35ème nouvelle/roman et retour au policier. Le rythme de publication sera sûrement intermittent vu que je bosse. Eh oui, le travail n´est pas l´ami de l´écrivain. Il épuise, draine et retarde. Mais curieusement, on revient toujours à l´écriture. Enjoy ce premier chapitre.
Chapitre 1
- Vous avez peur de reprendre le travail ?
Ces derniers mots semblaient être restés en suspension dans l’air chaud de la pièce. Il pouvait presque les voir voler en cercle au-dessus de lui, s’éloignant et se rapprochant, n’attendant de sa part qu’une seule petite réponse pour disparaître. Il les contempla du coin de l’œil voleter autour de sa tête un peu plus longtemps avant de tourner les yeux vers la fenêtre et la ville qui s’étendait au-delà.
- Je fais ce boulot depuis vingt-cinq ans. Je n’ai pas peur, souffla-t-il.
Il se leva et regardait à présent les files des voitures immobiles dans les rues de la ville et il imaginait sans peine la cacophonie de klaxons et d’insultes qui devait régner quelques soixante étages plus bas, au milieu des embouteillages matinaux. New York était la ville qui ne dormait jamais et cela n’avait rien d’étonnant vu le bruit monstre que faisaient ses six millions d’habitants.
- Je ne parlais pas du boulot mais de vos relations avec vos collègues, continua le psychologue.
Il savait de qu’il avait voulu dire mais il ne voulait pas lui répondre. Il n’aimait pas ces séances de déballage émotionnel mais comme on ne lui avait pas laissé le choix, c’était devenu sa réalité à raison d’une ou deux fois par semaine depuis près de deux mois. Sa vie n’avait changé en rien pour l’instant, elle était toujours aussi merdique et cela l’aurait étonné qu’elle changeât. Comme assez souvent au cours des sessions précédentes, il ne répondit pas, se contentant d’un haussement d’épaules. Sur son fauteuil en cuir marron, le psychologue n’esquissa aucun signe de frustration ou d’énervement mais il nota quelque chose sur le bloc-notes posé sur ses genoux. Il ne devait pas avoir plus de 35 ans mais déjà, une douce confiance émanait de lui, comme s’il connaissait les réponses à toutes les questions que la vie pouvait poser.
- Détective Batty, vous vous rendez compte qu’à l’issue de votre période d’essai, mon avis pèsera lourd dans la balance. Et pour l’instant, malheureusement, vous ne m’avez rien dit qui me permette de vous juger psychologiquement apte à reprendre votre travail de manière définitive.
Le pauvre, se dit soudain Batty, en éprouvant une sympathie sincère. Voilà enfin une question dont il ignorait la réponse mais que Batty savait, lui. La vérité était que son avis ne pèserait que pour que dalle en fin de compte et c’était ce que lui, le pauvre flic sans diplômes encadrés et suspendus au mur, avait compris dès le départ. Si ses supérieurs avaient décidé de le virer – et ils le feraient à coup sûr à l’issue de sa mise à l’épreuve – ni lui ni le psy n’aurait son mot à dire. Et cela devait expliquer sa réticence à parler de lui et de sa vie à un inconnu qui au final ne pourrait rien pour lui.
Mais Batty n’ignorait pas les vraies raisons qui faisaient d’une introspection une très mauvaise idée. Trop d’opportunités manquées et de coups du sort avaient fait de lui un homme seul et qu’on disait aigri, dont les seules bonnes choses qui se produisaient dans sa vie ne demeuraient jamais assez longtemps pour le transformer en cet autre homme, cet autre lui qu’il ne détesterait pas systématiquement en voyant son reflet dans le miroir.
Il n’y avait pas de miroir dans cette pièce, heureusement. C’était une pièce agréable, avec de grandes baies vitrées, ce qui pouvait poser un problème si l’on avait peur de l’altitude mais Batty les aimait bien. Il regardait à travers et il avait l’impression de plonger dans les yeux de la ville, jusque dans les tréfonds de son âme, blessée et mourante mais encore belle et attirante.
- A quoi pensez-vous, détective ? continua le psychologue.
Il ne semblait plus se contenter des réponses sybillines de son patient et avait donc décidé de le pousser un peu plus. Batty eut soudain l’impression d’être en plein interrogatoire et c’était ce dont il s’agissait ici. Le psy l’interrogeait, usant de méthodes que le détective avait usé à un moment ou à un autre de sa carrière.
- Je me demande comment la Police peut se permettre de vous payer, répondit Batty, en étant le plus honnête possible.
Ce psychologue, Delroy Gilmore, était l’un des plus célèbres – et donc des plus couteux – psys que comptait la ville. Tout le monde faisait la queue pour pouvoir déverser sur lui leur trop-plein d’émotions et d’histoires de cœur, comme des businessmen, des députés, des acteurs, peut-être même des juges et autres, et Batty faisait partie des heureux élus même si peu lui importait.
- Il faut croire que la Police de New-York veut votre bien-être. Mais si vous tenez vraiment à savoir, c’est quelque chose que je fais bénévolement. Ma façon de vous remercier pour le travail que vous faites, ajouta-t-il.
Le travail que vous faites. Je n’ai plus de boulot depuis deux mois, faillit répondre Batty mais Gilmore était au courant. Il sentait son regard sur lui alors qu’il contemplait toujours la ville et les rues bondées. Deux yeux verts qui le scannaient derrière de fines lunettes argentées. Il n’avait pas une forte carrure, il était même un peu maigrelet comparé à l’imposante présence de Batty. Mais dans cette pièce décorée dans les tons rouge carmin, il était le chef, celui qui connaissait toutes les réponses. Il savait pourquoi Batty avait été mis à pied, pourquoi on l’avait forcé à cette mise à l’épreuve et donc, à cet examen psychologique et pourtant, il voulait l’entendre de sa propre bouche. Il voulait savoir ce que Batty avait à dire, sa version des évènements mais c’était précisément ce que le détective rechignait à faire. Sa version ne faisait pas le poids de toutes façons et c’en était même ironique. Toute sa carrière, il avait utilisé le système policier, les régles de la Police, pour faire enfermer des criminels en tous genres et maintenant, c’était ce système qui l’avait pris au piège. On l’avait piégé et il allait payer cash. La mise à l’épreuve n’était qu’une façade et ne masquait en rien le fait que dans un mois, à l’issue de la période d’essai, il serait viré parce qu’il n’avait pas respecté les règles du jeu.
Oui, il avait peur de reprendre le boulot et d’affronter ses collègues. Mais sa seule consolation était de se dire que le calvaire ne durerait pas. Tout ce qu’il avait à faire était maintenant de faire enfermer autant de criminels que possible dans le temps qui lui était imparti. Pour que l’âme de New York s’améliore.
Batty revint s’asseoir près du psy qui ne l’avait pas laché des yeux. Ce fauteuil était confortable et il aimait bien être assis là, près de la fenêtre, réchauffé par un faible rayon de soleil hivernal. Il ferait froid aujourd’hui mais ensoleillé et la neige tombée durant la nuit ne resterait pas et fondrait pendant l’après-midi.
- Avez-vous parlé à votre ex-femme récemment ? demanda Gilmore qui ne voulait vraiment pas lâcher le morceau. Batty crut voir un léger sourire pointer puis disparaître sur son visage et il l’interpréta comme la reconnaissance tacite qu’ils savaient tous les deux que l’un devait faire son boulot de docteur et que l’autre devait faire son boulot de patient. C’est de bonne guerre, pensa Batty.
- Non, finit-il par répondre.
- Et quand fut la dernière fois que vous lui avez parlé ?
- 6 ans, environ.
Batty avait répondu du tac-au-tac, sans hésiter et sans mentir, peut-être pour la première fois depuis qu’il avait commencé cette thérapie. Gilmore parut satisfait de cette réponse et il s’empressa de la noter sur son carnet, tout heureux de disposer enfin d’une information relativement importante sur son patient. Batty n’ajouta pas que leur dernière conversation n’avait duré que quelque secondes, le temps qu’elle se rende compte qu’il était saoûl et qu’il allait sûrement la supplier de revenir avec elle. Elle avait raccroché le téléphone, pour lui laisser le peu de dignité qu’il lui restait et qu’elle ne voulait pas voir disparaître en supplications alcoolisées et pleurnichardes. Il ne l’avait pas revue depuis et quelque part, il savait qu’elle n’aurait pas aimé le voir comme cela. Si elle avait su, elle aurait tenté de l’aider à s’en sortir, il aurait pris cela pour de la charité ou de la pitié et lui aurait dit sa façon de penser, ce qui l’aurait immanquablement blessée. Cela aurait été la fois de trop, elle serait partie et il ne l’aurait plus jamais revue. Certes, ce scénario n’était pas trop éloigné de la réalité mais Batty avait l’impression qu’il lui restait encore une chance d’améliorer les choses avec elle. Il ne s’imaginait pas revivre avec elle, non, mais il espérait pouvoir rester ami et avoir de ses nouvelles un peu plus souvent.
- Pourquoi vous ne me dites pas ce que vous pensez, détective ? Je peux voir que vous en avez gros sur la conscience et pourtant, vous ne me dites rien. Vous savez, un jour ou l’autre, on doit tous laisser quelqu’un entrer dans notre vie si on veut que les choses s’améliorent.
Gilmore lui adressa à nouveau un regard perçant qui sembla lire jusqu’au plus profond de lui si bien que Batty n’ouvrit plus la bouche jusqu’à la fin de la session. Il n’était pas contre l’idée de laisser quelqu’un entrer dans sa vie mais tant qu’à faire, il aurait préféré que ce soit une femme et pas son psy.
Moui, plaisant mais sans plus. disons qu´on ne voit pas trop ce qui se profile à l´horizon.
Je trouve que ça manque de description visuelle, du style les mains qui se tordent d´anxiété, le psychiatre jouant avec son stylo etc ... cela dit la pasychologie reste bien décrite.
![]()
Ce n´est que le premier chapitre aussi!! Faut lui donner le temps!! On ne peut pas tout installer en partant et tu le sais très bien, y a toujours des flous, parfois même ils sont faits exprès. Pas besoin non plus de faire dans le stéréotype, c´est pas vraiment le genre de l´auteur.
Moi j´aime bien l´ambiance et j´avoue que ce personnage de Batty me plaît beaucoup, il est assez proche de certaines de mes préoccupations et je trouve que tes personnages sont toujours très bien travaillés et tes ambiances assez bien définies. Ça me fait grand plaisir aussi de te lire à nouveau FFrules
Toutefois j´ai noté peut-être quelques oublis fautifs : coûteux (oubli de l´accent?) et cette phrase : "le temps qu’elle se rende compte qu’il était saoûl et qu’il allait sûrement la supplier de revenir avec elle" ce ne serait pas plutôt "revenir avec lui?"
j´attendrai la suite...
toujours aussi agréables à lire tes textes d´ailleurs, on se plonge bien dans l´ambiance, comme si on y était!!
tu n´as rien perdu de ta plume cher ami ![]()
Le retour de FFrules, faut que je lise en entier cette fois. Mais le travail n´est pas non plus l´ami du lecteur. ^^
Ben bravo, on sent que Mr. FFrules n´écrit plus aussi souvent qu´auparavant mais la qualité reste très haute. Agréable, plaisant, on décroche facilement un sourire et on a envie d´en apprendre plus sur les personnages.
![]()
alors le prof? trop de boulot? pas de temps pour faire la suite?
Très bon ce premier chapitre, je dois dire que je ne viens presque jamais ici (je n'ai d'ailleur jamais posté ici) et lire un peu de policier me fait du bien, ça me change de la SF que je lis habituellement.
En tout cas, les flous décrits par certains, c'est justement ce qui me plaît car cela permet d'entretenir un certain mystère. J'attendrais donc la suite... le temps qu'il faudra ![]()
Désolé de ne pas avoir posté la suite mais oui, le prof est crevé.
Quand il rentre, il pionce mais je ne lache pas l'affaire, c'est pas mon genre. Les vacances arrivent bientot et je bosse toujours sur la trame. Le second chapitre est écrit mais comme j'aime avoir un chapitre d'avance, va falloir encore attendre. Désolé encore ! ;)
Désolé pour le retard, mais je suis effectivement accaparé par ce foutu boulot. Si j'avais su que travailler m'empecherait d'écire, j'y aurait regardé a deux fois. ;)
Maintenant, le second chapitre est presque fini, mais comme j'aime avoir un chapitre d'avance, il faudra encore attendre un peu. Et les vacances arrivent. Tout ce que je peux dire, c'est que je bosse toujours sur la trame. Voila, le prochain chapitre bientot donc. Merci encore de patienter ;)
pas toujours simple à gérer l'horaire avec le boulot... moi j'ai la famille en plus!! (concilier les horaires de chacun parfois... c'est un véritable tour de passe-passe!!) mais on finit toujours par y arriver quand on tient vraiment à quelque chose!
Ah les vacances... ça aussi ça passe bien trop vite!!! je ne me souviens déjà plus des dernières que j'ai prises, ça fait trop longtemps et il me semble que je serai bien dûe pour un bon massage aussi!!!
mais ce sera pour une autre fois encore!! pas encore le temps de m'arrêter (enfin juste un peu ici
pour saluer les efforts de ce prof surbooké
) à bientôt! ![]()
Lu. Je commenterai plus tard, j'empêche simplement le texte de couler pour le moment.^^
toujours aussi délicieuses tes descriptions mon cher, on a vraiment l'impression d'y être!!! Je savoure et j'attends la suite, comme toujours...
Tu campes et enracine tes personnages et je sais que ce n'est que le début du balbutiement de l'intrigue... je m'en régale j'avoue!
hummm joli merdier mon FFrules!! ça promet!!
j'aime bien cette ancienne collègue de Batty... je sens qu'il va se développer une collaboration plus étroite entre les deux
c'est pas du tout cuit dans le bec mais je sens qu'on va se régaler dans cette histoire... comme d'habitude!! toujours égal à toi-même!!
allez shoote la suite!!
Lu. Toujours très bon. Trop bon même. Je suis accro. Balance la suite si tu veux pas finir dans la pile de dossiers aussi. ![]()
bin FFrules c'est pas le moindre des écrivains de ce forum quand même!! c'est mon Dudulman!! (joke inside)
alors professeur?
on se laisse désirer?? ![]()
va-t-il falloir que je joue de séduction??
(j'espère que non!!! j'ai perdu l'habitude
)
allez te fais pas prier F!!
Merci de vos comm', Red et moicesmoi! Je devrais poster le prochain chapitre dans le courant de la semaine vu que je suis en vacances.
Tu vois Red, ton charme opère meme quand tu ne l'emploies pas
.
c'est parce que tu es un gentleman F!! ![]()
Enjoy
Chapitre 4
- Au fond, ce sont des épreuves comme celles-la qui me rappellent qui sont mes vrais amis, disait Batty d'une voix monotone en plongeant ses yeux dans New-York.
- Et alors, Ed, qui sont-ils ? Demanda Delroy Gilmore, bien installé comme à son habitude dans son fauteuil en cuir marron.
- J'en ai aucun. Personne, fit Batty d'une voix blanche.
Les deux hommes n'ajoutèrent rien pendant quelques instants et Gilmore finit par dire ce que Batty ne voulait pas entendre.
-Vous m'avez moi, Ed. Je suis votre ami.
Batty partit d'un rire sans joie et revint vers le divan pour s'y installer, bien en face du psychologue. Il voulait avoir son attention pleine et entière pour ce qu'il s'apprétait à déclarer.
- Mon chef a déjà signé ma lettre de renvoi sans attendre les résultats de votre rapport ou même mes résultats sur le terrain qui, de toutes façons, n'auraient pas été à la hauteur de la Brigade. Vous vous dites mon ami mais partout où je regarde, je ne vois que des gens qui tentent de me couler. Alors c'est à mon tour de vous poser une question, docteur. Comment ça fait d'apprendre que quoi que vous fassiez, personne ne prendra compte de votre avis ou de votre travail ? Ou bien faites-vous partie de ceux qui prétendent m'aider pour mieux m'enfoncer ?
Delroy Gilmore sembla imperturbable derrière ses fines lunettes mais Batty surprit sa main trembler une fraction de seconde. Il maintint son regard, attendant ce qui allait se produire.
- Ed, vous connaissez ma réputation, vous connaissez certains de mes patients de nom et ils font partie des personnes les plus influentes de cette ville, donc croyez-moi quand je vous dis que vos patrons prendront en compte mon rapport.
Cela semblait possible, Gilmore étant l'un des psychologues les plus célèbres de la Big Apple, mais cela ne répondait pas à l'une des questions qui le taraudaient.
- Pourquoi feriez-vous ça ? Je ne suis personne pour vous, juste un cas pro bono.
- Vous est-il si difficile que cela d'accepter que des personnes veuillent vous aider ? Que des personnes veuillent être votre ami ? Vous m'avez parlé de cette affaire, la prostituée étranglée. Elle n'est rien pour vous et d'après ce que vous venez de me dire que vous résolviez cette affaire ou non ne changera rien pour vous au bout du compte. Pourtant vous allez tenter de la résoudre. Pourquoi ?
Batty prit le temps de la réflexion avant de répondre. Il pouvait bien penser à plusieurs raisons, l'envie de voir le coupable derrière les barreaux, permettre à la famille de faire son deuil ou bien encore la volonté du travail bien fait mais la vraie raison était ailleurs.
- J'ai pitié d'elle. J'ai eu mal pour elle en lisant son dossier, cette pauvre fille, morte dans la rue à tout juste vingt ans.
- Nos raisons ne sont donc pas différentes, asséna Gilmore.
- Je n'ai pas besoin que l'on ait pitié de moi, répondit Batty.
- Et c'est là que vous avez tort, Ed. Qu'est-ce que la pitié sinon le moteur de la solidarité ? De l'entraide ? Les gens n'aident pas par pur bonté de coeur et quand bien même ce serait le cas, c'est toujours parce qu'ils estiment que vous avez besoin d'aide, que vous ne pouvez pas vous en tirer tout seul. Appelez cela comme vous voudrez mais je considère cela comme de la pitié même si elle est drapée dans de beaux atours.
Gilmore avait employé un ton condescendant tout le long de sa tirade mais Batty ne pouvait s'empêcher d'admirer son honnêteté. Il comprenait maintenant pourquoi les patients faisaient la queue devant son bureau pour être traité par lui. Sa calme assurance malgré son jeune âge faisait que l'on écoutait quand il parlait, même si on ne voulait pas entendre sa vérité.
- Donc vous pensez que je ne peux pas m'en tirer tout seul.
Gilmore prit son temps pour répondre, comme s'il cherchait à sélectionner les meilleurs mots.
- Si ce que vous venez de me dire est vrai, alors oui, je pense que vous aurez besoin de mon aide. Ce n'est que notre deuxième session ensemble et je peux déjà affirmer que votre travail est votre vie même si vous tentez de vous persuader du contraire au cas où vous le perdriez.
Il y avait quelque chose d'implacable dans sa logique et Batty ne sut pas quoi répondre mais il n'en eut pas l'occasion.
- Ce qui m'amène à ma question suivante, Ed. Avez-vous toujours des problèmes d'alcool ?
Le détective ne voyait pas le lien entre les deux questions mais il ne fut pas surpris. Son dossier n'était pas blanc comme neige et il avait fait des écarts dans le passé qui continuaient de revenir le hanter comme un oiseau de mauvaise augure.
- Je bois un verre de temps en temps si c'est ce que vous voulez savoir.
- Non, ce n'est pas ma question, Ed, fit Gilmore avec une femeté peu coutumière. Je veux savoir si vous risquez d'arriver au bureau complètement saoûl en mettant en danger la vie de vos collègues.
Batty eut un petit sourire en se remémorant ce qui s'était passé ce jour-là. Sa femme l'avait quitté et il avait bu quelques bières un matin avant de venir à la Brigade. On lui avait donné un blâme et on avait passé l'éponge vu les circonstances. Mais c'était du temps où il faisait encore partie de l'équipe, de la grande famille de la Police de New-York, capable de pardonner quand un de ses fils dérapait mais intraitable quand un de ses fils la trahissait.
- Non, je ne bois plus autant qu'avant. L'alcool ne peut rien pour mes problèmes, il n'est pas si puissant, dit Batty en détournant les yeux.
Gilmore approuva d'un hochement de tête et redevint le psychologue que Batty commençait à apprécier.
- Toujours pas envie de discuter de ce qui vous a valu votre mise à l'épreuve, Ed ? Tenta-t-il à nouveau.
- Chaque chose en son temps, docteur. Chaque chose en son temps.
j'aime bien cette ambiance de respect qui s'installe entre le psy et Batty et aussi ce jeu du chat et de la souris, chacun s'évaluant mutuellement pour tester les forces et les faiblesses de l'autre, pour le piéger? l'aider? l'encourager?
la suite nous le dira...
toujours aussi accro de tes textes FFrules
![]()
tu n'as pas perdu la main, même si le rythme disont-le bien est moins soutenu qu'avant (pour les posts)
mais l'attente attise le plaisir nan?? ![]()