en extirpe.
« 1 New Message. »
Alors du doigt, il appuya sur la touche de confirmation.
« Viens me voir dès que tu peux. »
- Neuf heures... Fais chier gros.
Lentement, il se leva, les pieds encore glacés de la nuit passée dans sa chambre mal isolée.
C'était l'hiver, les nuits étaient courtes et le jour fade.
Il avait ce même goût dégueulasse en bouche, celui qu'a toute personne qui se réveille.
La douche ne se trouvait pas loin, mais s'y rendre alors qu'il n'était vêtu que d'un caleçon lui sembla être un supplice.
Grelottant, il ouvrit l'eau, se déshabilla, s'empara de sa brosse à dents et du dentifrice.
Et puis, enfin, l'eau chaude ruissela contre sa peau...
Une petite vingtaine de minutes plus tard, la salle d'eau fut envahie par la buée, impossible de se voir dans la glace.
Tant pis, il se coifferait plus tard, d'abord, manger.
Ou plutôt, boire. Du Coca Zéro. 3 longues gorgées.
Il se recoucha ensuite, en attendant que la salle d'eau soit utilisable, et enfila des socquettes, allongé sur sa couverture, car il recommençait à avoir froid aux pieds.
- Il lui arrive quoi à lui, pour vouloir que j'vienne aussi tôt ?
Tout en cherchant la réponse, il retourna se préparer, enfila son jean trop grand d'une taille, et un petit pull noir en laine : ni trop classe, ni trop branleur. Simple.
Arrivé devant la glace, il se regarda, comme tous les matins, d'un œil encore endormi.
Ses cheveux bruns, assez courts, avaient déjà la forme de la coupe qu'il voulait se faire. Il avait des cernes sous ses yeux marrons, et une barbe naissante lui encadrait le bas du visage. Par contre, aucune moustache, il n'aimait pas.
La voiture démarra difficilement.
A vrai dire, cela faisait 3 jours qu'elle n'avait pas tourné et qu'il faisait en dessous de 0.
Le chauffage mis à fond, il retourna chez lui en attendant que l'auto se chauffe.
Cela lui laissa le temps de mettre son écharpe, qu'il rentra sous son pull, un bandeau noir assez large, histoire de lui cacher les oreilles, et un gant à la main droite.
- Merde, j'ai oublié ma musique.
Une fois les écouteurs en place, playlist Favorites lancée, il s'installa au volant, et partit.
La chaussée était blanche mais la route n'était pas gelée.
Au moins, à cette heure, il n'y aurait personne.
Pas tous ces abrutis qui partent au travail et qui roulent n'importe comment, ni tous les vieux qui prennent la voiture à 11h pour faire leur petite balade d'avant manger.
Parce que, il faut le savoir, 11h, c'est l'heure de pointe des plus de soixante ans. Ils sortent tous à cette heure, bien qu'ils se soient levés aux aurores. Incompréhensibles, honnêtement.
Il passa près d'un panneau cinquante, son compteur quant à lui affichait soixante.
Quelques virages et trois dos d'âne plus tard, il s'arrêta, gara sa voiture à l'arrache et sortit son téléphone.
- Florian, c'est moi, ouvre.
L'autre descendit, jean, tee shirt kaki plutôt classe, les cheveux en pics, noirs, comme ses yeux. Lui non plus n'était pas rasé.
Ils montèrent l'escalier de l'immeuble, rentrèrent au premier étage.
- Désolé de t'avoir réveillé Thomas, s'excusa Florian, mais il faut que tu voies ça.
- Vas-y, envoie.
Florian lui tendit un bout de papier, qu'il lut.
- Encore un bon vieux fake tiens, décréta-t-il après avoir parcouru le papier des yeux. T'es en train de me dire que tu me réveilles pour ça ?
- Attends, lis derrière.
- Nan mais j'ai lu, ça change rien que ce livre existe et qu'une personne ait disparu.
- Vraiment ? Alors regarde dans le sac.
Thomas s'empara du sac nonchalamment et en ouvrit la fermeture. Dedans gisait un livre qui lui sembla vieux et usé.
- T'as choppé ça où encore ? Demanda-t-il.
- On s'en fout de ça, tu me crois maintenant ?
- Parce que tu penses que je vais te croire juste avec un vieux bouquin qui pue le renfermé ?
Sans même répondre, Florian s'empara d'un stylo, ouvrit le livre, et y écrivit un mot.
Mais, alors qu'il montrait la page à son ami, ce dernier se rendit compte que rien n'apparaissait.
Vierge. Elle était toute blanche. Comme un drap qui sort du pressing. Ou un nuage de ciel d'été.
- Attends, tu te fous d'ma gueule là... T'as décidé d'me faire chier en me réveillant, parce que t'as acheté un vieux bouquin sans titre et un stylo qu'écrit pas, c'est ça ?
- Alors essaie toi-même, rétorqua l'interrogé.
- Nan c'est bon, je te crois. T'en as parlé à Vayt ?
- Pas encore, c'est pour ça que je t'ai dit de venir aussi tôt, on va y aller tous les deux, il est à la Fac là.
- Vas-y j'conduis, tu vas encore y'aller comme un grand-père toi sinon.
Florian, qui était le plus petit des deux, remit le tome dans son sac de cours.
La demie heure de trajet se déroula sans soucis, rythmée par les musiques de Rtl2, Nostalgie ou Chérie FM.
Ils arrivèrent peu après devant le vieux bâtiment.
C'était grand la Fac, rempli d'étudiants et d'étudiantes. On y avait rajouté une annexe, avec forcément les meilleures salles et amphithéâtres. Mais la majorité des dites salles était en piteux état, mal isolées, avec des tables recouvertes de gribouillis et de délires incompréhensibles.
Le plus chiant, dans cette Fac, c'était la chaleur. Il avait beau faire -3°C dehors, dedans, la température était d'au moins 22°C.
- Je lui ai dit à 11h à la BU, on a juste le temps d'y aller en fait. Expliqua Florian.
- Pas de soucis, j'te suis.
Il montèrent au premier étage et franchirent les portes battantes bleues de la bibliothèque universitaire.
Florian, avec son sac sur le dos, appuya sur le bouton de l'ascenseur, mais Thomas était déjà en train de gravir les escaliers.
- J'aime pas cet ascenseur vieux, il a la charrette.
- Ouais mais moi je suis pas une pure masse qui grimpe les escaliers deux par deux.
- Arrête un peu, t'es un pur athlète. D'ailleurs, t'en es où dans ta relation ?
- J'ai rendez-vous avec elle cet après-midi...
- Tu soules, on aurait pu aller bouffer en ville avec Vayt et toi...
Les deux amis finirent par atteindre le troisième étage, à moitié essoufflés de s'être dépêchés pour rien.
Le plus grand des deux ouvrit la porte en verre de la salle et entra.
Les étagères étaient remplies de livres anglais : histoire, économie, civilisation, dictionnaires ; et déjà de nombreuses personnes étaient assises à leur table, accaparées par leurs études.
Enfin, certaines du moins.
D'autres, comme beaucoup, profitaient de la moindre distraction pour relever la tête et admirer tout ce qui se passait autour d'elles.
Vayt était assis à une table au fond de la salle, en train de lire un bouquin de psychologie.
Thomas arriva derrière lui et lui mit une petite pichenette derrière l'oreille.
L'intéressé se retourna, ôta ses écouteurs et les salua.
- Salut les oiseaux, vous allez bien ?
Aurélien, alias Vayt, devait mesurer le mètre quatre-vingt dix. Il dépassait d'une tête ses deux potes, et avait des cheveux bruns très courts. Il portait des lunettes fines et avait un visage dur. Pourtant, c'était un mec posé et calme.
Les trois continuèrent de discuter un peu, avant que Florian ne lui explique la raison de leur rendez-vous, puis sortit le livre de son sac.
Qui, au beau milieu d'une bibliothèque universitaire, trouverait étrange que l'on y sorte un livre ?
Personne.
Comme si un berger s'inquièterait si, au milieu de son troupeau de moutons blancs naissait un mouton gris.
- Il pue toujours autant ton livre, s'exclama Thomas en faisant la moue.
- Vas-y Vayt, écris un truc dedans, lui demanda Florian.
Alors ce dernier s'empara de son stylo, et y écrivit son nom, sans réfléchir.
Puis ce fut au tour de ses deux camarades de l'imiter, sans savoir pourquoi, annotant leur nom comme ils l'auraient écrit sur une copie d'examen.
Le silence s'était installé dans la salle, plus aucun bruit de pages tournées, de feuilles sur lesquelles on écrit, de gens qui chuchotent. Comme si le temps s'était arrêté.
Tout trois regardèrent autour d'eux, mais ne virent rien qui leur semblait suspect.
Du moins, à première vue.
En fait, si.
- Euh, les gars, demanda Vayt, on a tous les trois mangé des champignons, c'est ça ?
- Les seuls champignons que j'ai vus récemment, répondit Thomas, j'préfère pas te dire où j'les ai vus...
A l'intérieur de la salle, le monde s'était figé.
Là, une personne en train d'écrire, immobile. Ou là encore, une page en train d'être tournée, suspendue en l'air.
Une trousse en train de tomber, bloquée à mi hauteur. Des gens en train de rire, pétrifiés en pleine action.
Incroyable.
Et pourtant, au beau milieu de cette torpeur, quelque chose frémissait, s'accroissait.
L'air environnant se solidifiait autour d'eux, formant un mur, une cloison de réalité.
Si bien que très vite ils se retrouvèrent enfermés, pris au piège.
- Bougez-vous, faut qu'on sorte de là ! Cria Florian.
Mais c'était trop tard, ils n'y pouvaient plus rien, et Thomas le savait. Il le pressentait du moins.
C'est pourquoi il restait là, les yeux écarquillés, la bouche ouverte, en se demandant ce que serait la suite.
Un bon coup de coude dans les côtes l'extirpa de sa rêverie.
- Reste pas là vieux, l'interpella Aurélien, on se bouge.
A peine eurent-ils commencé à courir vers la sortie que leurs corps se raidirent, en même temps.
Comme si quelque chose les paralysait.
La culpabilité s'empara des trois amis. Avaient-ils déclenché un phénomène paranormal qui les forcerait à rester ainsi ? Non, cela ne se pouvait pas.
Cela n'arrivait que dans les livres, dans les histoires et les jeux vidéos.
Un mauvais rêve, un simple cauchemar.
Il fallait qu'ils se réveillent, qu'ils bougent.
Des yeux, Thomas chercha ses deux amis.
Surpris qu'ils puissent tous deux le voir, ils échangèrent un long regard, rempli de crainte et d'incompréhension.
Ce n'est qu'après un laps de temps indéterminable qu'ils prirent une décision muette.
Alors, ils fermèrent tout trois les yeux, firent abstraction de tout.
Avec la simple aide de leur pensée, ils allaient chasser cette hallucination.
Florian fut le premier à retrouver une once de sensation dans son corps.
Aurélien l'imita aussitôt, et bientôt ils furent en mesure de parler.
Mais ils ne le firent pas.
Devant eux, la réalité semblait se craqueler. La paroi invisible se fissurer.
Il fallait qu'ils s'activent, qu'ils bougent, qu'ils courent.
Mais pour aller où ?
Tout autour, d'imposantes lézardes d'un noir affreux naissaient.
Elles les avaleraient bientôt.
- On n'y arrivera pas, déclara Aurélien alors qu'il recouvrait l'usage de ses bras.
- Mais si ! Allez ! L'encouragea Florian.
Le sol subissait le même phénomène, ils allaient tomber, être engloutis dans les ténèbres.
De toute manière, ils n'y pouvaient rien.
- On se retrouve en bas, les gars.
Et Thomas sauta.
Il n'entendit pas ses deux amis tenter de l'en empêcher, il n'entendit plus rien.
Peu à peu il sombrait dans l'inconnu et perdait toute sensation.
Bientôt il errerait dans l'éther sombre qui le happait.
Il tomberait et serait englouti dans le néant, avec pour seule compagnie ses remords...
Mais il se trompait, car il aperçut une lueur dans le lointain.
Et puis, elle se rapprocha, ou plutôt il se rapprocha d'elle. Lentement, puis de plus en plus vite. Très vite.
Trop.
Il la percuta de plein fouet, et une douleur horrible l'envahit, le submergea.
Et disparut avant qu'il ne réussisse à crier.
Et tout s'enchaîna, trop vite pour que son esprit ne comprenne, trop vite pour que son corps ne réagisse.
Il ne parvint même pas à penser, les couleurs et les sensations se superposaient les unes sur les autres à une vitesse incommensurable.
Et tout s'arrêta d'un coup, comme ça avait commencé.
Plus aucun bruit, plus aucune couleur.
Ses yeux s'étaient fermés, il s'était évanoui.
Sa dernière pensée cohérente fut que Florian n'irait pas à son rencard ce soir.
Et ce fut le néant.
Bon, forcément j'ai lu.
J'me souviens absolument pas de ton style d'antan, donc je suis incapable de dire si c'est mieux, moins bien ou pareil.
T'as un style étrange, pas mal oral sur les bords mais ça se lit bien.
Le seul truc utile que je peux te dire, c'est qu'au début t'utilises le présent et après le passé, et que ça fait zarb', surtout qu'y'a aucune raison valable à ça.
Et puis aussi, ce serait bien d'avoir des tirets pour les dialogues, quand même.
Et lorsque ce sont des pensées de personnages, faudrait aussi des indications sinon ça peut sembler bordélique (j'imagine que dans ton fichier Word tu as utilisé de l'italique mais je rappelle que ces forums ont été codés en 1864
Tu peux utiliser de simples guillemets ("Blabla", pensa-t-il), ou alors moi des fois j'utilise les **)
J'ai pas trop aimé le prologue, ça m'a trop fait penser au Mystère des Dieux de Werber.
Voilà, rien de plus à dire. Ca semble foutrement classique comme départ -pas plus tard qu'y'a quelques jours un pote me racontait sa fic' qui commence pareil, avec un mec du monde moderne qui passe par un portail-, mais c'est trop tôt pour juger.
P.S. J'ai laissé le commentaire tel quel, pour la postérité ![]()
Bon, je peux enfin commenter correctement !
(T'as bien fait de rien changer, t'en fais pas ^^)
D'une, pour le truc du présent passé, j'l'ai corrigé aussitôt, car j'avais fait une version où je débutais au présent et l'avais incorporée dans le texte par la suite.
Si tu regardes maintenant ce n'est plus le cas ^^
Il en va de même pour les tirets, que j'ai rajoutés un par un sur le forum, merci Jeuxvideo.com
Pour ce qui est du prologue, je ne connais pas Werber, et j'ai essayé de faire quelque chose de banal et d'assez accrocheur, simplement.
Pour ce qui est du classicisme, j'ai envie de dire qu'au jour d'aujourd'hui, la plus grande majorité des sujets de Fantasy ont été explorés, et que donc plutôt que de vouloir absolument pondre quelque chose de novateur et me planter, je préfère reprendre des bases déjà connues
C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes hein.
Pour ce qui est du style, ce premier chapitre n'a pas grand chose à voir avec les suivants, ça papote pas mal, ça se raconte comme j'aurais raconté à n'importe qui en face à face.
Tant mieux si le style oral ressort, parce que je vois mal comment j'aurais pu fabuler sur le simple fait d'aller à la fuck dans une BU ^^
Merci d'avoir lu, le chapitre suivant est prêt mais j'attendrai quelques jours avant de le poster, histoire de ne pas décourager les potentiels futurs lecteurs.
![]()
Hop,
Je viens de finir, et j'ai noté quelques trucs :
"Que deviendrait un monde s'il est empli de rêves et de fictions, de pulsions voguant dans l'air environnant ? "
-> Je suppose qu'il faudrait soit remplacer "deviendrait" par "deviendra" ou changer "est" par "était"
"Il avait ce même goût dégueulasse en bouche, celui qu'a toute personne qui se réveille. "
Ca j'ai vraiment adoré, ça sent le vécu =)
"Parce que, il faut le savoir, 11h, c'est l'heure de pointe des plus de soixante ans. Ils sortent tous à cette heure, bien qu'ils se soient levés aux aurores. Incompréhensibles, honnêtement. "
Ca m'a fait assez sourire, quand je bossais en magasin y'avait une vieille qui était toujours là dès l'ouverture, alors qu'elle avait toute la journée.
Sinon j'ai franchement bien accroché, c'est assez plaisant à lire, mais je trouve que la narration est étrange. Il y a des phrases qui, comme le disait Azerty, sont fort proches de l'oral et de la manière de parler des personnages alors que d'autres sont beaucoup plus littéraires, vers la fin. Ca donne une impression un peu bizarre, de se trouver le cul entre deux chaises (enfin, je l'ai ressenti comme ça, c'est pas forcément le cas de tout le monde).
Mais d'un point de vue général, c'est accrocheur, les personnages font vrais et au final... Ben j'ai envie de savoir ce qui leur arrive =)
Merci de ta lecture Fitz.
Et en effet, ça m'est déjà arrivé ce goût horrible au réveil, qui te force à t'laver les dents alors que t'as même pas encore pris ton p'tit déj'.
Si les personnages font vrai, c'est parce que d'une certaine manière ils le sont.
J'ai calqué les dialogues qu'on peut avoir, mes potes et moi, et tenté de retranscrire nos personnalités différentes 3malgré tout.
Pour ce qui est de la narration, il y a deux explications.
Premièrement, c'est un style voulu.
Je voulais créer un réel contraste entre la vie normale et celles qu'ils auront par la suite.
Je comprends ta sensation, et c'est un effet voulu, honnêtement. Je suis pas sûr que cela rende parfaitement bien, mais j'ai essayé de poser la scène vue par nos yeux, et donc relatée comme on aurait pu le faire nous même.
Deuxièmement, cela fait maintenant plus d'un an que je n'ai pas écrit, et je suis donc encore en phase de recherche de style, d'expérimentation, de redécouverte.
Je pense me fixer au fur et à mesure que les chapitres se suivent, du moins je l'espère.
La suite arrivera d'ici quelques jours, le temps de la peaufiner et de m'avancer un peu pendant que j'en ai encore le temps. =)
Encore merci de vos deux lectures les gens.
![]()
Hmm. Bon, disons le nettement, je n'ai pas aimé (en fait, sans ta pertinence sur les topics d'HF, je n'aurais pas commenté et me serais fendu mentalement d'un "Yet Another Annoying Fic" - les joueurs de Nethack comprendront).
Bon, je ne vais pas repartir sur le débat du classicisme en HF, je crois qu'on a déjà bien assez épilogué comme ça à propos des clichés. Alors pour ne pas repartir sur cette interminable querelle de paroisse, je dirais juste que toute fiction où les personnages passent de notre monde contemporain à un autre m'ennuient profondément à la base. Je veux dire, ce n'est plus du classicisme à ce niveau. C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les soupes les plus insipides (en fait, mon avis est sans doute influencé par le fait que je n'ai jamais rien lu de bon, sauf un cycle de bouquins, qui utilise ce genre de transition). On verra ce qui se passe ensuite.
Bon, pour les personnages, je suis loin d'être convaincu par le pris parti de montrer la vie de M. Tout le monde en HF. Qu'est-ce que c'est vide, un ado de base. On pourra me parler d'une volonté d'identification, etc., mais personnellement je ne déteste rien de plus que toute ses fictions de "quête de soi-même", que ce soit par le cliché Eragon ou celui du changement de monde. J'ai plus de mal que tout à me sentir impliqué dans les aventures d'un type moyen à qui il va arriver des choses extraordinaires soudainement - contrairement à moi-même. Bon, après, comme toujours, tout dépend du traitement ultérieur des héros, surtout si tu réussis à les faire assez paumés dans leur nouvelle condition. Là encore, ça a une petite chance d'être bien.
Je n'aime ni le prologue, ni le titre. Le premier est trop classique et tente de donner dans l'effet de manche avec des considérations philosophiques de comptoir. Surtout que les phrases sont parfois peu claires ; c'est assez embrouillé, on comprend ce que tu veux dire (ou pas, d'ailleurs : je n'ai compris le coup du nom que dans l'histoire en elle-même), mais c'est un peu trop vague. Un exemple : tu utilises la conjonction de coord. "mais" entre tes deux paragraphes, alors qu'elle n'est pas justifiée. Tu ouvres une question à laquelle le "mais" ne répond pas. Enfin, je me doute que tu ne le perçois pas comme ça ; tu sous-entendais sans doute "mais quoiqu'il arrive" ou quelque chose comme ça. En attendant ce n'est pas une super introduction, surtout que les prologues en fantasy, je trouve ça un peu surfait la plupart du temps, mais bon. Quant au titre, il est là encore très classique. "Grimoire" (que je trouve dans deux titres de bouquins d'HF en cinq secondes de recherche Google) + "Eternia" (nom que je trouve assez banal, avec ses sonorités douce, son inspiration d'"éternité", etc.), ça donne le ton du classicisme dès le début :<
Enfin, pour le style et la mise en page. Bon, là encore, je ne suis pas fan. Alors certes, ça fait "vrai". Les dialogues sont crédibles, je dois concéder ça, même si je n'aime pas vraiment le fait de "trop" coller à la réalité. Un registre courant normal sans taper dans le familier constamment rendrait mieux à l'écrit sans pour autant choquer. En plus, la mise en forme avec des retours à la ligne constants me donne envie de _hurler_. Surtout que tes phrases sont très courtes, très hachées, souvent nominales, suivant la grande mode de la fantasy actuelle, donc du coup on a l'impression de lire ton texte phrase par phrase, sans continuité. Donc pourquoi pas pour du Nouveau Roman, mais je mets en doute la pertinence de ce choix pour de la fantasy, genre narratif entre tous. Enfin, je trouve que la narration n'a pas d'unité. Que les dialogues soient familiers, ok. Que la narration le soit, éventuellement. Mais qu'elle soit parfois soutenue, parfois familière... Et il n'y a pas que la fin. Déjà, on a par exemple à deux lignes :
"Pourtant, c'était un mec posé et calme. [...] Comme si un berger s'inquièterait si, au milieu de son troupeau de moutons blancs naissait un mouton gris.
D'ailleurs pourquoi ne pas faire une narration à la première personne ? (ah, et accessoirement le manque de description rend tout attachement aux personnages impossibles, car ils sont indifférenciés, on a presque l'impression de voir trois fois les mêmes, mais bon)
De plus, de petites maladresses émaillent le texte. La comparaison du berger en fait partie ; il aurait plutôt fallu écrire "Un berger s'inquiéterait-il si au milieu [...]". Là en l'occurrence la phrase est carrément fausse syntaxiquement en plus d'être assez lourde. Autre chose un peu gênante éventuellement : "D'un lent mouvement une main s'en empara.
Du remous sous la couette, une tête s'en extirpe."
On a l'impression que les "s'en" se rapportent au même objet. Un peu gênant pour les premières phrases du texte. Sans compter que ta phrase ne veut pas dire grand chose en elle-même, pour plusieurs raisons. Là, on comprend que la tête s'extirpe du remous sous la couette. Déjà, d'un point de vue lexical, remous et extirpe ne font pas du tout référence aux mêmes choses : extirper, c'est solide et difficile ; un remous est confus et liquide, lui. En plus, je ne vois pas pourquoi briser l'ordre de la phrase : "une tête s'extirpe du remous sous la couette" aurait enlevé le problème du "s'en" et celui du manque de clarté. Bon, bien sûr, cela ne retire pas le manque de cohérence du vocabulaire employé, rendant l'action étrange et difficile à imaginer.
Donc comme tu le vois, un bilan très mitigé pour ma part, en grande partie pour une question de goûts. J'attends de voir la suite.
Ah ! Enfin un vrai commentaire, merci Ari.
Enfin quelqu'un qui n'aime pas.
Bah ouais, c'est comme ça que l'on progresse le plus, faut dire.
Sinon, avant toutes choses, je tiens à préciser que je comprends largement.
Premièrement, ne me compare pas à du Eragon, c'est assez... Blasant.
Bien, reprenons le début de ton commentaire.
Je te comprends très bien, quand tu critiques le fait que ce soit un ado banal qui change de monde et toussa.
Ouais, c'est bateau, ouais, c'est du vu, revu, rerevu et archi vu.
Mais en même temps, cela me tenait à coeur.
Je ne suis pas (ou plus dira-t-on) du genre à me chercher.
Et cette fic n'est pas du tout ainsi non plus.
J'essaie, par ce changement de monde, de me mettre dans la peau de 3 personnages semblables dans le monde normal (Oui, cela justifie aussi le manque de descriptions, car je ne voulais pas que l'on fasse de réelle distinction entre les trois amis, vu qu'on se ressemble pas mal), qui vont vivre des aventures et changements radicaux.
Y'aura pas de mec gentil tout bon, ni de mec méchant tout pabô, nan. Mais plutôt 3 gars qui vivront des situations assez différentes, et qui ne réagiront pas pareil. (Après, j'essaierai de vraiment travailler les 3 personnalités, et c'est ce qui sera le plus dur je pense).
Pour ce qui est de mon prologue, je reconnais qu'il est médiocre. A retravailler donc.
Pour ce qui est des dialogues, je suis désolé de te décevoir, et désolé de te dire que je parle comme ça, mais c'est voulu. Je voulais vraiment quelque chose de décousu, d'assez personnel. Et je voulais vraiment retranscrire des dialogues que l'on pourrait avoir dans la vie de tous les jours.
Quand à la mise en page, j'avoue qu'elle est horrible, mais j'ai hésite entre ne pas sauter de lignes du tout, et en sauter entre chaque dialogue.
Or, vu que c'est un chapitre blabla, y'a beaucoup de trous.
Donc c'est moche.
Mais l'effet des phrases courtes est un syndrome que je tente de soigner, et est aussi cherché.
En gros, c'est un chapitre inutilement nécessaire.
Ouais, c'est con.
Et ouais, je n'ai pas envie d'attacher beaucoup d'importance à des choses qui changeront.
En fait, je laisse peut-être trop de choses indéfinies, j'en suggère peut-être trop.
Mais j'ai pas voulu alourdir tout le texte en prenant en considération des choses qui n'étaient pas cruciales.
Pour ce qui est de la suite, je suis tout à fait d'accord avec toi sur le problème du "s'en", et je vais aller corriger ça tout de suite, c'est vrai qu'en y faisant attention c'est pas beau.
Il en va de même pour le coup du berger, je ne trouvais pas de tournure agréable.
Par contre, pour le coup du remous, je voyais vraiment ma couette comme quelque chose de confus, de mou, de presque liquide, et ma tête, elle solide, qui tente de franchir la rude barrière du réveil.
Enfin, je ne changerai pas ce point, car il me plaît, lui.
En tout cas, merci beaucoup de tes critiques, je ne peux t'inviter qu'à lire le prochain chapitre, dont le style va changer.
Bien sûr, comme tu peux t'y attendre, il y aura du doute, de l'incompréhension.
Mais je vais pas pondre un mec qui se réveille tout heureux et voit un lapin en retard et un chat qui fait des ronds de fumée hein...
Bref, merci de ce post constructif, j'espère t'avoir éclairé.
![]()
Note bien que la plupart des critiques auxquelles tu réponds sont tout à fait subjectives, ce que je fais d'ailleurs remarquer. Pour les dialogues par exemple, je dis clairement que c'est moi qui n'aime pas, quoique ce soit bien réalisé en tant que tel. Et accessoirement je ne reproche pas les sauts de lignes après les dialogues, mais les retours à la ligne dans les paragraphes. Enfin bon, j'attends de voir, tout en espérant principalement que les héros ne soient pas concernés par une prophétie et n'aient aucun rôle prédéfini dans ce monde. Je lirai le suivant, à coup sûr.
Oui je le conçois volontiers, que tout ceci est subjectif.
Mais j'essaie de te convaincre malgré tout, de t'offrir toutes les raisons pour lesquelles j'ai fait ce choix.
Je tiens par contre à te préciser qu'il n'y aura pas de prophétie.
Chacun subira des aventures, plus ou moins glorieuses, mais aucun ne jouera de rôle prophétique quoi que ce soit du genre.
Non.
Bien sûr, je ne vais pas les laisser se faire planter par le premier bandit de grand chemin venu, mais, une aventure n'est pas sensée forcément bien se finir non plus, malheureusement. (oopa)
Hmmm...J'ai lu!
A l'instar d'Aristimbault, je doit avouer que je n'accroche pas trop avec les personnages...Pourtant, je doit bien reconnaitre que ce qui donne sa force au fantastique, c'est bien sa proximité dans un premier temps avec le réel pour procurer ainsi ce sentiment de dépaysement et de mystification. Ainsi, si nous pensons d'abord avoir à faire à des ados de base, nous ne pouvons pas le certifier, ne sachant pas exactement quel est ou sera leur mode de pensée. Il se peut, si la transition s'effectue proprement que je m'attache à ces personnages...J'ai pour principale référence en lisant ton texte, le film l'histoire sans fin et le jeu final fantasy tactics advance qui m'ont marqués tous deux de manière similaires. La différence entre ces œuvres et la tienne s'effectue dans le potentiel...
Je m'explique: Par le passé, la narration débutait par le personnage lui même(l'apprentissage de sa psychologie, de ses problèmes personnels). Ici, tu commences avec les péripéties...Choix que je juge...Particulièrement judicieux par son originalité! Tu te donne le temps de laisser s'affirmer le potentiel que tu octroi à cette histoire en commençant par des définitions matérielles et futiles propres à des messieurs tous le mode auxquels on attribut aucuns mérites intellectuels ou morales. En d'autres termes, tu laisses la découvertes du lecteur se profiler lentement, au rythme de leurs aventures. Je pense que tu as pour projet une digression (ou progression) d'un point de vue matériel ou subjectif des personnages vers quelque chose de pure et d'infiniment plus mature. De mon point de vue, je viens dors et déjà de saisir la force à venir de ton texte, il me tarde désormais de la voir se concrétiser!
Wait and see!
Arma, pour commencer, merci d'avoir lu.
Pour ce qui est de mes références, tu remarqueras bien vite que tu as vu juste sur l'une d'entre elle, bien qu'il n'y ait, je pense, qu'un gros clin d'oeil. ^^
Ensuite, pour ce qui est des personnages, comme je l'ai déjà dit, on se ressemble pas mal, autant dans notre manière d'être que dans notre style vestimentaire, et je n'ai pas voulu que le lecteur s'identifie à l'un d'entre nous directement.
Ce que tu décris par la suite quant à l'évolution de mon aventure m'embête un peu : tu en attends beaucoup de moi, et je vais donc devoir me surpasser.
Je n'arrête pas de relire les deux chapitres suivants du coup, et je perds du temps d'écriture. Mais j'avoue que tu as visé ce que je voudrais tenter de faire.
Je reconnaîtrai aisément qu'à 18-19 ans, l'on est déjà mature et qu'on sait ce que l'on vit.
Mais d'un autre côté, je pense que c'est l'âge clé, où l'on a encore rien vécu.
Je cherche ainsi à faire réagir mes trois personnages en fonction de nos personnalités propres dans la vie de tous les jours, et en même temps en les confrontant à des épreuves différentes, qui, bien que non banales, ne feront pas d'eux des héros.
J'espère donc franchement ne pas te décevoir, bien que je n'ai pas la prétention de vous faire accrocher au(x) personnage(s) dès leur première apparition dans un chapitre.
Mais j'ai également peur de trop travailler le côté psychologique et de délaisser l'action, et d'ainsi alourdir.
Voilà, le prochain chapitre devrait donc m'aider, grâce à votre aide à tous, à trouver un juste milieu et me permettra ainsi de voir sur quels points je dois me focaliser pour le rendre plus accrocheur, attrayant.
Merci à vous tous en tout cas, vos commentaires m'aident déjà beaucoup, ne serait-ce qu'au niveau de mon approche par rapport à la Quite.
![]()
T'sais, j'ai remarqué, ayant lu plusieurs séries de fantasy différentes récemment (et y'a certaines que j'ai adorées, d'autres moins), que la clé justement, c'est l'attachement aux personnages... faut pas avoir peur de passer pas mal de temps sur la psychologie, et puis c'est absolument pas incompatible avec l'action : des engueulades par exemple peuvent servir à faire évoluer les persos. (je sais, j'm'en sers parfois
)
Et pis j'me souviens de "Moux", une fic où il se passe quasiment que dalle et qui est pourtant captivante.
'fin bref, oui faut un juste milieu mais ton post avait l'air de sous-entendre que pour travailler ses persos fallait s'emmerder, alors que justement, non. XD (enfin pour moi)
Je suis d'accord sur le fait que le point fort des histoires vient de leurs personnages, et pas forcément du héros d'ailleurs.
Pour ce qui sera du chapitre suivant, que j'ai relu, j'y ai rajouté un peu de la psychologie du personnage dont il sera question, car j'avoue qu'il en manquait.
Après, comme tu le dis, une histoire peut être très captivante sans action, mais comme la psychologie n'est pas un domaine que je maîtrise parfaitement, j'aimerais ne pas alourdir le texte plus qu'il ne le faille.
Enfin bref, la suite Dimanche si tout va bien. =)
"tu en attends beaucoup de moi, et je vais donc devoir me surpasser." Ne t'inquiètes pas...C'est fait pour! ![]()
Je veux que tu te réalises pleinement dans ton style.
"J'espère donc franchement ne pas te décevoir" Y'a pas de soucis, si ce que tu vises est en adéquation avec mon idée...Alors, le seul risque que tu encours...C'est de m'intéresser!
"Mais j'ai également peur de trop travailler le côté psychologique et de délaisser l'action, et d'ainsi alourdir."...J'ai UNE critique!(Pour une fois...) Tu t'embarrasses de craintes bien envahissantes...Laisse libre court à ton imagination et tout ira pour le mieux. Plus tu iras loin dans ton idée, plus tu auras de chances de taper dans le positivement original!
"Merci à vous tous en tout cas, vos commentaires m'aident déjà beaucoup, ne serait-ce qu'au niveau de mon approche par rapport à la Quite." A quand le prochain chapitre?
![]()
"Enfin bref, la suite Dimanche si tout va bien. =) "
Apprendre à lire...
(à chanter sur l'air de la chanson de florent pagny, et j'assume la référence naze
)
Je rigole à une condition...Si tu arrives à chanter ça en restant dans le rythme de la chanson! ![]()
J'y arrive plus ou moins en plus...
Enfin pas sur toute la chanson, ne serait-ce que parce que j'me suis pas fait chier à écrire des paroles pour ça ![]()
- Je suis né comme ça, et je sais que ça surprend, alors pardonnez-moi si j'ai joué la carte de l'incrédulité, mais c'est pas facile tous les jours, vous savez.
Et puis il sourit, comme pour donner plus de véracité à ses mensonges.
Le paysan gardait sa mine inquiète, et regardait Thomas droit dans les yeux, comme s'il aurait pu y discerner quelque chose. Puis, sans la moindre semonce, il lui planta une broche de sa fourche dans la cuisse, et la ressortit aussitôt.
Le brun cria, plus par stupeur que par douleur, la blessure n'était pas profonde.
Il n'eut pas le temps de demander le pourquoi du comment que son agresseur enchaîna :
- C'était pour voir de quelle couleur qu'il était ton sang, des fois qu'tu s'rais pas une bête bizarre qu'en veuille à ma gosse. Allez, grimpe sur mon dos, j'vais t'ramener dans ma baraque.
Le sang ruisselait le long de la cuisse du plus jeune, d'un beau rouge vermeil. La douleur était plus que supportable, tant qu'il ne bougeait pas.
Il se laissa alors transporter, à califourchon sur le dos de l'homme, soulagé d'avoir été cru, et de trouver un toit pour passer la nuit. Ce dernier sentait la sueur, et une petite touffe de poils bruns dépassait du col de sa chemise, mais cela n'importait plus.
Thomas s'endormit peu après, bercé par la marche de son hôte et la caresse du vent dans son dos...
Les premiers rayons de soleil commençaient à peine à filtrer à travers l'embrasure des volets clos que Thomas se réveilla.
Il avait d'abord cru qu'il dormait dans son lit, à cause de l'oreiller, de la couverture sous laquelle il avait enfoui sa tête.
Et donc que tout ce qu'il avait vécu n'était qu'un mauvais rêve. Mais le doute prenant le dessus, il toucha sa cuisse, et sentit le bandage tout autour.
Alors il soupira, longuement.
Il s'assit sur son lit pour voir où il se trouvait.
La pièce était petite, assez vétuste, mais possédait le strict minimum. Dans le coin au fond, il y avait une vieille armoire en bois sombre, qui semblait avoir surmonté bien des épreuves. A son côté trônait fièrement une commode, plus claire, plus récente. La fenêtre sur le pan de mur libre n'avait rien de particulier, et les volets en bois n'était pas entièrement imperméables à la lumière. Le lit, quant à lui, était confortable, bien qu'un peu dur, et la couverture était chaude et rugueuse. Il n'y avait rien d'autre de remarquable, c'est pourquoi Thomas s'étira puis se leva.
On lui avait enfilé un caleçon de tissu délavé, mais qui sentait bon le propre.
Le jeune homme allait pousser la porte de sa chambre lorsqu'il perçut des voix dans la pièce d'à côté.
Il appuya sa joue contre le montant, et écouta attentivement.
- Je te dis qu'tu vas te taire ! S'énerva une voix d'homme.
- Et moi, je t'assure qu'il va nous porter le malheur, répondit une voix plus douce, probablement celle de la femme du paysan.
- Il est pas bien méchant ce p'tit gars là, y s'est mis à m'ronfler à l'oreille alors que j'le trimballais.
- Je dis pas, je dis pas, mais y'a quelque chose qu'est pas normale avec ton bonhomme.
- Quoi qu'c'est t'y donc ?
- Tu vois bien de quoi que j'cause !
Puis il n'y eut plus aucun bruit.
Il avait toujours voulu être différent, comme les majorités des adolescents probablement. Bien souvent, il se voyait en train de maîtriser les éléments, ou en train de mener la charge lors d'une bataille d'anthologie.
Éternel rêveur, le garçon n'avait jamais voulu penser aux conséquences que cela aurait pu engendrer. Non, bien sûr que non. Il cultivait d'ailleurs ce côté enfantin qui lui était propre, et aimait se présenter comme quelqu'un de plutôt mystérieux. Bien sûr, il n'était pas assez idiot pour croire que dans la vie de tous les jours, il deviendrait quelqu'un d'autre.
Or, aujourd'hui, il n'était plus le même, et cela ne lui apportait pas l'estime qu'il espérait. Les gens prenaient peur.
La porte s'ouvrit brusquement et butta contre la commode.
- Viens par ici, p'tit gars, le somma le paysan, faut qu'on cause avec ma femme.
C'est la tête basse et quelque peu crispé que Thomas le suivit.
Le salon, s'il en était un, n'était pas beaucoup plus spacieux que sa chambre. Il y avait une table au milieu, avec trois chaises, ainsi qu'un grand meuble où devait se ranger la vaisselle.
Le paysan et sa femme avaient le teint mat et des traits bourrus. Ils dégageaient cette hospitalité et cette bonne humeur qui leurs étaient propres, bien que la suspicion se lise sur leurs visages. Les vêtements simples dont ils étaient vêtus laissaient à penser qu'ils venaient de se lever depuis peu.
Le jeune homme prit place sur une chaise, puis fixa ses mains, en attendant que l'un des deux face à lui entame la conversation.
- Mon mari et moi, entama la paysanne d'un ton calme mais cassant, on veut pas te garder.
- Jolien ! Sois pas si brutale, répliqua son mari du tac au tac. En fait, p'tit gars, c'est pas qu'on veut pas, mais c'est qu'on peut pas. Et puis...
- Et puis, je suis pas normal. Conclut Thomas.
Il n'y eut pas de réponse, mais l'approbation se lisait dans les yeux du couple. Alors, il enchaîna, se sentant coupable ; il voulait se justifier, mais il voulait aussi les remercier.
- Tout d'abord, merci. Entama-t-il d'une voix calme. Merci de m'avoir accueilli et de pas m'avoir planté, hier. Ensuite, je sais que c'est pas facile pour vous, d'accepter un inconnu, sans parler du fait que je sois bizarre. C'est pour ça que je veux pas rester. Je vais partir, loin.
Son cœur se serra.
- Quand j'ai été attaqué, reprit-il, j'étais avec deux de mes amis. Si jamais il leur était arrivé quelque chose, je dois les venger, je peux pas me permettre de les abandonner. Il faut vraiment que je les retrouve, je m'en voudrais sinon...
- T'as qu'à devenir écuyer !
La voix venait de dehors, et une silhouette féminine entra dans l'embrasure de la porte.
La fille de la maison, supposa Thomas. Son corps fin n'obstruait en rien la lumière du dehors, et son entrée théâtrale faisait penser à l'arrivée d'une héroïne alors que tout espoir s'était envolé. Pourtant, elle n'en avait pas l'étoffe. Son corps fluet, ses mains déliés parsemées d'éraflures et de contusions, ses cheveux couleur ébène mi courts, son visage fin et sa bouche d'un rose pâle. Et puis il y avait cette joie de vivre, qui semblait irradier d'elle, comme portée par les rayons du soleil et le vent qui soufflaient, dans son dos. Le brun sourit, sans vraiment savoir pourquoi.
- C'est qu'c'est pas une mauvaise idée que ça ma foi, renchérit le père. T'as l'bon âge en plus. Si on te donne de quoi manger et des habits, t'irais ? En plus, c'est que ça voyage bien un chevalier, et puis que ça en voit du peuple.
L'idée semblait trop belle. Devenir écuyer, manier une épée, parcourir le monde.
Qui n'en avait jamais rêvé ?
Thomas s'imaginait déjà, en train d'apprendre à feinter, mais aussi à seller un cheval, à dormir dans des auberges, traverser moult contrées. Et puis, la réalité refit surface. Il n'avait pas l'étoffe d'un héros, n'était pas spécialement musclé, ni endurant. Et son mental n'était pas non plus des meilleurs qui soient.
Pourtant, il sentait au fond de lui qu'il fallait qu'il accepte. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire d'autre ?
Il se retrouvait au beau milieu de nulle part, dans une époque qui ressemblait au Moyen-Âge. Ses deux amis devaient savoir subi le même sort que lui, il voulait se convaincre qu'il les retrouverait.
C'était la plus sage des décisions qu'il pouvait prendre. Aussi accepta-t-il. De toute manière, les paysans ne l'auraient pas gardé longtemps. Il l'avait compris dès que la fille avait fait irruption dans la conversation, et qu'il avait vu la stupeur naître sur son visage alors qu'elle croisait son regard.
Ils avaient quoi ses yeux au juste ? Il fallait qu'il sache.
Après un frugal repas, composé d'une soupe et de pain, il enfila la chemise beige et le pantalon de toile marron qu'on lui offrait, prit une pièce de tissu contenant un morceau de pain et un légume comme celui qu'il avait mangé dans le champ, et sortit.
A en juger le soleil haut dans le ciel, il devait être aux alentours de midi.
La sentier de terre battue ondulait jusqu'à l'horizon, ce qui laissait présager plusieurs heures de marche soutenue. La route était soit disant sécurisée, aussi il n'aurait probablement pas grand chose à craindre.
Hauts dans le ciel, les oiseaux volaient, insouciants. L'herbe verte bordant le chemin ondulait au gré du vent. Et chaque pas qu'il faisait soulevait un petit nuage de poussière.
Il les retrouverait, quoiqu'il advienne.