Je te ferais une remarque sur l´article libéral. Le second tour, s´il avait eu lieu, aurait opposé Allende au candidat de la droite nationale, Jorge Alessandri. Les démocrates chrétiens auraient été des alliés de poids pour quelque camp que ce soit.
Or, si on regarde un peu plus tard, il y a eu une alliance par le pacte de respect de la constitution. Les deux programmes étaient assez proches en fait, Allende allant jusqu´à dire que les démocrates chrétiens avaient un programme orienté plus à gauche que lui, en se basant sur le programme réformiste appliqué par le gouvernement sortant d´Edouardo Frei dont il poursuit, voire amplifie plusieurs réformes.
Ensuite, le vote du Congrès le 23 aout 1973 n´était pas une fin en soi. Pas destiné à destituer Allende, ce qui n´aurait pu être fait que par voie législative, si le Congrès chilien l´avait voulu. Allende avait obtenu un plébisciste pour le 10 septembre, afin de statuer sur son sort. Pas spécialement anti-démocratique le bougre.
Une dernière remarque: le Chili semble avoir accepté plus ou moins le programme d´Allende. Si l´on compare les scores de la présidentielles et des législatives, son alliance passe de 36% à 43%. Certes, ce n´est pas la majorité absolue, mais cette hausse montre bien que ce n´est pas tellement un rejet des Chiliens qui mènent au coup d´Etat que l´ambition de la droite nationale...
Reste qu´il est sans doute un personnage encore ambigu, pas spécialement plus fréquentable qu´un Chavez actuellement... (Dont la politique a quelques ressemblances d´ailleurs...)