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La Machine à Laver

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
16 avril 2009 à 11:16:16

Récit d'anticipation. je m'applique :ok: voici le premier chapitre

CHAPITRE 1

France, Avril 2022.

Je regardai la télévision quand mon récepteur holographique se mit à vibrer. J’avais hésité à répondre : C’était « enquête criminelle » sur l’une des 1467 chaînes du câble. On y apprenait qu’un individu nommé Oliver Ardroff, un adolescent de 18 ans d’obédience sataniste, avait assassiné le curé de son village un soir de pleine lune. Une vingtaine de coups de couteau furent portés. Un documentaire plutôt instructif, appuyé par une reconstitution réaliste et angoissante. J’autorisais la connexion, et l’image de mon chef de secteur s’afficha en trois dimension

« C’est qui ?
- De Wilder l’appareil. Fit une voix lourde. Élément Masure, vous êtes convoqué sur le champ. »

Je baillais. Dans la rue, les émeutes faisaient rage, la pluie s‘abattait lourdement sur le bitume depuis plusieurs heures déjà. Ça avait peut-être même duré toute la journée. Dans mon appartement du cent quatrième étage, la température était douce et mon cocker Lucien chaleureux. Je passais la main dans sa fourrure garnie, et percevais ses petits ronronnements de plaisir. Je n’avais pas vraiment le choix. Je devais faire mon boulot. Avec nonchalance, j’enfilais ma combinaison bleue nuit et sautais dans mon aéroplaneur, direction le Q.G.

Nous avions beau être en 2022, rien n’avait changé. Enfin presque. Évidemment, la technologie avançait à grand pas : Aujourd’hui, on assistait même à l’avènement des transports volants, moins polluant et plus rapide. L’achat de robots domestiques devenait banal pour les riches, mais son coût ne permettait pas aux « budgets modérés » de s’en procurer. Ils restaient pour l’instant un luxe, signe d’une certaine distinction en société. Le mien s’appelait Mégot. C’était un robot de type « Défouloir ». Il n’avait d’autre fonction que celle d’apaiser les frustrations de son maître. Ainsi, je prenais un plaisir dingue à l’écraser verbalement. D’où le sobriquet. Ça peut vous paraître honteux ou perfide, mais ça reste utile quand on fait un boulot comme le mien.

Je débarquai en trombe dans la salle de Briefing, complètement à la bourre.

« T’es à la bourre Masure. » Me fit-on remarquer.

Je faisais partie de l’ U.S.C.R.E.Z.S, à savoir Unité Special de Contrôle et de Répression des Émeutes en Zone Sensible. Cette section, l’une des plus « prestigieuse », comptait plus que cinq soldats surentraînés. Parmi eux, Koop. Malgré sa candeur (due à son âge précoce), il était efficace sur le terrain et ne manquait pas d‘humour. Je le considérais comme mon meilleur ami. Ou plutôt comme mon seul ami.
La pièce empestait la clope. Asthmatique, je toussotais tout en écoutant le vénéneux briefing du patron.

«  Bon. Vous avez tous carte blanche. Y’en a marre de se faire botter le cul par des boukaks mal apprivoisés. J’ai crée un slogan qui vous rappelleras pourquoi vous êtes ici, ce soir, dans les périodes de doutes : On tire, on tue, on gagne. »

Robert De Wilder allait sur ses quarante-sept balais. Ses deux enfants, âgés respectivement de treize et seize ans, suivaient de brillantes études dans une école à l’étranger, loin de l’agitation qui secouait notre pays depuis plus de dix ans. Ce que personne n’ignorait, c’est qu’il votait au Front National. Nous soupçonnions une déformation professionnelle,sans que ça ne soit un sujet de discussion récurrent. Plus qu’un chef, il représentait pour nous un personnage odieux et antipathique, à qui l’ont devait fidélité obéissance et ponctualité, sous peine d’être abattu dans la semaine. (La peine de mort venait d’être rétablie, et la faute professionnelle était un motif comme un autre.) Rassuré par le confort des technologies émergeantes, il ne prenait plus la peine de réfléchir depuis bien longtemps, et son esprit critique peu développé pouvait en témoigner. Il avait une calvitie (stade avancée) et des rides surtout autour des lèvres.

« Il faut avoir des couilles dans la vie, putain de merde ! Rugissait-il à s’en casser la voix. On a déjà perdu trois gars, bordel ! Ça ne vous suffit pas ? »

D’habitude, les speechs du Patron constituaient un amas de conneries monstrueux, dont seul lui détenait le secret. Mais cette fois-là, on avait tous la mort des gars entre la gorge. Depuis quelques mois, après l’élection d’un ministre d’extrême-droite, les émeutes se transformaient en carnage sanglant, et nous étions malheureusement la seule unité formée dans ce but. Biensur, il y avait le corps des CRS, qui comptait dans ses rangs une majorité d’alcoolique et d’abrutis, mais leur présence ne valait rien. Une bande de cent bonhommes CRS pouvaient éventuellement ralentir les mouvements de foules, mais un type seul devenait inutile, voire impotent. Nous, nous formions une élite : Entraînés à diverses formes de combats, modifiés génétiquement pour améliorer nos capacités physiques, préparés psychologiquement à donner et à affronter la mort, nous étions craints et détestés. Cependant, mes trois collègues n’avaient pas survécu, malheureusement. Seul l’un des trois corps fut retrouvé. Après l’autopsie, une reconstitution eut lieu pour le compte d’un magazine d’information sur la première chaîne. Son visage, difficilement identifiable, reçut une trentaine de coup de pieds, avant d’être tuméfié à l’aide d’un cran d’arrêt. Les membres inférieurs avaient été séparé du corps, et disposé dans une poubelle municipale à une centaine de mètre du lieu du crime. (Sans faire attention au tri sélectif, précisait le magazine télévisé) On les retrouva en suivant les gouttelettes de sang.
Nous nous équipâmes lourdement : Armure de métal souple ; casque intégrale avec visière en double plexiglas ainsi qu’une ceinturon-arsenal complet comportant un lance-flamme à l’ancienne, deux blasters , une bombe lacrymogène, une bonbonne de gaz asphyxiant, et un carambar goût caramel.

«  Pourquoi un carambar ? Questionnais-je, surpris.
- Parce que cette connerie de réforme sur les conditions de vie des forces de l’ordre vient de passer… » me rétorqua Bertrand, un gaucho-populiste cultivé. 

L’aéro-fourgonette nous jeta vers 23h30, aux alentours du Bloc 14, un ghetto aménagé en 2013. Cette enclave urbaine regroupait environ cinq mille habitants, tous issus de l’immigration, en proie a la ségrégation et surtout au manque total et assumé de considération par l’État. Forcément, cette situation d’ignorance et de mépris menait irrémédiablement à la violence. Le Bloc 14 était la seule Zone Sensible classée dans la catégorie « Ultra-Dangereuse » (code rouge foncé dans le manuel officiel de L’U.S.C.R.E.Z.S). Là ou nous avions perdus nos équipiers.
Nous assistâmes à un étrange spectacle : L’horizon, éclairé par des flammes, faisait luire des centaines de corps. Du classic-rap résonnait ( un audacieux concept musical mêlant des paroles frappées à une instrumentale de musique classique). Au fur et à mesure que nous approchions, nous parvînmes à distinguer des cris de joies, des rires aussi. Je me demandais alors s’ils possédaient un secret. Même moi, presque bourgeois, j’avais perdu toute envie de m’amuser depuis belle lurette. De Wilder nous donna l’ordre de nous réfugier derrière d’énorme bennes à ordures nauséabondes, qui feraient sans doute office de bouclier en cas de contre-attaque.

«  Préparez-vous ! Entendis-je dans l’oreillette. »

Sous ma visière opaque, j’observais les gestes mécaniques de mes coéquipiers. Avec la même nonchalance, ils préparaient leurs lance-flamme et chargeaient leur blaster. Personne ne voulait faire ce boulot, c’était clair et net. Mais nous étions que des pions. Je vérifiais une dernière fois mon arme, et réajustais mon gilet par balle. Puis j’inspirai longuement, dans l’attente de l’ultime signal : Celui qui anéantirait plusieurs dizaines d’innocents.

« FEU ! »

Brusquement, nous surgîmes de façon synchronisée, doigt sur la gâchette. Une odeur de gaz se répandit avant le début du carnage, et les flammes déboulèrent des canons, impitoyables. Un l’espace de quelques secondes, la fête devenait hécatombe : des silhouettes couraient et hurlaient dans tous les sens. Je remarquais même certaine spécimens qui se vautraient sur les murs, dans le but improbable d’éteindre ces flammes qui rongeait leur chairs.
C’était fait. Il ne restait rien d’autres qu’un sombre crépitement et une vaste odeur d’humain carbonisé. A présent, seul les corps témoignaient d’une forme de vie antérieure. Nos canons fumaient encore. Le verdict du patron ne se fit pas attendre.

«  Mission effectuée. Déclara-t-il. On rentre au bercail, les pédés. »
Sur le chemin du retour, personne ne l’ouvrit. Nous avions tous conscience de cet acte : Un pur crime de vengeance. Bertrand, un trentenaire barbu, releva sa visière et alluma une cigarette.
Oui, la cigarette restait avec les années un important phénomène de société. Même si les prix montaient en flèche, les publicités avaient fait leur fracassant retour, et cela dans toutes les formes de médias. Ainsi, la télévision, la radio, le Cinéma, et les autres industries de divertissements croulaient sous les annonces et messages subliminaux. Aujourd’hui, l’état sortait du placard et assumait l’argent sale.

« Ouvre au moins la fenêtre, tapette. » exigea Schtritkov.

Schtritkov pratiquait le footing quatre fois par semaines. Athlète convaincu, il prônait son hygiène de vie irréprochable. Bizarrement, je ne l’avais jamais supporté, je le trouvais d’une connerie sans limite : Ses grands-parents étaient d’origine polonaise, de confession juive, et lui il avait sa carte d’adhérent au Nouveau Parti Nazi (N.P.I) et une croix gammée tatouée sur l’un de ses pectoraux. Bertrand tira une longue bouffée, et souffla un épais velouté de fumé au visage de Schtritkov. Une tension s’installa. Nous étions tous habitué à tuer, là n'était pas le problème.

«  Vous vous rendez compte, les gars ? Lançais-je pour briser la glace. Le bordel que ça va être demain. 
- Ils l’ont mérité. Répliqua Schtritov, plus détestable que jamais. On a perdu trois gars à cause d’eux.
- Dont celui qui ta poussé dans la fosse à déchet organique, la semaine dernière. Cingla Bertrand. Ne joue pas le type sensible. »

Je ne dormis pas de la nuit.

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
16 avril 2009 à 12:16:14

J'avais beaucoup aimé ton précédent récit. J'aime à peu près autant celui-là.

Il manque peut-être plus de descriptions matérielles, à savoir environnement et physique des personnages. Mais si c'est voulu...

Les personnages semblent assez travaillés, chacun possède sa saveur. Quant au thème de l'anticipation, il est assez bien exploité, peut-être n'aurait-il toutefois pas fallu l'annoncer trop tôt, pour laisser l'effet de surprise au début du quatrième paragraphe.

'fin bref. Bon boulot.

caporalblutch2
caporalblutch2
Niveau 7
16 avril 2009 à 20:05:46

AAAAAAAAAAAAAAh ! Le retour de Emy ! Alors, je trouve que ça manque un peu de description, et qu'il y a des fautes d'orthographe gênantes, à part ça, je trouve ton idée de récit d'anticipation intéressant et j'ai hâte de lire la suite.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
16 avril 2009 à 21:11:48

merci a vous deux.

Ce n'est qu'un prologue, et les descriptions physiques suivront, bien entendu :-)

pour les fautes Blutch, je pensais les avoir chassé, et en plus je suis passé par word... :snif:

je tâcherai :ok:

Dr_Rava
Dr_Rava
Niveau 7
16 avril 2009 à 21:54:10

Salut. Deux trois trucs qui me chifonnent :
- le narrateur doit être en phase avec son époque donc je trouve les termes "recepteur holographique" et "aéroplaneur" un peu factice, comme si on se mettait à dire télévision à tube cathodique, donc tu devrais trouvé des diminutifs, ça passerait mieux (enfin c'est une broutille)

Sinon je trouve que l'anticipation est bien retranscrite, ça reste plausible tout en étant tout de même assez éloigné de la réalite, y a juste l'aéroplaneur qui me semble impossible en 2022, sourtout, qu'à première vue il n'apporte pas grand chose à l'histoire. J'attends la suite pour donner mon avis sur le rythme et les persos

en tout cas, j'attents la suite avec beaucoup d'interêt :)

caporalblutch2
caporalblutch2
Niveau 7
30 avril 2009 à 01:48:13

Oh non d'un chien ! Il est pas dans la merde ton héros ! en tout cas, c'est toujours aussi sordide et marrant, quoique c'est inquiétant tout de même ! J'attends donc de savoir ce qui va advenir du narrateur ( il a qu'à demander l'asile politique en Franche comté, au Luxembourg, ou en Grèce chez l'ami Stephan Bern ! XD )

carlos_nova
carlos_nova
Niveau 5
01 mai 2009 à 17:46:23

pas mal !

on sait pas grand chose des persos pour l'instant mais j'aime bien !mdr MARCEL DESAILLY ça m'a fait rire car je pense à la pub de jv.com pour betclick qui me harcèle littéralement

sinon ben continue peut-être te découvrira-t-on un talent pour la sf ! à bientôt

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
02 mai 2009 à 00:42:29

oh ouiiiii :bave: j'en veux encore :fete: :rouge:

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
02 mai 2009 à 11:56:01

:lol: c'est quoi ce com' crazymarty ? ironie ou autre ?

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
02 mai 2009 à 12:10:19

ah non, pour une fois, c'est pas ironique :-p
Ton style s'améliore à chaque nouveau texte. C'est vraiment bien, Emy, continue :ok:

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
02 mai 2009 à 14:37:57

Passage éclair, car pas vraiment le temps mais j'avais bien aimé la première partie.

Là, pareil, j'aime. Même si la forme n'est pas fulgurante (style & fautes), y'a une ambiance sympa. Enfin, façon de parler. D'une certaine manière, ça rejoint ton précédent texte (que j'avais aussi beaucoup apprécié) avec un goût d'anticipation mâtinée de critique sociale qui lui donne un rendu différent.

Bref, continue.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
02 mai 2009 à 15:05:48

Merci pour vos critiques. Voici une partie un peu plus "légère", mais qui a néamoins son importance :ok:

CHAPITRE 2 : Perturbation Hormonale.

J’avais cru un instant n’avoir besoin de rien d’autre qu‘une arme, une réserve de chips et mon lecteur Holo’ portatif, mais je me trompai : J’aurais dû emmener aussi des boîtes de préservatifs. Après seulement quelques jours d’isolations, Trisoline commençait sérieusement à me donner envie. Une chose était sure : la vie en communauté ne me correspondait vraiment pas, j’avais bien trop de difficultés à canaliser mes pulsions. La jeune policière n’était pas très jolie, mais bon, je restais un mâle, et elle une femelle.

Un soir, nous regardions tous Matrix sur le vieux lecteur DVD de Bertrand. Sans trop savoir pourquoi, moi, j’éprouvais une certaine sympathie pour ce film totalement kitsch aux effets spéciaux cheap. Après une heure trente, j’étais le dernier survivant, et pour cause: j’entretenais sous mon pyjama hermétique une impressionnante érection qui persistait depuis l’apparition de Trinity à l’écran. Lorsque le générique final apparut, je rapprochais mon duvet de celui de Trisoline. Elle dormait la bouche ouverte, et un léger filet de bave parcourait son menton.

Ce soir, elle s’était enfilée la boîte de saucissons sec en entier. Son haleine pouvait en témoigner, mais cela ne me rebuta pas. Je caressai une mèche de sa chevelure châtain, vagabondant sur son large front. Elle écarquilla les yeux. Il fallait vite que je trouve quelque chose à dire, au risque de passer pour un con (voire un pervers sexuel ).

«  Qu’est-ce que tu penses de Keanu Reeves ? Tentai-je
- Keanu Reeves, l’acteur ? S’étonna-t-elle
- Euh, oui…
- Et bien il a tourné dans de bons films mais son accident a ruiné sa carrière. Expliqua-t-elle, la bouche encore pâteuse. Il n’aurait pas dû accepter le rôle de Superman. A mon avis, le succès lui est monté à la tête…
- J’avoue ! Il n’aura pas échappé à la tradition familiale ! »

Elle étouffa un rire. Nous nous regardâmes dans le fond des yeux. Je vis une crotte d’œil formé par le début du sommeil, mais je m’en fichais. Je fermais les yeux, et décidais de passer outre les bactéries malodorantes installées dans sa bouche. Nous nous embrassâmes goulûment. Aussitôt, sa main moite et experte vint s’aventurer dans mon slip.

« J’ai envie de toi… me susurra-t-elle. J’en peux plus là ! »

Ce sentiment était malheureusement réciproque. Depuis le début de cet enfermement forcé, je ne pratiquais plus, ou plutôt ne pouvait plus pratiquer ma séance de masturbation quotidienne. Nous devions trouver un endroit. Et après quelques instant de recherches dans un noir complet, zigzaguant entre les corps endormis de nos collègues, Trisoline se cogna le gros orteil contre une poignée. Celle si, poussiéreuse et rouillée, semblait appartenir à une trappe habillement dissimulé par un immonde tapis acajou.

« Une trappe dans une trappe. » murmurai-je, très spirituel.

Nous essayâmes de l’ouvrir méthodiquement, mais sans grand succès. Moi, la queue tendue comme un étendard, je me mis à trépigner d’excitation. J’atteignais ce stade ou rien ne pouvait m’arrêter. Vaincu par cette mystérieuse sécrétion hormonale, je défonçais la trappe à coup de marteau. Puis je pris conscience de cet acte stupide : Ce vacarme aurait sans doute réveillé les rescapés de la C-13, ce qui rendrait par conséquent ma relation sexuelle avec Trisoline impossible. Mais bizarrement, aucun d'entre eux ne sourcilla.

« Tu as de la chance…souffla-t-elle. Apparemment, ils ont tous mit leur œillères interstellaires. »

Ces œillères n’avaient rien d’interstellaires, mais elles constituaient une véritable révolution dans le domaine du sommeil. Une fois appliquée sur le crâne de l’individu, même le bruit d’une déflagration atomique ne passait pas. D’ailleurs, le dépôt de ce brevet en 2014 par la Firme Eartaz lui avait permit de rejoindre le rang des entreprises les plus riches de la planète, dont MacDonald’s et Coca-Cola.

L’ouverture de cette issue libéra une vague de poussière qui ne manqua pas de me faire tousser, comme tout bon asthmatique qui se respecte. Par peur de me retrouver ingurgité par un monstre spatial affamé, je priais Trisoline de descendre l’échelle de bois en premier. Une fois qu’elle m’eut prouver la sécurité des lieux, je m’y aventurais. L’air était étouffant, et mes poumons se mirent à émettre un sifflement : je respirais difficilement.
La « cave » se faisait étrangement vaste. Je fus parcourus par un frisson.

«  Hé ! Mais c’est quoi ça ? » s’exclama Trisoline, en pointant du doigt un objet qui se rapprochait d’une machine à laver du vingtième siècle.

Surpris, je mis mes lunettes infrarouges : Un grand cube blanc se tenait là, avec un hublot en son centre. Sur un cadran rectangulaire, on pouvait lire : « 2012 »

«  C’est dingue ! Fit Trisoline, le visage lumineux.
- Oui ! Dis-je. Dès demain, on va faire des recherches. Là, on a mieux à faire !
- Moi, je vais me coucher. On a une grosse journée demain.
- Quoi ? Protestai-je. On ne fait pas l’amour ? »

Elle haussa simultanément épaule et sourcil, comme pour me signaler ma bêtise.

Déçus, à bout de nerfs, je me masturbais dans un pot de cornichons et allais me coucher.

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
02 mai 2009 à 16:27:06

Idem. En fait, le contenu étrange de la trappe fait presque tache. Toujours cette atmosphère qui ressemble terriblement à de la low fantasy poussée au maximum et comme on en voit peu. Toujours ces nuances de gris dans des couleurs fades, un air à la fois métallique et poussiéreux, des préoccupations tellement basses, lâches et futiles qu'elles ne peuvent qu'être humaines.

J'adhère totalement.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
03 mai 2009 à 20:49:59

Merci. J'aime bien ta poésie son of khaine, mais ma connaissance dans ce domaine est limitée, voilà pourquoi je ne peux te rendre ces coms dont tu me fais grâce ^^ Car mon intervention se limiterait à : "Ah, c'est beau.". Donc je préfère me taire. En revanche j'attends une nouvelle de toi, prochainement, je prendrai plaisir à la lire.

Sinon, pour info (et pas pour up :-d)

Je posterais la suite en début de soirée, demain. Le plus gros de la nouvelle est écrit, mais j'essaye de trouver un fin surprenante, car je sais que c'est ça qui avait déplut dans "Les aventures d'un jeune riche paumé". Au plaisir. :-)

carlos_nova
carlos_nova
Niveau 5
04 mai 2009 à 20:31:48

J'aime ton univers décalé et ta capacité à rendre une situation dramatique parfaitement drolatique.

par ailleurs, tu ne souffres pas de ces élans prétentieux qui semblent contaminer peu à peu les membres satisfaits de ce forum.

J'ai notamment apprécié le premier paragraphe de la seconde partie, ainsi que ta reflexion qui de façon générale rejoint plus ou moins mon pamphlet "Le Sexe Mediatique" qui a gentiment été sortit des tréfonds les plus pestillentiels de cette plateforme par un publicitaire non rémunéré.

Need la suite, et vite.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
06 mai 2009 à 21:41:30

CHAPITRE 3 : Questions alimentaires.

C’est n’est qu’au lever du soleil, le lendemain matin, que je remarquais l’alimentation excentrique du nazillon Schtritkov. Il s’était préparé, en guise de petit-déjeuner, un copieux sandwich de cornichons. Trisoline et moi-même annonçâmes la découverte dans une ambiance de surexcitation tout à fait compréhensible. Koop, le noir de la bande (quota ethnique oblige) manqua de renverser sa tasse de maroilles fondu.
Quelques années après la sortie du film « Bienvenue chez les chtis », le maroilles devint un aliment « à la mode » dans la France entière. Ainsi, la consommation de ce fromage dès les aurores se répandait, surtout chez les jeunes. Koop, âgé de vingt et un an, le prouvait.

« Ça me rappelle cette histoire paranormale quand j’avais onze ou douze ans !
- De quoi tu parles ? Maugréa Schtritkov en mâchant son sandwich épicé de mon sperme. C’est pas en disant ça qu’on sait de quoi tu parles…
- C’Est ce type qu’on avait retrouvé nu et faible, près d’un terrain de football… Il disait venir des années 2000...
- J’vois pas. »

La désinvolture de Schtritkov énervait au plus haut point Bertrand, qu’on surnommait « le vieux sage ». Il aimait le remettre en place.

«  Mais si, abruti… Y’avait pas la télé dans ta grotte ?
- On ne recevait que TF1...
- Je comprend mieux. Trancha-t-il, finissant au passage sa tasse de café. Cette histoire avait suscité des passions et des scandales. Mais évidemment, Kosarky a fait taire le type, pour changer. »

Nous buvions ses paroles. Schtritkov fit une grimace.

« Arrête un peu de tout remettre sur le dos de Kosarky. Je vois pas ce que tu as contre ce type. Après tout, il fait son boulot, et il essaye de le faire bien. J’aimerai bien t’y voir, à sa place ! »

Les sourcils de Bertrand se froncèrent. Il n’avait ni l’habitude ni l’envie de se faire contredire. De toute façon j’étais d’accord avec lui. En plus, il m’effrayait lorsqu’il se mettait en colère. Il avait des airs de Sébastien Chabal dans une pub pour Afflelou, avec ses lunettes dont il changeait régulièrement la monture.

«  A sa place… répéta-t-il. A sa place… Si ma tasse avait été pleine, tu l’aurais reçus en pleine poire.
- Bah remplis là, alors, espèce de connard. Lança le nazillon sur un ton de défi »

D’un bond, Bertrand se leva, renversant sa chaise. Schtritkov le provoquait tellement qu’il en oublia la bassesse du plafond. Au moment où sa tête le percuta, j’éclatais de rire. C’est alors que les regards de l’assistance se braquèrent sur moi.
Puis nous nous rendîmes tous ensemble dans la cave, admirant cet objet aussi cubique que mystérieux.

« Y’a beaucoup de poussière. Déclara Bertrand. Qui pour nettoyer ? »

Inévitablement, on se tourna vers Trisoline, même si sa chevelure grasse et ses ongles crasseux n’inspiraient pas forcément l’hygiène. Elle restait une femme.

« Alors ce type serait vraiment venu du passé ? Dis-je, fasciné.
- Pourquoi faire ? Objecta Schtritkov.
- Pour plein de choses… contra Bertrand, plus calmement. Pour découvrir les nouvelles technologies, pour voir l’évolution de la planète… Il y a bien trop de possibilité pour qu’on puisse toutes les nommer »

Sa main velue caressa la carcasse de cette improbable machine à voyager dans le temps. Je devinais que ce fait divers l’avait complètement obsédé durant sa jeunesse. Bertrand se posait toujours des tonnes de questions.
« Comment il s’appelait, ce type, déjà ? Demandais-je avec curiosité.
- Mmh… Il trifouilla sa barbe épaisse. Ça devait être un truc comme Ezéchiel, un nom religieux en tout cas…
- C’est peut-être Jésus. Lança Schtritkov »

Schtritkov ne se jouait que très rarement à la roulette russe de l’humour. Et encore une fois, il avait perdu. Il y eut un blanc. Il préféra s’incliner et regarder ses bottes.

« Le seul moyen de le savoir, c’est d’utiliser cette machine…
- Quoi ? S’étonna Koop. Tu veux dire remonter dans le temps ?
- On apprendrait beaucoup de choses, tu sais. On pourrait peut-être même changer le cour de l’histoire… 
- Ça pourrait être dangereux. Dis-je. En plus, on ne connaît pas cette machine.
- C’est un risque à prendre. L’usage de cette machine m’a l’air plus que rudimentaire tu vois, c’est limite si y’a pas une notice… De toute façon, on a plus rien à perdre. »

A ce moment précis de la discussion, Trisoline fit son retour, balais en main. La conversation s’arrêta, et elle commença son labeur sous nos yeux admiratifs.

« Et aussi à l’intérieur de la machine." Ordonna Schtritkov.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
06 mai 2009 à 22:51:04

Toujours aussi bon :-)
Y a toujours l'orthographe qui pêche un peu, mais ça ne me dérange pas trop (perso).

On attend la suite avec toujours autant d'impatience :ok:

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
07 mai 2009 à 17:22:08

Je trouve presque dommage cette histoire de machine à remonter le temps. Heureusement que quelques détails gardent l'ambiance initiale (mauvaise blague, machisme éhonté...). Enfin je te fais confiance.

Bref, tu l'as compris, j'ai de moins en moins de choses à dire.

--snake
--snake
Niveau 8
11 mai 2009 à 21:29:25

j'aime beaucoup aimé ce que tu a écris. C'est originale et ça se laisse lire.
J'attend la suite comme bon nombre de forumeur.

Agraf
Agraf
Niveau 10
12 mai 2009 à 03:17:58

« Plus qu’un chef, il représentait pour nous un personnage odieux et antipathique, à qui l’ont devait fidélité obéissance et ponctualité, sous peine d’être abattu dans la semaine. (La peine de mort venait d’être rétablie, et la faute professionnelle était un motif comme un autre.) Rassuré par le confort des technologies émergeantes, il ne prenait plus la peine de réfléchir depuis bien longtemps, et son esprit critique peu développé pouvait en témoigner. Il avait une calvitie (stade avancée) et des rides surtout autour des lèvres. »

 Tu ne devrais pas mettre de parenthèses dans tes descriptions. Lorsqu’il s’agit d’une longue phrase, inscrit la dans son contexte.
Par exemple : …sous peine d’être abattu dans la semaine. La peine de mort ayant juste été rétablie, il valait mieux se tenir à carreaux, d’autant que la faute professionnelle, tout comme le meurtre ou le vol, pouvaient y mener.
Et lorsqu’il s’agit d’une plus petite, les tirets passent mieux. « Il avait une calvitie – stade avancé – et des rides autour des lèvres. » En l’occurrence, un simple « Il avait une calvitie d’un stade avancé et des rides autour des lèvres » passe très bien ici, il me semble.

« Mais cette fois-là, on avait tous la mort des gars entre la gorge. Depuis quelques mois, après l’élection d’un ministre d’extrême-droite, »

 Bon, là je chipote. D’une part, il me semble que la formule exacte n’est pas « rester entre la gorge » mais « rester en travers de la gorge ». D’autre part, le Premier Ministre (évidemment c’est de l’anticipation mais les choses ne vont pas dans le sens d’une extension de la démocratie à ce niveau) n’est pas élu mais nommé par le président.

« Sans faire attention au tri sélectif, précisait le magazine télévisé »  J’ai beaucoup aimé cette phrase !

Sur la forme, le texte est globalement bien maitrisé. Il n'y a pas trop de fautes d'orthographes ni de fautes de style, le texte est espacé, etc.

Sur le fond, j'avoue que cette histoire de machine à remonter le temps, quoique amené de manière un peu rapide, m'intrigue. Contrairement à SonOfKhaine, je crois au contraire que c'est une très bonne idée qui pourrait dynamiser l'histoire.
En ce qui concerne "l'anticipation" à proprement parler, je ne l'ai pas trouvé très intéressante dans le sens où elle n'apporte pas grand chose de neuf. "Frontiers", un film d'horreur qui est sorti l'année dernière prend aussi le prétexte du gouvernement d'extrême-droite qui passe, et les émeutes pour justifier un film d'horreur. Mais ce n'est qu'un prétexte. Dans un film d'horreur, ce que l'on demande, c'est d'avoir peur. Dans un roman d'anticipation, ce qu'on pourrait attendre, c'est une vision de l'avenir qui fasse réfléchir.
Là, tout est plus ou moins convenu, la technologie fabuleuse, les émeutes dans les banlieues qui s'intensifient, le retour du nazisme etc. Si l’idée est de voyager dans le temps pour voir comment cela est arrivé, ça peut être intéressant, mais si tu as prévu de rester en 2022 à raconter que c’est la merde, que l’Etat est méchant, que les CRS sont des alcooliques et que les puissants oppressent les petits, ça me paraît trop banal pour être viable plus de quelques pages.

Dans ce texte d’anticipation, tu « anticipes » sur le thème de l’immigration et de l’insertion sociale. Ce sont des sujets très ‘dans le vent’ et je crois que pour que ton texte ait sa personnalité propre, tu dois avancer des arguments un peu originaux. Puisque de nos jours, la situation est quelque peu tendue, faire un 2022 où tout se serait arrangé serait très original et, il me semble, capterait l’attention du public dès le départ. Tu pourrais ensuite enchaîner que tout ne va bien qu’en façade car… Là, tu fais un 2022 apocalyptique, sous-entendant par là que la situation depuis 13 ans ne s’est pas arrangée, qu’elle n’a cessé d’empirer et que l’Etat en est la cause. Il me semble que sans les voyages dans le temps qui s’annoncent, tu te serais retrouvée dans une impasse scénaristique. Enfin, tu aurais toujours pu monter une histoire dans cet univers, mais ç’aurait été de la sf et non plus de l’anticipation.

Autre point, le personnage principal. C’est sensé être un surhomme, mais jusqu’à maintenant, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’avoir à faire avec un soldat d’élite à la solde du gouvernement mais plutôt un adolescent un peu gauche : il ne maîtrise pas ses hormones, il n’a aucune assurance ni aucune classe et il n’a aucune foi dans ce qu’il fait.

Ne va pas cependant croire que ce texte m’ait déplu. C’est simplement qu’il m’a semblé qu’un commentaire de ce type te serait plus profitable qu’un simple « J’ai beaucoup aimé » « J’ai aimé » ou encore « Je n’ai pas aimé ».
Bonne continuation, je commenterais sans doutes la suite !

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