Weber, analyse : « le savant et le politique »
Le désenchantement du monde.
« L’intellectualisation et la rationalisation croissantes ne signifient donc nullement une connaissance générale croissante des conditions dans lesquels nous vivons. Elles signifient bien plutôt que nous savons ou que nous croyons qu’a chaque instant nous pourrions, pourvu seulement que nous voulions, nous prouver qu’il n’existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cour de la vie ; bref que nous pouvons maîtriser toute chose par la prévision. Mais cela revient à désenchanter le monde. Il ne s’agit plus pour nous, comme pour le sauvage qui croit à l’existence de ces puissances, de faire appel à des moyens magiques en vue de maîtrise les esprits ou de les implorer mais de recourir à la technique et à la prévision. Telle est la signification essentielle de l’intellectualisation. »
Max Weber, le Savant et le politique.
La connaissance serait donc pour weber l’antithèse d’un quelconque enchantement spirituel. La connaissance aboutirait donc au fatalisme, à la singularité spirituelle, à l’athéisme. Puisque derrière ce texte c’est de ça qu’il s’agit. Weber ici fait une possible référence au péché originel. Le fruit de la connaissance serait donc aussi celui du désenchantement. A vrai dire la connaissance est vu ici comme une espèce d’aboutissement individuel. Si le niveau intellectuel et les connaissances augmentent, tout être l’assimile, le fait sien et le renvoi en vecteur socialisateur. Dés lors cette base d’individualité extrêmement prononcée, et hors du commun peut que tout est explicable. La pensée rationnelle serait donc une nouvelle norme, une nouvelle valeur des quelles on ne peut tirer aucun enchantement.
Remplir d’un vif plaisir, satisfaire au plus haut point. Telle est la définition de l’enchantement. La connaissance ne donne t’elle pas cela ? L’ignorance et les références surnaturelles remplissent t’elles les références surnaturelles remplissent t’elle d’une quelconque satisfaction ?
Un monde croyant est il plus enchanté qu’un monde rationnel ? On dit bien heureux sont les simples d’esprit…
Dans cet extrait Weber fait une immense référence à son côté croyant en pensant que le salut se trouve dans la religion, dans le mystère et dans le hasard.
Il appel désenchantement ce que moi j’appellerai enchantement de l’esprit. Enfin une liberté d’interprétation d’un événement courrant, basique, quotidien. Non ce n’est pas une volonté divine, c’est ça, c’est comme ça, c’est naturel. Enfin une vision libre de la mort, et de ce complexe qu’elle impose. Et oui il n’y a scientifiquement rien après la mort. Ce que Weber appel désenchantement je l’appel liberté de l’esprit, enchantement de quotidien. Enfin la liberté de flâner sans penser à une quelconque punition divine. Enfin pouvoir s’abandonner au plaisir sans se sentir coupable. Enfin penser.
Ce que Weber appel désenchantement je l’appel enfin enchantement de la raison rationnelle. Liberté de penser autrement que par des raisonnements sophistiques, doxologiques, casuistiques, moralistes.
Si le désenchantement du monde est l’ouverture à la compréhension, au savoir, à la collectivité alors nous sommes désenchanté et fataliste. On touche ici pourtant le bonheur de la connaissance à l’excitation du savoir et ka globalisation de l’échange dépensées. Enfin nous renouons avec la tradition intellectuelle de l’Europe. Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot, Locke et les autres ne sont pas mort pour rien. Admirable récital pro religieux d’étudier scientifiquement l’action individuelle de l’intellectualisation et de la rationalisation. Faire passer l’appel à la raison pour un désenchantement mondiale est un horrible tour de passe. Dans le même registre du désenchantement par le savoir Mao nous disait bien plus tard : »plus tu lis de livres, plus tu es deviens idiot ». Malheureusement c’est comparable. On touche la norme ici, une profonde modification de la norme. Une quasi révolution rationnelle et oui en 1919 on commence à douter du sophisme religieux. A l’époque ou le pape justifie la guerre et la violence comme « une opportunité de libérer les hommes ».La rationalité nous évite au moins les foutaises cléricales. Oh bien sur ce n’est qu’une partie du raisonnement critique du désenchantement selon weber mais reconnaissons que la notion d’enchantement touche d’abord les réticents à la religion. Bien sur on entendra justifié désenchantement par le fait qu’il n’y est plus rien au dessus de l’homme si ce n’est sa conscience, et alors ?
C’est bien d’un jugement de valeur dont il s’agit ici, d’ailleurs je vais m’attacher à analyser le pourquoi de ce jugement. Weber est protestant, un bourgeois fils de protestant. Je crois que la justification n’a pas à aller chercher bien plus loin. Oui Weber a été socialisé selon l’idée d’une divinité enchanteresse qui régit la vie. Si ce jugement n’est pas seulement issu de sa socialisation, il provient aussi de la pensée sur le fait de la possibilité d’une révolution intellectuelle. L’enchantement est mort, la rationalité l’a tué. Que faire alors ?
Penser ?
On peut critiquer ici, la suite de l´analyse par son approche assez idéologique du politique.
En commentaire on pourrait faire ceci: "Toutes ces absurdités, toutes ces choses qui nous dépassent et que l’on analyse honteusement, sans méthode ni rigueur, toutes ces choses qu’on analyse avec ses idéaux. Tout cela est risible au final. De la diaprure idéelle vous faites une chiure de premier ordre. "
Bien sur, n´appliquons pas la derniére phrase à Max Weber.
Moi je suis daccord avec gijoe. ![]()
Sauf que Gijoe n´a pas encore posté^^.
Msieur bulle: lol
L´habitude quand tu nous tient.
En fait pour simplifier le problème relève pour moi non pas de la rationalisation, mais de l´individualisation des modes de vies.
C´est surtout via la formule de "désenchantement du monde" que Weber trahit sa conviction intime, sinon, c´est un constat idéal-typique du monde dans lequel il vivait et de ce qu´il prévoyait, en rapport aux sociétés antérieurs, c´est un simple constat de la rationalisation des activités humaines et de fin des explications sur-naturelles.
Maintenant, certes, la formule tape, on a l´impression qu´on vit dans un monde sans couleur, gris, sans féérie, òù tout a été remplacé par des processus sans vie (la formule tape tellement qu´elle a été reprise par le Medef pour son slogan de réenchanter le monde et que la réthorique de la perte de vie et d´humanité du monde a été maintes fois utilisée au long des développements technologiques, du remplacement de l´homme par la machine etc.). Là-dessus, je doute qu´une rationalisation des activités entraîne un monde sans intérêt et vide, tant qu´il y a du lien social, il y a de la vie, du mouvement. La rationalisation des activités n´est pas un changement dans la nature de l´homme (lui-même ne devient pas plus rationnel par essence), et de ce fait, il n´y a pas de déshumanisation au travers de la science.
Conséquemment, il est juste de pointer la soumission à l´enchantement supposé des sociétés pieuses, sous l´idée de culpabilité ou de réglement des relations sociales par une loi intangible et supérieure...
Par ailleurs, vu que le topic se compose en partie d´une problématique philosophique, voilà un lien vers une courte discussion entre les analogies/différences du désenchantement du monde avec la pensée nietzschéenne :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-68-273-18-0-1-0-0.htm
"Moi je suis daccord avec gijoe."
Gijoe est fervent anti-scientiste. M´étonnerait pas qu´il soit d´accord avec Weber sur ce coup-là ^^
Merci pour le lien.
Mais en fait tu fais une remarque judicieuse qui est celle ci:"tant qu´il y a du lien social".
En fait le problème est là. Si on transpose cette analyse, cette formule aujourd´hui, on peut faire ce constant, le lien social ce détériore, on en a de moins en moins.
Nos relations sont en prise à une certaine liquidité. L´individu devient une notion de plus en plus fermée. Les théoriciens nous disent en majorité qu´il est un super héro du discernement, du bon sens, etc etc. Au final on tombe dans l´opposition "philosophique" naturalisme, humanisme, pour simplifier la chose.
Mais ta remarque peut provoquer un constat du type, la relation sociale se détériore, alors le désenchantement du monde est en marche. Et c´est en fait la question, jusqu´ou peut on aller dans l´individualisme?
Juste un truc Aurèle, quand les modos postent un topic relatif au forum et non à la modération, ils postent pas en rouge ![]()
"Nos relations sont en prise à une certaine liquidité. L´individu devient une notion de plus en plus fermée"
Décidément, ce Zygmunt Bauman te tient à coeur ^^
Sinon, je suis pas fan de la matérialisation des notions sociologiques, le liquide, ça ne m´évoque pas grand chose à part une métaphore qui peut aussi obstruer une réflexion moins analogique sur le "délitement" (ou effritement, pour continuer dans les images) du lien social.
Ensuite, je ne pense pas que l´individualisme procède de l´idée de l´individu machine rationnelle responsable calculateur. D´une certaine manière, toute solidarité réelle n´a pas disparue, elle ne s´exprime simplement plus vraiment de manière institutionnelle mais au travers de la société civile, des associations. Pas mal de facteurs entraîne une sorte de minima relationnel dans la société, la prépondérance du statut social lié souvent à l´argent (la différence avec la hiérarchie par caste se fait une fois encore au niveau de l´institutionalité du classement), l´affaiblissement de la nation également, ou la la patrie si l´on préfère, au profit d´ensemble moins humanisés, la reconnaissance ne se fait plus ans la société, toutes les problématiques d´aujourd´hui en témoignent (les communautarismes où les gens se reconaissances dans leur minorité semblable, les régionalisme où un nationalisme va à l´encontre de la nation établie, les riches qui ne veulent pas payer pour les pauvres etc etc.).
En fait, dans l´individualisme, on a de beaux exemples de jusqu´au boutisme individualiste sur le forum par l´intermédiaire des libertariens. Fin de la société cohérente, désorganisation. L´analys ede certains penseurs comme Constant ou Tocqueville procède de l´idée que le repli sur soi est dangereux en politique, mais que l´individu trouvera de toute façon son intérêt personnel dans l´interêt collectif, et ce constat aujourd´hui pourrait s´effectuer au travers des associations ou des nouveaux mouvements sociaux.
"Enfin la liberté de flâner sans penser à une quelconque punition divine. Enfin pouvoir s’abandonner au plaisir sans se sentir coupable. Enfin penser. "
Je trouve que tu a une vision reductrice de la spiritualité. Pourquoi Dieu serait-il forcement un etre punitif, liberticide et qui t´empeche de penser?
Tu confond peut etre la notion de Dieu et la religion.
Croire en la toute puissance de l´homme, en sa capacité à tout expliquer, tout rationnaliser, n´est-ce pas déjà croire en quelque chose qui dépasse l´individu.
Un dieu n´est il pas une entité qui dépasse l´individu ?
La confiance que certains mettent dans la science, n´est peut être pas si éloignée de la foi (qui vient du latin fides : confiance)
La connaissance absolue, c´est un peut comme un saint-graal, nous, en tant qu´humanité, sommes toujours à la recherche de quelque chose qui nous dépasse, en tant qu´individu.
C´est peut être aussi cela être humain.
Sinon, l´instit se permet de rappeler au grand modo que le verbe appeler quand on le conjugue, ça fait j´appelLE. ![]()
On aura donc l´obligeance de noter que rationaliser s´écrit avec un seul -n au contraire de rationnel et qu´il existe un signe nommé tiret, qui s´utilise notamment dans toute-puissance, est-il et peut-être.
"Pourquoi Dieu serait-il forcement un etre punitif, liberticide et qui t´empeche de penser?
Tu confond peut etre la notion de Dieu et la religion."
Si l´on considère que Dieu est une autorité supérieure, alors la loi de Dieu juge les comportements humains. Or, comment connaître prétendument la loi de Dieu autrement que par le biais de la religion?
Et même s´il existe un autre moyen, la loi de Dieu reste punitive et issue d´un jugement supérieur dont on invente les principes.
Que celui qui n´a jamais pêché, me jette la première pierre...
Si ce n´est que Dieu étant un être supérieur, par définition nous devrions être en incapacité de le comprendre, donc les lois ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes, puisque tu dis toi-même qu´on en invente les principes.
Certes, c´est entre autres pour cela que je considère le concept de Dieu comme une absurdité.
Mais la discussion n´était pas à but métaphysique mais sociologique. On ne s´interesse pas à la façon dont Dieu existe mais à la façon dont les hommes se comportent lorsqu´ils leur environnement social est réglé par les lois divines.
Enfin des lois qu´ils considèrent comme divines, j´entends.
Alors je reviens sur le plan physique (par opposition au plan métaphysique).
Peu de gens comprennent les théories scientifiques, ils se contentent d´utiliser leurs conséquences comme des objets saints.
S´ils sont incapables de comprendre les sciences, et que c´est quelqu´un d´autres qui doit les vulgariser pour les mettre à la portée du premier quidam, ne sommes nous pas de nouveau dans la configuration d´une religion, à savoir que les gens croient aveuglément en quelqu´un qui leur dispense des vérités qu´il prétend pouvoir démontrer, sans que les dits quidams soient en capacité de comprendre la démonstration.
La différence est elle si grande ?
Peut-être pour les scientifiques, mais ils ne sont pas légions. Un peu comme les prêtres.
Les lois scientifiques ne structurent pas le champ social des individus.
Au contraire des lois divines dans certaines sociétés ou de la rationalisation scientifique/technologique.
C´est plutôt l´esprit scientifique qui joue, pas la particularité des théories physiques ou biologiques.
La théorie de la relativité ou toute autre théorie scientifique n´a pas d´autorité sociale sur les individus, la sacralisation de l´esprit scientifique et rationnel en a.
Il n´est donc pas question du fait que les théories scientifiques ne sont pas à la portée de tous.
Tout à fait, mais la capacité, ou l´incapacité à les comprendre créent des catégories considérées commes supérieure. Un peu comme les curés qui savaient lire au Moyen Age.
La science n´énonce pas de loi créant des inégalités sociales, mais elle les crée tout de même de par sa complexité.
C´est différent sur le fond, mais l´effet n´est pas si différent.